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Cinéma

On a vu La Taupe en avant-première : review

La Taupe, nominé aux Oscars dans 3 catégories, sort demain dans nos salles obscures. Lorraine a été voir le film en projection presse. Elle vous raconte.

Lorraine est la petite soeur de mon petit ami, mais ça, c’est un détail. Aujourd’hui, je vous la présente comme future chroniqueuse cinéma. Passionnée par les films (elle passe le plus clair de son temps à en regarder), Lorraine vous présente ici son analyse de La Taupe, un film de Thomas Alfredson, adapté du best-seller de John Le Carré.

Ceci est sa première chronique ciné, elle lira donc avec attention vos commentaires. Allons-y !

MDLA TAUPE_120_critiques

« La Taupe est adapté du best-seller (éponyme) de John Le Carré. Faut-il pour autant s’attendre à une version édulcorée et dissonante du roman ? À vrai dire, le film est tout à fait à la hauteur : Le Carré lui-même a fait partie de l’équipe des scénaristes adaptateurs. Selon le romancier britannique, le film fait office d’ « œuvre à part entière » puisque son roman n’a été qu’une base de travail.

D’un point de vue esthétique, Alfredson a parfaitement su retranscrire l’ambiance seventies. Le film est beau (littéralement) et les atmosphères, entre passé et présent, sont rendues avec efficacité. Cette esthétique sert, elle n’est pas purement plastique. Elle correspond magistralement au climat de suspicion et de chasse à l’homme – climat qui happe dès les premières minutes. Le générique commence à peine que l’on entre déjà dans le film et dans son univers, tentant de comprendre du mieux qu’on peut. Car comprendre, voilà souvent l’enjeu de ce type d’oeuvres cinématographiques. En effet, les films d’espionnage sont parfois si compliqués qu’ils agacent, et souvent, frustrent. Mais ici, le mystère ne fait que nourrir l’étrange fascination.

En effet, si l’on gratte un peu, il y a plus qu’une simple enquête. Plus que des espions prêts à tout, et froids. Et c’est bien là tout l’essence du film de Tomas Alfredson. D’ailleurs, si vous croisiez George Smiley dans la rue, vous ne le remarqueriez pas. Vous ne le verriez même pas. Parce que George Smiley est un homme qui dissimule, qui cache, qui ne laisse rien paraître. L’espion parfait.

Gary Oldman interprète brillamment l’ancien numéro 2 du MI6, prouvant une fois de plus qu’il lui est aussi facile de jouer un sulfureux qu’un taiseux. Le chauvinisme ne m’aura pas cette fois : j’avoue sans honte que je lui souhaite de gagner l’Oscar cette année. Gary Oldman sait jouer l’absence d’émotion, sans sur-jouer la froideur. Silencieux dans les 20 premières minutes du film, il dégage néanmoins une intensité surprenante et une présence forte.

LaTaupe1

La comparaison avec Drive est légitime, me direz-vous. Mais, là où Ryan Gosling se mure dans un silence gêné, à la limite de l’autisme ; le personnage de Gary Oldman calcule chaque mot sorti de sa bouche. Il ne se dévoilera d’ailleurs qu’une seule fois dans le film, et seulement parce que son souvenir est pertinent pour l’enquête. Mais s’il s’épanche peu, ce n’est pas parce que ce trait de caractère lui est viscéralement inhérent. C’est parce que son travail même impose la discrétion.

L’intensité, il la conserve à tout instant. On s’amuse presque à le voir hausser les sourcils, ou à parler. On scrute l’écran, à la recherche du moindre mouvement d’orbite, de la moindre réaction. Et ceux-ci nous surprennent d’autant plus que le personnage n’est pas loquace. Il ne dévoile jamais au spectateur ses raisonnements, laissant toujours le public dans un délectable imbroglio. En fait, tout se passe comme si, sans être exclu, le spectateur n’était pas non plus pris par la main. Pour une fois, dans un thriller d’enquête, l’intériorité des personnages, sublimée à l’extrême, compte plus que les évènements (qui ne sont, finalement, qu’une toile de fond). Dans l’enceinte du MI6 (le Cirque, en référence au Cambridge Circus où sont situés les bureaux), Gary Oldman joue le fonctionnaire mal intégré. Asocial. Et pourtant efficace.

LaTaupe2

Il faut également saluer la performance brillante de ses collègues. Colin Firth, à qui le rôle de l’agent un peu à la Bond, stylé, audacieux et charmeur va comme un gant. Mark Strong, le caméléon par excellence : cet homme a su aussi bien jouer Lord Blackwood dans Sherlock Holmes, que Frank D’Amico dans Kick-Ass, avec une aisance et un talent qui lui sont propres. Mais surtout Benedict Cumberbatch, dont le personnage jeté dans la cour des grands, s’en sort avec brio. La Taupe regroupe des pointures qui ont toutes su donner le meilleur d’elles-même.

Les personnages, donc, voilà le véritable intérêt du film. Fatigués, usés, à l’image d’un monde qu’ils ne peuvent plus comprendre. Ils ont vécu la guerre, la vraie. Celle-ci, fausse guerre pleine de sous entendus, les épuise et les fait se perdre. C’est dans leurs choix personnels que réside la clé de leur délivrance. Et c’est par leur personnalité qu’on explique ces choix. Ce sont eux, des hommes, qui sont derrière les agents stoïques. Le film fait un travail remarquable pour présenter cela, surtout lors des rares moments où l’on peut apercevoir le masque de Smiley tomber. C’est presque imperceptible, mais plus que de rendre le personnage réaliste, cela le rend humain.

La scène finale, conclusion sur La Mer chanté par Julio Iglesias, m’a surprise. La chanson, un peu kitch, semble inadaptée, en dissonance avec l’ambiance pesante de fin d’enquête. Et pourtant elle était juste, parfaite. Elle m’a coupé le souffle et rien que pour elle, je retournerai voir le film.

LaTaupe3

En définitive, La Taupe est un film tout en subtilité. Tout y est suggéré plutôt que dit. Là où James Bond ferait un discours triomphant avant la chute de son ennemi, Smiley se tait, puisque lui comme son adversaire « savent et n’ont pas besoin de plus ». L’intrigue est rondement menée, le jeu maîtrisé. Certes, le tout est un ensemble assez énigmatique et complexe au premier abord, mais en y repensant, tout tombe parfaitement en place comme une symphonie.

Passez votre chemin donc, ceux et celles qui n’aiment pas les films longs et « prise de tête », qui voient l’espionnage comme de l’action et des explosions. Ici pas de James Bond, pas d’Ursulla Andress sortant de l’eau. Juste un thriller poignant servi par des acteurs brillants. »

Les Commentaires
17

Avatar de lizou3001
23 février 2012 à 19h05
lizou3001
HEEEELLLP les filles !!

je viens d'aller voir le film, et j'ai rien compriiiiiiiiiis !!!! on m'avait prévenu que ce film est hyper compliqué, dc j'étais bien concentrée (et j'adore les films comme ca d'habitude), mais là c'est un vrai micmac !

je vais faire attention de ne pas spoiler pr les autres :

Contenu spoiler caché.


Voilà, si qql1 peut m'aider lol

sinon j'ai vmt aimé le film (paradoxalement, mm si je n'ai pas tout tout compris !), les acteurs st incroyables, ils st jouent TOUS bien, Firth, Oldman, Hardy (trop émouvant la scène où il raconte sa relation ac la fille ^^), et Cumberbath aussi !
l'ambiance 70's est vmt bien recréée, on plonge dedans direct...
Ca change vmt pour un film d'espionnage, et ce n'est pas plus mal, j'avais déjà adoré Morse, le film du mm réalisateur suédois, on retrouve ici ce mm genre de mise en scène, filmée avec des angles cachés en qql sorte, comme si nous étions ns mm les espions presque ^^

ah et aussi, très bon article, comme les autres madz, je trouve qu'il y a un bon équilibre entre la critique cinéphile ms sans étalage de connaissance à la Télérama.

Ca me rassure: j'ai rien compris non plus! Pourtant j'ai trouvé le film très bien, super bien joué et ambiance vraiment prenante.
Mais voilà: j'ai RIEN compris... enfin si j'ai compris jusqu'au dénouement où là, bah comme dit plus haut: j'ai rien compris.
Film très frustrant du fait que ça doit être un des seuls films que je n'ai pas compris avec 2001 l'odyssée de l'espace mais même là j'ai pu obtenir des infos un peu partout et me faire mon idée! J'ai déjà de l'expérience dans les films d'espionnage et en général je capte tout mais là: non.

Mon cerveau rouille-t-il ou???? ^^

Bref si une Madz brillante pouvait m'expliquer, je lui en serais éternellement reconnaissante!
0
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