Le tennis (et ses règles) expliqué aux néophytes

Roland-Garros sonne pour toi comme un gigantesque kamoulox ? Pas de panique, voici un petit guide du tennis pour les nul-le-s !

Le tennis (et ses règles) expliqué aux néophytes

Publié initialement le 1er juin 2015

Vous y échapperez difficilement : Roland Garros, c’est MAINTENANT. Cette compétition culte de tennis rassemble les meilleurs joueurs et joueuses du monde entier, entraînant avec eux une spirale médiatique et des millions de fans à travers le monde. Et pourtant, pour bon nombre d’entre nous, le tennis c’est assez mystérieux : pourquoi passer de 15 à 30 points ? Quelle est la différence entre la terre battue et le quick ? Pourquoi l’arbitre est-il sur une chaise aussi haute ?

Allez les copains et les copines, prenez ma main, je vous emmène dans le monde merveilleux du tennis !

L’histoire du tennis

Ce sport est un dérivé du jeu de paume, ancêtre des jeux de raquette, qui est plus proche du squash moderne. Le tennis naît dans la deuxième moitié du XIXème siècle en Angleterre. Il est joué sur gazon par les aristocrates anglais qui utilisent des balles pouvant rebondir dans l’herbe grâce à l’invention du caoutchouc. Le mot tennis vient du français « tenez », adressé à l’adversaire au moment de servir.

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Le sport se popularise très vite et attire de nombreux spectateurs aux premiers tournois organisés à la fin du siècle, comme Wimbledon (futurs Internationaux amateurs de Grande-Bretagne), les Championnats amateurs d’Irlande, les « Internationaux d’Australasie » (futur Open d’Australie) ainsi que les Championnats des États-Unis (ancêtre de l’US Open). En France, il remplace rapidement le jeu de paume dans le cœur des joueurs et du public : le Championnat de France est créé en 1891 et devient par la suite international, sous le nom d’Internationaux de France de tennis, surnommés Tournoi de Roland-Garros à partir de 1928.

Le tennis a connu une grande progression dans les clubs ainsi qu’en nombre de compétitions et de participant-e-s au XXème siècle et particulièrement depuis les années 1970 et l’ère Open. Débutant en 1968, cette ère commence par l’apparition de joueur-se-s professionnel-le-s dans les tournois du Grand Chelem (autrefois réservés aux amateurs) : l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open.

La culture du tennis

À l’origine, le tennis est un sport d’aristocrates et en conserve certains codes — en témoignent les nombreuses querelles entre amateurs et professionnels ainsi qu’entre aristocrates et joueurs plus populaires jusqu’au début du siècle dernier. D’ailleurs, contrairement au football et à l’athlétisme, le tennis est un sport longtemps réservé aux élites et encore aujourd’hui majoritairement représenté dans des pays riches. Les joueurs issus de pays africains viennent surtout de minorités blanches d’Afrique du Sud, du Zimbabwe ou du Maroc.

Pour cause : le tennis est un sport qui nécessite de l’équipement précis, contrairement au football qui peut se jouer à peu près n’importe où. De plus, les terrains nécessitent beaucoup d’entretien, surtout dans le cas du gazon ou de la terre battue.

Outre ces aspects pratiques, le tennis a gardé des traces de sa culture aristocratique, parmi lesquelles le silence : encore une fois contrairement au football, personne ne crie pour encourager lors d’une partie de tennis et les banderoles seraient un peu mal vues. L’arbitre est tenu de faire régner l’ordre et le calme sur le terrain et dans les gradins, sans quoi la partie ne reprend pas, afin d’assurer la concentration des joueurs.

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Chut les groupies !

Visuellement, le tennis est aussi très codifié : les ramasseurs de balle, les juges et l’arbitre sont immobiles, encore une fois afin de ne pas perturber les joueurs. Historiquement, les joueurs de tennis étaient des athlètes plutôt fins, pour s’assurer des mouvements rapides, très peu portés sur la musculation. Si cet aspect a depuis changé, les joueurs et joueuses se distinguent toujours par leur code vestimentaire, classique et pratique à la fois, aux racines aristocratiques.

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Pour de nombreux fans du sport, le tennis est aussi une affaire de gentleman : les joueurs (et joueuses) sont calmes, fair-play et ne s’affichent pas en enlevant leur maillot à chaque point gagné. Les joueurs les plus nerveux et bruyants se font d’ailleurs remarquer, à l’image de Marat Safin ou Björn Borg.

Les règles du tennis

Une fois cette petite introduction culturelle finie, passons aux choses sérieuses qui vous éviteront de passer pour un gland devant votre télé : les règles du tennis. Assez obscures pour la plupart d’entre nous pauvres mortel-le-s, elles sont pourtant assez simples.

Les matchs de tennis, qu’ils soient en simple (un-e contre un-e) ou en double (deux contre deux), ont pour but pour chaque adversaire de lancer la balle de l’autre côté du terrain à l’aide de la raquette, au bout d’un rebond seulement, sans la faire sortir des délimitations du terrain.

Le match se délimite en « sets », eux-mêmes composés de « jeux », dans lesquels on compte des points. Dans la majorité des cas, il faut remporter deux sets pour gagner la partie, excepté pour les matchs masculins des tournois du Grand Chelem et de la Coupe Davis, joués en trois sets gagnants. Pour gagner un set, il faut être le premier à marquer six jeux avec au moins deux jeux d’écart (6-4 ça marche mais pas 6-5 : t’as compris ?).

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Lors d’un jeu, les points ont choisi une façon pas toujours simple de se faire compter :

  • zéro (« love » en anglais) pour aucun point marqué dans le jeu
  • quinze : pour un point marqué
  • trente : pour deux points marqués
  • quarante : pour trois points marqués.

Une fois arrivé à 40, le point suivant est le gain du jeu. On passe ensuite au jeu suivant en repartant à zéro. Dans la possibilité où les deux adversaires ont marqué trois points, il y a égalité : c’est 40/40 ou « 40A » (le A après le nom du point est synonyme de l’égalité à un score : si les deux adversaires ont un point chacun, on dit « 15A »).

Dans le cas donc d’une égalité à 40, celui qui marque le point suivant obtient un « avantage » ; pour remporter le jeu, le joueur ayant l’avantage doit marquer un autre point. Si c’est son adversaire qui marque, on revient à 40A jusqu’à ce que l’un des joueurs prenne l’avantage puis remporte le jeu.

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Et quand on gagne un jeu, la tradition veut qu’on se jette à terre ! (Non.)

Si le score n’est pas départagé et que les adversaires se retrouvent à 6-6, on joue un jeu décisif, « tie-break » en anglais, qui permet de remporter le set à 7-6. En revanche, les jeux décisifs ne sont pas joués dans le dernier set des matchs du Grand Chelem (sauf l’US Open) et on applique la règle des deux jeux d’écart, quitte à se retrouver à 14 jeux à 12. Dans un jeu décisif, les joueurs servent à tour de rôle et le jeu revient à celui qui parvient à atteindre sept avec au moins deux points d’écart : il gagne ainsi le « tie-break » et le set.

Dans le jeu en double, le match se remporte en deux sets gagnants. Si les deux équipes remportent chacune un set, elles sont départagées dans un « super tie break » qui fait office de set décisif : les règles sont les mêmes que pour le « tie break » mais il faut remporter dix points avec au moins deux points d’écart.

En ce qui concerne le service, chaque joueur sert pendant un jeu entier, à tour de rôle (à l’exception du tie break dans lequel le service alterne à chaque point mais tu le sais déjà parce que tu as bien suivi). Le serveur a droit à deux services, au cas où il manque le premier, selon son placement et celui de sa balle en fonction des différentes lignes du terrain.

Le terrain de tennis

En parlant de lignes, tiens ! Voici un terrain de tennis, appelé « court de tennis ». Les lignes blanches délimitent les frontières externes du terrain ainsi que les zones internes.

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Les longues bandes sur les côtés sont les « couloirs », dans lesquels on ne joue que dans les jeux en double. Chaque joueur possède son côté du terrain, séparé par le filet au-dessus duquel la balle doit obligatoirement passer pour arriver de l’autre côté et être prise en compte. Il faut bien envoyer la balle avant la ligne de fond de court (la ligne sur laquelle est le joueur en orange), au-delà de laquelle elle est considérée comme « out ». Dans le cas où la balle tombe pile-poil sur une ligne, sa justesse est décidée par l’arbitre ainsi que les juges de ligne et l’arbitrage vidéo.

La ligne de fond de court et les couloirs sont les seules zones à éviter lors du jeu, à l’exception de la première balle servie. Le service s’effectue depuis la ligne de fond de court ou derrière celle-ci, en diagonale : la balle doit arriver de l’autre côté du filet bien entendu, à gauche si le service s’effectue depuis le côté droit (et inversement), dans la partie la plus proche du filet. Il s’agit du carré de service, à bien viser pour que le service ne soit pas faute.

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Cet homme n’a pas servi dans le carré et exprime sa détresse par un sit-in.

Les terrains, s’ils ont tous les mêmes dimensions pour être réglementaires, ne sont pas tous égaux pour autant. Il existe plusieurs types de surfaces, lesquelles ont des caractéristiques spécifiques.

  • Les surfaces dures (dont le béton et le quick) sont majoritaires : ce sont des surfaces rapides qui nécessitent peu d’entretien. Elles sont en revanche exigeantes physiquement car elles nécessitent des appuis solides et la qualité du rebond est variable.
  • La terre battue est une surface composée d’une chape de calcaire recouverte de brique pilée ou de pierre pilée : c’est la surface des courts à Roland-Garros. Elle demande beaucoup d’entretien contre les intempéries. Cette surface est plus lente, ce qui favorise les longs échanges et sollicite moins les articulations des joueurs.
  • Le gazon, surface historique présente à Wimbledon mais très rare, demande un entretien très important. C’est une surface ultra-rapide au rebond très bas : elle favorise un jeu plus agressif dans le service par exemple ainsi que les échanges rapidement conclus.
  • Les surfaces synthétiques d’intérieur (moquette, parquet…), dites indoor, sont très rapides et semblables aux surfaces dures.

Les compétitions de tennis

Les joueurs et joueuses licencié-es à la FFT ou autre fédération nationale de tennis peuvent être classé-e-s en atteignant un certain niveau de jeu, grâce à des matchs contre des adversaires eux aussi classés. Les systèmes de classements sont différents selon les pays et je te laisse te référer à cette page bien faite pour comprendre ce que veut dire ce•tte pote t’expliquant fièrement être 30/5.

(Je me permets par ailleurs de te féliciter si tu connais quelqu’un faisant partie de cette secte de personnes plutôt bien faites, à l’exception d’un bras plus gros que l’autre.)

À lire aussi : Novak Djokovic remporte Roland Garros 2016 et entre dans la légende

Pour les joueurs et joueuses professionnel-les, les classements mondiaux recensent les résultats obtenus lors des douze derniers mois de compétition : il s’agit du classement WTA pour les femmes et du classement ATP pour les hommes.

Hormis lors des Jeux Olympiques, qui ont inclus le tennis en 1988, ce sport se joue en tournois annuels dont ceux du Grand Chelem (Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open) et les Masters qui sont communs aux classements WTA et ATP. Ces compétitions opposent des joueurs en jeu simple ainsi qu’en jeu double, pour leur propre personne, contrairement par exemple à la Coupe David qui fonctionne par équipes nationales.

Les légendes du tennis

Du fait de la popularité de ce sport souvent retransmis à la télé depuis l’ère Open, de nombreux joueurs et joueuses sont entré-e-s dans la légende du fait de leurs records, leurs techniques ou leur personnalité.

Le record de titres obtenus dans les tournois du Grand Chelem est détenu par Roger Federer (17 titres) chez les hommes et Margaret Smith Court (24 titres) chez les femmes, détenant aussi le record de titres successifs dans ces mêmes tournois (6 titres), tout comme Steffi Graf et Martina Navrátilová.

Les tournois ont aussi leurs chouchous, spécialisés dans certaines surfaces plutôt que d’autres : citons Rafael Nadal et ses neuf titres à Roland-Garros, alors que Roger Federer préfère le gazon de Wimbledon (7 titres) et que Novak Djokovic et Serena Williams s’éclatent plus à l’Open d’Australie (avec cinq et six titres respectifs).

Côté français, quatre compatriotes seulement ont déjà remporté l’un de ces prestigieux tournois : Yannick Noah (Roland Garros, 1983), Mary Pierce (l’Open d’Australie en 1995 et Wimbledon en 2000), Amélie Mauresmo (L’Open d’Australie et Wimbledon en 2006) et plus récemment Marion Bartoli, sacrée à Wimbledon en 2013.

Le Grand Chelem (gagner les quatre tournois d’affilée) n’a été réalisé que par cinq joueurs et joueuses : Donald Budge (1938), Rod Laver (1962 et 1969), Maureen Connolly (1953), Margaret Smith Court (1970) et Steffi Graf (1988), laquelle s’est payé le luxe la même année de gagner la médaille d’or olympique. Tranquille Bill !

Maintenant que tout est plus clair, on se fait un petit match ?

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  • Gadda
    Gadda, Le 4 juin 2015 à 13h31

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