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La charge mentale, ce n’est pas qu’une affaire d’hétéros

Cette madmoiZelle a eu peur des hommes pendant longtemps, et pensait être à l’abri de la charge mentale en étant en couple avec des femmes. Pourtant…

Ce sujet me travaille depuis un certain temps : non, la charge mentale n’est pas qu’une affaire de couple hétérosexuel.

Et mon expérience me l’a bien appris…

Mon rapport compliqué avec les hommes

J’ai toujours eu peur des hommes. Cette crainte est arrivée dès l’enfance, car je faisais partie d’un milieu familial où les hommes n’étaient pas les princes charmants que je croisais dans mes contes préférés.

Ils en étaient même très loin. Violents, machos, sexistes, et j’en passe…

Bref, c’était un bon cocktail qui, dès toute petite, m’a susurré à l’oreille que je devais fuir le sexe opposé, au risque de finir forcément seule, malheureuse et battue.

Alors ça a été très clair. J’ai flirté avec un ou deux garçons vers mes douze ans, ils se sont révélés ne pas être très sympas et je n’ai pas cherché plus loin.

Je me suis jetée dans les bras des filles, sans avoir conscience, évidemment, que je fuyais les hommes.

J’ai eu ma première copine à treize ans et ça a été une révélation qui confirmait mes pensées d’enfant. Être avec une fille c’était doux, c’était léger, rien n’était pressé, rien ne m’était demandé à part beaucoup d’amour.

Alors, j’ai continué mon chemin du côté des filles, me forgeant peu à peu une identité dite « lesbienne ». Et j’étais très heureuse comme ça.

D’autres bons points se sont rajoutés au tableau, entre autres, celui de la zone de confort où le corps en face de moi était le même que le mien. Ce qui facilitait beaucoup de choses.

Bref, j’étais lesbienne, j’avais dix-huit ans, j’étais super heureuse, et surtout, j’ignorais complètement les mecs.

Mon premier grand amour et le début de ma charge mentale

Jusqu’au jour où j’ai eu mon premier grand amour. Celui qu’on n’oublie jamais vraiment et qui nous fait pleurer pour les dix ans à venir lorsqu’il se termine.

Je me suis donc mise en couple avec cette fille à mes dix-huit ans.

Elle venait, elle aussi, d’un milieu compliqué qui ne l’a pas aidé à grandir correctement et à prendre les bons chemins. Je l’ai tout de suite remarqué, mais je me suis dit « oh, on verra bien ! ».

Sauf que je suis restée presque six ans avec elle. Et j’ai vécu six années d’enfer complet.

J’étais la plus costaud des deux psychologiquement, alors au départ j’ai été un bon soutien moral pour ses problèmes, et ça me plaisait ! À qui ça ne fait pas plaisir d’avoir des beaux yeux bleus amoureux, pleins de reconnaissance à son égard ?

Sauf que cette habitude s’est élargie sur tous les plans.

Au fil des mois et des années, je suis devenue son cerveau, sa mémoire, sa conscience, en plus d’être sa copine.

Les choses se sont faites petit à petit, de manière insidieuse, sans que je m’en aperçoive, parce que de toutes façons être avec une femme, ça évitait tous les problèmes, non ?

À lire aussi : La charge mentale concernant les tâches ménagères

Sauf que je suis passée de simplement écouter ses problèmes à l’appeler pour se réveiller le matin, lui rappeler de manger, lui rappeler de boire de l’eau, lui rappeler de se brosser les dents.

Parfois même, lui rappeler d’acheter des serviettes hygiéniques, parce que c’était moi qui calculais quand elle allait avoir ses règles.

Quand la charge mentale détruit le couple

Elle n’a jamais fait le ménage chez elle (nous ne vivions pas ensemble), elle me demandait gentiment si je pouvais m’y coller. Et devine ce que je faisais ? Le ménage, bien sûr.

Je prenais ses rendez-vous médicaux, je remplissais ses papiers administratifs, je faisais ses lessives.

Bref, je faisais absolument tout pour tenir en place son équilibre de vie. Tout ça en étant une étudiante à l’aube de mes vingt ans.

Et je ne voyais pas où était le problème ! Mon grand amour avait des difficultés, je ne faisais que « l’aider. »

Mais lorsque j’en ai eu assez de tout faire à sa place, me rendant bien compte que je ne pouvais pas gérer deux vies en même temps, il était déjà trop tard. Elle s’était bien ancrée dans ses petites habitudes et elle en avait tout bonnement profité.

Exemple : pendant que je lavais son carrelage, elle sortait boire une bière.

J’ai essayé de lui expliquer que ça avait été trop loin, que je n’étais pas sa mère et qu’il fallait qu’elle prenne ses responsabilités un jour ou l’autre, autant pour elle-même, que pour moi.

Évidemment, elle m’a dit « oui, oui » et ne l’a pas fait. J’ai frôlé le surmenage plusieurs fois, parce qu’il fallait aussi gérer ses soucis psychologiques.

Et puis un jour, je suis partie étudier à des centaines de kilomètres de chez moi. Ça m’a brisé le cœur et j’ai mis des mois à me remettre de cette distance.

Car, au final, c’était moi qui étais la plus malheureuse. De son côté, elle n’avait eu aucun mal à reprendre son balai et aller faire ses courses.

Moi, par contre, je me sentais seule, inutile et je m’ennuyais, alors que j’étais en plein milieu des études dont je rêvais.

La fin de ma relation toxique avec une femme

Quelques mois se sont écoulés et, naturellement, notre relation, toxique sur tous les points, s’est essoufflée, pour finalement s’arrêter. Lorsque j’y ai mis fin, après six ans, j’étais bouleversée, épuisée et je n’avais plus confiance ni en moi, ni en les autres.

J’étais perdue, car cette relation m’avait démontré que, si, si ! On pouvait aussi vivre l’enfer avec une femme, sans pour autant se prendre des coups ou des remarques sexistes.

Je n’ai pas tout de suite réalisé que j’avais subi le poids de la charge mentale, parce qu’à l’époque personne ne parlait encore de ça.

Ce n’est que lorsque le sujet est devenu populaire que j’ai saisi : j’avais vécu la charge mentale avec une femme, moi qui me pensais à l’abri avec les gens du même genre que moi…

À lire aussi : En parlant de charge mentale, Emma brise des couples ! Quel culot !

Et puis, quelques temps après, ma vie a pris un tournant, et je suis tombée amoureuse d’un homme. (Tu ne t’y attendais pas à celle-là hein ?)

Malgré des débuts difficiles, nous sommes toujours ensemble après un an et demi.

J’ai changé d’avis sur les hommes

Les débuts difficiles étaient entre autre liés au fait que j’étais coincée dans un énorme méli-mélo de sentiments négatifs.

J’avais peur de l’homme face à moi, pour tout ce que je connaissais du sexe opposé.

Mais aussi, je ne voulais jamais revivre la torture douce, discrète et silencieuse que j’avais vécue dans ma précédente relation. Au moindre signe de charge mentale, même minime, je me fermais, lui rappelant amèrement que je n’étais pas sa mère.

Mais, surprise ! Ce garçon a pris conscience de la charge mentale, l’a comprise et fait tous les efforts possibles pour qu’on soit sur un pied d’égalité.

Et, pour être honnête, on s’en sort plutôt bien pour l’instant ! Car la charge mentale est mieux partagée avec l’homme qui partage ma vie, que dans ma précédente relation avec une femme.

Conclusion, j’ai fini par trouver une relation où les choses sont quand même douces, légères, faites dans le respect, avec très peu de charge mentale… et tout ça, avec un homme ! Qui l’eût cru ?

À lire aussi : La charge mentale de la contraception illustrée par Emma

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Les Commentaires
13

Avatar de MademoisellePomme
23 avril 2019 à 08h09
MademoisellePomme
Je ne sais pas si charge mentale est le bon diagnostique dans cette situation.
Je parlerais plutôt de relation toxique.
Perso j'ai vécu exactement la même chose avec une très bonne amie (nous n'étions et n'avons jamais été en couple, et elle sortait avec quelqu'un en parallèle) avec qui j'étais en coloc.
Très fragile émotionnellement, et pas vraiment débrouillarde, il fallait la soutenir sur tout : l'aider à faire ses devoirs (nous n'étions pas dans la même filière du tout, mais j'apprenais et faisais des choses pour elle), lui rappeler de manger, de dormir... Je devais la rassurer quand elle pleurait tout le temps pour X ou X raison... Émotionnellement, c'était épuisant, et je lui en veux aujourd'hui pour ça, même si ce n'est pas vraiment de sa faute. J'étais un mélange de sa psy et de sa mère.

La charge mentale, ce n'est pas ça, la charge mentale, c'est très spécifiquement quand l'autre ne pense même pas à faire les choses à moins qu'on ne lui dise de le faire, mais par flemme, pas par incapacité. La charge mentale, c'est spécifiquement pour parler de ces hommes qui se reposent sur les femmes pour tenir la maison parce que, consciemment ou non, ils considèrent que c'est le taf des femmes.
Là, on décrit un type de situation avec une personne mentalement instable qui devient toxique pour la personne qui prend soin d'elle.
Il faut faire la différence. Parce que la charge mentale est dû à un comportement qu'il est possible de modifier de sa propre volonté. La situation décrite dans cette article nécessiterait plutôt l'intervention d'un professionnel pour aider l'ex de cette jeune femme.
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