Des gynécos rétablissent la vérité sur le vaccin contre le papillomavirus

Le vaccin destiné aux jeunes femmes pour prévenir les cancers du col de l'utérus est l'objet de nombreuses intox sur Internet. Des gynécos ont décidé de mettre les choses au clair.

Des gynécos rétablissent la vérité sur le vaccin contre le papillomavirus

Si tu as déjà tapé des symptômes de ta crève dans Google et qu’un forum t’a diagnostiqué un cancer du cervelet, toi-même tu sais que les informations d’Internet sont souvent loin d’être fiables en matière de santé. 

Depuis son instauration en 2007, le vaccin anti-HPV contre le papillomavirus (l’une des causes identifiées du cancer du col de l’utérus), est régulièrement remis en cause, notamment sur le Web.

Le vaccin contre le papillomavirus est-il dangereux ?

Sur le Net, de nombreuses sources propagent notamment l’idée (fausse, donc) que le vaccin contre le papillomavirus serait dangereux, ce qui serait quand même dommage pour un vaccin.

Baptisés Gardasil et Cervarix, les vaccins prescrits aux jeunes femmes pour prévenir le cancer du col de l’utérus sont accusés d’être de vraies « bombes à retardement » pour la santé des patientes.

Ils provoqueraient notamment des scléroses en plaques et une maladie neurologique, le syndrome de Guillain-Barré.

À la veille de son congrès annuel, la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) a tenu à dissiper les doutes et rétablir les faits dans leur exactitude. 

Car cette fois, l’intox ne vient pas de sombres recoins de la Toile mais d’un médecin.

Pourquoi le vaccin contre le papillomavirus a mauvaise réputation ?

Ancien député socialiste, le docteur Gérard Bapt a lancé l’alerte le mois dernier, suite à une étude jugée inquiétante.

Cette enquête montrerait selon lui que le vaccin favorise les cancers du col de l’utérus au lieu de les endiguer.

Comme le rapporte France Inter, le nombre de cancers du col de l’utérus chez les jeunes femmes de 20 à 25 ans aurait significativement augmenté dans 4 pays où le taux vaccinal est élevé (Australie, Grande-Bretagne, Suède et Norvège).

Les gynécologues de la SFCPCV sont donc monté au créneau pour affirmer que les chiffres, s’ils sont exacts, ont été mal interprétés et manipulés.

Comme le rappelle le Parisien :

« En Australie, où 80 % des adolescentes et 75 % des garçons sont immunisés, la proportion de jeunes femmes de 18 à 24 ans porteuses du papillomavirus a chuté de manière spectaculaire, de 23% à 1% en dix ans. »

Des fake news dangereuses pour la santé

Conséquence de ces fake news : la peur légitime de jeunes femmes mal informées.

On en parlait justement il y a peu dans le podcast Coucou le Q, à la suite d’un mail d’une madmoiZelle inquiétée par ces rumeurs.

La gynécologue Laura Berlingo y explique que les chiffres sont interprétés comme si le vaccin était la cause des pathologies, alors qu’il existe simplement une corrélation entre des maladies répandues chez les jeunes et le vaccin.

Autrement dit, ce n’est pas parce que les personnes qui mangent des épinards sont souvent chauves que les épinards font tomber les cheveux. Bon je suis pas sûre sûre de mon analogie mais vous avez l’idée.

Le problème majeur de cette mauvaise interprétation des chiffres est que le taux de vaccination contre le papillomavirus recule en France.

Il serait passé de 30% dans les années suivant sa mise en place en 2007 à 18% aujourd’hui, d’après Jean Gondry, le président de la SFCPCV.

Le cancer du col de l’utérus est aujourd’hui le 12ème cancer féminin le plus fréquent, mais le papillomavirus, sexuellement transmissible, peut aussi infecter les hommes sur qui le vaccin est efficace également.

En France, il est aujourd’hui réservé aux femmes et aux hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes.

Dans le couple hétéro, la santé sexuelle continuera donc de reposer en grande partie sur les épaules des femmes. Voilà un problème du vaccin anti-HPV que ses détracteurs ne devraient pas hésiter à dénoncer.

À lire aussi : J’ai eu un papillomavirus — Témoignage

QueenCamille

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Commentaires

Lilas DUPONT

Quand j'ai eu 12-13 ans, y avait la pub pour le vaccin contre le cancer du col. Et moi j'étais comme .-. mais c'est quoi ? Et ma mère (qui est infirmière), m' a dit que c'était un cancer grave mais voilà sans plus. Et à 14 ans, elle m'en a parlé plus. Mais j'avoue qu'avec le recul, elle m'a plus ou moins imposé ce vaccin sans vraiment me demandé si je le voulais. De toute façon devant le médecin j'ai dis oui ^^ u vaccin contre un cancer j'allais pas refuser.
Puis au lycée on a finit par en parler. Et là je me suis rendu compte que sur 14 filles de ma classe, on était que 2 à l'avoir fait. Le reste ne l'avait pas fait et était un peu sans avis et le reste était complètement contre, parce qu'elles avaient une soeur, une amie qui avait une grosse fièvre ou quelque chose en réaction de ce vaccin. Et j'avais beau leur dire que si nos mères n'avaient pas eu ce vaccin, que c'est pour nos protéger y avait rien à faire. Elles étaient persuadées que ça ne protégeait pas de toute façon. J'ai finis par m'énerver en leur disant que je préfèrais avoir un cancer que le vaccin a pu su me protéger plutôt que de l'avoir et que j'avais rien fais contre alors que j'aurais pu.
Je ne remets pas leur choix de vie. Mais j'en ai eu marre qu'on remette les miens en disant que de toute façon j'en attraperais un
 

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