Les sucettes coupe-faim continuent à faire polémique aux États-Unis

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Les sucettes coupe-faim et autres produits « miracles » pour garder la ligne sont souvent vendus... aux femmes. Et ce n'est pas un hasard.

Les sucettes coupe-faim continuent à faire polémique aux États-Unis

Chaque année, dès les premiers beaux jours, c’est la même rengaine.

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Le produit miracle pour garder la ligne

Et tant d’autres réclames rappellent qu’il FAUT entrer dans les canons de beauté pour avoir le droit de poser un orteil sur le sable brûlant d’une plage baignée de soleil. Surtout si on est une femme…

Les sucettes coupe-faim font polémique

Aux États-Unis, les sucettes coupe-faim de la marque Flat Tummy (Ventre plat) font parler d’elles.

Elles ont d’abord été vantées par Kim Kardashian dans une publication Instagram sponsorisée, qui a créé la polémique et a finalement été supprimée.

Parmi les personnes demandant à la star de ne pas partager ce genre de contenus : Jameela Jamil, actrice de The Good Place à l’origine de #IWeigh, une initiative bodypositive.

Elle n’en a pas fini de lutter contre Flat Tummy puisqu’elle vient de dénoncer à nouveau la marque, dont les pubs géantes s’affichent à Times Square :

« Bon. La fin est proche. La fin est là. Tout le monde a perdu la tête. Rejoignez @i_weigh, un des rares endroits sur Internet qui ne fera pas du mal à votre estime de vous / santé mentale.

SOYEZ PLUS, et pas MANGEZ MOINS. #LaissezNousVivrePutain »

Magie d’Instagram, parmi les commentaires de nombreux et nombreuses anonymes soutenant le message de Jameela Jamil ou allant contre son propos, il y a eu celui… d’Azealia Banks, une célèbre rappeuse !

« Meuf… l’obésité est un problème aux États-Unis. Faut pas voir le mal partout. Le marché de la perte de poids est ÉNORME ici car on aime le soda et les fast food.

Et il y a une femme sur la pub car DES FEMMES DIRIGENT L’ENTREPRISE. Merde alors. »

La rappeuse précise, dans un autre commentaire, sa pensée au sujet du marketing genré dénoncé par Jameela Jamil :

« Il existe des produits de régime vendus aux hommes, tout comme on met le dentifrice goût chewing-gum dans un tube Princesses Disney pour les filles et dans un tube Toy Story pour les garçons. Sans changer les ingrédients.

J’imagine que tu critiques aussi les marques de vêtements pour bébé qui font des bonnets roses et bleus, que tu dis qu’ils devraient être noirs pour être non-genrés… alors que c’est le même bonnet.

J’utilise tout le temps des rasoirs pour hommes. Plein d’hommes utilisent de la mousse à raser pour femmes. Tu manges la foutue sucette ou tu la manges pas, c’est tout. »

Le régime, une affaire de femmes ?

Azealia Banks n’a pas tort en disant qu’il existe des produits pour régimes vendus principalement aux hommes.

Ce site compare par exemple diverses pilules censées favoriser la perte de poids chez les mecs. Police d’écriture grasse et large, bouteilles noires ou bleues… on est loin du rose bonbon de Flat Tummy.

L’injonction au « corps parfait » ne vise pas que les femmes ; les complexes masculins sont une réalité, y compris en été, et l’omniprésence des pectoraux bien dessinés n’aide pas à s’aimer quand on n’a pas le corps de Thor.

Cependant, je pense que les femmes restent la cible principale des injonctions à perdre du poids, surtout grâce à des produits « fun et féminins » comme des sucettes colorées.

Et je ne pense pas que les produits de régime pour hommes sont démocratisés au point de s’afficher à Times Square, haut lieu de la publicité aux États-Unis…

S’aimer, ce n’est pas une affaire de poids

Des témoignages comme celui de Marion Séclin qui tente de faire la paix avec son corps, ou la série illustrée de Léa Castor sur madmoiZelle, montrent que s’aimer, c’est compliqué pour tout le monde — peu importe l’apparence qu’on a.

Retrouver un rapport sain avec son enveloppe charnelle, surmonter ses complexes, se focaliser sur ce qui est important pour nous et pas sur ce que la société nous enjoint de contrôler, c’est compliqué.

C’est parfois le travail d’une vie.

Azealia Banks soulève l’obésité, problème de santé majeur aux États-Unis, mais ce ne sont pas des sucettes coupe-faim qui en viendront à bout !

Éduquer à une alimentation diversifiée, apprendre à cuisiner, dépasser sa peur des légumes ou des ingrédients inconnus, se réconcilier avec le sport

À mon sens, tout ça est bien plus utile, pour lutter contre l’obésité, que des produits « régime » n’ayant pas d’effet long-terme. Et pour tout vous dire, je doute carrément de leur efficacité en général.

Il n’y a rien de mal à désirer un ventre plat parce qu’on trouve ça plus esthétique et qu’on se sent mieux ainsi. Mais il est toujours bon de s’interroger sur ce qui motive nos choix, nos certitudes… et l’argent qu’il y a à se faire sur le corps des femmes.

À lire aussi : J’aime mon corps, sans mes kilos : quand le discours de Marion Séclin inspire une pub pour… des régimes ?

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Auburn
    Auburn, Le 16 juillet 2018 à 20h47

    Chat-au-Chocolat
    Tiens, un message passif-agressif comme je les aime :rolleyes:
    Depuis quand c'est un privilège de pouvoir bouger un minimum ? A priori, ça ne nécessite pas grand chose sinon un corps en bon état de marche, marcher c'est gratuit, courir aussi. Enfin c'est juste du bon sens, si tu veux maigrir ou même juste être en meilleure santé tu ne restes pas sur ton canapé à attendre que le temps passe, si ?
    Quant aux produits industriels type Coca/Nutella/gâteaux/pizzas surgelées, ils sont souvent chers, beaucoup plus que les produits bruts (même bio) en tout cas. Ce discours selon lequel ce serait un truc de privilégié de bien manger, c'est fallacieux en plus d'être culpabilisant.

    Le "il faut s'éduquer", ça signifie juste que c'est beaucoup plus payant (au sens littéral comme au figuré) d'apprendre les bases de la nutrition que de dépenser son fric dans des produits hyper nocifs pour la santé. Apprendre à lire les étiquettes en magasin, apprendre à contrôler sa consommation de sucre, de produits industriels, etc. S'informer si tu préfères ce terme.
    Là encore, c'est du bon sens et ça ne nécessite rien d'autre a priori qu'une bonne connexion Internet. De toute façon, si tu as les moyens de te payer des sucettes coupe faim à la con (je suppose que ce n'est pas donné), tu as aussi les moyens de te payer un petit tour en magasin bio ou en marché pour faire le plein d'aliments bons pour la santé !
    Je ne vise pas les gens qui achètent ces produits (même si j'avoue que ça me fait vraiment soupirer), mais bien l'industrie immonde qu'il y a derrière. Le marketing sans scrupules qui surfe sur les complexes des femmes et sur la pression du corps parfait, pour leur refourguer des produits chimiques qui feront du mal à leur corps et à leur estime d'elle-même.
    L'essence de mon message c'est que ce n'est pas facile de résister à la pression, mais il faut pouvoir prendre du recul, s'informer sur les ressorts de cette industrie, et sur ce qui fait du bien à son corps tout simplement, parce que le savoir est une arme.
    Je ne suis PAS DU TOUT d'accord et je trouve ton analyse très naïve. Tu omets A) complètement la dimension sociale de l'alimentation. Il est de notoriété publique que chez les ouvriers priorité est donnée aux aliments très nourrissants, et quand je dis nourrissants je parle de satiété et non de nutrition.
    B) toute la force de la publicité qui rend la malbouffe "fun", "plaisante", par exemple à force on associe systématiquement le Nutella à un excellent moment avec toute la famille au p'tit déj'. Sans compter les emballages mignons, ooooh l'abeille sur les Miel Pops, sans même le vouloir me donne une bonne opinion des céréales sucrées sur le long terme

    Et ça, c'est INVOLONTAIRE!
    Je me considère comme plutôt éduquée au niveau de la nutrition cela ne m'empêche pas d'avoir des habitudes alimentaires assez catastrophiques.

    En ce qui concerne le sport, non, pour certaines personnes c'est plus difficile. Les mouvements sont plus laborieux, le souffle est court... Tout le monde ne naît pas avec les mêmes capacités sportives, c'est le grand mythe "quand on veut on peut".

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