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Cinéma

Foxcatcher, un film sur la lutte mais surtout sur les hommes

Fab est allé voir Foxcatcher, un film basé sur une histoire vraie. Avec de la lutte, des relations humaines complexes et des acteurs méconnaissables.

Foxcatcher a tout du film à première vue rébarbatif : qu’est-ce qu’on en a à foutre d’un film sur LA LUTTE, hein ? Vraiment ? Oui, sauf que, vous vous méprenez : Foxcatcher n’est pas un film sur le cyclimse sur la lutte, mais un film sur des personnes, et les relations qu’elles vont tisser entre elles. Et de ce point de vue, Foxcatcher est un immense film. Venez, laissez-moi vous raconter pourquoi, juste après la bande-annonce.

https://youtu.be/lLclzilhksI

Première chose à savoir : Foxcatcher est tiré d’une histoire vraie, et ce postulat est annoncé d’entrée. Il raconte l’histoire des frères Schultz, Dave et Mark, deux champions olympiques de lutte aux JO de 1984.

Deux frères champions…

Pour le petit frère, Mark, incarné par le fabuleux Channing Tatum (tellement à contre-emploi de ses rôles habituels), le retour à la vie civile après ce succès n’est pas forcément évident. Son grand frère, Dave, lui, a femme et enfants et a les pieds un peu plus ancrés dans le quotidien que son cadet.

foxcatcher-freres

On sent très vite la jalousie que ressent le p’tit frangin pour son aîné, véritable légende de sa discipline — et comme le monde entier autour de lui lui rappelle à quel point son frère est meilleur que lui, ça n’arrange pas spécialement les choses. Dave, lui, est plutôt du genre à vouloir aider et rendre service à son frérot, mais Mark préfère se prostrer dans sa paire de boules et le silence.

Un héritier qui s’ennuie…

C’est là qu’intervient le troisième larron de l’histoire, John E. Du Pont, richissime héritier d’une entreprise d’armes, Foxcatcher, passionné de lutte. John a du temps, et de l’argent à dépenser, et il a décidé de jouer un rôle dans le succès de l’équipe de lutte des USA lors des prochains Championnats du Monde et les JO de Séoul en 1988.

Il décide donc de se payer les services de Mark et de le prendre sous son aile, instaurant ainsi une relation pour le moins malsaine avec le jeune sportif. Pour une fois que quelqu’un lui montre de l’intérêt et lui explique qu’il est bien meilleur que son grand frère, Mark n’hésite pas une minute et fonce…

foxcatcher-lutte

Le milliardaire va même plus loin et décide d’installer un centre d’entraînement dans son immense propriété. On comprendra assez vite que le fiston DuPont a surtout de gros « mum issues« , puisque le pauvre aspire follement à plaire à sa vieille maman. Son souci, c’est qu’elle n’a strictement rien à péter du passe-temps de Johnny avec ses gros copains musclés en moule-bites.

Et des relations humaines.

Vous l’aurez donc compris : Foxcatcher parle de lutte, mais le sport est surtout un prétexte pour parler des relations humaines entre ses différents protagonistes. Rappelons que Bennett Miller, le réalisateur, a à son actif Le Stratège (Moneyball en VO), lui aussi tiré d’une histoire vraie sur le baseball cette fois, et qu’effectivement, ce fil mettant en scène Brad Pitt, Jonah Hill et Philip Seymour Hoffman racontait plutôt les relations compliquées entre coach, dirigeants et joueurs.

On ne pourrait être complet si on ne signalait pas l’époustouflante performance des trois acteurs principaux, tous trois méconnaissables et métamorphosés pour ce film : Mark Ruffalo et Channing Tatum ont littéralement avalé la dégaine, les attitudes et les gestes des lutteurs alors que Steve Carell est à des centaines d’années-lumières du puceau quadra qui se faisait épiler le torse à la cire, aussi bien physiquement qu’au niveau du jeu, pour arriver à approcher le plus possible l’apparence des protagonistes dans la vraie vie.

foxcatchersÀ gauche, les vrais frères Schultz, à droite, Ruffalo et Tatum

john-dupont-steve-carrellÀ gauche, Steve Carell, à droite le vrai John Du Pont

À ce propos, vous pouvez vérifier cette page du site History VS Hollywood, mais attention, elle est bien sûr blindée de spoilers sur le film — et l’histoire vraie.

Si le film prend son temps et pourra vous paraître parfois un tantinet lent (une impression sans doute accentuée par le fait que je sois allé le voir le dimanche soir suivant la nuit blanche de la Nuit Originale), il arrive parfaitement à dépeindre l’ambiguïté et la complexité des relations entre ces trois personnages.

Enfin, si vous souhaitez voir L’Après-Séance du Fossoyeur de Films consacrée à Foxcatcher, la voici (attention aux spoilers !) :

L'APRÈS-SÉANCE - Foxcatcher

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Les Commentaires

7
Avatar de Lapina la Babille
2 février 2015 à 14h18
Lapina la Babille
@ThelmaEtLouise je parle pour moi, mais j'aime bien les persos pervers et je ne peux pas m'empêcher d'aller voir ce genre de film
J'ai énormément de sympathie pour Carell et son jeu m'a perturbée (dans le bon sens du terme).

@Fab @Alycm ça ressemblerait davantage -bien qu' encore très différent, + côté malsain de la force- à Million dollar Baby.
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Voir les 7 commentaires

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