Des affiches anti-harcèlement de rue à New York, posées par le collectif Feminist Apparel

Feminist Apparel propose une initiative innovante pour lutter contre le harcèlement de rue, un combat qui semble parfois bien long.

Des affiches anti-harcèlement de rue à New York, posées par le collectif Feminist Apparel

Après ses t-shirts aux messages percutants (mon préféré reste « Girls just wanna have fun… damental human rights »), le collectif Feminist Apparel se lance dans une nouvelle initiative : des pancartes affichées dans les grandes villes des États-Unis, annonçant que telle ou telle rue est une « zone anti-harcèlement ».

Ces pancartes prennent un parti plutôt humoristique : aguicher quelqu’un, en anglais, se dit « to catcall », d’où des images de chats sur les panneaux. Cependant, elles se fondent totalement dans le décor, puisque leur design et leurs couleurs les apparentent aux panneaux « normaux » déjà accrochés ça et là.

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La vente des t-shirts a permis de financer le déploiement de ces panneaux, dans le cadre de la semaine de lutte contre le harcèlement de rue

Le but ? Sensibiliser le public au problème du harcèlement de rue, bien sûr, mais aussi nous faire réfléchir à nos propres comportements dans la lutte contre cette plaie quotidienne : dans une rue sans pancarte, le harcèlement de rue n’est bien évidemment pas plus acceptable, mais est-il pour autant remarqué et pointé du doigt ? Faut-il vraiment placarder des pancartes rouge vif pour alerter les passants des problèmes du harcèlement ?

Preuve s’il en est que cette initiative est tout à fait nécessaire, la vidéo de Patrick Jones, un journaliste américain, qui a demandé aux New-Yorkais ce qu’ils pensaient de ces pancartes. À propos du harcèlement de rue, les réponses fusent : « horrible », « dégoûtant », « malaise »… Jusqu’à ce que l’une des personnes interrogées mette les pieds dans le plat si profondément qu’il devait avoir de la choucroute jusqu’aux genoux.

Cet homme aux lunettes teintées comme on en porte plus depuis 2002 explique que selon lui, les filles apprécient beaucoup de se faire siffler dans la rue. Quelque chose me dit que cet homme s’entendrait à merveille avec Sophie de Menthon, qui elle aussi trouve cette forme de harcèlement « plutôt sympa »

Son argument ? Siffler une fille, c’est une manière de lui dire « Hey, bravo, tu t’es levée ce matin ! ». L’homme utilise du « yo » et du « salut, mon cœur » à gogo pour signifier cet encouragement positif ; il prend soin, de plus, de rester à distance de la personne qu’il siffle pour « ne pas l’effrayer », donc le coup du « bravo », c’est l’argument le plus invalide sur la liste des arguments invalides, si vous voulez mon avis. Un simple sourire aurrait suffit, mon bon monsieur.

Quand il se rend compte qu’il est interviewé pour une vidéo qui ne cherche pas du tout à vanter les mérites du harcèlement de rue, la réaction de Lunettes Teintées est très intéressante : il hésite, semble déçu, comme s’il avait entendu cet argument des centaines de fois sans y croire.

Il n’y croit tellement pas, d’ailleurs, qu’il est persuadé que si une fille ne lui répond pas par un sourire enjoué, c’est qu’elle ne l’a pas entendu à cause de ses écouteurs. Assez triste, quand on sait que de nombreuses femmes portent justement des écouteurs dans les lieux publics pour éviter les relous.

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La réaction du journaliste lorsque Lunettes Teintées interpelle une passante devant lui

À lire aussi : Le harcèlement de rue, de la peur à la colère… puis à l’espoir

Et toi, tu verrais bien des panneaux anti-harcèlement de rue dans ta ville ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Freehug
    Freehug, Le 26 avril 2015 à 7h32

    J'ai limite envie de rire devant cet espèce de vieux pervers convaincu que les filles aiment se faire siffler. Je veux dire, il dit lui-même qu'il appelle les chiens de la même façon mais non, il ne voit pas le problème (encore je peux entendre que certains mecs ne comprennent pas qu'on puisse mal prendre un compliment du type "vous êtes jolie mademoiselle" parce qu'ils ne se rendent pas compte qu'on est interpellées dix fois par jour, mais j'étais convaincue que ceux qui sifflent ou sont orduriers faisaient ça pour emmerder le monde, signifier aux femmes que l'espace public c'est réservé aux couilles).

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