Couscous à Noël et antipasti devant le sapin : 4 lectrices racontent leur fêtes de fin d’année multiculturelles


Quand on vient d'une famille multiculturelle, Noël est souvent un moment de brassage. Entre les invités, mais aussi entre traditions, recettes et cultures ! Des lectrices nous ont raconté leurs réveillons hauts en couleurs.

Couscous à Noël et antipasti devant le sapin : 4 lectrices racontent leur fêtes de fin d’année multiculturelles

N’en déplaise à Eric Ciotti et à son obsession désagréable pour les racines chrétiennes de la France, il y a autant de manières de réveillonner que de Françaises et de Français.

Vous nous l’avez dit à l’occasion d’un appel à témoignages chez Rockie, pour vous, Noël, c’est avant tout un moment en famille, pendant lequel vous vous retrouvez et partagez vos traditions, votre amour pour la bonne bouffe, et surtout votre amour pour les autres !

Quand on est issu d’un environnement multiculturel, Noël tourne souvent au joyeux bazar qui mélange les cultures, les histoires et les habitudes.

Vous nous avez raconté comment ça se passe chez vous et spoiler : on est heureusement très loin de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?

Quand Noël mélange les cultures et les langues

Dans la famille de Laura*, 17 ans, Noël est une fête familiale avant tout. Tout le monde se retrouve pour un grand repas, et la règle est simple : chacun apporte quelque chose, et on partage tout ! D’ailleurs, chez elle, le réveillon n’est pas seulement un moment qui mélange les cultures, mais aussi les langues.

« Du côté de ma maman, mes grands-parents sont algériens et marocains et partagent une culture catholique. Du côté de mon papa, mes grands-parents sont français et kanaks. Ma cousine, qui est comme ma grande sœur, est en couple avec un réunionnais. Les retrouvailles en famille, c’est donc un grand mélange !

Mais ce n’est pas tout : une partie de ma famille paternelle est sourde. Tout le monde a les bases de langue des signes française, mais ceux qui la parlent le mieux jouent les traducteurs pendant les longues conversations. Même s’il y a parfois des difficultés de communication, l’ambiance est toujours au top !

Le repas est décliné en plein de petits tapas différents, et ma grand-mère fait toujours des desserts marocains. Il y a donc un peu de la culture de chacun que nous partageons à travers les plats, les décorations… Et les cadeaux ! »

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Un réveillon qui vient de partout

Chez Souad*, la manière dont on fête Noël a évolué au cours du temps. Après avoir vécu une version assez traditionnelle du réveillon, sa famille l’a transformé en une nouvelle fête, plus cosmopolite, qui leur ressemble plus.

« Noël, pour moi, ça a commencé par être une fête très traditionnelle. Ma mère étant originaire d’un pays du Maghreb, et mon père d’une région de l’Est de la France, nous allions tous les ans chez ses parents à lui pour réunir toute la famille autour du sapin et du chapon. Je dis bien toute la famille : cousins, cousines, oncles et tantes…

On n’allait pas à la messe, mais on faisait un Noël très classique avec du vin, de la bonne chère, des chansons traditionnelles et parfois même un peu de neige dehors.

Et puis mes grands-parents sont décédés, et plus personne n’avait de logement assez grand pour réunir toute la famille. Nos plans pour les fêtes ont dû changer, pour devenir ce qu’ils sont actuellement. Et je les trouve encore mieux qu’avant !

Noël ressemble maintenant à notre famille : il vient de partout. J’ai déjà dégusté le couscous de ma mère un 25 décembre. J’ai déjà ouvert mes cadeaux entre un verre de thé à la menthe et une larme de schnaps en guise de digestif. J’ai déjà fredonné des chansons d’Oum Kalthoum en préparant des bredele.

Au fil des années, la famille s’est agrandie pour devenir encore plus cosmopolite. Les parents du compagnon de ma sœur, originaires d’un pays d’Europe de l’Est, nous ont souvent rejoints, et même s’ils ne parlent ni français ni anglais, et que nous ne parlons pas leur langue, ça ne nous a pas empêché de partager la magie de Noël : de bons repas, des cadeaux, des gestes affectueux, et bien sûr un peu d’aide de Google Translate !

Des cousins et cousines originaires du Maghreb de ma famille viennent aussi nous voir, afin de vivre « un vrai Noël » — pas chrétien, mais sous un mistral bien coupant, avec un sapin et des guirlandes. Il nous est même arrivé de proposer à des amies isolées ou en froid avec leur famille de se joindre à nous.

J’aime mon Noël parce qu’il ressemble à l’environnement où j’ai grandi : un espace où le « vivre ensemble » tant galvaudé trouve pour moi sa vraie signification. Et puis admettons-le, un bon couscous c’est quand même autre chose qu’une volaille vaguement farcie et toujours un peu sèche ! »

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Créer ses propres traditions de Noël

Pour les lecteurs et lectrices dont les racines ne sont pas en Occident, Noël n’est pas forcément une fête ancrée dans les mœurs depuis des générations. Qu’à cela ne tienne : chacun peut créer ses propres habitudes.

Les parents de Mireille, 28 ans, ont vécu à Hong Kong avant de venir fonder leur famille en France.

Chez eux, personne ne sort ses fringues à paillettes pour Noël ! On a plutôt tendance à choisir des vêtements confortables, qui laissent de la place à tout ce qu’on peut avoir envie d’engloutir ce soir-là.

« Chez moi, on passe les fêtes en pyjama. Une année, ma soeur et son conjoint sont arrivés habillés sur leur 31, et ils ont été accueillis par des regards perplexes.

Ma sœur s’est tournée vers son mec en lui disant : “Tu vois, je t’avais dit que ça ne servait à rien de trop s’habiller !” et est allée emprunter un jogging à ma mère. Elle est partie du repas avec sa jolie robe sous le bras.

Traditionnellement, on ne fête pas le 25 décembre à Hong Kong, donc mes parents se sont imprégnés de l’ambiance festive de la période, sans forcément reproduire les codes du réveillon dans les moindres détails.

Personnellement, je n’ai jamais mangé de bûche à Noël : dans ma famille, on se retrouve tous ensemble et on mange ce qu’on préfère, en mélangeant les recettes et les cultures.

D’habitude, chez mes parents, on mange plutôt des plats chinois. Du coup, Noël, c’est l’occasion pour nous de préparer des plats de tradition française qu’on aime bien !

Par contre, pour le dessert, on penche toujours pour les desserts hong-kongais que mon père prépare à la perfection : des gâteaux éponges, des brioches fourrées au sucre et à l’œuf…

Dans ma famille, l’ambiance festive se prolonge : on troque très vite les décos de Noël contre les décos du nouvel an chinois qui a lieu plus tard, au mois de février . Le réveillon n’est que le début ! »

Sauver Noël avec un karaoké

À lire vos témoignages, une chose nous apparaît très clairement : le foisonnement des cultures pendant vos fins d’année se ressent avant tout sur le menu !

Mais parfois, d’autres traditions peuvent être source de tensions. Comme dans la famille d’Élise*, où il a fallu un peu de temps pour trouver un programme qui convienne à tout le monde.

« Une partie de ma famille a des racines italiennes, et l’autre a des racines françaises. Pendant longtemps, ma grand-mère italienne a cuisiné absolument tout le repas : du vin chaud au plat principal, en passant par la bûche. Les Français de ma famille apportaient le foie gras, les huîtres, et le pain.

Chez nous, les différences culturelles n’étaient pas seulement culinaires, elles étaient aussi religieuses : une partie de ma famille est farouchement anticléricale, tandis que l’autre est très religieuse et tient à aller à la messe de minuit. Ce sujet pouvait parfois créer des tensions.

Avec le temps, les choses ont évolué, et chacun s’est mis à apporter un peu de lui au réveillon.

Depuis que mon cousin est marié, sa femme, qui est juive, passe Noël avec nous et a apporté ses traditions à elle aussi. Désormais, le menu est un savant mélange de ce qu’on est, et de ce qu’on aime : on boit du vin rouge, du manischewitz et du lambrusco, on mélange les antipasti italiens avec du foie gras et des mini quiches, on mange de la bûche et du gâteau juif traditionnel au dessert.

Pour que tout le monde trouve sa place, la plupart des réveillons finissent en trois activités principales : de l’alcool pour ceux qui boivent, des prières pour ceux qui le souhaitent, et du karaoké pour tout le monde.

Avec un programme pareil, l’ouverture des cadeaux se fait obligatoirement le 24 au soir, parce qu’on part du principe qu’on aura sûrement la gueule de bois le 25, ce qui risque de gâcher les photos souvenir ! »

Merci à toutes et à tous pour vos témoignages, qui nous rappellent qu’il y a mille et unes manière de fêter la fin d’année dans la joie et la bonne humeur… En sachant pertinemment qu’on échappera pas aux moments un peu gênants et aux crises de foie. Après tout, c’est aussi ce qui fait le charme de la période !

* Les prénoms ont été modifiés

Aïda Djoupa

Aïda Djoupa


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Commentaires

Banana

Perso je suis d'origine polonaise , et le repas de Noël depuis des années cest : rolades (à base de viande hachée enroulée dans une sorte de steak), chou rouge et kluski (sorte de pate à pain cuite à la vapeur ). :d

Mon dieu je tuerai pour remanger des rolades ! En revanche j’ai une pure hantise des kluski, ce mensonge de pommes de terres :P
 

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