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facebook – brian tromp via unsplash
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IVG : Facebook a transmis des informations à la police dans le cadre d’une enquête sur une mineure ayant avortée

Des échanges entre une mineure de 17 ans et sa mère ont été transmis par Facebook à la police dans une affaire d’IVG illégale au Nebraska. Le réseau social est sous le feu des critiques, notamment au regard des dangers qui pèsent sur le droit à l’avortement aux États-Unis.

Et si les craintes des féministes aux États-Unis venaient de se matérialiser ?

Facebook est impliqué dans une enquête sur une adolescente mineure ayant eu recours à un avortement de façon illégale aux États-Unis. Le réseau social est dans la tourmente après avoir livré des informations à la police du Nebraska, qui avait émis un mandat de perquisition pour avoir accès à des messages échangés entre une mère et sa fille mineure.

Elles sont notamment accusées d’avoir eu recours à un avortement passé le délai autorisé dans cet État. Depuis, le hashtag #DeleteFacebook est brandi par les féministes qui s’inquiètent de voir Facebook capable de divulguer des informations si elles venaient à être attaquées en cas de recours à l’IVG.

delete facebook olivia julianna
Tweet de l’activiste Olivia Julianna

« Toutes les femmes devraient supprimer Facebook tout de suite. »

La jeune militante Olivia Julianna a lancé un appel à toutes les féministes pour protester contre Facebook et son rôle dans cette affaire.

Pourquoi la police s’est-elle tournée vers Facebook ?

L’affaire débute au printemps, soit bien avant la révocation de Roe vs. Wade par la Cour suprême. Selon le Lincoln Journal Star, une enquête a été ouverte fin avril, basée sur des éléments montrant que Celeste Burgess, 17 ans, habitant à Norfolk dans le Nebraska, aurait eu une fausse couche et qu’elle et sa mère, Jessica Burgess, auraient enterré le fœtus, après l’avoir brûlé.

Interrogées par la police, elles ont raconté avoir enterré le corps, avec l’aide d’une tierce personne, elle aussi poursuivie. Quelques mois plus tard, elles ont été inculpées pour déplacement, dissimulation ou abandon d’un cadavre humain, et deux infractions, dissimulation de la mort d’une personne et signalement mensonger, selon les documents obtenus par Motherboard.

En poursuivant l’enquête, la police a demandé à Facebook l’accès aux messages échangés entre la mère et sa fille. C’est ainsi qu’elle a découvert une conversation laissant entendre que Celeste Burgess aurait eu recours à un avortement hors délai.

Selon le rapport de police, l’adolescente explique dans un message « comment elle ne peut pas attendre de faire sortir “la chose” de son corps et réaffirme avec J. Burgess qu’elles vont brûler les preuves ensuite. »

Dans cet état de l’ouest des États-Unis, l’IVG est autorisée jusqu’à 20 semaines. Les messages montrent que Celeste Burgess aurait obtenu une pilule abortive via sa mère alors qu’elle était déjà enceinte de 28 semaines. Elle aurait ainsi accouché d’un fœtus mort-né. Le rapport d’autopsie, qui a été effectuée fin avril, ne permet de déterminer précisément la cause du décès, mais l’état des poumons permet de dire qu’ils n’ont jamais contenu d’air.

En juillet, deux chefs d’accusation supplémentaires ont été ajoutés pour pratique ou tentative d’avortement sur une grossesse de plus de 20 semaines et pratique d’un avortement en tant que personne non habilitée.

Facebook tente de corriger le tir

Face aux protestations, Meta a tenu à minimiser son rôle dans l’affaire. La maison-mère de Facebook a expliqué que les mandats de perquisition n’évoquaient pas le recours à une IVG, et ne concernaient que l’enquête sur l’incinération et l’enterrement du corps d’un enfant mort-né. Les mandats étaient initialement agrémentés d’ordonnance de non-divulgation, ce qui empêchait la société de donner ces informations. « Ces ordonnances ont ensuite été levées. »

Comme le rappelle Libération, « Facebook peut accéder à l’écrasante majorité des conversations privées qui ont lieu sur sa plateforme. »

Maintenant que l’accès à l’avortement est clairement menacé voire remis en cause dans plusieurs États, beaucoup de femmes s’inquiètent que l’affaire crée un précédent et que de simples recherches via Facebook sur l’IVG ou des échanges sur le sujet les mettent en danger et les exposent à des poursuites judiciaires dans les États qui ont criminalisé l’avortement.

Les deux femmes attendent désormais leur procès. Aujourd’hui âgée de 18 ans, Celeste Burgess sera jugée comme une majeure.

À lire aussi : États-Unis : le Kansas protège par référendum son droit à l’IVG et devient un symbole de résistance


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Les Commentaires

71
Avatar de Aesma
18 août 2022 à 20h08
Aesma
@Mawrcan Une IVG bien entourée c'est pas forcément horrible. Une méthode médicamenteuse à la maison avec la ou les bonnes personnes ça peut aussi faire un joli souvenir.
Le blog jevaisbienmerci défend le droit de ne pas aller mal après une IVG, j'avais parcouru pas mal de témoignages et j'ai lu à plusieurs reprises que c'était une journée très agréable - je pense notamment aux IVG avant 1975 où les personnes qui avaient les moyens partaient à l'étranger pour quelques jours et ça ressemblait à des vacances, l'occasion de visiter Londres additionner au soulagement de ne plus être enceint ou enceinte.
Pour moi une IVG c'est aussi agréable que se faire soigner une carie, en elle-même l'intervention est pas ouf mais t'auras toujours des gens pour te dire que "la roulette c'est trop rigolo j'adore" et + tu attenderas + tu douilleras (Bon perso j'ai une peur bleue des soins dentaires, je préfère laaargement repasser par une IVG - médicamenteuse ou aspiration - que me refaire soigner une seule carie :goth
@Kaktus Les avortements sélectifs existent et existeront toujours, au Royaume-Uni par exemple la consigne pour les échographies est de ne pas donner le sexe du fœtus avant la fin du délai de recours à l'IVG.
Perso je suis assez ambivalente sur le sujet, d'un côté je me retrouve dans le nihilisme du genre, et je milite activement pour qu'on arrête de genrer des fœtus et des bébés et donc je ne verrais absolument aucun problème (au contraire !) à ce qu'on arrête d'annoncer le sexe du fœtus à l'échographie. Ça aurait du sens pour limiter les avortements sélectifs dans mon monde idéal où l'IVG pourrait se pratiquer à tout moment de la grossesse mais surtout pour foutre un gros coup à la binarité et aux représentations genrées.
De l'autre, je me dis que si une personne est déterminée à avorter si le fœtus n'est pas du "bon" sexe c'est probablement mieux de laisser faire (je pense notamment à des cas extrêmes de maltraitance ou de personnes qui vont enchaîner les grossesses quittent à avoir 7 gosses alors qu'à la base iels voulaient juste 1 fille ou 1 garçon)
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