Cette méthode t’aidera à devenir l’artiste que tu as toujours voulu être

Tu aimerais laisser une chance à l'artiste qui sommeille en toi mais tu passes plus de temps à te déprécier qu'à te sortir les doigts ? Kalindi te partage sa nouvelle Bible, qui a transformé son quotidien.

Cette méthode t’aidera à devenir l’artiste que tu as toujours voulu êtreCottonbro / Pexels

Le jour où j’ai ouvert le présomptueux ouvrage Trop intelligent pour être heureux offert par ma mère, j’ai compris que le développement personnel n’était pas fait pour moi.

Malheureusement pour mon cynisme, les mantras bien-pensants fleurissent partout sur Instagram, versant chaque jour une goutte supplémentaire dans le vase de mon affliction.

Non, je n’exagère pas !

Le développement personnel ? Du charlatanisme, selon moi. Ses précepteurs ? Les gourous d’une sacrosainte bienveillance absolument hors des réalités.

Et puis, juste avant le confinement, j’ai trouvé dans la bibliothèque d’un pote le bouquin Libérez votre créativité, et j’ai changé d’avis…

Libérez votre créativité, le développement personnel et moi

Sur le papier, Libérez votre créativité avait tout pour me filer de l’urticaire.

La couverture d’abord — à fond dans la vibe cucul actuelle — sur laquelle se dessine un visage de profil, terreau d’une nature verdoyante. E.N.F.E.R.

Ensuite, le titre, dans un impératif synonyme d’injonction. V.O.M.I.

Pour ne pas mourir idiote et roupillant déjà à l’idée de lire du Kundera, seul auteur présent dans la bibliothèque très « dev perso » de mon pote, j’ai feuilleté les premières pages.

En terrain inconnu, j’ai d’abord ressenti de l’inconfort. Finalement, je me suis laissée aller.

Quel mal pouvait-il y avoir à lire plus de 10 pages d’un manuel censé me faire « aller mieux » ?

Aucun, a priori, à part la perspective de peut-être devoir un jour avouer à mes amis que j’ai cédé à la tendance du dev perso (la shame absolue pour moi).

Mais qu’à cela ne tienne, j’ai passé le cap des 20 premières pages.

Depuis cette veille de confinement, Libérez votre créativité repose sur ma table de nuit, et il ne se passe pas un jour sans que je ne le consulte…

Libérez votre créativité, de Julia Cameron

Libérez votre créativité – livre de poche sur La Fnac

« Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. »

Voilà ce que je devrais me faire tatouer sur l’avant-bras à la place de « Je travaille pas pour ta mère » (que je rêve de m’offrir, mais qui ferait sans doute du mal à mes relations humaines).

C’est la plus grande leçon que je tire de ce confinement : changer d’avis, ça n’est pas grave. 

Par exemple, et contrairement à ce que je pensais, demander de l’aide ne signifie pas être une assistée.

D’ordinaire, et depuis toute gosse, je ne supporte pas qu’on me propose le moindre coup de pouce pour réaliser quoi que ce soit (à part pour le ménage et l’administratif, cela va sans dire).

Je prends même les « Tu as besoin d’aide ? » comme un affront auquel je réponds généralement par un agressif « J’ai rien demandé, je n’ai pas besoin d’être maternée, merci bien ».

Aimable zouz que je suis.

Donner un coup de main, c’est précisément la mission que s’est donnée Julia Cameron en publiant Libérez votre créativité.

Si de prime abord j’ai refusé son aide, car « j’ai pas besoin qu’on me dise comment gérer ma vie, thanks Julia machin », je dois avouer que son livre a,  si ce n’est changé,  au moins fait évoluer le regard que je porte sur tout élan créatif.

Le mien et celui des autres.

Dans Libérez votre créativité, l’autrice, scénariste, réalisatrice et poétesse propose de réconcilier tout « artiste bloqué » avec sa nature profonde de créateur. 

D’après Julia, nous sommes tous des artistes qui ne demandons qu’à exploiter notre créativité, mais nous sommes bloqués par tout un tas d’éléments — extérieurs pour certains, mais surtout intérieurs.

Une critique d’un prof en CE1, le regard d’une prof de théâtre en 6ème, ou le « mouais » d’une mère en terminale peuvent ébranler nos élans créatifs, jusqu’à les réduire à néant.

Pour renouer avec notre artiste intérieur, que l’on veuille être écrivaine, actrice, dramaturge, sculpteuse, metteur en scène, scénariste, ébéniste… Julia Cameron (dont la méthode a été efficace pour des centaines d’artistes reconnus de par le monde) propose 12 semaines de travail.

Un travail qui demande de l’assiduité et de la rigueur, mais qui a payé, pour moi, dès les premières semaines.

Libérez votre créativité et les pages du matin

Dans les premières pages de son best-seller, Julia Cameron commence par théoriser sur l’art, sa conception, ses acteurs etc.

Elle explique par quels procédés elle est parvenue à élaborer cette méthode et pourquoi il est, d’après elle, important de la partager au maximum.

Après plusieurs pages d’introduction aux arts et à notre rapport à eux, elle explique de quoi sera faite sa méthode.

Elle prévient : ça prend du temps, de l’énergie et ça peut même faire passer par des étapes douloureuses. Mais ça vaut le coup.

À toi de la croire ou non.

J’ai personnellement décidé d’y croire fort.

Le bouquin se découpe en plusieurs segments, qui représentent tous une semaine précise du programme, de la première à la douzième, en toute logique.

Le premier exercice à effectuer CHAQUE JOUR se nomme les « pages du matin », et Louise t’en parlait déjà dans un LMK paru en 2018.

L’idée ? Chaque matin, au réveil, tu dois noircir 3 pages d’un cahier. Pas moins, pas forcément plus.

3 pages qui n’ont pas vocation à être brillantes, ni même intéressantes et qui ne doivent surtout pas être lues par une tierce personne.

Ces pages t’appartiennent, c’est très important. Le chantier que tu entames est un travail personnel et intime que personne n’a le droit de bafouer.

Ces feuilles matinales sont censées te vider la tête et te reconnecter avec le/ton présent.

Tu peux y décrire tes rêves, tes agitations nocturnes, tes ennuis, tes colères intérieures ou même raconter de quoi tu as dîné la veille.

Les exercices de Libérez votre créativité

Dès les premiers jours, ces pages me font un bien fou au moral, et libèrent de l’espace dans mon cerveau pour d’autres informations et projets.

Personnellement, je n’emporte plus mes cauchemars dans mes journées, depuis que j’ai débuté les pages du matin, par exemple.

Ensuite, il y a plein de petits exercices à réaliser, qui changent chaque semaine.

Ainsi, tu devras écrire une lettre à ta revue préférée, dessiner tes premiers « monstres » (ces gens qui t’ont coupée dans ton élan créatif par un mot souvent anodin), décrire ta chambre d’enfant, te lancer un défi par semaine, prendre rendez-vous avec ton « artiste enfant », lister les gens qui t’ont encouragée et écrire des dizaines de papiers différents destinés à des individus dont tu avais oublié l’existence.

Ce ne sont que les premiers exemples d’une liste très fournie.

Quant aux pages du matin, tu dois les faire tous les jours sans exception, pendant toute la durée de la méthode, et même après.

Certains artistes les font depuis des années, avec la rigueur que l’on fournit à se brosser les dents.

Bref, ces 12 semaines vont être intenses, mais devraient lever, en théorie, pas mal de blocages.

La méthode Libérez votre créativité et moi

Personnellement, j’en suis à la quatrième semaine de la méthode, et pour l’instant, je me sens bien. Au-delà de bien même.

J’ai compris que le doute qui m’assaillit à la lecture des premières pages était symptomatique de mon attitude face à l’existence.

Je commence toujours par me méfier, car mon cerveau « censeur » est très efficace pour ce qui est de protéger mon égo de mes folies.

Mais lorsque je fais taire mon « censeur », je suis capable de beaucoup d’imagination, d’application, de rigueur et… de créativité. 

Ainsi, en ce moment, dans l’intimité nécessaire et bénéfique de ce confinement,  j’écris plus que jamais, et j’écris pour moi.

Je noircis les pages du matin avec fureur, et je continue le soir à écrire des histoires destinées à mon bonheur, sur mon ordinateur.

J’invente des recettes, je me déguise sur Instagram, j’ai acheté des crayons de couleurs, des feutres et je fais n’importe quoi avec (l’intérêt n’est pas de faire de l’extraordinaire, juste de fabriquer), j’ai une audition pour rentrer dans une troupe de théâtre amateur en juin qui m’engagera au moins 5h par semaine, j’impose à un pote sur Skype des « ateliers créatifs », j’ai redessiné le squelette d’un roman qui dormait dans mon disque dur, et je me suis éloignée des gens qui me faisaient plus de mal que de bien.

J’ai réalisé que j’étais ma première ennemie, et que la dépréciation permanente de mon travail personnel ne faisait que bloquer mes élans et me rendre malheureuse car frustrée.

Aujourd’hui, après seulement quatre semaines, j’aime un peu plus ce que je fais, ce que je suis. Ou au moins je déteste moins le tout.

J’essaie d’accorder de l’attention à toute chose, car si « le diable est dans les détails », c’est aussi en eux que se cache le génie créatif.

Une idée peut venir d’une attention particulière portée à la démarche d’un voisin, aux couleurs d’un vase qu’on avait jamais remarquées, d’une phrase prononcée par un acteur de Hollywood.

L’idée peut se nicher dans les plus petits recoins du banal.

Alors il faut commencer à voir, à vraiment voir, et plein de petits miracles se produisent. Ils peuvent sembler insignifiants mais sont au contraire les marqueurs d’une évolution.

Je ne suis pas naïve : au sortir de ces 12 semaines, je n’intégrerai pas la Comédie Française ni ne gagnerai un prix littéraire, mais au moins je me serai donné les moyens de fabriquer des petits bouts de trucs qui mèneront peut-être un jour à de plus grands trucs.

Et ça, ça a lourdement allégé mon moral.

Alors, tu t’y mets ?

À lire aussi : 3 livres qui ont secoué et enrichi mon confinement

Commentaires

FLYxAWAY

@Kalindi Je n'arrive pas trop à situer si ce livre marche pour toute sorte d'art ou si c'est plus branché écriture, poésie etc :hesite:
Je suis musicienne et aurais bien besoin de libérer ma créativité, mais je sais pas si écrire trois pages tous les matins va m'aider :yawn:

Par contre, le syndrome de l'imposteur, si tu as réussi un peu à t'en débarrasser c'est vraiment cool ! Quand je suis chez moi, je joue et chante sans problème, mais dès qu'il y a du monde autour de moi j'ai l'impression de pas être légitime du tout :sweatdrop:
 

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