Étudiantes, nous avons passé un mois sur un voilier en Antarctique

Il y a près de 6 mois, Floriane et Aurélie racontaient à Esther leur futur départ pour l'Antarctique pour un projet scientifique. Après 1 mois à naviguer dans le froid glacial sur le pont d'un voilier, elles racontent !

Étudiantes, nous avons passé un mois sur un voilier en Antarctique

Mise à jour du 13 mai 2019 par Océane

Floriane et Aurélie viennent d’Albi, et elles sont toutes les deux étudiantes en biologie.

Avec deux camarades de promo, Clément et Robin, elles ont monté un projet d’observation en Antarctique en partenariat avec Green Peace et Plankton Planet baptisé Amazing Antarctique.

L’objectif : naviguer sur l’Océan Antarctique et récupérer des échantillons prélevés dans différentes région pour observer d’une part les conséquences de la hausse des températures sur le plancton, et d’autre part quantifier la présence de micro-plastique dans l’eau.

Il y a six mois, elles répondaient aux questions d’Esther et avaient besoin d’aide pour le financement de leur projet, aujourd’hui elles sont rentrées avec des étoiles plein les yeux.

Aurélie, Floriane, et toute l’équipe du projet Amazing Antarctique

Observations et sensibilisation écologiques

Du point de vue de leurs observations scientifiques, elles ont été très limitées pendant le temps de leur séjour.

Avec un protocole à respecter chaque jour, leur but était de prélever des échantillons pour qu’ils soient analysés de façon plus poussée en laboratoire :

« Dans le cadre de notre partenariat avec Plankton Planet, nous avions un protocole à respecter pour chiffrer le plancton, mais nous n’avions pas de laboratoire sur place pour observer réellement.

Les échantillons ont été transmis et c’est en cours d’analyse, nous ne connaissons pas encore les résultats c’est trop tôt pour le dire.

Pour le micro-plastique les échantillons ont aussi été envoyés à Green Peace. »

Il y a 6 mois, elles exprimaient leur souhait de faire de la sensibilisation à l’écologie dans des écoles, pour impliquer les plus jeunes dans les questions écologiques, et les encourager à réaliser les projets qui leur tiennent à cœur.

Et bien c’est chose faite ! Elles ont déjà fait plusieurs conférences et interventions dans des classes depuis leur retour, et elles continuent aujourd’hui.

Un voyage éprouvant physiquement

Dans leur entrevue avec Esther, elles avaient partagé leurs craintes concernant les conditions climatiques du voyage, et notamment pendant le passage de Drake, un détroit connu pour être très agité.

L’une des premières choses que j’ai voulu savoir est comment elles ont finalement vécu cette étape du voyage. Floriane raconte :

« Finalement on a eu raison d’avoir peur ! On y a passé 4 jours à l’aller et 6 jours au retour, et on a été malades tout le long ! »

Elle affirme que si c’était à refaire, elle ne voudrait pas retenter la traversée de ce passage. Et concernant le froid, il ne les a pas non plus épargnées :

« Chaque jour on devait faire des quarts : trois fois deux heures par jour à vérifier qu’il n’y ait pas d’iceberg, ou d’obstacles qu’on n’ait pas anticipés pour les manœuvres.

Du coup ce sont deux heures où on était sur le pont, mouillées par les vagues, on avait froid, c’était assez fatigant et éprouvant. »

« Le problème c’est que sur le bateau on était vraiment immobiles, on a remarqué qu’on était très sensibles au niveau des extrémités, des mains et des pieds. On avait vraiment très froid.

Mais par contre dès qu’on allait sur le continent, sur la terre, qu’on se déplaçait, avec tous les équipements qu’on avait, ça allait.

On a eu des engelures à tous les membres, et on n’avait rien du tout pour les soigner, on n’avait pas prévu ça ! Il n’y avait pas d’autre choix que d’attendre que ça passe. »

Des moments magiques plein de leçons

Un mois entier sur un voilier navigant sur les eaux de l’Océan Antarctique, difficile de s’imaginer les sensations que cela peut procurer.

Floriane et Aurélie décrivent elles-mêmes des moments inoubliables qu’elles n’auraient pas pu anticiper :

« Il y eu des moments assez magiques, les paysages, les animaux rencontrés, les orques les baleines… Un jour en fin de soirée, le soleil se couchait, et le bateau a suivi des baleines pendant 30 minutes/1h.

Il y avait de la musique qui passait sur le bateau et on était tous et toutes sur le pont à les observer, c’était un moment magique. »

Une photo de leur moment avec les baleines

Floriane poursuit :

« Moi il y a un truc que j’ai adoré, c’est être coupée de la communication et du monde extérieur pendant 1 mois.

Ne pas avoir de notifications, de sons parasites, c’était vraiment super, et maintenant que je suis rentrée j’essaye d’être moins sur mon téléphone. »

Aurélie, elle, a vraiment pris le temps de ce voyage pour se recentrer sur elle-même et sur ses choix de vie, elle m’explique que depuis son retour, elle veille à faire plus de choses pour elle, plus de choses qui lui font plaisir.

Si tu veux suivre les actualités du projet Amazing Antarctique, va suivre leur page Facebook !

Tu trouveras dessus des vidéos et des photos du voyage de Floriane, Aurélie, et toute l’équipe, et les résultats des analyses qu’elles ont engagées quand ils seront disponibles !

Article initialement publié le 13 décembre 2018

« Partir un mois en Antarctique sur un voilier, en autonomie.

Faire de la recherche sur le plancton, les micro-plastiques, et le cardio-vasculaire dans un milieu extrême. »

Une expédition étudiante… en Antarctique !

Ça en jette non ? C’est l’objectif d’une expédition menée par 4 étudiants et étudiantes, et elles m’ont expliqué comment elles sont devenues de telles aventurières !

Floriane raconte :

« Un jour, Robin est venu me voir pour présenter le projet en 10 minutes. Il m’a donné une semaine pour y réfléchir, mais dès ce moment-là, je savais que j’allais dire oui. »

Même scénario pour Aurélie.

Pour compléter cet équipage : un autre camarade de promo, Clément, ainsi que deux scientifiques, trois skippers, et trois « mécènes ».

Les quatre étudiants prêts pour l’aventure en Antarctique.

Et évidemment, un bateau, présenté comme tel sur le site de leur projet :

« Le Podorange est un voilier de 20m possédant une coque en acier, un pont en inox et une voilure au près de 223 m². C’est ce qui fait qu’il est idéal pour ce type de voyage. Il a une capacité d’accueil de 12 personnes.

Il a été construit dans le but de participer au Global Challenge de 96/97 (course autour du monde à l’envers, en équipage). C’est pour cette raison qu’il dispose d’une grande autonomie. »

Amazing-Antarctique, un projet pour l’environnement

Aurélie explique avoir toujours eu la fibre scientifique. Elle s’est naturellement orientée vers la biologie et a choisi de poursuivre à l’école des Mines « pour son parcours en environnement ».

Floriane, quant à elle avait classiquement suivi le parcours de la « bonne élève » en sciences.

Ensemble, elles ont monté les projets de recherche qui n’étaient pas tout à fait définis lorsque Robin leur a proposé d’embarquer avec lui.

Aurélie précise :

« On a voulu travailler sur le plancton car c’est un sujet d’actualité.

Il n’a jamais évolué aussi rapidement que depuis cette hausse des températures, or il est à la base de la chaîne alimentaire et il fait office de « poumon » de la planète, donc on veut explorer les conséquences. »

Même tonalité pour la question du micro-plastique :

« On veut voir si y compris en Antarctique, on trouve des quantités énormes de micro-plastique. Malheureusement on sait déjà qu’il y en aura, on veut évaluer l’ampleur des dégâts.

L’idée est de montrer l’échelle du problème, de faire prendre conscience aux gens de la situation pour qu’ils adoptent de bons gestes écolo. »

Floriane ajoute que « l’Antarctique, on a l’impression que c’est très loin, mais nos gestes ont un impact jusque là-bas ».

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Un voyage sur « les mers les plus violentes de la panète »

À bord, elles seront à la fois chercheuses… et cobayes.

Le plancton et le micro-plastique, c’est leur affaire, mais ce seront leurs corps qui feront office d’objet d’étude pour Camille Amaz, la bio-statisticienne qui les accompagne et qui étudiera leurs corps dans ce milieu extrême.

En parlant de conditions extrêmes, est-ce qu’un tel voyage effraie les jeunes femmes, qui n’ont jamais réellement navigué sur de longues périodes ?

— On part d’Ushuaïa, pour aller jusqu’à la péninsule Antarctique. Il faut passer par le passage de Drake. ça dure cinq jours, et c’est réputé comme étant « les mers les plus violentes de la planète ». C’est à ce moment-là que je vais sans doute avoir peur…

— Mais pour le moment on essaie de rester positives et enthousiastes !

Toujours est-il qu’une fois sur place, il leur faudra tout un équipement :

« Un tee-shirt technique, une polaire, un petit manteau pour tenir chaud, ainsi qu’un gros typique de marin pour couper le vent et protéger du sel.

En bas un collant technique, des bottes, une salopette de marin. Des gants, un masque pour se protéger des UV, un bonnet. »

L’équipe est parrainée par deux explorateurs scientifiques : Stéphane Lévin et Jean-Louis Etienne. Ce dernier fut le premier à aller au pôle Nord en solitaire.

De quoi être bien préparées !

Très très au sud de la Terre donc.

Objectif : donner des ailes à tout un chacun !

Les jeunes femmes ont dû négocier avec leur école pour partir dès le mois de février. Mais vu les compétences accumulées en chemin, le choix est vite fait, car avec Clément et Robin elles ont tout monté de A à Z.

« Le budget total s’élève à 125 000€.

On a chacun avancé des fonds personnels. De base, le coût incluant billets d’avion, voilier, ainsi que les trois semaines en Argentine qui précèderont le départ, c’est 12 000€ par personne.

On fait des recherches de subventions, de sponsors et c’est cette somme qu’on espère réduire un maximum avec la levée de fond. »

Voilà pourquoi elles ont lancé un crowdfunding !

À l’heure où je vous parle, le premier palier, de 8000€, est financé à 80%. Il reste jusqu’au 21 décembre pour financer la totalité de la somme nécessaire !

L’aventure ne s’arrêtera pas au retour puisque l’équipe souhaite valoriser ce qu’ils auront appris en chemin, aussi bien en termes scientifiques que personnels.

« On veut faire de la sensibilisation, aller dans des écoles et des collèges pour cela. Mais pas seulement pour l’aspect environnemental des choses, aussi pour pousser les élèves à croire en leurs capacités à réaliser leurs rêves !

Et bien sûr l’idée est également de partager les résultats de nos recherches », explique Floriane.

Pour soutenir Floriane et Aurélie, tu peux retrouver la page de leur projet sur Ulule, sur Facebook, et parcourir leur site pour en savoir plus !

Esther

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires

Pagodroma

Ce n'est pas un brise glace donc ils ne peuvent pas. Mais s'ils partent en plein été austral, il n'y aura, normalement, plus ou peu de banquise. Sinon ils peuvent également longer la banquise, ça reste l'océan antarctique.
 

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