Les chiffres des féminicides en 2019 viennent de tomber… et les choses ne s’arrangent pas

Lundi 17 août 2020, le ministère de l'Intérieur a publié une étude sur les chiffres des « homicides au sein du couple ». En France, en 2019, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une hausse de 25% par rapport à 2018.

Les chiffres des féminicides en 2019 viennent de tomber… et les choses ne s’arrangent pas©Delia Giandeini/Unsplash

Lundi 17 août 2020, le ministère de l’Intérieur a rendu publique une étude nationale de la Délégation aux victimes (DAV) mettant en perspective les chiffres des « homicides au sein du couple », soit les décès de femmes et d’hommes dans des faits de violences conjugales.

Les résultats sont pires que l’année précédente. 173, c’est le nombre de décès suite à des violences conjugales enregistrés par les services de police et les unités de gendarmerie françaises en 2019, 24 victimes supplémentaires par rapport à l’année 2018.

Le chiffre des féminicides en hausse de 25% en France en 2019

Selon l’étude de la DAV, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit 25% de plus que l’année précédente. Côté hommes, 27 victimes, soit 1 de moins que l’an dernier.

En moyenne, en 2019, un décès a été annoncé tous les deux jours en métropole et outre-mer, les femmes représentant 84% du total des victimes et les auteurs étant à 88% masculins.

Parmi les 27 meurtres d’hommes, 19% ont été commis par des femmes et motivés par des violences exercées à leur encontre.

Concernant les femmes décédées dans le cadre de violences conjugales, seulement 1 bénéficiait d’un dispositif de protection (contrôle judiciaire), et parmi les auteurs, deux étaient connus des forces de sécurité intérieure et sous contrôle judiciaire.

41% des femmes victimes avaient déjà subi des violences antérieures et 43% d’entre elles avaient déjà déposé une plainte.

L’étude de la DAV détaille également la typologie des faits, les armes employées, l’impact des décès dans la sphère familiale ainsi qu’une cartographie des départements selon le nombre de faits recensés.

Les trois départements les plus touchés sont le Nord (8 faits), les Yvelines (7 faits) et l’Hérault (7 faits).

Le gouvernement pointé du doigt par Nous Toutes dans sa politique contre les violences conjugales

L’étude publiée hier mentionne également les différents dispositifs mis en place au sein du ministère de l’Intérieur pour lutter contre les violences conjugales, expliquant que :

« Le ministère de l’Intérieur adapte en permanence son dispositif de protection des victimes pour leur garantir un accueil, une prise en charge et un accompagnement personnalisés, dans un cadre partenarial renforcé pour assurer la bonne coordination des services de l’Etat, des collectivités territoriales et du secteur associatif. »

Formations spécifiques aux violences conjugales des adjoints de sécurité, gardiens de la paix et élèves gendarmes, structures spécialisées, 38 interventions par heure en métropole et outre-mer… mais pour le mouvement féministe Nous Toutes qui a réagit en amont de la publication de cette étude, ce n’est pas assez.

Sur sa page Instagram, Nous Toutes dénonce en story le manque d’effort du gouvernement concernant les politiques publiques :

« Si l’on veut que la société bouge réellement sur les violences, nous avons besoin de politiques publiques aussi ambitieuses que celles menées sur la sécurité routière (par exemple). Cela demande des moyens et de la volonté politique.

[…] Les moyens ne bougent quasiment pas et en matière de volonté politique, on peut dire que le remaniement a envoyé un message clair. »

Pendant ce temps, le chiffre des féminicides de l’année 2020 ne cesse d’augmenter depuis le 1er janvier, puisque depuis cette date déjà 61 femmes sont mortes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint, selon le rapport quotidien de Nous Toutes.

Pendant toute l’année 2019, le mouvement de lutte contre les violences sexistes et sexuelles a fait, sur Instagram, le décompte des femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

À lire aussi : Pourquoi les féminicides sont qualifiés de crimes « passionnels » dans les médias

Océane Viala

Océane Viala

Océane est chargée des témoignages sur madmoiZelle ! Sa passion, c’est vos vies, surtout quand elles lui font réfléchir à la sienne. Elle aime aussi le froid, les arbres et les avocats.

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Commentaires

jorda

@Pelleas c'est là où on peut regretter le manque d'exactitude de beaucoup d'enquêtes sur des données apparemment simples (ici, répertorier selon le genre des agresseurs couplé à celui de leurs victimes, ce qui, nous le voyons ici, n'est pas le cas).
Je faisais la même réflexion sur les données de violences conjugales non-mortelles où (contrairement aux morts dans le couple) il est également impossible de savoir si les victimes enregistrées avaient déjà été victimes (ou auteurs!) auparavant grâce à d'éventuelles plaintes déposées. Pourtant, ça doit bien exister dans les services de police, ce genre de données.
 

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