Typologie des morts terribles au cinéma

Certaines morts au cinéma sont bien pires que d'autres, pour des raisons différentes. Voici cinq d'entre elles.

Typologie des morts terribles au cinéma

J’aime pas tellement tellement quand les gens meurent. Quand je les connais, ça me rend très triste, quand je les connais pas, ça me rend très triste pour les gens qui les connaissaient et que je connais.

Bon, je suis bien au courant qu’au cinéma, ce sont des films qu’on voit, et pas la vraie vie, que les acteurs et actrices que je vois passer de vie à trépas ne meurent pas en vrai, mais quand même. Ça pique. Et je me sens parfois prise d’une incontrôlable tristesse, du genre à faire couler simultanément mes yeux et mon nez.

Mais pas toutes. Certaines n’ont pas pour but de nous faire chouiner, et alors dis donc tant mieux parce que sinon jamais je foutrais un poil d’orteil au ciné : pleurer en public, c’est pas ma tasse de thé. Déjà que j’ai du mal à pas avoir honte quand j’ai les larmes aux yeux parce que j’ai mis trop de moutarde dans mon sandwich alors bon : faudrait voir à pas déconner.

Revenons donc ensemble de manière non-exhaustive mais tout à fait suggestive sur quelques unes des morts les plus horribles, chacune à leur façon, du cinéma.

WARNING : Si tu vois le nom d’un film que tu n’as pas vu et que tu souhaites voir un jour, ne t’imposes pas un spoiler, ce serait tout de même bien dommage.

La plus « MÉNONMÉPATOA » : Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1

Bon alors ok, c’est un peu de la triche, si on peut dire : Harry Potter, c’est avant tout et dans l’ordre chronologique une saga littéraire. Oui mais eh, je fais ce que je peux. Et quand j’ai appris la mort de Dobby en lisant le livre, j’étais aux toilettes, ce qui atténue largement l’effet larmoyant : le lieu et ce que j’y fais ne sont pas dignes, selon moi, de recevoir mes larmes.

Par contre, quand j’étais au cinéma bah, j’étais pas aux toilettes. Et j’ai pu chialer à foison en criant-chuchotant, « pourquoi Dobby ? » C’est probablement le seul personnage de Harry Potter qu’il me faisait mal d’imaginer mourir. À tel point que je l’imaginais même pas. Et je l’imaginais tellement pas qu’en voyant le film, j’étais comme une dingue sur mon siège a imaginé qu’il allait cette fois-ci s’en sortir, PARCE QUE C’EST PAS POSSIBLE QUE DOBBY MEURT.

Prépare-toi à re-chialer, même si, à 1mn19, j’ai quand même vachement rigolé de l’expression faciale et la démarche de Harry :

La plus tire-larme : Là-Haut

Jamais de ma vie je n’ai autant pleuré que pendant les premières minutes de Là-Haut, avec un petit pic de chialade quand Ellie finit par trépasser. Pourtant, j’ai enterré des gens proches (je les ai pas enterré moi-même, entendons-nous : je suis ni prêtre ni croque-mort. Chacun son métier), j’ai eu mes premières règles, j’ai regardé Le Roi Lion comme tout le monde mais alors Là-Haut, bon sang de bonsoir, ça m’a tellement retournée que je viens d’en dire bon sang de bonsoir.

Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs :

  • Ellie est tellement cool
  • Ellie et Carl s’aiment depuis qu’ils sont petits
  • Ellie et Carl sont deux vieilles personnes adorables et qui s’aiment encore
  • Ellie et Carl ont souffert et s’en sont remis
  • Ellie et Carl ont encore des rêves à réaliser
  • Ellie et Carl sont sur le point de réaliser l’un de leur deux plus grands rêves (l’autre étant désormais impossible), sauf qu’il est trop tard.

Cinq ans après la sortie du film, je peux toujours pas entendre cette musique de Michael Giacchino sans renifler comme si je portais toute la glaire du monde dans ma narine :

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La plus moquée : The Dark Knight Rises

Une des morts qui a le plus marqué l’histoire du cinéma de nos jours, c’est probablement celle de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises. Elle interprète Miranda Tate, aka Talia al Ghul. Et à un moment, elle meurt.

Ce n’est pas le fait que son personnage décède qui surprend, ce n’est pas non plus les circonstances dans lesquelles ça arrive, c’est le jeu de l’actrice, pourtant excellente (qu’on l’apprécie ou pas, je veux dire, elle a été oscarisée, c’est quand même pas rien). La prise conservée pendant le tournage n’était vraisemblablement pas la bonne. Depuis, Marion Cotillard a affirmé qu’elle s’en fichait et qu’elle n’avait pas le temps de lire ce qui se disait sur elle. Guillaume Canet, son compagnon, l’a également défendu lors d’un entretien avec Première :

« Marion lui a proposé une multitude d’options, et il se trouve qu’il a choisi celle-là… Je trouve ça hyper courageux de la part d’un acteur d’offrir autant de pistes différentes à un metteur en scène. Après, c’est à lui d’être vigilant lorsqu’il est face à son film sur le banc de montage. »

Depuis, le débat va bon train et les gens, même copains entre eux, s’opposent quand ils ne sont pas du même camp. Il y a ceux qui font confiance à Christopher Nolan et ceux qui croient Marion Cotillard quand elle dit qu’elle ne les a pas toutes faites comme ça. La séquence est donc devenue, on peut le dire, culte :

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La plus improbable : Golden Karate Girl

En 2012, le monde entier faisait tourner cette vidéo de la pire mort de l’histoire du cinéma. Plus de deux ans après, je suis toujours soufflée par la force des images de ce film que je n’ai jamais vu.

Alors certes, entre temps, on a appris que le son a été modifié pour rendre les images encore plus improbables, mais ça reste extrêmement long, extrêmement wtf, extrêmement pénible à voir mais drôle en même temps. La plus belle vieillerie que l’Internet ait jamais porté :

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La moins digne : Jurassic Park

Je sais bien qu’on est tous obligés de mourir un jour. Sinon on prend toute la place sur Terre et ça se fait pas pour les générations futures : chacun son tour. La vie, c’est comme les toilettes publiques : une fois que notre corps nous fait comprendre qu’on a fini ce qu’on a à y faire, on laisse la place aux autres.

C’est assez gonadé de ma part de faire ce parallèle, si je puis me permettre, parce qu’autant, j’ai accepté l’idée de la mort, autant je supporterais pas que la mienne ait lieu aux toilettes. Je veux mourir soit quand je serai très vieille, soit en sauvant la vie de quelqu’un pour qu’on érige une statue à mon effigie dans ma ville de naissance, mais je me contenterais de n’importe quelle mort, finalement.

N’importe laquelle, sauf une mort sur les toilettes.

Je sais pas hein, mais je me sens tellement vulnérable, quand je suis aux cabinets… Le pantalon descendu au niveau du genou, l’air un peu bête de l’humain-e qui accomplit son besoin primaire, les bouquins nuls que j’y lis, l’air concentré que je prends à vérifier si j’ai fini de m’essuy- oh, pardon, trop de détails… Mais enfin, pour résumer, disons qu’il n’y a rien qui va.

Alors j’ai évidemment été absolument traumatisée par la scène où Donald Gennaro, l’avocat dans Jurassic Park se retrouve nez à nez avec un t-rex et choisit de courir aux toilettes (soit parce qu’il pense que c’est un refuge efficace, soit pour assouvir un besoin aussi pressant que compréhensible). Bordel, c’est tellement triste :

Je veux jamais que ça m’arrive parce que t’imagines l’épitaphe ? « Elle est morte comme elle a vécu : sans slip » ou « On croyait juste que le burrito qu’elle avait mangé le midi passait pas. »

Non mais l’angoisse.

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Mais bon alors, et toi : c’est quoi, les morts qui t’ont le plus marquée au cinéma ? Quelle est ta couleur préférée ? Et, tant qu’on parle mort au cinéma, est-on d’accord pour dire, une bonne fois pour toutes, qu’il y avait de la place pour deux sur cette planche ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Meynna
    Meynna, Le 10 février 2015 à 1h10

    LE TOMBEAU DES LUCIOLES
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    Je n'ai jamais autant pleuré de ma vie. Oskour.

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