Comment j’ai survécu à ma rupture grâce à mes proches – Carnet de rupture #6

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Audrey continue à vous raconter sa rupture, et les semaines qui ont suivi. Aujourd'hui, elle fait honneur à ses ami·es, sans lesquel·les elle n'aurait pas réussi à sortir la tête de l'eau.

Comment j’ai survécu à ma rupture grâce à mes proches – Carnet de rupture #6
Le Carnet de RuptureDans Carnet de Rupture, Audrey, une lectrice de madmoiZelle, raconte la fin de son histoire d’amour, à cœur ouvert.

Une histoire d’amour, mais aussi d’infidélité, et de reconstruction.

Après De ma 1ère fois à ma 1ère tromperie, ma sexualité ennuyeuse, voici le sixième épisode de cette série, à lire chaque mardi sur madmoiZelle.

Quand je traverse des périodes difficiles, j’ai tendance à répéter deux énormes mensonges à mes amis. Je peux le résumer en un titre d’Olivier Adam :

« Je vais bien
ne t’en fais pas »

Cette question « ça va ? » est d’une banalité confondante. On y répond souvent vite, sans réfléchir « Oui, ça va, merci et toi ? ».

Mais quand ça n’est plus allé, quand tout mon monde s’est écroulé autour de moi, quand j’aurais préféré me terrer au fond de ma couette avec les ronrons insouciants de mon chat, j’ai continué à répondre « Merci, ça va » aux personnes qui comptaient le plus pour moi.

Sur le coup, ça semblait être la solution de facilité. Ma petite voix me disait :

« Comme ça, pas besoin de leur raconter que je doute, que mon copain ne croit plus en nous, que je ne sais pas pourquoi, que nous allons peut-être nous séparer, cela provoquerait trop de questions, trop de justifications à donner. »

Mais les questions qu’ils me renverraient en miroir étaient celles que je me posais au plus profond de moi et je n’arrivais à m’en démêler. J’étais perdue.

J’avais peur de les emmerder, de les gêner, de passer pour une meuf égocentrique, chiante.

Et puis je me suis demandée : si je ne peux pas leur confier à eux mes doutes et mes peurs, si je ne leur dévoile pas ma vulnérabilité et ma fragilité, avec qui puis-je le faire ?

J’ai besoin d’aide, et ce n’est pas une honte

J’ai accepté que pour avancer, j’avais besoin de me faire aider. J’avais besoin de mettre des mots sur les choses, pas que dans ma tête, j’avais besoin de réactions, j’avais besoin de colère, de compassion, de conseils.

J’ai accepté d’ouvrir la voie à une réalité que je ne voulais pas entendre, des réactions que je ne voulais pas affronter.

J’ai accepté de ne pas écrire mon histoire toute seule alors que mon ego me criait à ce moment-là que je n’avais besoin de l’aide de personne.

Et quand j’ai commencé à regarder autour de moi, j’ai trouvé plein de ressources.

Tous ces gens qui m’ont aidée après ma rupture

Ma famille, ma pote d’enfance, ma compagne de RER quand j’allais à la fac, l’amie que je me suis faite dans mon premier job, celui qui m’accompagne depuis le lycée, celle que je connais depuis peu mais qui m’a dit de l’appeler à n’importe quelle heure, ces collègues qui m’aident à devenir une meilleure personne et qui sont devenus plus que des relations de bureau…

En un coup de fil, en un texto, en un message, ces gens se sont tous retrouvés autour de moi et m’ont entourée d’une bulle d’amour et de soutien dont je ne soupçonnais pas la puissance.

J’ai pensé à ces potes qui se retrouvaient célibataires et solitaires du jour au lendemain parce qu’elles avaient fait l’erreur de s’enfermer dans leur couple, leur couple, leur couple, au détriment de leurs amitiés.

« J’ai de la chance. »

J’ai de la chance ?

Peut-être que ce n’est pas dû qu’à la chance.

Non, en réalité, cette chance d’être bien entourée, je crois que je l’ai provoquée.

Plus d’honnêteté pour de meilleures amitiés

Ça fait plusieurs mois que je remets à plat mes relations avec les autres.

Plusieurs mois que je tends vers plus d’honnêteté et de transparence. Que je m’interdis de ghoster les potes qui me sollicitent, que j’envoie des pensées ou des invitations à boire des cafés à mes amis, même les plus occupés.

Ça fait plusieurs mois que je leur montre mes vulnérabilités, mes craintes et mes failles, que je fissure volontairement mon image de meuf forte pour me rapprocher d’eux avec plus de sincérité.

Plusieurs mois que je laisse glisser des relations d’amitié de longue date qui ne m’apportent plus grand-chose et qui n’étaient maintenues que par un prétexte nostalgique : « on s’est connues si jeunes, pourquoi nous séparer aujourd’hui ? ».

Plusieurs mois enfin que je profite de mes amis et de mes proches en pleine conscience, que je leur exprime gratitude et bienveillance à travers des petits gestes, des cadeaux, des sourires, des messages spontanés.

On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime

On ne m’a jamais appris à dire « merci » à mes amis, à ne pas les considérer comme acquis, à avoir conscience de ce que je leur dois.

On ne m’a pas assez dit que la gentillesse entraînait la bienveillance et qu’un jour, cela me sauverait la vie.

À lire aussi : L’amitié, une forme d’amour à ne pas dévaloriser

Mille fois, je me suis demandé « Est-ce que c’est cucu, naïf ou ridicule ? Comment vont-ils le recevoir, me percevoir ? ».

Aujourd’hui, si je ferme les yeux et que je fais défiler les visages des personnes qui comptent le plus pour moi, qui m’ont aimée et aidée, je suis bouleversée, submergée par une vague d’amour incontrôlable.

C’est donc ça, la gratitude. Tu as déjà ressenti ça ?

Pourquoi on attend d’être en crise, d’être en manque, d’être en deuil pour dire aux gens qu’on aime qu’on les aime ?

Comment montrer ta gratitude à tes proches ?

Et même si tu es parfaitement bien dans ta vie en ce moment, t’es-tu déjà demandé qui tu appellerais si d’un coup, tu avais besoin d’aide ?

Quand as-tu dit à ces personnes pour la dernière fois qu’elles comptaient pour toi ? Quand leur as-tu témoigné une petite attention ? Et que fais-tu pour être cette personne qu’elles appelleront quand elles seront en crise ?

Parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, je te glisse une fois de plus les sages paroles de Christophe André sur la gratitude :

« Si on y réfléchit un peu, la gratitude est un sentiment vertigineux.

Car en général, tout ou presque tout ce qui compte dans notre vie, nous le devons à autrui.

C’est pourquoi, ne pas reconnaître que tout ce que l’on doit aux autres est une erreur ou une illusion, alors que le reconnaître nous rend plus lucide, plus fort et plus heureux. »

Mais attention, je ne dis pas que c’est facile, bien au contraire. Ça demande du temps, de l’énergie et de pousser de nouveaux réflexes. Parfois même, ça demande de s’oublier.

Mais le résultat est si gratifiant quand on s’approche de cet idéal. Alors pourquoi ne pas essayer ?

À suivre dans le Carnet de Rupture

Le Carnet de Rupture ne paraîtra plus chaque mardi.

Mais ne vous inquiétez pas, ça ne veut pas dire qu’il est fini ! Audrey reviendra bientôt sur madmoiZelle pour vous tenir au courant !

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