Netflix teste la lecture en accéléré et énerve les cinéastes

Netflix teste une nouvelle option permettant de changer la vitesse de lecture des contenus. Ce qui ne plaît pas aux artistes derrière les films et séries...

Netflix teste la lecture en accéléré et énerve les cinéastesJade87 / Pixabay


Il y a quelques jours, Carotte de madmoiZelle te parlait de la façon bizarre dont elle regarde des séries télé : en faisant des pauses, en remettant des scènes plusieurs fois…

Plus tôt dans l’année, c’était Louise qui t’expliquait regarder ses vidéos YouTube et écouter ses podcasts en accéléré.

Actuellement, il est impossible de ralentir ou d’accélérer un contenu sur Netflix. Mais il ne faut jamais dire jamais !

Netflix teste la vitesse de lecture accélérée ou ralentie

Le site Android Police a été le premier à sortir l’info, qui a été confirmée par un représentant de la plateforme : Netflix teste une option permettant de changer la vitesse de lecture d’un contenu.

Concrètement, ça veut dire qu’on pourra ralentir ou accélérer l’épisode, le film ou le documentaire qu’on regarde.

Prudence cependant, rien ne dit que cette option sera implantée durablement. Je cite le représentant de Netflix :

« Comme d’habitude avec les tests, cette option ne sera pas forcément intégrée à Netflix de façon permanente. »

Certains semblent bien décidés à ce qu’elle ne le soit pas, en effet.

Les artistes VS la vitesse de lecture modifiée sur Netflix

De nombreux cinéastes ont interpellé Netflix sur les réseaux sociaux pour critiquer cette option. Prenons par exemple Judd Apatow (co-créateur de Love sur Netflix) :

Non, @netflix, non. Ne me forcez pas à appeler tous les réalisateurs et tous les créateurs de série de la Terre pour lutter contre vous là-dessus. Ne me faites pas perdre du temps.

On gagnerait. Mais ça prendrait du temps.

Ne touchez pas à notre rythme. On vous offre de belles choses. Gardez-les dans l’état où elles sont censées être visionnées.

Brad Bird, une star de Disney/Pixar, renchérit :

Encore une idée incroyablement naze, et une autre plaie dans l’expérience cinématographique déjà bien abîmée.

Pourquoi soutenir et financer la vision des cinéastes d’une part, et vouloir détruire la diffusion de ces films d’autre part ?!

Aaron Paul (Breaking Bad), Peyton Reed (Ant-Man)… la liste des artistes s’insurgeant contre cette innovation de Netflix s’allonge.

Modifier la vitesse, est-ce trahir l’œuvre ?

L’argument de ces acteurs et réalisateurs est simple : nous créons une œuvre d’art. Elle est faite pour être regardée d’une certaine façon. Modifier cela, c’est modifier, et donc trahir, notre art.

Je m’interroge cependant. Déjà, j’imagine que les créations Netflix sont globalement pensées pour être regardées partout. Et puis, quid des autres contenus disponibles sur la plateforme ?

Christopher Nolan n’a pas créé Interstellar pour que ma pote le regarde sur son iPhone dans le TGV. Alfonso Cuarón n’a pas réalisé Gravity en ayant en tête qu’il fallait l’adapter à mon écran d’ordi portable.

Les gens « modifient » déjà l’art qu’ils intègrent : ils mettent sur pause, ils font autre chose en même temps, ils consultent l’œuvre sur des supports minuscules ou de mauvaise qualité…

Certes, le rythme est important dans une œuvre, mais faut-il priver le public du choix de la vitesse de lecture ? Ou ouvrir les options disponibles ?

Je suis curieuse de savoir ce que tu en penses !

À lire aussi : Est-ce mieux de binger ou de regarder un épisode par semaine ?

Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

Etp

On en revient aux "droits du lecteur" de Daniel Pennac, à appliquer au cinéma.


Personnellement, je regarde la majorité de mes séries sans regarder, justement : à savoir, avec seulement le son, et/ou en y prêtant une attention modérée, parce que je fais autre chose en même temps. Des gen-tes veulent regarder en accéléré, car iels ont un temps limité et très envie de regarder cet épisode de 40 minutes sur leur pause qui en dure 30 ? Grand bien leur fasse ! Tant mieux même ! La simple possibilité de ces pratiques alternatives accroit la diffusion de l'oeuvre, et n'est-ce pas précisément ce que ces cinéastes recherchent ?

Chacun-e est bien libre de s'approprier une oeuvre comme iel le souhaite. De regarder en accéléré. De sauter des passages. De regarder sur son téléphone dans le train, sur son ordi portable dans son lit. Le droit de regarder des bouts, de regarder dans le désordre. Le droit d'abandonner. Le droit de couper le son, ou au contraire, de ne pas regarder et de se contenter du son. Le droit de discuter pendant l'épisode/le film ou de mettre pause afin de le faire.
 
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