Live now
Live now
Masquer
Polanski mars distribution
Justice

Roman Polanski jugé pour diffamation envers l’actrice Charlotte Lewis, qui l’accuse de viol

Le cinéaste de 90 ans comparaissait mardi 5 mars devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir qualifié d’«odieux mensonges » les accusations de viol proférées à son encontre par la comédienne britannique Charlotte Lewis.

Roman Polanski devant la justice française. Mardi 5 mars, le cinéaste franco-polonais comparaissait devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « diffamation ».

Dans un entretien accordé à Paris Match en 2019, il avait qualifié les accusations de viols portées par la comédienne Charlotte Lewis d’« odieux mensonges ». Alors que la plainte pour diffamation est l’arme juridique préférées des hommes accusés de violences sexuelles, c’est cette fois-ci la victime présumée de Roman Polanski qui a décidé de l’utiliser pour « laver [son] honneur de tout ce que Roman a dit sur [elle] ».

« Je n’avais pas conscience que j’avais été violée »

Roman Polanski, 90 ans, n’était pas présent à l’audience, contrairement à Charlotte Lewis. Aujourd’hui âgée de 56 ans, la comédienne britannique a accusé en 2010, durant le festival de Cannes, Roman Polanski de l’avoir « agressée sexuellement ». Les faits présumés se seraient déroulés en 1983 lors d’un casting que le réalisateur organisait à son domicile. Elle avait alors 16 ans.

Charlotte Lewis, qui a par la suite joué sous la direction de Roman Polanski dans Pirates, est revenue sur le procès sur les circonstances du viol qu’elle aurait subi. Alors accompagnée d’une amie, Karen, qui les aurait présentés, elle aurait été invitée chez Roman Polanski. « On va dîner, on est rentrées à l’appartement, Karen est allée se coucher et m’a laissée seule avec Roman. Et c’est là qu’il m’a violée », a-t-elle déclaré en larmes à l’audience, rapporte Libération.

Sous le feu des questions de la défense, qui lui aurait notamment demandé pourquoi elle n’avait pas porté plainte pour viol plus tôt, elle a expliqué :

« Pendant très longtemps, je n’avais pas conscience que j’avais été violée. Je ne connaissais même pas le mot viol. Je sentais bien que quelque chose n’allait pas, mais Roman était mon mentor. »

Elle a aussi expliqué pourquoi elle avait tenu des propos élogieux sur le réalisateur de J’accuse lors de la sortie du film Pirates en 1986. «J ’avais toujours quelqu’un de la société de production qui m’accompagnait, je n’allais pas me mettre à insulter Roman Polanski. » « À l’époque, tout le monde se taisait », a rappelé son avocat Me Benjamin Chouai.

La dénonciation d’un « système Polanski »

Si les faits qu’elle dénonce sont prescrits, cette plainte pour diffamation à l’encontre de Roman Polanski est un moyen de « laver son honneur » face aux choses « dégoûtantes » qu’il a dites sur elle. Selon la comédienne, le cinéaste aurait mené une « campagne de dénigrement » à son encontre qui a failli « détruire sa vie ». L’interview accordée à Paris Match a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Il y déclarait notamment :

 « Voyez-vous, la première qualité d’un bon menteur c’est une excellente mémoire. On mentionne toujours Charlotte Lewis dans la liste de mes accusatrices sans jamais relever [ses] contradictions. » 

Les conseils de Roman Polanski ont pour leur part contesté toute diffamation en déclarant que le cinéaste « a le droit de se défendre publiquement, au même titre que celle qui l’accuse  ». Ils ont notamment basé leur défense sur une interview accordée par Charlotte Lewis au tabloïd britannique News of the World en 1999, où elle aurait dit : «  Je voulais être sa maîtresse […] Je le désirais probablement plus que lui ne me voulait.  »

Selon Charlotte Lewis, cette citation ne serait pas fidèle à ses propos. «  Salir, discréditer, diffamer ça fait partie intégrante du système Polanski, c’est ce que dénonce avec beaucoup de courage Charlotte Lewis  », a déclaré Me Benjamin Chouai. 

Après huit heures de débat, la décision a été mise en délibéré. Elle sera connue le 14 mai prochain. Comme le rappelle Libération, cette date coïncide « jour pour jour » avec le 14e anniversaire de l’accusation de viol formée par Charlotte Lewis à l’encontre de Polanski.


Vous aimez nos articles ? Vous adorerez nos newsletters ! Abonnez-vous gratuitement sur cette page.

Les Commentaires

2
Avatar de LavraiLilith
6 mars 2024 à 18h03
LavraiLilith
Bravo à elle pour sa plainte pour diffamation. J'en peux plus que ce gros porc soit encore défendu voire victimisé.
En 1986, si elle avait 16, lui avait 50 ans. J'ai vraiment pas envie d'avoir la gerbe en lisant des gens défendre ça.
Contenu caché du spoiler.

Citation de l'article : "Elle a aussi expliqué pourquoi elle avait tenu des propos élogieux sur le réalisateur de J’accuse lors de la sortie du film Pirates en 1986."
Mais, sérieusement ?? Elle doit se justifier pour un comportement qu'elle a eu à 16 ans, à une époque où ''beau père'' était salué par la critique ?
4
Voir les 2 commentaires

Plus de contenus Justice

Source : cava
Société

86 % des plaintes pour violences sexuelles classées sans suite, et pourtant leur nombre n’a jamais été aussi important

Mode

Quelle est la meilleure culotte menstruelle ? Notre guide pour bien choisir

Humanoid Native
Gérard Miller
Justice

Gérard Miller : une alerte sur son comportement avait été donnée à l’université Paris 8

Source : Capture d'écran Youtube
Société

Violences conjugales : Stéphane Plaza est auditionné par la police dans le cadre d’une enquête préliminaire

police pixabay
Société

Condamné pour viols et violences conjugales, un policier en fuite

1
Source : Jeanne Menjoulet
Justice

La famille d’une victime de féminicide assigne l’État en justice pour « faute lourde »

Source : Capture vidéo / AFP
Justice

Monique Olivier entendue dans l’affaire Lydie Logé, disparue en 1993

2
Source : Jazmin Tabuena / corelens
Justice

Explosion de la prostitution des mineurs : le plan choc de la ministre chargée de l’Enfance

3
Manifestation contre les violences faites aux femmes  // Source : Jeanne Menjoulet
Justice

En 2022, seules 7 % des victimes de féminicides étaient suivies par une association

Source : Juan Moyano / Canva
Justice

Victime de violences sexuelles, je regrette d’avoir porté plainte

4
Dominiqueboutonnat_copyrightcnc
Justice

Affaire Dominique Boutonnat : le président du CNC sera jugé en juin pour agression sexuelle

La société s'écrit au féminin