Dépendante de la cocaïne depuis 2 ans, Lucie a perdu une partie de ses amis, 11 kgs et sa confiance en elle. Aujourd’hui, elle est fermement décidée à reprendre sa vie en main.
Je suis amie avec Lucie (prénom changé) depuis maintenant presque 10 ans. À l’époque, on était au collège, et nos sujets de conversation allaient des yoyos automatiques (« c’est de la triche ») au dernier film d’horreur sorti en salle ( « on fait croire qu’on a 16 ans ? »)
Lucie faisait partie de la catégorie « grande-gueule » de mes copines. Je me souviens m’être longtemps dit qu’elle n’avait peur de rien, qu’elle était toujours optimiste, qu’elle ne cherchait qu’à s’amuser, et qu’elle n’avait sans doute jamais pleuré de sa vie.
J’ai revu Lucie il y a quelques mois, et j’ai changé d’avis : Lucie parle aujourd’hui avec une petite voix un peu tremblotante, Lucie a peur, Lucie est devenue pessimiste. Devant nos cafés noisette, Lucie pleurait. En revanche, elle cherche toujours à s’amuser.
Lucie est devenue accro à la cocaïne, mais est aujourd’hui fermement décidée à décrocher. Pour elle comme pour vous, elle a accepté de répondre à mes questions : « si ça peut être un exutoire, mais aussi une mise en garde pour d’autres, j’accepte ». Rencontre.
Comment as-tu commencé à prendre de la cocaïne ?
Comme beaucoup de gens, j’ai commencé en soirée. Je suis une grosse fêtarde et je tiens plutôt bien l’alcool. Alors le jour où Vincent, un pote de fac, m’a proposé « un petit rail », je n’ai pas vraiment hésité. Après tout, je n’étais pas du genre à m’écrouler ivre morte dans un coin de la boîte, je savais me tenir et j’avais l’impression de connaître parfaitement mon corps. Je n’avais encore jamais perdu mes moyens, alors un rail de coke, c’est bête mais ça ne me faisait pas peur.
Qu’est-ce qu’il s’est passé exactement ce soir-là ?
Vincent m’a proposé, l’air de rien, « t’en veux ? » Je crois que cette phrase, même si elle a l’air anodine, devrait être prise très au sérieux. « T’en veux ? », ça ne veut pas juste dire « Hé, est-ce que tu veux t’amuser un peu ? » mais aussi « Hé, est-ce que tu veux prendre le risque de faire du mal à ton corps, prendre le risque de finir en badtrip, prendre le risque de laisser ton organisme mal réagir, ou encore, prendre le risque de banaliser cette consommation jusqu’à ne plus pouvoir te retenir d’en prendre ? » Mon regret principal se situe à cet instant précis. Il m’a demandé « T’en veux ? » et j’aurais dû dire non. Ce soir-là, j’avais quelques Mojitos, le double de bières et des shots de whisky dans le sang. Ce soir-là, je venais d’essuyer une déception amoureuse. Ce soir-là, je voulais faire la belle et montrer à celui qui m’avait quitté que j’allais bien, que j’étais heureuse et capable de rire à gorge déployée. Alors j’ai suivi Vincent dans les toilettes, et j’ai pris le rail qu’il m’avait préparé sur le rebord de la fenêtre.
Quels effets as-tu ressenti ?
Une euphorie incroyable et beaucoup d’énergie. Je suis retournée au milieu de la boîte, et j’ai dansé pendant plusieurs heures sans m’arrêter. Je me sentais incroyablement bien : apaisée, légère, vide et pleine à la fois. J’étais en osmose avec les gens autour de moi, je me souviens avoir pris Vincent plein de fois dans mes bras. Il me portait, je riais, il me faisait tourner sur moi-même, je riais encore. Quand je me suis engouffrée dans un taxi au petit matin, je me souviens avoir souri tout le long du trajet, un peu comme si je venais de passer la meilleure soirée de ma vie. Ma rupture ressemblait à un lointain souvenir : je me sentais déjà mieux, je relativisais, pire, je me fichais de savoir que ce mec, que 24h plus tôt j’aimais encore, venait de salement me larguer. Plus rien n’avait d’importance.

Et le lendemain au réveil ?
J’étais de nouveau triste. J’avais froid. Un peu honte de ce que j’avais pu faire la veille – mais peu importe puisque je ne me souvenais pas de tout. Devant mon café, j’ai quand même souri : la soirée avait vraiment été bonne et j’avais passé mon temps à rire comme si j’étais possédée. Objectif atteint, donc : mon ex m’avait forcément vu pleine de joie de vivre. C’est tout ce que je voulais.
Combien de temps s’est-il passé avant que tu retouches à la coke ?
Une semaine. Entre temps, il y avait eu quelques petits apéros, mais rien de fou. Rien qui justifiait plus que quelques verres. Mais le samedi soir d’après, oui, j’en ai repris. Même schéma de soirée : beaucoup de musique, l’envie de faire la fête jusqu’au petit matin, quelques verres qui commençaient gentiment à me faire tourner la tête. Mais cette fois-ci, l’envie de prendre de la C est arrivée par moi-même : j’étais fatiguée, et j’avais envie que la soirée dure plus longtemps. Et j’avais encore le souvenir de la soirée d’avant, pleine d’euphorie. Je pense que la deuxième fois est l’un des moments les plus importants dans le début de la consommation banalisée. Tu te rappelles à quel point la première a été dingue, et tu cherches à reproduire la même situation. Alors tu en reprends.
À quel moment s’est enclenchée l’addiction, selon toi ?
Je vois la consommation de cocaïne comme un processus en 3 temps :
- le premier, c’est la découverte. Le produit est nouveau pour toi, tu le prends de façon récréative, pour rire, pour t’amuser, parce que tu te sens hédoniste de base ou parce que, trop bourré, tu t’es laissé convaincre. Beaucoup de gens s’arrêtent à cette première fois, mais en général, cette première consommation dédramatise toutes les suivantes. La logique est simple : si ça s’est bien passé la première fois, pourquoi se retenir d’en reprendre ?
- le deuxième temps, c’est celui de la banalisation. Le stress de la première fois passé, on ne voit plus que les bons côtés d’une telle drogue. Alors on en reprend. Pas forcément systématiquement : mais en tout cas, quand l’occasion se présente et que le contexte s’y prête. Là encore, beaucoup de gens s’arrêtent à ce stade-là.
- ensuite, il y a le 3e et dernier temps. C’est le plus grave. C’est celui de l’addiction. Le moment où tu penses à la cocaïne même quand tu n’es pas en soirée, le moment où tu n’attends pas qu’on te propose mais y penses spontanément. Le moment où avoir envie de passer une bonne soirée, être bien dans sa peau et profiter au maximum te donne parallèlement envie de taper de la C.
Quels sont les signes de la dépendance ?
Au bout de plusieurs mois, je me suis mise à « penser » ma consommation. J’en prévoyais à l’avance, histoire de « faire des économies » en arrêtant d’en acheter plein pot en soirée. J’en achetais en bonne quantité, et partait en soirée avec quelques dizaines de grammes. Ce qui a changé, c’est donc la fréquence de la consommation, mais aussi la quantité (je m’accordais jusqu’à 5 traces en soirée).
Autre chose : je me suis disputée avec les potes qui se sont inquiétés pour moi. Je les accusais de ne pas me comprendre, d’être trop coincés ou de ne pas vouloir « être jeunes et vivre dans leur temps ». Je me suis mise à exclusivement sortir avec Vincent, ses potes et d’autres copains rencontrés en soirée… soit uniquement des gens pour qui la drogue ne faisait pas débat. J’avais un discours détestable et égocentrique : au lieu de réaliser que mon entourage s’inquiétait pour moi (et à juste titre), je préférais les accuser d’être faibles et peureux. Dans l’histoire, la fille forte et indépendante, c’était moi.
Comment as-tu fait pour assurer ces nouvelles dépenses ?
Je séchais une partie de mes cours à la fac, pour me réserver des jours libres dans la semaine – de quoi m’assurer un mi-temps en tant que serveuse. J’avais l’impression d’être incroyablement bien organisée, futée, lucide : avec cette nouvelle rentrée d’argent, j’avais à la fois de quoi me payer ma came sans me serrer la ceinture pour autant, et en plus de ça, ça me faisait de l’argent en plus à côté, ce qui me permettait de demander moins d’argent à mes parents pour me financer une partie de mon loyer. En marge de ça, je passais de meilleures soirées, j’avais un nouveau groupe de potes, et mon histoire de rupture, je la voyais de plus en plus loin derrière moi, comme une vieille côte que l’on quitte sans regret pour voguer vers l’horizon. Oui parce qu’en plus d’être idiote et de plus en plus dépendante, je me payais le luxe de la poésie. J’avais l’impression de vivre dans un film, ma vie était intense et je me sentais l’héroïne désoeuvrée mais sentimentale d’une incroyable saga, à côté de laquelle tous les gens trop sages passaient.
Tu me disais la dernière fois qu’au fur et à mesure de ces consommations, tu as aussi arrêté de t’amuser.
Oui. L’addiction a vraiment commencé le jour où l’équation n’a plus été « cocaïne = plaisir » mais « pas de cocaïne = malaise ». Tu vois la subtilité ? Avant, la cocaïne était un plus. Puis, elle est devenue une condition sine qua non à mon état de plénitude. Le pire à chaque fois, c’était la descente : je me sentais moche, nulle, lourde, inutile. Tout l’inverse de ce que je ressentais lors de la libération de dopamines : irrésistible, légère, investie d’une mission. Paradoxalement, le seul médicament que j’avais trouvé à cette descente, c’était la cocaïne. Tu mesures l’absurdité de la chose ? Je guérissais la cocaïne… par la cocaïne. C’est à ce moment là que ma consommation ne s’est plus restreinte à la fête. Même chez moi, seule, un mardi soir, il m’arrivait de me faire une petite trace.
En soirée, un rail ne suffisait plus à m’amuser. Il m’en fallait toujours plus. Mon euphorie était moindre, ou alors elle durait moins longtemps. Bref, ça n’avait plus rien à voir avec les premières fois. C’était devenu glauque.
Mon sommeil aussi a changé. Je dors moins bien. Je me sens plus souvent fatiguée. Je suis devenue très lunatique. J’étais assez easy-going, je suis devenue difficile à vivre.

Aujourd’hui, tu as envie d’arrêter ?
Ça fait 2 ans que je consomme, et ces derniers 6 mois, je tapais entre 4 et 6 fois par semaine. J’ai beaucoup maigri (Ndrl : Lucie a perdu 11 kilogs), j’ai perdu des relations fortes, je suis devenue anxieuse, j’en ai marre de trembler quand je bois ne serait-ce qu’un ballon de vin à table avec ma famille. Je voudrais arrêter cette dépendance : elle ne me grandit pas, elle m’affaiblit. La coke me libère au sens où elle me fait me sentir mieux et me désinhibe, mais quand elle part, elle m’enlève encore plus que ce qu’elle m’apporte. Je veux arrêter ces dépendances inutiles, cet affaiblissement de mon organisme, cette perte de contrôle. Et je veux retrouver mes amis. S’ils peuvent croire en moi de nouveau et me pardonner, alors la moitié du travail sera faite. Pour le reste, je suis prête à me battre.
Depuis notre dernière conversation, Lucie est allée consulter pour un sevrage. Elle a rompu le contact avec ses amis addicts, parce que « le meilleur moyen de résister à une trace reste d’en être tenu le plus éloigné possible ». Par peur de tomber dans des troubles psychologiques (phobie sociale, stress constant, etc) plus graves, Lucie est fermement décidée à ne plus jamais toucher à un seul rail de sa vie. Elle m’a expliqué que le plus dur dans tout ça est de « ne pas avoir envie d’une ligne en même temps que tu bois ». Alors, pour mettre toutes les chances de son côté en ce début de sevrage, elle ne sort plus.








Le 23 décembre 2011 à 02:27
Slt!jviens de lire ton témoignage orangevioline, pas en entier oui javoue jsuis crevée mes yeux partent en cacahuetes. Je trouve ton temoignage encore plus percutant que celui de lucie. J'ai pas big upper je sais a peine ce que c'est ,c'est mon 1ier message sur le forum! Tout ce que tu decris est effrayant et passe vraiment lenvie dy toucher. Tu as particulierement bien reussi a decrire tous les états horribles par lesquels tu est passé, c'est saisissant de realisme et glacant!
Jspr vraiment que tu vas reussir a combattre cette addiction tout comme cette Lucie et reussir a apaiser tes demons interieurs.
Jamais je ne toucherais a cette merde pr la simple raison que mon demi frere en est mort, j'ai a peine eu le temps de le connaitre…
Bonne continuation a toi et espoir! Je sais ce que c'est de ne plus croire en un avenir meilleur, d'avoir un voile gris dvt les yeux, un jour, progressivement tout peut seclaicir mais ca prend du tps.
Le 23 décembre 2011 à 02:56
@orangevioline ce qui m'a particulièrement touchée dans ton message, c'est que tu témoignes sans fioriture, tu dis les choses telles que tu les as vécues, tu casses des idées reçues, non la drogue ce n'est pas glamour ou rock'n'roll.Tu évoques pas mal de chose, différentes étapes, des mécanismes. Ca aide à comprendre. Tu parles des conséquences désastreuses de la drogue - qui sont pour le coup, loin d'être glamour.
Je trouve que tu témoignes avec bienveillance, tu expliques, tu mets en garde. Et puis j'aime bien ta façon d'écrire il y a quelque chose de très naturel là-dedans. Et il y a comme un peu de pudeur, tu n'en dis pas trop…
Et tout ça tu le fais sans lamentation ou que sais-je. Je veux dire il n'y a pas du : "bouh j'ai eu une vie de merde, plaignez-moi !", "moi j'ai vécu ça, c'est l'enfer".
On voit que tu as du recul, ton propos est réfléchi et je ne le trouve pas moralisateur.
Voilà à peu près tout ce que j'ai ressenti en te lisant, après j'peux me tromper. C'est difficile à expliquer, en bref ton témoignage est touchant.
Le 23 décembre 2011 à 08:32
Sincèrement ? Tu ne peux rien faire ou très difficilement. J'ai perdu quelqu'un mort d'une overdose et jusqu'au bout il a continué. Mon oncle a commencé à toucher à tout vers 13 ans et impossible de le faire sortir de là. La drogue, quand tu deviens un toxico, c'est ce qui te fait arriver à tabasser des gens, à tabasser des filles pour une dose.
Mon mec était dans ce monde là aussi, monde qui me terrifie car il m'a volé mon oncle. Et même si j'ai pleuré, j'ai supplié, j'ai menacé, ce n'est pas moi qui ait fait qu'il ait tout arrêté. C'est lui, dans sa tête et ses tripes. Je n'y suis strictement pour rien. Et c'est ça le plus dur, quand tu es proche, quand tu vois tout : l'impuissance. L'impuissance et l'envie de te casser en courant pour te protéger.
Tant que la personne en face de toi n'a pas l'envie d'avancer sans, n'a pas envie de se débarrasser de la drogue, tu ne pourra rien faire. Comme on dit, tu ne peux pas aider quelqu'un qui ne veut pas l'être.
Le 23 décembre 2011 à 11:44
Au fond toutes les addictions sont les mêmes…Courage
Le 23 décembre 2011 à 12:17
Merci pour tout ces témoignages, il y a des gens qui ont tellement propension à l'auto-destruction que ça peut permettre d'avancer… Je n'en dirais pas plus parce que les écrits restent (d'ailleurs ne pas citer merci ) mais champignons,lsd,cocaïne, ketamine, ecstasy , mdma, finalement je crois qu'on peut dire que le cocktail est détonnant…Cependant, la limite ça a toujours été la rabla, la meme (came) parce que là c'est plus festif du tout, mais quand je vois autour de moi, je réalise ce qui se passe , et j'ai l'impression de vivre dans une belle explosion et de trouver ça jolie , il est peut être tant de faire le vide vraiment et de se recentrer sur la vie .Le 23 décembre 2011 à 15:35
Le témoignage m'a énormément touché. Je te souhaite de tout coeur de réussir à t'en sortir LucieOrangevioline tu me fais beaucoup penser à un ami à moi dans ton discours et ta façon d'exposer les choses, le fait d'en parler sans détour,et sans tomber dans le misérabilisme, j'ai l'impression de le lire
Je me souviens d'une phrase de mon meilleur ami à l'époque (après un petit rail de speed) "les gens forts c'est pas ceux qui n'en prennent pas, c'est nous qui savons où sont nos limites et qui sommes parfaitement capables de nous arrêter quand il le faut". Et c'est ça qui m'avait frappé à l'époque, la grande satisfaction qu'il en retirait, d'encaisser son trait sans broncher alors que son pote vomissait après 2 vodkas. C'est ce qui me choque le plus, c'est cette capacité à te figurer ça comme un truc hype, rock&roll comme ça a été dit plus haut, genre je vis dans un roman de Lolita Pille. Je trouve ça super grave qu'on en soit arrivé à ce point là.
Le 23 décembre 2011 à 16:26
Témoignage de fou, je souhaite vraiment à "Lucie" de s'en sortir et d'être très heureuse.Message Edité
Le 23 décembre 2011 à 20:48
Déja bon courage Lucy.Un conseil pour est un peu "dégoutée" : regarder le très bon film " requiem for a dream "
Je l'ai vu et franchement c'est une bonne mise en garde contre les drogues.
Je pense aussi que la pression d'autres personnes de ce milieu joue pour beaucoup.
Par exemple, il n'y a pas longtemps des gens se sont bien foutus de moi parce que j'avais jamais essayé la cigarette. Bon c'est pas pour ça que je vais commencer mais peut-être que sur des personnes qui font plus attention a leur "réputation" seraient plus sensible à ce genre de remarque.
Le 23 décembre 2011 à 20:53
@orangevioline, si si tu as été lue jusqu'au bout ! et je te remercie de ton partage, des tes conseils d'aide, et si jamais je suis confrontée à ce genre de situation, je retiendrai tes conseils, ne pas tout jeter pour "sauver" l'autre contre son gré, mais l'aider à garder ou reprendre sa dignité et un intérêt autre. Je n'aurai sans doute pas penser ainsi avant de te lire, je n'aurai sans doute pas pris autant conscience de ce quotidien, de cette mésestime de soi.Je te remercie pour ce témoignage en direct, et à mon humble avis tu ne devrais pas effacer ton message, car il est très utile parce que très concret. Si il m'a servi à moi, je suis bien certaine qu'il servira à d'autres.
Merci encore pour ta sincèrité.
Le 20 avril 2012 à 16:56
ce témoignage est tellement touchant!vraiment c'est super de pouvoir lire ceci et de prendre conscience
que la drogue n'est pas simplement quelque chose pour se faire plaisir
mais que ça engendre aussi beaucoup de mauvaises choses..