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Cinéma

C’est tout pour moi, de Nawell Madani, est en salles !

Nawell Madani est à l’affiche de C’est tout pour moi, son premier film. Elle y raconte une version romancée de sa vie, touchante, inspirante, révoltante et émouvante à souhait. À voir en salles le 29 novembre 2017 !

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec UGC Distribution. Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Le film dont je veux te parler aujourd’hui, c’est l’inverse d’un conte de fées.

C’est quand les planètes ne s’alignent pas, et que ta bonne étoile te fait des feintes au tournant. Quand le destin te tend la main, mais pour te mettre une claque.

C’est l’histoire — très romancée, pas complètement authentique — de Nawell Madani, comédienne et humoriste belge.

C’est tout pour moi est l’histoire de sa vie mais pas vraiment. L’histoire d’une meuf qui perce dans le stand-up, mais pas sans avoir sérieusement galéré.

C’est tout pour moi, de et par Nawell Madani

C’est marrant, d’avoir intitulé ce film C’est tout pour moi, quand l’histoire qu’il raconte, c’est celle d’une femme qui n’en a jamais assez !

Au fond, c’est peut-être un conte de fées : celui des p’tites meufs qui galèrent, et n’attendent ni le prince charmant, ni une marraine magique.

Celles qui peignent leurs rêves de leurs yeux éveillés, et qui les construisent à force d’essayer, toujours, d’échouer, parfois, de recommencer, encore.

C’est tout pour moi commence comme un conte de fées. Il était une fois deux petites princesses, protégées par un roi bienveillant…

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Lila (Nawell Madani) et sa soeur se prennent de passion pour la danse et la féminité. Et puis un accident laisse l’une défigurée, risée des cours de récré.

C’est tout pour moi n’est pas l’histoire d’une revanche, c’est celle d’un parcours du combattant — ou plutôt, celui d’une combattante : celle qui est frappée maintes fois, mais jamais abattue.

Celle que les échecs renforcent, au lieu de la décourager.

C’est tout pour moi, le film que j’attendais au cinéma

J’ai adoré Mulan et Pocahontas, La Belle et la Bête et Cendrillon, Erin Brokovich et Pretty Woman.

Mais aucune des héroïnes de ces films n’avait vraiment la vulnérabilité de celle qui affronte la vie sans filets. Sans le secours d’un destin grandiose, sans la confiance et la bienveillance de ses alliés.

C’est tout pour moi, c’est un parcours en solitaire, dans la méfiance et la persévérance. L’histoire d’une self made woman qui me fait autrement rêver que le Loup de Wall Street 

!

Le film est une comédie grand public : s’il y a énormément de moments émouvants, ce n’est pas non plus un drame.

Comment Nawell Madani, humoriste, stand-uppeuse, pourrait-elle tourner sa vie en drame ? C’est forcément une comédie.

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Et une comédie intelligente, s’il vous plaît ! L’humour n’est pas là que pour se marrer, et les scènes émotives ne servent pas qu’à faire pleurer dans les chaumières. C’est tout pour moi fait réfléchir : au rire, à la famille, au travail.

Cette histoire inspirante, c’est pas Cendrillon du ghetto, c’est La Princesse et la Grenouille dans un monde peuplé de crapauds. La vie d’une bosseuse et d’un père aimant, mais aussi d’une joueuse dans un monde sévère.

L’héroïne est une persévérante, alors que son père se résigne à croire au théorème de la galère : bosse autant que tu veux, ça ne paiera jamais, parce que le karma viendra tôt ou tard te racketter.

À lire aussi : Les « croyances limitantes », ces fausses idées qui nous ralentissent

C’est tout pour moi, une incroyable leçon de persévérance

Ça me touche, les histoires de meufs qui se battent. Parce que j’ai trop lu les mots de celles qui sont battues. Trop d’histoires de femmes brisées, victimes ou revanchardes, de drames déchirants et de tragédies.

Je manque d’exemples de combattantes, de nanas d’aujourd’hui qui serrent les virages et roulent sur les obstacles qui en arrêtent tant d’autres !

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Nawell Madani traite du sexisme dans le stand-up comme d’une anecdote : une vanne de mauvais goût, irrespectueuse, un comportement goujat, un connard dont elle aura égratigné l’ego…

C’est parce qu’elle met en perspective les galères de sa vie que la misogynie de ses pairs apparaît si triviale.

Féminisme et religion se retrouvent dans l’amour

Nawell Madani fait des blagues sur la virginité, les règles, la religion, et même son père.

Et vous savez quoi ? Ça va.

L’univers n’implose pas. L’humour et le sacré coexistent, au sein d’une même famille !

C’est tout pour moi n’oppose pas les « Charlie » et les autres, il transcende le débat. Si ça te fait pas rire, tu ris pas. Et en même temps, il y a tellement de manières de faire rire, autres que la moquerie…

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Nawell Madani effleure le sujet, parce que son film n’est pas une dissertation sur l’humour.

Mais elle peint par ailleurs le tableau authentique, et profondément touchant d’une famille où la culture religieuse et la volonté d’indépendance se retrouvent sur leur principal dénominateur commun : l’amour que l’on se porte.

Lila et son père ne se comprendront peut-être jamais, mais qu’importe, ils s’aiment assez pour compenser la distance qui les sépare. Une distance générationnelle comme culturelle.

Ils sont deux inconnus qui s’aiment comme un père et une fille. La démonstration que c’est possible, au fond. De s’aimer sans se comprendre.

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C’est tout pour moi, le parcours romancé de Nawell Madani au cinéma

Il paraît que faire son autobiographie avant 40 ans, c’est hyper prétentieux. Je pense au contraire, que c’est hyper courageux !

Ça implique de se retourner, et de regarder son parcours d’un oeil critique, à un âge où l’on a encore toute la possibilité de changer de cap. À plus de 60 ans, ça devient compliqué. La montre tourne contre toi.

À 33 ans, si t’es pas encore fière de ta vie, tu as amplement le temps de te retourner. C’est tout pour moi n’est pas exactement la vie de Nawell Madani, mais c’est son récit.

Une histoire de karma dégueulasse, de sacrifices, de désobéissance, d’émancipation, de caractère, de galères, de persévérance. Qu’elle regarde en face, et qu’elle transcrit sans apitoiement.

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J’avais déjà beaucoup de respect pour Nawell Madani et son parcours, désormais j’ai de l’admiration !

C’est tout pour moi, ce serait finalement le conte de fées qui manque à toutes celles qui persévèrent en se persuadant qu’un jour, ça finira par payer. C’est le film qui leur donne(ra) raison.

C’est marrant, que Nawell Madani ait appelé son film C’est tout pour moi : c’est pas le titre que j’aurais donné à l’histoire d’une meuf qui ne s’est jamais laissée arrêter, et dont l’épopée ne fait que commencer !

En salles le 29 novembre 2017, C’est tout pour moi, finalement, ce n’est que le début.


Écoutez Laisse-moi kiffer, le podcast de recommandations culturelles de Madmoizelle.

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