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Voici comment l’allergie à l’arachide disparaît chez les bébés

Une nouvelle étude publiée dans Pediatrics montre que les allergies alimentaires, en particulier à l’arachide, ont significativement diminué aux États-Unis depuis l’adoption des recommandations d’introduction précoce de certains aliments.

Pendant des années, les parents ont redouté le moment d’introduire les cacahuètes dans l’alimentation de leur bébé. Aujourd’hui, la tendance s’inverse : les scientifiques observent enfin une baisse des allergies à l’arachide chez les tout-petits. Une bonne nouvelle, fruit d’un changement radical dans les pratiques alimentaires infantiles.

L’effet des nouvelles recommandations commence à se faire sentir

Depuis 2017, les autorités de santé américaines recommandent d’introduire les aliments potentiellement allergènes (comme la cacahuète ou l’œuf) dès l’âge de 4 à 6 mois, au lieu d’attendre plusieurs années comme on le conseillait auparavant. Ce revirement, appuyé par l’étude historique LEAP (Learning Early About Peanut Allergy), a bouleversé la prévention des allergies alimentaires.

Huit ans plus tard, la nouvelle étude publiée dans la revue Pediatrics par une équipe du Children’s Hospital of Philadelphia vient confirmer que cette approche porte ses fruits. En analysant les dossiers médicaux de plus de 120 000 enfants âgés de 0 à 3 ans, les chercheurs ont constaté une baisse de 43 % des cas d’allergie à l’arachide depuis la mise en place de ces directives.

Autrement dit, parmi les enfants suivis, la proportion d’allergies à la cacahuète est passée de 0,79 % à 0,45 % entre 2012 et 2019. Le risque de développer une allergie alimentaire, toutes causes confondues, a lui aussi diminué d’environ 30 %.

Manger tôt pour s’immuniser

Pourquoi cette baisse ? Parce que le système immunitaire du nourrisson apprend à reconnaître les protéines d’arachide comme des substances inoffensives lorsqu’il y est exposé très tôt, au lieu de les considérer comme des menaces.

Cette « tolérance orale » repose sur une idée simple : le corps s’habitue mieux à ce qu’il ingère dès ses premiers mois de vie. À l’inverse, retarder l’exposition pourrait renforcer les réactions allergiques ultérieures.

Les chercheurs précisent toutefois que la mise en œuvre de ces recommandations reste inégale : tous les parents, ni même tous les pédiatres, ne les appliquent encore pleinement. Selon des enquêtes récentes, seulement 17 % des familles introduisent les cacahuètes avant 7 mois. Autrement dit, il reste du chemin à parcourir pour que cette prévention devienne un réflexe.

Une pratique encore inégale selon les familles

L’étude souligne aussi que la baisse des allergies n’est pas uniforme dans toutes les populations. Les enfants blancs sont surreprésentés parmi ceux ayant bénéficié de l’introduction précoce, tandis que les enfants noirs, asiatiques ou hispaniques restent proportionnellement plus touchés par les allergies.

Ces différences pourraient refléter des inégalités d’accès aux soins pédiatriques ou à l’information. Le Dr David Hill, coauteur de l’étude, estime que la prévention des allergies alimentaires devra à l’avenir passer par une meilleure sensibilisation des familles les plus éloignées du système de santé.

Un tournant pour la prévention des allergies

Ce recul des allergies à la cacahuète marque un tournant dans la santé infantile. Il prouve qu’un changement d’habitude simple — introduire les aliments allergènes tôt et en petites quantités — peut avoir un effet mesurable à l’échelle d’une génération.

Pour les parents, cela reste souvent angoissant : faut-il vraiment donner des cacahuètes à un bébé de 5 mois ? Les experts rappellent que cela doit être fait en toute sécurité (par exemple sous forme de purée de cacahuète ou de poudre mélangée à une compote, jamais entière pour éviter le risque d’étouffement) et, dans le cas d’un bébé à risque élevé d’allergies, avec un suivi médical.

Cette baisse spectaculaire offre enfin une lueur d’espoir dans un domaine où les chiffres n’avaient cessé de grimper. Si la tendance se confirme dans les années à venir, les enfants d’aujourd’hui pourraient bien être les premiers à grandir dans un monde où les allergies à l’arachide deviennent plus rares.


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