La SNCF génère beaucoup d’émotions contraires : à la fois pratique et frustrant, le train et sa gestion peuvent être à l’origine de débats houleux ! Voici le témoignage instructif d’une madmoiZelle qui a passé deux ans chez les cheminots.
La preuve que les clichés mentent parfois : c’est grâce à l’alternance, et non à un quelconque piston, que je suis entrée à la SNCF. Tout a commencé lorsque j’ai dû trouver une entreprise prête à m’accepter pour deux ans d’alternance en parallèle avec mon Master Communication : après une bonne centaine de CV envoyés, je suis convoquée pour un entretien et me retrouve à discuter de système d’information avec celle qui sera ma future tutrice. J’avoue ne pas avoir compris grand chose, mais j’étais souriante, sûre de moi : je suis prise fin juin, et je peux même profiter des vacances puisque mon contrat commence en septembre !
Entrer à la SNCF (et s’y sentir bien), un vrai défi
Enfin… ça n’a pas été si simple. Mon premier défi a été de signer mon contrat en temps et en heure : ma tutrice partant en vacances en juillet, elle sera injoignable pendant un mois. J’ai eu droit aux classiques aléas avec la Poste, et j’ai dû me faire renvoyer le précieux sésame, puis j’ai dû lutter avec les OPCA (Organismes Paritaires Collecteurs Agréés, qui gèrent les formations professionnelles continues) car mon diplôme n’est pas reconnu par l’État… et mon contrat a finalement dû être refait, car la durée était erronée ! Heureusement, ma responsable est une battante qui sait lutter pour ses « alternants ».
Le second défi fut de s’intégrer. Vous connaissez probablement le cliché de la « grande famille » de cheminots, chaleureuse, accueillante… ce n’est pas exactement une idée fausse, mais il est quand même ardu de s’intégrer pleinement dans un groupe déjà formé, composé en majorité de personnes plus proches de la retraite que du baccalauréat ! Mais une bonne partie du groupe est faite d’alternants ou de stagiaires, ce qui dynamise un peu l’ensemble.
Troisième défi : comprendre le « parler SNCF ». Comme le disait Marie dans son article sur le « parler corporate », chez les cheminots, c’est la fête : des trigrammes pour les noms des agents (première lettre du prénom, et première et dernière lettre du nom de famille), et un festival d’acronymes pour les réunions (COPIL, COPROJ, CODIR, CCF, CRESI…). Il m’a fallu près d’un an pour m’y retrouver dans tout ça !
Quatrième défi : comprendre la composition et l’organisation de la SNCF, un gros bordel pas très bien organisé, de mon point de vue. Si les choses sont assez simples en ce qui concerne les filiales (Eurostar ou Veolia par exemple), qui ne font pas partie de la SNCF mais sont en bonne partie détenues par cette dernière, tout se complique pour les micro-entreprises. On distingue les branches et les domaines, qui forment des sous-groupes gérant chacun un domaine particulier (ceux qui s’occupent des TGV ne sont pas ceux en charge des TER, ni des transiliens). Deux ans après mon arrivée chez les cheminots, j’ai encore du mal à m’y retrouver et à comprendre de quelle façon sont répartis les 160 000 agents du groupe.
Les avantages

La répartition des congés se fait au pro-rata de ta présence dans l’entreprise et ils sont comptabilisés du 1er janvier au 31 décembre. C’est donc un plaisir quand tu commences ton contrat le 14 septembre et qu’on t’annonce que tu as 9 jours de congés à poser entre ton premier jour et la fin de l’année ! Il n’est jamais bien difficile de prendre des jours.
Les primes diverses : de petites sommes qui font bien plaisir quand on touche seulement 80% du SMIC (gratification de vacances, prime de travail (assez conséquente), dividende salariale…).
Les avantages en nature :
- Réductions dans les hôtels Accor à travers le monde
- TGV gratuit (huit trajets par an, puis paiement du prix de la réservation uniquement – 1,5 et 8,60 l’aller)
- TER et autres lignes SNCF entièrement gratuites
- Tarifs avantageux pour Disneyland
- Réductions pour certains commerçants (optique, location de voiture…) et également dans les boutiques de certaines gares (comme la Gare de l’Est à Paris)
- Billets gratuits pour les ascendants, descendants ou époux(se)
- Billets pour Londres à 50€ aller/retour (j’en ai bien profité).
Tout ça grâce à notre sésame : notre Pass Professionnel ! Citons également que la profusion de « micro-entreprises » engendre quantité de Comités d’Entreprise, ce qui permet des voyages à l’étranger agréables et pas trop chers, et les avantages habituels : places de cinéma, chèques-vacances…
Il y a aussi de gros avantages au niveau de la santé. Aller chez le médecin pendant les heures de travail est considéré comme normal, et le généraliste comme les spécialistes (gynécologues, psychologues, nutritionnistes, ophtalmologistes…) ne sont pas payants. On a également droit à des délais d’attente écourtés autant que faire se peut, et la caisse d’assurance maladie de la SNCF est composée de personnes toujours courtoises et à l’écoute.
Les inconvénients (eh oui, il y en a !)
Les utilisateurs de la SNCF peuvent être rapidement excédés. Disons que quand je me retrouve dans une rame bondée coincée par une panne, j’évite de dire que je travaille à la SNCF, même si je suis une simple alternante pas du tout qualifiée pour régler le souci : les gens me regarderaient si méchamment, à croire que c’est de ma faute si le train tarde à redémarrer…
Les débats avec les amis qui considèrent que c’est davantage une bonne planque qu’un travail (c’est, certes, un bon plan, et on a beaucoup d’avantages), ce qui donne des discussions souvent houleuses et sans fin.
Les collègues ne sont pas toujours performants : on compte des presque-retraités ou des personnes qui, rassurés par la sécurité de l’emploi, se permettent de ne pas faire grand-chose et vont parfois jusqu’à me ralentir dans mon travail. Quant aux « anciens », ils sont si impressionnés par une simple présentation PowerPoint que ça en devient parfois désespérant ! Mais il ne faut pas en faire un lieu commun : j’ai également eu des collègues bosseurs, motivés, et ma responsable faisait souvent du 8h-20h.
Même en ayant travaillé deux ans pour la SNCF, je suis toujours considérée comme « externe », et j’ai donc très peu de chances d’être embauchée. Aucune offre d’emploi ou mutation interne ne m’est accessible. Je le savais dès le départ, et il ne me reste plus qu’à croiser les doigts pour obtenir une des – rares – embauches externes.
La fin de contrat n’est pas facile non plus : apparemment (je ne suis pas encore à Pôle Emploi, d’où le conditionnel) la caisse de cotisation pose souci, et aucune prime de précarité (due à nos deux ans de CDD) ne nous est attribuée. Il faut également refaire une Carte Vitale « normale », la nôtre étant légèrement différente, et faire les démarches pour se réinscrire à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM).
En résumé, j’ai passé à la SNCF deux années bien remplies, qui m’ont apporté des connaissances, des avantages et une jolie ligne sur mon C.V., mais malheureusement peu de possibilités d’emploi. Si vous avez l’occasion de vous faire un peu la main dans ce groupe, foncez, et pas seulement pour le côté « bonne planque » (attention hein : les stagiaires n’ont pas tous ces avantages !). Par contre, une fois qu’on est embauché-e à la SNCF, il faut noter que la perspective d’évolution est formidable : il est rare de rester au même poste plus de cinq ans, et on peut facilement bouger en interne.








Le 16 août 2012 à 19:35
Mais oui ! Mais oui ! Tout à fait. Moi je suis bien contente qu'ils aient fait ces applications.. ! Ça sert à plein de monde !
(enfin bref
Le 16 août 2012 à 20:57
@Emel-Au Royaume-Uni, il y a plusieurs groupes et ça n'a rien changé pour les voyageurs (les tarifs sont-ils plus faibles ?). Oui plusieurs groupes, grassement subventionnés par l’État britannique, avec prix maximum fixes, maintien de services spéciaux et obligation d’exploiter des lignes non rentables.
La plupart des privations contemporaines posent le même problème. Les sociétés sont gestionnaires et non propriétaires ; alors, le temps de la concession, elles engrangent paisiblement l’argent de l’usager ET du contribuable, arrosent les actionnaires, copinent avec les politiques, sans se soucier d’investir pour valoriser leurs biens en vue d’une vente future.
Le problème, c'est qu'on attend du service public de générer un maximum de profits ? Encore une fois, est-ce que c'est le but d'un service public ? Non, absolument pas. Si le chemin de fer est un service public, il faudrait voir plus large et envisager un grand plan communiste de nationalisation du trafic aérien, portuaire, et autoroutier, voire les taxis, et dans la même logique, les télécommunications, la distribution postale, l’énergie, les banques, l'école privée, les labos pharmaceutiques, l'agriculture et l'industrie agro-alimentaire, puisque c’est pour le bien commun. Après tout, l’État est toujours le meilleur organisateur, les intérêts privés nuisent à l’intérêt général en général et à ceux des pauvres en particulier ; et puis les coûts d’exploitation seraient pris en charge en taxant les riches et la finance, et avec de la dette à taux 0, non ?
J'arrête.
Le 17 août 2012 à 10:39
Tu m'excusera d'être pessimiste lorsqu'à chaque fois que je passe un examen je dois prendre mon train 3h à l'avance histoire de ne pas être à l'heure tout avec la précieuse de l'application SNCF (WAHOOOOOU).
L'an dernier j'ai dû repasser 3 épreuves de partiels 1 mois après tout le monde car j'ai été refusé en salle à cause d'un retard.
Pour mon bac je suis arrivée avec 10min de retard j'ai du négocier pendant 20min pour qu'on me laisse entrer (ces minutes étaient bien entendu décomptées de mon temps d'épreuve)
Alors oui excuses moi d'être pessimiste lorsque je vois ces personnes se plaindre pour tout et pour rien.
Etre en colère ne leur permet pas de pourrir le quotidien des gens qui vont bosser tout ça parce qu'ils considèrent ne pas avoir assez d'avantages.
La question est jusqu'où iront leurs revendications de m**** et quand allons nous réagir?
Le 17 août 2012 à 12:47
Bah oui bah ça ce n'est pas tout le temps. (car y'a pas non plus tout les temps des retard et/ou grèves).
[…]Pour mon bac je suis arrivée avec 10min de retard j'ai du négocier pendant 20min pour qu'on me laisse entrer (ces minutes étaient bien entendu décomptées de mon temps d'épreuve)Haha je te comprends, c'était pareil pour moi. (pleins de personnes dans ma classe/salle.. mais nous ont pu rentré direct; ça dépend sûrement des lycées) Mais bref des examens t'en passes pas tout les jours (bon tu as le travail à côté, les cours, les rdv).. et il n'y a pas tout le temps des retards. (moi je parlais à la base des retards justifiés.. pas des grèves.. + je disais tout simplement que tout le monde n'était pas comme toi, que ces applications étaient très utiles et marchaient très bien pour certaines personnes.. je ne disais pas un truc pour réellement "apporter quelque chose dans le débat".. c'était juste comme cela.. que les appli. c'est cool quand même)
Le 19 août 2012 à 00:03
Et pourquoi pas ?
Sans faire dans l'ironie, il n'est pas question de piétiner les intérêts privés mais si ces derniers mettent à mal l'intérêt général (il faut seulement se mettre d'accord sur ce qu'est le bien commun), ouais carrément.
Le 25 août 2012 à 22:08
Je suis fille et petite-fille de cheminot.. Donc, j'ai des tarifs très très préférentiels sur les trains (clairement, je paie, hors-heure de pointe, sur le trajet Tours-Paris en TGV, 3€ allez-retour, et pour tous les trains ne nécessitant aucune réservation.. je ne paie rien). Ca peut paraitre injuste, mais c'est surtout une façon de faire oublier que le comité d'entreprise est pourri (on n'a pas les chèques vacances, les tickets resto, et plein d'autres trucs qui existent à La Poste par exemple).
Ensuite, il y a pas mal de choses qui m'interpellent dans ce que je lis. J'ai travaillé pendant deux mois à la SNCF pour un job d'été, donc, et j'ai pu voir un peu comment ça se passe. Je dois dire que certaines choses m'ont choquée. D'abord, la présence de personnes qui sont clairement payées à ne rien foutre. Et ça, je le vois aussi dans le cadre du travail de ma mère, qui est comptable à la SNCF, et qui cotoie de près les contrôleurs, puisque c'est à elle qu'ils rendent des comptes s'il manque de l'argent dans les versements qu'ils font après chaque train à partir de l'argent que leur ont reversés les voyageurs dans le train. La SNCF est très fidèle vis à vis de ses employés. Pour exemple, là où beaucoup de salariés malades auraient été simplement licenciés, auraient perdus leur travail, la SNCF s'arrange pour leur donner des postes simples, avec des paies qui sont très peu inférieures, et qui leur permet de rester en activité selon leurs capacités psychologiques/physiques. Bon, ça crée des postes qui ne servent à rien, de l'argent qu'il faut bien gagner quelque part, ça contribue sans doute aux prix des billets qui sont assez exhorbitants, c'est sur et certain.
D'autres part, ça me fait pas mal rire les gens qui critiquent par rapport aux retards, aux lignes qui ne proposent pas assez d'horaires. Il faut savoir une chose : les voies sur lesquelles circulent les trains n'appartiennent PAS à la SNCF, mais à une boite privée. De même, la SNCF ne décide pas seule des horaires des lignes, mais le fait avec l'accord de cette boite, mais aussi avec les régions, les villes, les départements, etc. C'est un travail très compartimenté, et si la responsabilité n'est pas celle de la SNCF, on a un peu tendance à tout lui mettre sur le dos par soucis de facilité. Certes, il faut le savoir, mais pitié, renseignez-vous avant de venir gueuler sur une boite qui fournit des services qui sont quand même de qualité malgré les critiques évidentes qu'on peut faire. Je crois qu'il y'a aussi des soucis du côté des voyageurs qui ne veulent sans doute pas comprendre que leur bon comportement permet aux contrôleurs de faire leur travail correctement, qu'un train ne se prend pas à la dernière minute, qu'un billet ça se composte, etc, etc. Je ne dis pas que la SNCF est exempte de tous défauts, je suis la première à raler quand mon train est en retard ou quand il est trop blindé, mais après tout, vous avez déjà vu un bus qui est toujours à l'heure exacte ? Quant à la grève… Haha, le soucis numéro 1 qui amène la SNCF à faire grève, ce sont les problèmes de sécurité. Les cheminots voient beaucoup trop de choses pour rester insensibles, certains finissent par ne même plus supporter de monter dans les trains. Croyez-moi, ils ont de bonnes raisons de manifester, même si elles vous sont complètement inconnues.
Vous pensez sincèrement qu'une privatisation de la SNCF permettrait de faire mieux ? Croyez-moi, ce serait encore plus le bordel, ne serait-ce que parce que ça n'a pas été conçu de cette façon à la base. Les prix seraient p-e plus attractifs, mais les services verraient probablement leur qualité diminuer.
Le 25 août 2012 à 22:44
Quand je vois que la sœur de mon copain a bossé 1 mois à la SNCF pck leur môman y bosse, et que son employeur lui a dit "Tu vas pas te plaindre, t'es payée à rien faire", et qu'après ils viennent nous dire que les prix augmentent .. Sérieusement.Le 27 avril 2013 à 09:29
J'aurais pu écrire un article du même genre pour l'entreprise où je bosse en alternance (Orange)Je la comprends tellement quand elle parle de ces travailleurs approchant la retraite qui se permettent d'être moins productifs, et encore plus quand il s'agit de ne pas dire où on bosse. C'est difficile socialement de ne pas être reconnu comme un "vrai" travailleur alors qu'on fait de son mieux pour défendre son bifteck.
Le 27 avril 2013 à 14:09
J'ai travaillé dans un service de restauration rapide d'une gare et ce qui me choquait le plus, outre les retards de ouf (qui nous retombent dessus) c'est que les "vieux" agents SNCF se murgeait la tronche à notre bar tout les jours… ils passaient le midi, au moins 3 verres de rosé chacun, et rebelote le soir, et j'ai appris au bout d'un certain temps qu'entre temps ils allaient pas nécessairement bosser mais continuer à boire dans notre autre restaurant du côté sud de la gareDe toutes façon y'aura toujours des retards, des râleurs et des grèves tant que la France sera française XD
C'est parfaitement culturel cette attitude, on se pourrit tous la vie les uns les autres.
Là je suis au Japon y'a plein d'autres problèmes complètement autres mais des retards, des agents agressés, de la merde sur les voies et compagnie ça n'existe pas. Et quand y a un suicide (ce qui arrive souvent parce que voilà un problème totalement autre local XD) c'est réglé en 20 minutes, en France la collision avec un lièvre ça retarde de 1h et un homme de 3h, didiou !
Le 28 avril 2013 à 12:03
ATTENTION CECI EST UN ETALAGE DE SCIENCE A LA SAUCE JESAISTOUT Je m'en excuse d'avanceDonc il y a quand même beaucoup de choses à expliquer avant de dire privatiser/nationaliser c'est le MAL
Par exemple, il faut déjà souligner que les infras (les rails et les gares) ne sont pas détenus par la SNCF mais par RFF et Gare et Connexions (qui n'appartient pas à 100% à la SNCF). Il y a donc des sytèmes de gestion dont le savoir-fair est détenu par les employés de la SNCF et qui sont exploités par RFF. C'est une question d'organisation. Donc la première chose que va apporter la privatisation c'est la fusion entre les deux gestionnaires d'infra, en un gestionnaire unique (voir GIU pour celles que ça intéresse) et c'est là omù l'on comprend beaucoup mieux : RFF a un déficit énorme (comme toutes les entreprises d'infra d'ailleurs) alors que la SNCF fait un gros bénéfice. Mais par exemple sur un TER, vous, utilisateurs ne payaient que 20% de du coût de votre ticket (infra et exploitation incluse) et le prix de votre billet contient une partie qui ira à RFF. Donc lorsque l'on pense que les utilisateurs paient trop, c'est faux, on ne paie quasiment rien (même si ça nous fait mal à nous) comparativement à ce que coûte notre service. Et la SNCF reste ne veut pas vraiment baisser ses tarifs parce que lors de la fusion SNCF infra/RFF, une partie de la dette de RFF va se retrouver absorbée par les bénéfices de la SNCF, ce qui rendra la SNCF beaucoup moins rentable et donc attrayante, qui pourra se payer moins de sillons pour circuler, moins de matériel roulant, offrir une garantie moins attrayante lorsqu'il faudra attribuer des marchés/sillons quand ils seront ouverts à la concurrence.
Ca peut expliquer l'aval de ce système, même si ça ne change rien pour la douleur de notre porte-monnaie, mais ça aide à comprendre les prix, les retards etc et surtout le problème d'organisation du trafic dû à la séparation RFF/SNCF infra, qui provoque donc des doublons.
Ensuite, on est sous l'emprise d'une directive (encore une fois voir 91/440 pour les intéressées) qui nous demande de séparer l'opérateur (SNCF) et le gestionnaire d'infrastructure (RFF) et là où ça pêche, c'est que des métiers (et pour le coup, pas les cols blancs, mais les cheminots de terrain) vont se voir en doubles (deux managers pour un seul sillon), et là, on va privilégier la SNCF et leurs corps de métier, et non ceux de la RFF, rapport à l'historique et au savoir-faire.
Par contre, la concurrence n'entraînera certainement pas de hausse de tarifs de notre part, puisqu'il y en a principalement lorsque la dette de l'entreprise est top chère ou trop élevée. La SNCF les augmente lorsqu'elle investit en matériel roulant par exemple. Et c'est normal. Mais le matériel roulant et les sillons, lros de l'ouverture à la concurrence, vont être ouverts par lots avec une taille minimum et maximum pour permettre à la fois un nombre substanciel d'entrants sur le marché, tout en prévenant les potentiels oligopoles, qui eux, provoqueraient une hausse des tarifs.
Je veux absolument pas étaler ma science. Pour tout dire les trains, c'est ma passion, et mes études tournent autour, donc forcément je peux pas m'empêcher de préciser tout ça (je suis la meuf premier degré quand on parle TGV coucou!)
Mais ça explique en fait pourquoi je trouve que les grèves sont parfois franchement abusives. Je suis pour le droit de grève, on a de la chance de l'avoir, mais il faut savoir l'utiliser à bon escient simplement. Sachant que les cheminots et autres employés qualifiés et/ou expérimentés de la SNCF vont soit être conservés à leur poste soit être repris par les nouveaux entrants parce que justement les compétences priment dans un secteur aussi pointu. Mais leurs avantages niveau voyages gratuits pour la famille, eux vont sûrement etre remis en question selon les nouvelles entreprises, et si je comprends que eux-mêmes, les travailleurs de la SNCF aient des trajets gratuits, je trouve ça bien normal que leurs proches, eux, aient à payer. Parce qu'ils n'apportent aucune valeur ajoutée au système, simplement. Les avantages vont vers ceux qui en sont à la source, normal.
Je pourrais continuer pendant des heures. Je suis désolée si je suis hors-sujet, mais quand moi j'ai commencé à être au courant de tout ça, j'ai beaucoup mieux compris le fonctionnement de notre tchoutchou national, et ça me passionne de pouvoir aider d'autres personnes à le comprendre, je pense que ça vaut le coup
(je bosse j7 avec un mec qui travaille pour les dirigeants de SNCF et de RFF j'en bouffe toute la journée de leur conseil d'administration, et je peux vous dire que quand on lit les minutes de ces réunions, on comprend qu'ils essaient de faire les choses propres, du moins autant qu'ils le peuvent)
Bisous!