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La Une de Libération avec Martine Aubry fait parler

Martine Aubry en Une de Libération aujourd’hui, et c’est la photo qui fait beaucoup parler d’elle ! Retour sur les réactions du web.

Après le débat télévisé des primaires socialistes et l’interview exclusive de DSK par Claire Chazal, les regards sont plus que jamais braqués sur les candidats PS à l’élection présidentielle. Le moindre geste ou cliché, la moindre anecdote ou sortie : jusqu’à l’échéance électorale à venir, rien ne sera laissé au hasard et tout sera commenté, analysé, sous-pesé, comparé – au millimètre près.  Aujourd’hui, projecteur sur Martine Aubry, qui fait la Une de Libération.

Le grand quotidien dont on apprend en école de journalisme qu’il est un titre de presse inédit de part sa mise en page (titraille, photo percutante et jeux de mots), n’a peut-être pas offert une fleur à la candidate socialiste en choisissant CETTE photo.

On y voit la maire de Lille, son visage éclairé sortant de l’ombre, ostensiblement grimé par un maquillage pastel. Tour d’horizon des réactions sur le web aujourd’hui.

La Une de Libération avec Martine Aubry fait parler


« Elle a suivi un tuto beauté un peu foireux ou quoi ? »

« Dommage, pour une fois qu’elle se maquillait », lisait-on de part et d’autres de Twitter ce matin. En vérité, Martine n’en est pas à son premier déboire cosmétique : souvenez-vous, en 2010, la première secrétaire du PS avait dû annuler sa participation à l’émission À vous de juger, en raison d’une inflammation oculaire récurrente, depuis qu’elle s’était blessé avec… un crayon à maquillage en 2009.

La Une de Libération avec Martine Aubry fait parler

« La rédac de Libération s’est-elle inspirée de l’affiche de Blue Velvet ? »

Un visage mi-effrayant mi-inexpressif qui se détache de l’obscurité pour ne laisser entrevoir que son pourtour. Pour beaucoup d’internautes, la ressemblance est évidente : Martine Aubry fait penser à Isabella Rossellini sur l’affiche de Blue Velvet, oeuvre phare de David Lynch.

La Une de Libération avec Martine Aubry fait parler

Qu’en pense la concernée ? On ne sait pas encore, mais il semblerait que cette comparaison reste plus heureuse que cette autre, également pointée par beaucoup sur Twitter :

La Une de Libération avec Martine Aubry fait parler

Une érotisation « mal gérée »

Selon le blogueur Olivier Beuvelet :

Il y a certainement un projet d’érotisation du sujet dans ce traitement de l’image qui la met du côté de la nuit et du désir subjectif et lui donne une profondeur de femme fatale, mais le résultat, dans le contexte précis de ce début de semaine difficile qui a vu DSK faire d’elle une menteuse (tiens, tiens…) et une doublure (ce qui sert parfaitement la tactique de Hollande), est aux antipodes, me semble-t-il, de l’effet apparemment escompté. Elle ressemble à une apparition fantasmatique étrange plus qu’à une femme d’action…

Et la ficelle communicationnelle est si grosse que le résultat est presque ridicule, Martine Aubry a sûrement suffisamment de qualités humaines et intellectuelles pour ne pas avoir à se déguiser en femme fatale pour prouver qu’elle a un fort désir (fût-il inaccessible) et qu’elle peut aussi en générer chez les autres…

Une photo similaire dans le Figaro Magazine en 1997

La Une de Libération avec Martine Aubry fait parler

« Déjà, Le Fig Mag avait choisi d’isoler son visage et son regard résolu, et de les faire surgir du noir. On se demande à quoi pense Martine Aubry sur cette photo. Peut-être aux 35 heures, probablement pas encore à l’Elysée. L’expression de son visage ne donne en tout cas pas envie d’aller le lui demander » commente Rue89 dans un papier intitulé « Aubry en photos : cette femme vous veut-elle vraiment du bien ? »

« La véritable différence entre les photos de Libé et du Fig Mag, c’est la mèche de Martine Aubry. A la une de Libé, elle est légèrement décoiffée. Comme pour indiquer que, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la candidate n’est pas prisonnière des lignes, idéologiques ou capillaires.

En couverture du Fig Mag, la mèche envoie le message opposé. Pas un cheveu ne se rebelle, et Martine Aubry apparaît presque comme un Hitler féminin. « Cette femme est encore plus dangereuse que vous ne le croyez », semble dire l’hebdomadaire, au cas où son titre subtil n’aurait pas suffi à effrayer le bourgeois. »

> Edit de fin de journée :

– Libération vient d’écrire un papier sur le buzz de sa Une.
– On y apprend que @pierrehaski (ancien de Libération et patron-fondateur de Rue89) « remarquait lundi soir sur son compte Twitter avoir « croisé des gens de Libé surpris que tout le monde trouve terrible la photo de Martine Aubry » »
– « Pour le service photo de Libération, Luc Briand décrit l’objectif poursuivi par Yann Rabanier (Ndlr : le photographe auteur de ce cliché de Martine Aubry) : « Faire ressortir le masque que toute personnalité politique adopte, selon lui, en public et que la photographie révèle » »
– Dans les semaines à venir, les autres candidats à la primaire auront le droit au même traitement photographique.

Les Commentaires
8

Avatar de Aribeth
22 septembre 2011 à 15h31
Aribeth
Les femmes de la primaire socialistes ont droit à des commentaires sur leur maquillage, leurs tenues et leurs sacs mais pas les hommes, non non. Franchement, qu'est-ce que j'en ai à faire du physique de ces femmes ? Et puis la une du Libé je l'aime bien Elle est frappante et reste plutôt neutre.

Voilà, je venais dire ça. des que c'est une femme, on s'attarde sur son maquillage, sa mise en scène, etc.

Histoire de bien RAPPELER ce que sont les préoccupations FUTILES des femmes, contrairement aux hommes qui EUX ont gagné le droit à ce qu'on ne se préoccupe QUE de leurs discours et de leurs actes.

C'est frappant. C'est frappant aussi que les femmes politiques sont communément appelées "Martine, Ségolène et Marine" tandis que les hommes restent "Sarkozy, Hollande et Mélanchon".

Ce discours insidieux vise purement et simplement à nous marteler dans la tête qu'une femme, quand même, c'est moins sérieux qu'un homme hein. Vous trouvez ça exagéré? commencez à y pretter attention.

Franchement, la même avec Hollande, tout le monde s'en foutrait.
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