« Teddy », le loup-garou au crâne rasé qui a conquis les festivals (et nous avec)


Teddy a le crâne rasé, le doigt d'honneur facile, un job qu'il hait et... un destin peu banal ! En compétition officielle du festival de Gérardmer, le nouveau film des frères Boukherma est un OVNI sociétalo-horrifique qu'on a adoré.

« Teddy », le loup-garou au crâne rasé qui a conquis les festivals (et nous avec)

Janvier rime avec bonnes résolutions, froid polaire et galette des rois. Mais janvier rime aussi avec Gérardmer, ce festival de film fantastique qui depuis 28 ans, fait rayonner le genre au-delà de son lac enneigé.

Cette année, pandémie oblige, l’évènement ne se tient pas dans la petite ville des Vosges mais en ligne. L’occasion de découvrir la crème des films de genre sans bouger de son canapé, et notamment Teddy, notre coup de cœur à ce jour.

Teddy, de quoi ça parle ?

Teddy — incarné par l’étonnant Anthony Bajon (La prière) — a 19 ans, le crâne rasé, un t-shirt trop grand avec un imprimé dragon sur les épaules. Non-diplômé, vit avec son oncle adoptif et travaille dans un salon de massage, dont la tenancière le harcèle sexuellement.

Sa petite amie Rebecca, issue d’une famille bourgeoise, passe bientôt son bac et se promet à un avenir radieux. Rebecca est très courtisée, notamment par des garçons de prime abord plus attractifs que Teddy.

Alors qu’un loup rôde dans cette région des Pyrénées, décimant les bêtes des paysans sur son passage, Teddy s’apprête à passer un été banal. Mais un soir de pleine lune, il est griffé par une bête inconnue, qu’il essaie de chasser des fourrés.

Blessé au flanc, le jeune homme se soigne mais commence à voir son corps changer petit à petit. Les semaines qui suivent, des poils lui poussent sur la langue, puis il est pris de curieuses pulsions animales…

Réalisé par  Ludovic et Zoran Boukherma, deux frères méconnus du grand public mais néanmoins familiers des festivals où ils avaient brillé grâce au tendre et pas banal Willy 1er, Teddy porte la patte bien peu commune de ses créateurs. Quiconque a vu Willy 1er, fable douce-amère sur un homme de 50 qui quitte ses parents pour vivre dans un village voisin, reconnaîtra en Teddy cet ingrédient spécial qui fait le cinéma des Boukherma.

Teddy, un film déroutant en compétition au festival de Gérardmer

Teddy, c’est un jeune homme marginalisé par les habitants de sa commune. Méprisé pour sa famille, pour ce qu’il est aussi, pour ses manières, il est présenté dès le début du film comme solitaire, bien que sortant avec une fille mieux pourvue socialement.

La fiction, en compétition officielle de Gérardmer, s’ouvre sur une scène mi-comique, mi-malaisante où Teddy se moque ouvertement d’un homme qui chante La Marseillaise lors d’une inauguration. De toute manière, Teddy se fout de tout et de tout le monde, et le montre en lâchant des doigts d’honneur et des insultes à qui mieux-mieux.

Dès lors, le personnage ne cesse de nous faire osciller entre tendresse et agacement, lui-même hésitant parfois entre plusieurs conduites à adopter.

Teddy, c’est une fable sociale qui se sert du fantastique pour regarder différemment la ruralité — laquelle n’est, heureusement, jamais moquée. Une relecture du mythe du loup-garou qui n’hésite jamais entre grotesque et tragique mais choisit d’allier les deux, au détriment des traditions. Plutôt fort !

Teddy, un film qui conquiert les festivals

Évidemment, en bon OVNI qu’il est, Teddy ne pouvait pas échapper aux scruteurs de pépites. Ainsi, il concourt actuellement au festival fantastique de Gérardmer, qui célèbre actuellement sa 28ème édition via un événement 100% en ligne. Avant cela, il avait été nommé à Cannes et avait été projeté au prestigieux festival de Deauville, hors-compétition.

Depuis, son titre est partout, des soirées cinéphiles aux grands titres de presse, confirmant le nez creux de la société de distribution The Jokers (qui a notamment distribué en France Parasite). Teddy fait du bien pour l’originalité de son traitement des vicissitudes des marginalisés et s’assure, on l’espère, une arrivée en fanfare au cinéma le 10 mars !

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Kalindi Ramphul

Kalindi Ramphul


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