J’ai connu la « honte » des fringues d’occasion, et je me réjouis que la seconde main se démocratise


Margaux chine depuis toujours ; elle vous parle de sa passion, son parcours et de la façon font, de son point de vue, la seconde main a réussi à se démocratiser au fil des années — pour sa plus grande joie !

J’ai connu la « honte » des fringues d’occasion, et je me réjouis que la seconde main se démocratiseCottonbro / Pexels

En partenariat avec Kiabi (notre Manifeste)

Vous voyez cette caisse remplie de vêtements en vrac, dans laquelle il faut littéralement plonger tout son corps pour trouver son bonheur ? Ou encore ce stand, à la brocante, sur lequel on peut admirer un ensemble de vaisselle « I love la Camargue » (surement rapporté d’un été à Palavas en 97) à côté d’une paire de boots canons presque jamais portée ?

Eh bien c’est exactement ce que j’adore : fouiner, chercher, découvrir un objet — mais surtout des vêtements — là où on ne s’y attend pas ! En d’autres termes, j’ai la passion de la seconde main — et j’accueille avec joie la démocratisation de cette pratique.

Passionnée par la seconde main avant que ce ne soit cool

Petite, nous partions chiner tous les mercredis après-midis avec ma maman, la plupart du temps dans des Emmaüs ou des vide-greniers. À l’époque, c’était surtout les jouets qui m’intéressaient ! Et en y repensant, c’était autant un moyen pour ma mère de m’offrir des cadeaux plus régulièrement (on était loin d’être Crésus) que de passer du temps toutes les deux…

C’est à l’adolescence que je me suis vraiment passionnée pour la mode et que j’ai commencé à jeter un regard plus attentif sur les vêtements d’occasion.

Vu que je chinais depuis toujours, je ne m’étais jamais posé de questions par rapport aux regards des autres, mais à l’époque, les vêtements d’occasion n’avaient pas autant la cote qu’aujourd’hui. Il m’arrivait d’essuyer quelques commentaires comme des « Ah oui, je vois » plutôt sarcastiques, ou encore « Mais quelqu’un l’a déjà portée, ça ne te gêne pas ? » un peu condescendants quand j’annonçais d’où venait ma dernière chemise.

Ah, ce « quelqu’un l’a déjà porté » ! Là où certaines voient ça comme un défaut, c’est bien ce qui me fait aimer les vêtements de seconde main.

À plusieurs reprises, j’ai retrouvé des cartes de visite ou des tickets dans des vêtements, et carrément une facture datant des années 70 dans une jolie veste vintage. C’est peut-être une dérive de ma passion, mais moi, je me souviens toujours de ce que je portais dans des moments importants de ma vie. Alors forcément, tous ces petits indices semés dans les fringues que je trouve, ça me plaît !

Ça permet de s’imaginer des tas d’histoires autour du vêtement et de sortir de son utilisation purement pratique.

J’ai voulu partager ma passion de la seconde main

Je n’ai jamais vraiment eu de « déclic » pour les vêtements d’occasion : ma réflexion autour de cette passion pour le vintage s’est affinée avec le temps — mais aussi, et surtout avec l’évolution de la société autour de cette pratique.

Au début des années 2010, je me suis retrouvée à travailler en station de sports d’hiver pendant une partie de l’année. Je vous laisse imaginer le nombre de friperies ou de dépôts-ventes perchés à 2000m altitude (spoiler : zéro) ! Cette privation de shopping pendant quelques mois m’a ouvert les yeux sur le fait que l’occasion n’était pas encore accessible à tout le monde ni depuis n’importe où.

Après être redescendue de ma montagne, je me suis donc mise à chiner de façon plus intensive et à proposer mes trouvailles sur Internet. L’idée était de pouvoir valoriser la seconde main partout en France, mais également de chiner pour les autres.

Car, à ce moment-là le discours autour du vintage changeait : les vêtements d’occasion n’étaient plus le problème, mais les trouver pouvait en devenir un pour certaines personnes — soit parce qu’elles n’aimaient pas chercher dans les grands rayons en vrac, soit parce qu’elles n’arrivaient jamais à trouver leur bonheur dans tout ce « bazar », ou parce qu’elles n’avaient pas de boutique spécialisée proche de chez elles, tout simplement.

La seconde main, un allié pour l’écologie

Pendant ce temps, ma passion a pris une nouvelle ampleur : ce que je faisais dans un but purement d’économie et de partage a revêtu une dimension plus écologique.

Ces dernières années, l’urgence climatique a pris une place importante dans notre société, bouleversant certaines de nos vieilles idées — que ce soit du côté de notre alimentation (avec l’essor du végétarisme par exemple), de l’univers high-tech (avec le boom des produits reconditionnés) ou encore dans l’univers de la mode (avec la seconde main, vous l’aurez deviné).

Acheter et revendre des fringues d’occasion se limitait encore il y a peu à un service de proximité, pas forcément bien vu et destiné en priorité aux personnes avec peu de moyens ne pouvant pas forcément se permettre des vêtements neufs. Mais grâce à l’évolution des mentalités et le développement des réseaux sociaux (qui ont largement facilité les transactions), la seconde main a trouvé un nouveau souffle : on ne la voit plus comme quelque chose de négatif, mais comme une vraie nécessité pour atténuer notre impact écologique.

Même les grandes enseignes comme Kiabi l’ont compris : la marque propose son propre espace de seconde main, en ligne comme dans certains magasins physiques !

Ces initiatives sont encourageantes tant sur l’aspect social qu’au niveau de l’environnement : la seconde main se démocratise, cela la rend plus accessible à tous, tout en lui apportant un effet « cool », ce qui est positif pour lutter contre la surconsommation. 

Aujourd’hui, j’ai moins le temps de partager mes trouvailles, mais ça ne m’empêche pas de passer toujours beaucoup de temps à chiner. Le plaisir est toujours le même — et c’est encore plus agréable quand on peut constater, au fil des ans, que la société évolue dans le bon sens !

Margaux Roger

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Commentaires

ChochanaRose

Je ne suis pas d'accord sur la partie écologie. Avec l'avénement de vinted, il y a de plus en plus d'acheteuses compulsives qui vendent des vêtements neufs qu'elles ont achetées dans des magasins de fast fashion pour mieux racheter après et ainsi de suite... On remarque aussi de plus en plus de personnes qui achètent d'occasion et revendent énormément sur la plateforme avec tout les coûts qu'il y a derrière (le transport notamment).
Il y a un derrière ça un développement de l'hyperconsommation qui ne dis pas son nom car on pense qu'on se donne bonne conscience en achetant cette robe que la personne ne veut plus. Et au lieu d'acheter ce que l'on a besoin, on va acheter plusieurs vêtements car ils ne sont pas chers.

Je ne suis pas si je suis claire dans mes propos.
 

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