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Source : Unsplash / Good Faces
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Lucile, 20 ans : « Mon ex est resté mon coloc et mon meilleur ami »

Chaque semaine dans Célib, des personnes en tout genre nous racontent les joies et les questionnements de leur célibat, qu’il soit choisi ou subi. Aujourd’hui, Lucile, 20 ans, relate à quel point son ex reste un élément important de sa vie affective.
  • Prénom : Lucile*
  • Âge : 20 ans
  • Célibataire depuis : 4 mois
  • Orientation romantique et sexuelle : hétéro

Depuis combien de temps êtes-vous célibataire ?

Je suis célibataire depuis 4 mois et je sors d’une relation de plus de 3 ans. C’était ma toute première relation et je conserve un amour infini pour cette personne. Avant ça, j’avais l’impression d’avoir vécu sans but. Dès que je l’ai rencontré et au fil de notre relation, je me suis vraiment épanouie, j’ai apprécié chaque moment. Pour moi, la vision du couple est désormais devenue un parallèle avec le fait de connaître une âme sœur, de vivre pleinement. J’avais peur que le célibat casse tout ça, mais ce n’est pas le cas, parce que c’est un amour différent. Cette rencontre m’a servi à m’aimer comme je suis aujourd’hui.

Nous sommes restés ensemble plus de 3 ans. Plus qu’un couple, nous nous sentions comme 2 âmes sœurs. Je n’ai jamais tissé de liens aussi forts avec personne que lui. Alors, quand plusieurs fois la question s’est posée de se séparer, nous parlions finalement de ça comme si ce n’en était pas une. Dans nos discussions, on parlait du fait que la plupart des couples qui se séparent se haïssent et ne veulent plus garder contact avec l’autre, et nous débattions du fait que quand on a aimé autant une personne, comment ne plus jamais vouloir la revoir, du jour au lendemain ? Nous nous sommes toujours dits que nous resterions des amis l’un pour l’autre — plus que ça, meilleurs amis — et que si nous restions en contact, ce ne serait pas une séparation finalement, mais simplement un changement d’amour qui s’opère et que nous n’avons pas besoin de nous mettre dans des cases qui établissent que nous ne sommes plus en couple, mais amis. Nous souhaitions voir au-delà de ce schéma. On se sentait aussi très bien de continuer à vivre ensemble. On a toujours énormément parlé de l’après, en sachant que nous pouvions l’un ou l’autre trouver quelqu’un. D’ailleurs, nous nous sommes amusés à s’aider à trouver de nouvelles personnes sur un site de rencontre. Nous formons une famille lui et moi.

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Quel est votre rapport au célibat ?

Ça passe vraiment par plusieurs phases : à la fois ça me motive à prendre du temps pour moi, à me concentrer sur mes études et ma passion, à me faire belle pour moi, mais j’ai aussi des baisses de confiance en moi, des remises en questions et je suis aussi beaucoup plus sensible face à des choses que je trouve jolies ou tristes.

J’ai développé énormément de ma culture générale, ainsi que mes passions et mes loisirs avec mon ex-copain. Il m’a vraiment aidée à me construire entièrement, ce qui a pour conséquence qu’aujourd’hui la majorité des musiques, des lieux, des films que je connais, des personnes que je fréquente me rappellent un souvenir passé, je vois donc d’un regard plutôt doux et nostalgique les choses que je trouve jolies et ça peut m’apporter de la tristesse.

Votre célibat a-t-il une incidence sur votre vie amicale ou familiale ?

Non, ça ne change rien. Nous sommes restés meilleurs amis lui et moi, donc je parle toujours autant de lui et mes amis le connaissent très bien, tout le monde l’adore, c’est vraiment une personne incroyable.

Estimez-vous que le célibat affecte votre moral, au quotidien ? 

Au quotidien, je dirais que depuis que je suis célibataire, je m’apprête plus le matin, que j’ai envie de me faire belle. En revanche, à la moindre petite baisse de moral, je vois vraiment tout négativement et ça empiète sur ma confiance en moi.

Je ne ressens pas la solitude car nous vivons toujours ensemble avec mon ex et on s’entend super bien. De ce point de vu là, c’est génial. Mais ça me fait aussi parfois prendre conscience que si nous prenions des appartements séparés, je serais vide d’une partie de moi. Je me rends compte que je suis totalement dépendante de cette personne.

Pensez-vous qu’être célibataire vous permet des choses que vous ne pourriez pas faire en couple ? 

Pas forcément, je n’ai pas l’impression de vivre différemment. Peut-être que par rapport aux vêtements que je vais acheter, je me lâche plus, parce que je pouvais avant avoir en tête le « ah, mais est-ce que ça va lui plaire ? ». Mais sinon, je ne me suis jamais restreinte en couple donc ça ne change pas aujourd’hui !

Ça ne fait pas si longtemps que j’ai réussi à trouver un style dans lequel je me sens belle, assurée, confortable. J’ai également écouté beaucoup les conseils de mon ex-copain qui a vraiment de très bons goûts (à mon avis) et qui a su m’aider à trouver les vêtements qui me mettent vraiment en valeur. J’ai pendant très longtemps eu des problèmes pour bien m’habiller, ce qui fait que j’ai été très longtemps hésitante quant à mes propres goûts. Aujourd’hui, je peux faire des folies tout en sachant que je me sentirai à l’aise et que j’aimerais le résultat.

À l’inverse, pensez-vous qu’être célibataire vous empêche de faire des choses que vous pourriez faire si vous étiez en couple ? 

Vu que je vis avec la personne avec qui j’étais en couple, et que nous entretenons toujours une super belle relation encore, on se permet toujours autant de choses, mais en tant qu’amis. C’est vraiment plaisant. Même pour un câlin ou quoi, pourquoi se retenir quand on veut juste exprimer à l’autre qu’on tient à lui ? J’ai l’impression d’avoir vraiment de la chance de connaître une personne qui a la même vision que moi et avec qui je vis sereinement.

Cherchez-vous activement à trouver une relation amoureuse ?

Je le pensais, mais finalement non. J’ai installé Tinder dans le but de parler et de rencontrer de nouvelles personnes, mais dès qu’on avait bien discuté et qu’ils proposaient de se voir, je prenais peur et je les bloquais. Je ne suis pas prête, c’est beaucoup trop tôt pour moi.

J’ai donc désinstallé l’application depuis. Mais lorsqu’on discutait, je leur demandais assez vite de passer par Instagram, car discuter sur l’appli me donnait vraiment l’impression qu’on était là pour pécho et je n’aimais pas ça. En plus, je partage beaucoup sur Instagram donc je me disais que s’ils voulaient vraiment apprendre à me connaître, ce serait mieux là-bas. C’est bizarre, mais je répondais toujours aux messages quand j’étais aux toilettes ! J’avais un peu honte de leur parler. Je les mettais aussi en sourdine parce que, selon moi, je devrais d’abord mettre au premier plan les personnes que je vois tous les jours et qui sont mes ami.es, et non de parfaits inconnus.

Comment décririez-vous votre rapport aux rencontres ?

Il est très dur, je suis extrêmement stressée. Je suis sociale : quand je suis en cours, je n’ai pas de problème pour parler à des gens, mais quand un groupe de personnes m’invite à une soirée, j’ai beaucoup de mal à savoir sortir de mon cocon, de chez moi avec mon meilleur ami et mon petit chat.

Ressentez-vous une forme de pression à chercher « activement » un ou une partenaire ?

Oui, à vrai dire, j’ai l’impression que je ne veux pas en chercher, mais en même temps, j’ai très envie de tomber dessus par hasard. Je me dis juste que si j’attends trop longtemps, ce sera trop tard alors qu’en réalité, je suis super jeune.

Le célibat amoureux a-t-il un impact sur votre vie sexuelle ?

Oui terriblement. Je trouvais déjà que lorsque j’étais en couple, j’avais une libido assez élevée, mais maintenant, je ressens vraiment le besoin d’avoir des rapports avec quelqu’un. Le problème, c’est que je n’arrive pas à imaginer le faire avec quelqu’un d’autre. J’ai déjà demandé des conseils à pleins d’ami.es qui, eux, y arrivent, mais j’ai l’impression que je ne pourrai jamais faire comme eux.

Quels sont vos projets pour le futur ? Le célibat a-t-il un impact sur ces envies et ces projections ?

J’ai envie d’avoir un super appartement à Bruxelles, vivre avec un petit chat, de dessiner tout le temps, de découvrir des super jeux et films. Et oui, pourquoi pas, de partager tout ça avec quelqu’un. Mais je ne me fixe pas d’objectifs. Pour une fois, j’ai envie de rêver seule.

Avez-vous une anecdote sur le célibat à partager ? 

C’est très contradictoire, mais rien que de répondre à ce questionnaire, je me dis que je fais tout un fromage de mon célibat, alors que j’ai déjà toutes les personnes qu’il me faut dans ma vie. Je ne sais pas pourquoi l’amour et les relations sont toujours aussi valorisés, parce qu’on devrait d’abord se sentir bien avec soi-même. Et en même temps, la minute d’après, j’ai juste envie d’avoir un câlin et d’avoir un rendez-vous avec quelqu’un pour ressentir des papillons dans le ventre.

Merci à Lucile* d’avoir répondu à nos questions !

Le prénom a été modifié.

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Les Commentaires

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Avatar de Ornicar
25 mars 2023 à 12h03
Ornicar
Désolée de continuer dans le HS mais franchement faut arrêter avec ce discours faussement rassurant "il y a des femmes enceintes à 60 ans, la science fait des miracles donc fuck l'horloge biologique". Même si, oui, la médecine permet de faire des miracles, ce n'est pas une raison pour mettre en avant des exemples exceptionnels comme si c'était la norme. La Pma ça ne marche pas pour tout le monde et tout le monde n'est pas prêt à la charge financière, psychologique et physiques que cela demande (de nouveau sans garantie de "réussite". On peut être jeune et avoir des soucis de fertilité et l'accès à la PMA reste restreint en terme d'âge: en France c'est 43 ans pour la ponction d'ovocytes en vue d'une PMA, 45 ans pour le transfert et seulement 37 ans pour la conservation de ses ovocytes.
Si vous vous tracassez pour l'horloge biologique, faites des tests de fertilité, congeler vos ovocytes si vous en avez la possibilité, prenez un max d'info sur le sujet mais ne pensez pas que parce que Naomi Campbell a eu un enfant à 50 ans que "vous avez le temps" et ne rien faire en attendant. C'est souvent au moment des essais qu'on voit les problèmes et cela peut mettre des années de procédures médicales plus ou moins lourdes (dont des semaines voire des mois d'attente pour avoir un premier rendez-vous) pour que son projet d'enfant aboutisse, quand on a la chance que cela se produise.
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