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Ce que je veux faire de madmoiZelle, maintenant que je suis rédac chef

Mymy est la nouvelle rédac chef de madmoiZelle ; elle t’explique dans cette tribune ce qu’elle veut faire du magazine !

Ce 1er octobre 2019, madmoiZelle a 14 ans.

Eh oui, ça fait déjà 14 ans que dans un grenier lillois, tout seul, un Fab déjà chauve mais un poil plus jeune a pressé un bouton pour mettre en ligne le magazine qui allait bouleverser ma vie — et peut-être la tienne aussi.

En 14 ans, madmoiZelle a bien changé, et cette année, c’est moi qui en suis devenue la rédactrice en chef.

Alors j’ai voulu profiter de cet anniversaire pour t’expliquer un peu ce que j’ai envie de faire avec ce précieux navire.

madmoiZelle, un magazine pour t’épanouir

Je suis chez madmoiZelle depuis pile la moitié de la vie du magazine : j’y suis entrée il y a 7 ans, à 20 piges, avec de la timidité plein le bide et un syndrome de l’imposteur solidement accroché à mes épaules.

Dans cette rédac, et au contact des différentes femmes (et des quelques hommes) qui l’ont peuplée, j’ai grandi. Je me suis épanouie.

J’ai rencontré des gens qui ont follement compté dans mon existence, et qui compteront à jamais, mais j’ai surtout appris à connaître la personne la plus importante de ma vie : je me suis rencontrée moi-même.

madmoiZelle a fait plus que me donner des armes. Avant de prendre, il m’a été permis de jeter.

Jeter mes angoisses injustifiées, mes complexes, mes peurs, mes freins, mes brides.

Chez madmoiZelle, et grâce à madmoiZelle, j’ai appris à être celle que je suis, avec bien sûr des défauts et des qualités, mais sans m’en excuser.

Depuis des années, je n’ai pas ressenti ce sentiment qui m’a empoisonnée pendant toute une partie de ma vie : celui d’être désolée de déranger.

Je ne dérange pas. Je suis là. J’en ai le droit. Que ce soit au travail, en soirée, dans ma vie amicale ou amoureuse, dans un repas de famille ou une foule pressée.

Je suis là. Je suis moi. Le menton haut, et sans raser les murs.

À mon sens, c’est ça la mission de madmoiZelle, reflétée dans ses deux slogans historiques — « Je ne suis pas celle que vous croyez » et « Le magazine des vraies meufs de la vraie vie ».

Si madmoiZelle peut t’apprendre, à toi comme à des milliers de jeunes femmes (et de jeunes hommes), que tu n’as pas à t’excuser d’exister, que tu peux être qui tu es sans fard, sans honte, sans peur, alors la mission est réussie.

Par des témoignages dans lesquels tu trouves des échos de ton histoire, par des tribunes qui titillent ton amour du débat, par des articles qui font vibrer ta fibre engagée, par des contenus mode et beauté qui te permettent de refléter à l’extérieur ce que tu ressens à l’intérieur, par des analyses culturelles qui enrichissent tes loisirs, et par mille chemins qu’il serait trop long de détailler ici, j’aimerais, j’espère que madmoiZelle fera pour toi ce qu’elle a fait pour moi : qu’elle te libèrera.

Car il est si libérateur de ne plus être désolée d’être soi-même.

madmoiZelle, l’art de la nuance

Mais je suis bien placée pour le savoir : être soi-même, c’est compliqué. Toi comme moi, nous sommes faites de contradictions, de paradoxes, de complexités impossibles à résumer en quelques mots-clefs marketing.

J’en arrive donc à mon second point, et au coeur probablement de ce que je veux défendre sur le magazine : l’acceptation, la défense même, de la nuance.

J’ai le sentiment que le monde se polarise. Les débats d’idée tournent à la foire d’empoigne. Le militantisme devient une course à la pureté. Être une femme libérée semble vouloir dire cocher des cases certes nombreuses, mais bien étriquées.

Depuis trop longtemps, les femmes ne peuvent pas gagner. Les étiquettes qu’on leur appose sont collantes, grattent la peau et se chevauchent.

Sois belle et tais-toi, sois intelligente mais pas plus que moi, sois drôle mais pas trop, sois chill mais pas vulgaire, sois cool mais reste féminine, sois sexuelle mais respecte-toi, sois engagée mais ne m’emmerde pas.

Même dans les courants qui voudraient libérer les femmes, il y a parfois de nouvelles cages, plus insidieuses, mais pas moins entravantes — j’en parlais dans mon article sur « la parole de concernée », tu te souviens ?

J’ai décidé de revendiquer haut et fort mon droit à la nuance.

Mon droit au « Oui, ok, mais… ». Mon droit à ne pas avoir d’opinion, à ne pas prendre de décision. Mon droit à être imparfaite. Mon droit à mes paradoxes qui font de moi qui je suis.

Alors j’aimerais que madmoiZelle défende aussi ce droit. En te donnant des billes pour réfléchir, argumenter, élargir tes horizons, sans te donner d’ordres, sans te donner d’injonctions.

J’aimerais que madmoiZelle soit l’endroit où personne ne va te casser les ovaires avec ta façon d’être : tu viens, tu prends ce qui te parle, et tu continues ton chemin, rassurée, un peu plus solide sur tes appuis.

Car nous sommes toutes sur un perpétuel chemin.

La mort de la nuance, c’est celle de l’évolution. Je ne veux pas arrêter d’être nuancée, je ne veux pas arrêter d’évoluer. Je veux continuer à grandir, et à parfois regarder en arrière pour m’émerveiller du chemin parcouru.

madmoiZelle, un magazine optimiste

La vie peut être brutale, le monde aussi. L’avenir fait peur, le présent n’est pas franchement mieux. J’ai parfois le sentiment de pédaler dans le vide, et je sais que beaucoup de gens de mon âge, et du tien, ressentent la même chose.

Mais tu sais, je me définis comme une « féministe optimiste ». C’est l’étiquette la moins désagréable que j’ai choisi de m’apposer.

Optimiste, parce que sinon je n’aurais pas le courage de continuer. Optimiste, parce qu’en 7 ans, j’ai vu déjà tant d’avancées. Optimiste, parce que les équipes de madmoiZelle, jusqu’aux stagiaires de 3ème qui viennent observer la rédac pour quelques jours, me rassurent chaque jour sur le fait que les choses avancent dans le bon sens.

Si madmoiZelle peut apporter un peu d’optimisme dans ta vie, alors j’en serai heureuse.

Car je sais à quel point le reste du monde, le reste du Web, de l’actualité et des réseaux sociaux, peut parfois être anxiogène, s’appesantir sur le négatif, la colère, la rage.

Je te l’avais expliqué : l’indignation, c’est le moteur le plus efficace pour qu’une info soit partagée.

Et c’est important, certes, de s’indigner, de dire ce qui ne va pas, c’est important de s’accorder le droit d’être en colère, d’être découragée.

La rage peut être un excellent combustible quand il s’agit de générer de l’énergie pour faire avancer les choses. Ce n’est pas une émotion que je veux étouffer.

Mais la colère, je crois que je vais la laisser au reste du monde, qui en a déjà pas mal à revendre.

J’aimerais que madmoiZelle ne soit pas en colère. Que tu viennes ici non pas pour ton énième indignation, mais pour te sentir bien.

Pour rire, parce qu’être une femme et être drôle, c’est déjà un peu subversif, même en 2019. Mais aussi et surtout parce que c’est BON, de rire, bordel de cul.

Pour te cultiver, parce que nourrir l’esprit, ça nourrit aussi le coeur. Parce qu’à défaut d’une lettre pour Poudlard, madmoiZelle peut t’apporter une myriade d’univers dans lesquels t’évader, te ressourcer, et où puiser de précieux outils pour ta vie réelle.

Pour t’informer, surtout quand il y a de bonnes nouvelles à partager — là encore, je fais confiance à l’intégralité de la planète pour faire parvenir à ton oreille les actualités plus négatives.

Je ne veux pas faire de madmoiZelle le « monde des Bisounours » (comme disent les gens attachés à l’idée d’un quotidien forcément violent), mais je veux que le magazine soit cette bonne pote que tu aimes voir quand ça va bien, et quand ça va bof, parce qu’elle te dynamise, te remonte le moral, t’aide à t’accepter comme tu es, et t’aime inconditionnellement, même avec les cheveux gras et l’haleine qui sent l’ail.

Si tu me demandais de résumer en quelques mots l’empouvoirement, je dirais que pour moi, c’est : oser être heureuse. Même si le monde semble nous hurler que c’est impossible, voire pire… déplacé.

Alors si tu le veux bien, on va s’empouvoirer ensemble sur madmoiZelle, ok ?

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Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

Les Commentaires

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Avatar de Ju-
13 novembre 2019 à 20h11
Ju-
Un virement banquaire en 72 heures sur le compte de madmoizelle @Mymy ! Ca se refuse pas.
7
Voir les 20 commentaires

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