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Culture Web

Voilà pourquoi Twitter veut que tu lises cet article avant de le partager

Alors que 60% des internautes partagent des articles sur les réseaux sociaux sans les lire, Twitter développe une fonctionnalité qui pourrait aider à lutter contre cette tendance. Marie t’explique pourquoi cet enjeu est important.

Si tu n’es pas une grosse utilisatrice des réseaux sociaux, tu n’observes peut-être pas cette tendance et pourtant, elle est dévastatrice.

Tous les jours, des internautes partagent et réagissent à des contenus sur Internet… sans les avoir lus.

Une tendance qui pourrait bien être remise en question dans les temps à venir puisque le réseau social Twitter vient d’annoncer qu’il suggérerait bientôt à ses utilisateurs de lire les articles avant de les partager.

Twitter incite les internautes à lire les articles avant de les partager

Ce chiffre m’a fait souffler du nez : en 2016, une étude révélait que 60% des internautes partageaient des articles sans les lire.

Dans un communiqué publié ce mercredi soir, les équipes de Twitter ont mis en lumière cette nouvelle fonctionnalité, actuellement en test sur les appareils Android.

Parce que partager un article peut susciter une discussion, il se peut que vous vouliez le lire avant de le tweeter.

Pour aider à promouvoir des débats éclairés, nous testons une nouvelle commande sur Android – lorsque vous retweetez un article que vous n’avez pas ouvert sur Twitter, nous vous demanderons si vous désirez d’abord l’ouvrir.

Les titres des articles, le nerf de la guerre

Qui n’a jamais réagi à un article sans le lire ? Rien de plus désagréable que d’être pris en flagrant délit de « j’ai pas lu ».

Face à la multitude des contenus qui circulent sur les réseaux, il est assez humain de céder à une petite flemmardise intellectuelle et à ses émotions en retweetant un contenu dont le titre nous interpelle sans l’avoir lu.

C’est un reproche qui a parfois été adressé à la rédaction : « Faut arrêter avec le putaclic madmoiZelle… »

Il y a quelques temps, Mymy t’expliquait pourquoi chez madmoiZelle les titres étaient « marketés » pour donner envie de les lire, tout en nuançant l’accusation d’opter pour du « putaclic » :

Voilà pourquoi, à mon sens, il n’y a pas de « putaclic » sur madmoiZelle :

  • Jamais un titre ne ment sur le contenu de l’article
  • Les titres encouragent le clic, oui…
  • …mais pas de façon malhonnête…
  • …et c’est essentiel qu’il y ait des clics pour que madmoiZelle survive…
  • …surtout, si les articles ne sont pas lus, à quoi bon les écrire ?

Les titres sont une composante essentielle du travail journalistique aujourd’hui.

À tel point que pour être plus efficaces et interpeller une plus large audience, dans certaines rédactions, des journalistes écrivent des papiers qui seront retitrés sans leur accord.

Savoir « vendre », vulgariser et enrober un propos plus long est désormais une compétence essentielle dans le secteur médiatique.

Mais souvent, un titre ne reflète pas la complexité du contenu. Plus radical, moins nuancé, il attise même fréquemment l’indignation des internautes.

Pourquoi je partage parfois sans lire ?

Bien sûr, ça m’est aussi arrivé de partager ou de commenter des articles sur les réseaux sociaux sans les parcourir.

Les mécaniques de viralité induites par les réseaux sociaux sont responsables de cette tendance terriblement humaine.

Dans une société numérique où l’information circule à une vitesse folle et où être un « découvreur » ou une « découvreuse » fait monter son klout (= sa réputation sur Internet), j’ai envie de trouver le bon mot, la petite blague, la pique cynique qui sera retweetée et validée par des centaines voire des milliers d’internautes.

J’espère, en étant dans la réaction spontanée, m’intégrer et gagner des points auprès d’une communauté à laquelle je suis désireuse d’appartenir.

Mais cette réactivité est malheureusement la porte d’entrée vers un mal du siècle qui fait des ravages : la propagation des fake news.

Réfléchir avant d’agir : comment Twitter compte lutter contre les fake news

Depuis quelques mois, Twitter met une énergie toute particulière dans le développement de fonctionnalités permettant de lutter contre les fake news.

Enjoints par les États à agir sur ce mal moderne, la plateforme est fréquemment mise face à ses responsabilités dans la diffusion des fausses informations, aux côtés du géant Facebook.

Et le temps presse : à cinq mois des élections américaines, les plateformes veulent se dédouaner et éviter à tout prix des conséquences similaires au scandale Cambridge Analytica, qui avait démontré l’influence du partage de fake news sur les votes des citoyens.

Affaire Cambridge Analytica : pourquoi c’est grave pour Facebook et ses utilisateurs

Récemment, Twitter a signalé des messages publiés par Donald Trump en ajoutant la mention « Vérifiez les faits » sous des tweets aux informations fallacieuses. Si les intérêts politiques du Président des Etats-Unis sont évidents, personne n’est à l’abri de partager des fake news.

Tourner les mains sept fois autour de son clavier avant de réagir à une actualité qu’on n’a pas lue est, sans nul doute, un moyen efficace de lutter contre la viralité de certaines informations.

Mais cela doit venir en complément d’une réelle politique d’éducation aux médias des citoyens.

Si elle n’était pas aussi nécessaire, on pourrait trouver cette nouvelle fonctionnalité de Twitter infantilisante.

Quand on constate les usages des internautes (60% !!!), elle est pourtant un petit pansement sur la plaie béante dont souffre la circulation des informations dans notre société numérique.

Apprendre à lire l’information, à croiser les sources, à répondre plutôt que réagir, développer son esprit critique et identifier les biais rhétoriques qui nous gouvernent… Ces principes fondamentaux de l’éducation aux médias semblent être des évidences.

Espérons que ces mesures s’accompagnent de réels moyens pour traiter le problème à la racine, en offrant la possibilité aux internautes de se former dès le plus jeune âge à une culture web saine.

Maintenant, c’est à toi ! Parlons-en dans les commentaires : que penses-tu de cette nouvelle fonctionnalité ?

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