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Body positive

J’ai vaincu l’anorexie, j’ai choisi de vivre

11 mar 2018
L’anorexie est une maladie qui fait chaque année beaucoup de victimes. Voici le témoignage illustré d’une femme qui a réussi à en sortir, à ne pas mourir.

Coucou toi !

Ici Léa Castor pour te partager un nouveau volet de Corps à cœur Cœur à corps, comme chaque dimanche.

Si tu n’as pas suivi le concept, il s’agit d’une série de témoignages illustrés, mettant en avant des personnes qui ont décidé d’avoir un regard plus positif vis-à-vis de leurs complexes physiques.

Il ne s’agit pas de se sentir bien À TOUT PRIX (ça suffit les injonctions, oh !) ou de dire qu’il y a des complexes plus importants que d’autres, mais d’observer les chemins que prennent différentes personnes pour se sentir plus en paix avec elles-mêmes.

Tous les corps sont différents, ça te dit de les célébrer avec moi chaque semaine ?

Les illustrations sont faites par mes petites mains et à partir de photos envoyées en même temps que le texte. J’en reçois plusieurs et je choisis celle qui m’inspire le plus.

Donc, sans plus attendre, le témoignage de cette semaine.

Sambre, 28 ans.

« J’aimerais bien être mince, même maigre.
De toutes façons, je suis trop gourmande,
je pourrais jamais. Je vais rester grosse
et moche pour toujours. »

Voilà exactement le genre de discours
que j’ai tenu pendant des années,
le même que beaucoup de jeunes femmes
complexées par quelques kilos superflus.

La seule différence c’est que
je n’avais pas de kilos en trop.

À lire aussi : J’ai un IMC faiblard et non, je ne suis pas anorexique

Ce qui au départ émanait d’un simple complexe
s’est rapidement transformé en obsession.
Je ne saurais dire pourquoi le déclic a eu lieu.
Le stress des études, le contexte familial
et sentimental de l’époque ont certainement
beaucoup joué. Toujours est-il qu’à 20 ans
j’ai commencé un régime et je m’y suis tenue.

Quel type de régime ?
Oh rien de bien compliqué : manger de tout
en petites quantités, faire attention aux graisses
et aux sucres, bien boire 2L d’eau par jour
et pratiquer un peu de sport.

J’ai perdu 2kg en un mois, j’étais contente
mais j’espérais mieux. Alors j’ai continué
en prenant des mesures plus radicales.
Progressivement, lentement, « discrètement »,
j’ai perdu 17kg en neuf mois.

J’étais très maigre, mais incapable
de m’en rendre compte. Bien sûr que
mes proches s’alarmaient, bien sûr que
des inconnus me dévisageaient dans la rue.

Cependant, l’anorexie me rendait sourde
et aveugle. Il fallait que je continue à maigrir.

Ce corps gras, ces cuisses flasques que j’avais
détestées pendant des années commençaient
à ressembler à ce que je souhaitais, je devais
faire encore quelques efforts pour
atteindre la perfection.

J’ai commencé à poser comme modèle photo,
chose que je n’aurais jamais envisagée
auparavant. Je correspondais à des critères
atypiques, j’avais un profil recherché,
mon corps devenait un objet d’art,
j’étais tellement fière de cette maigreur !

À lire aussi : L’interdiction d’employer des mannequins trop maigres entre en vigueur

C’est là que les problèmes de santé ont débuté.
La liste des désagréments est longue mais
ne m’a alarmée à aucun moment, je niais,
trouvais des excuses et des prétextes.

L’été, j’avais si froid et je me sentais si faible que
parfois je ne parvenais pas à mettre le nez dehors.
J’ai commencé à avoir vraiment peur de mourir
et j’ai compris qu’il fallait que je fasse un choix.

Que ce choix m’appartenait pleinement
et ne dépendait que de moi : vivre ou mourir.

J’ai choisi de vivre.

J’ai mis du temps à remanger,
à ne plus compter les calories,
à ne plus pleurer en montant sur la balance
4 fois par jour.

J’ai doucement apprivoisé l’idée de me voir
grossir, j’ai appris à supporter mon corps
avec ses vergetures, sa cellulite,
ses cuisses rebondies. J’ai appris à aimer
ce corps qui a besoin de gras pour être
en bonne santé, j’ai retrouvé du plaisir dans
la saveur des aliments et je me sens plus forte.

Je suis vraiment fière d’avoir dépassé cela,
de pouvoir dire à mon corps
que je l’aime comme il est
et que jamais plus
je ne lui ferai autant de mal.

sambre-620

J’ai demandé à Sambre de me faire un retour sur cette expérience : témoigner et voir son corps illustré, ça fait quoi ?

Voici ses réponses !

À cœur à corps, ouverture mail,
téléchargement de la pièce jointe, lecture
des quelques lignes de Léa… Suspens,
j’ai le cœur qui bat fort en attendant
de voir le dessin s’afficher.

Whhhaaaaa !!!

J’ai eu bien raison de participer.

C’est avant tout la forme du projet
qui m’a donné envie. La douceur de ton trait,
alliée à l’idée d’exposer des corps mal aimés
pour se les réapproprier artistiquement,
c’est une démarche magnifique.

J’ai longtemps été en conflit avec mon image,
à présent, il ne me reste qu’une zone d’ombre :
cette période d’anorexie où mon corps était
si maigre et anguleux. En regardant
quelques photos, j’ai encore mal.

Aujourd’hui je comprends pourquoi les gens
serraient les dents sur mon passage
ou me dévisageaient avec inquiétude.
Moi-même, je me demande comment
je pouvais tenir debout certains jours.

J’étais complètement aveuglée par
la dysmorphophobie.

Afin de lutter contre ce sentiment,
et dans le but, je l’espère, d’aider quelques
mad victimes d’anorexie, j’ai voulu
apporter ma pierre à l’édifice et voir
comment rendrait ton art, en collaboration
avec ma modeste plume.

C’est marrant de recevoir ton mail aujourd’hui
car hier, tout à fait par hasard, j’ai croisé
des « inconnus » qui m’ont montré une photo
de moi d’il y a 6 ans. J’avais participé
à un événement que j’avais complètement oublié.

Je n’avais jamais vu cette photo, datant
du moment le plus fort de la maladie.

J’ai mis une demi seconde à me reconnaître,
ça m’a fait un choc je n’étais vraiment pas préparée.
Ils ont témoigné de leur soulagement
de me voir en meilleure santé et souhaité
le meilleur pour la suite, c’était touchant.

J’ai trouvé l’illustration très douce,
elle atténue le côté cadavérique, on ne voit pas
les côtes, les os. En fait je n’ai presque pas
l’air maigre, juste le haut du corps.
On ne voit pas non plus les nombreux
problèmes de peau, et la chute de cheveux
dont je souffrais à cette époque.

Je me reconnais bien, et je me vois plutôt
comme un petit animal roulé en boule.
Je trouve ça tout mignon, et pas du tout effrayant
contrairement aux photos qu’il me reste
de cette période.

Je lis tous les Corps à Cœur, je les attends
le dimanche, avec mon café devant l’ordinateur.
Je me sens proche de toutes ces jeunes femmes,
j’aimerais les serrer dans mes bras pour leur dire
qu’elles sont géniales, et quand on aime son corps
il nous le rend !

Et merci à toi surtout, continue cette rubrique,
elle réchauffe bien des petits cœurs !

Comment participer à Corps à cœur Cœur à corps ?

Toi, oui, toi qui as lu avec attention. Toi qui as envie de dire à ton corps que tu veux enterrer la hache de guerre. Que même s’il y a des jours avec et des jours sans, ça serait déjà un premier pas de partager ton expérience.

Bienvenue dans Corps à cœur Cœur à corps !

Concrètement, si tu veux participer, qu’est ce que je te demande ?

Le témoignage sera en 2 parties : un texte et une illustration.

  • Le texte, c’est toi qui l’écris : tu m’expliques ton rapport à ce(s) complexe(s), pourquoi tu as envie de changer de regard dessus, comment tu t’y prends…
  • Pour l’illustration, j’ai besoin de 5 photos de cette partie de ton corps et/ou de ton corps en entier.

Tu peux les prendre seul·e ou avec un·e proche; l’essentiel est que ça soit ton regard avant de devenir le mien. Ça peut être un exercice difficile, j’en ai conscience, donc je laisse le plus de liberté possible ! Mise en scène, spontanéité… c’est toi qui vois.

Je choisis la photo qui m’inspire le plus et j’en fais une illustration.

Envoie-moi ça à lea.castor[at]madmoizelle.com avec « Corps à cœur Cœur à corps » en objet du mail !

Pour suivre Léa Castor, rendez vous sur Instagram et Facebook !

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[email protected]
On a hâte de vous lire !

Les Commentaires
13

Avatar de Lukii03
28 juillet 2018 à 17h56
Lukii03
Merci @Lysambre pour ce beau texte
Le dessin est absolument magnifique !
Je me reconnais beaucoup dans ton histoire et ça me fait toujours du bien de lire de beaux témoignages de personnes qui vont mieux !
Pour revenir au petit débat, moi aussi j'ai eu cette sensation de choix, même si elle n'était pas vraiment consciente. A un moment, je me suis retrouvée bloquer dans mon évolution de vie (études sup, avoir son appartement toute seule, cours de danse,...) et je me couchais tous les soirs avec la peur de ne pas me réveiller le lendemain, forcément à un moment donné tu choisis si tu veux continuer de vivre et réaliser tes envies ou te laisser mourir. Même si pour continuer à vivre, le chemin est long et difficile, il est tellement libérateur !
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Voir les 13 commentaires

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