Sortir de sa zone de confort, c’est parfois un échec (mais c’est pas grave)

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Longtemps, Sophie a cru qu'oser sortir de sa zone de confort suffisait pour briller. Cette idée l'a énormément stressée. Maintenant, ça va mieux.

Sortir de sa zone de confort, c’est parfois un échec (mais c’est pas grave)

Depuis des mois, des années, il y a UN TRUC qu’on nous conseille de faire pour pimper nos vies comme si c’était un pot-pourri : sortir de notre zone de confort.

Dans les médias, dans la vie, c’est très clair : ça ne peut qu’être bénéfique. C’est l’occasion de ne pas s’endormir sur ses acquis, de ne pas se mettre à ronronner passivement dans son existence. De se mettre en danger.

De prendre les rênes du cours de sa vie, de crier HUE DADA MA VIE et d’aller de l’avant avec.

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Moi, à chaque fois que j’entendais parler de sortir de sa zone de confort et que je m’imaginais le faire, je me visualisais telle une guerrière, une amazone lancée à pleine balle sur l’autoroute de la vie et de la réussite.

Quand je m’imaginais sortir de ma zone de confort, je me voyais comme une guerrière.

Et quand ça ne se passait pas comme prévu, j’avais tellement surestimé le bordel que je n’en étais que plus déçue.

Parce que sortir de sa zone de confort, c’est pas tellement comme je l’avais imaginé. Et c’est peut-être pas comme tu l’imagines également.

Sortir de sa zone de confort VS se faire violence

J’vais te raconter un truc. Un jour où je suis sortie de ma zone de confort et j’ai chié dans la colle, ça a même carrément été un bien beau raté.

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J’avais l’occasion de rencontrer un réalisateur que j’aime beaucoup, un petit jeune qui débute, assez méconnu… Non, je déconne. C’était Wes Anderson. Oui oui.

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Mon niveau d’excitation à ce moment est incarné par Ralph Fiennes (le destin, souriant et moqueur, par Saoirse Ronan)

J’avais l’occasion de rencontrer ce monument de talent (et c’était super) mais seulement le temps d’une question. Pas plus. Fallait marquer le coup. Pas demander la même chose que tout le monde. Sortir du lot.

J’avais l’occasion de rencontrer Wes Anderson mais seulement le temps d’une question.

J’en rêvais ! En plus, sortir du lot devant un réalisateur mondialement connu, quand on rêve de devenir comédienne, C’EST UN PEU TENTANT si je puis me permettre un euphémisme.

J’avais pas forcément d’idées réalisables en si peu de temps (j’ai appris que je pouvais le rencontrer le jour même). Et là, une amie et collègue me donne une idée super cool mais qui nécessite que je sois un peu sarcastique.

Ce que je suis capable d’être en privé, dans l’intimité, face à des gens qui me connaissent et savent que je déconne. Mais j’étais très mal à l’aise à l’idée de l’être devant quelqu’un qui ne m’avait jamais vue et qui aurait pu mal le prendre.

Long story short : n’ayant rien d’autre sous la main, j’ai tenté de faire la blague en me disant que ça allait me sortir de ma zone de confort et que ça allait être super.

Malheureusement, je ne l’avais pas assez préparée et je puais le malaise. Résultat, au mieux Wes Anderson m’a prise pour une conne, au pire, je l’ai vexé.

Je raconte pas cette histoire pour me faire plaindre : elle a trois ou quatre ans, alors je peux te dire que j’en ai fait le deuil depuis trois ou quatre ans moins quelques heures.

Avec le recul, je comprends totalement ce qu’il s’est passé. Plusieurs choses : la première, c’est que je n’ai pas su faire la différence entre sortir de ma zone de confort et me faire violence.

Faire cette blague un peu moqueuse, pas en jouant un rôle mais en étant moi-même, ça allait trop à l’encontre de ma personne.

Je n’ai pas su faire la différence entre sortir de ma zone de confort et me faire violence.

Prendre le risque de blesser quelqu’un sans avoir l’occasion de m’excuser et de lui expliquer ensuite, c’était une mauvaise idée pour moi. Ça ne me ressemblait pas, ça allait trop à l’encontre de ce que je suis.

Certains et certaines le font très très bien, et je respecte follement leur travail, mais c’était juste trop loin de moi.

Cette expérience passablement gênante n’a pas servi à rien : elle m’a justement permis d’apprendre à faire la différence entre sortir de sa zone de confort et se faire violence, ce que je n’aurais pas réalisé si ça ne m’était pas arrivée.

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Oser sortir de sa zone de confort ne suffit pas toujours

Cette histoire m’a aussi appris un autre truc : oser sortir de sa zone de confort ne suffit pas toujours pour réussir. Il faut bosser, aussi.

J’ai bien conscience que la plupart d’entre vous savent déjà ça, mais moi, c’est vraiment cet évènement — et les quelques autres sorties de ma zone de confort qui ne se sont pas idéalement passées — qui me l’a fait comprendre.

Oser sortir de sa zone de confort ne suffit pas toujours pour réussir.

Avant ça, je pensais que faire un truc incroyable et nouveau, ça suffisait. Bah j’avais tort : comme tous les trucs du monde, et peut-être même un petit peu plus, puisqu’on fait un truc différent de ce à quoi on est habitué•es, il faut le travailler.

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Appelle-moi Captain Obvious si tu veux, je le comprendrais, mais ce qui va sans dire va mieux en le disant (la preuve étant que j’ai mis si longtemps à le comprendre).

Pour reprendre l’exemple de Wes Anderson (parce que je vais pas non plus griller toutes mes cartouches et raconter toutes les fois où j’ai voulu sortir de ma zone de confort avec peu de réussite), j’aurais pu davantage travailler pour que ça se passe mieux.

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Bon, je me cherche pas d’excuse mais, à l’époque, je n’assumais pas encore mes envies de carrière alors j’avais pas le réflexe, mais c’est pour te donner une idée.

Et ça marche avec plein de trucs ! En plus, je sais pas toi, mais pendant longtemps, l’idée de sortir de ma zone de confort me stressait. Et quand je me décidais à le faire, je ressentais du stress chaque fois que j’y réfléchissais. Donc, j’essayais d’y penser le moins possible.

Et penser à quelque chose le moins possible, on va pas tortiller : c’est le meilleur moyen de pas se concentrer dessus et de ne pas en tirer le meilleur.

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Moi cherchant ma dignité chaque fois que je raconte ce fail (c’est faux c’est pas moi, c’est Kara Hayward dans Moonrise Kingdom de Wes Anderson. J’ai jamais tourné dans un film de Wes Anderson CAR COMMENT TE DIRE QU’IL A PAS VOULU M’EMBAUCHER après cet échec. Enfin voilà quoi. Ça peut pas être moi.)

Sortir de sa zone de confort et apprendre l’échec

En définitif, oui, sortir de sa zone de confort, c’est incroyablement bénéfique. Toujours. Mais pas forcément comme on l’imagine.

Sortir de sa zone de confort, c’est bénéfique mais pas forcément comme on l’imagine.

C’est toujours positif, mais c’est pas forcément une réussite. Ça nous apprend à nous connaître un peu plus et à savoir un peu mieux ce qu’on aime et ce qu’on a envie de faire, donc c’est cool sur le long et le moyen terme.

Et se laisser l’opportunité, parfois, d’échouer, c’est aussi apprendre à gérer sa peur de l’échec.

Parce que franchement, j’en ai eu des échecs dans ma vie, après des prises de risque. Et même si sur le coup ça me faisait suer de honte, je réalisais très, très vite que petit 1, j’en étais pas morte et petit 2, ça m’avait appris à mieux me connaître.

Pour résumer, sortir de sa zone de confort, c’est toujours bien. Faut pas se faire de la bile.

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Sophie Riche

Sophie Riche est membre de la rédac depuis 2011, époque à laquelle elle officiait sous le pseudonyme Sophie-Pierre Pernaut. Elle aime manger du fromage et l'humour un peu gras.

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Commentaires
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  • Chiaki Rune
    Chiaki Rune, Le 8 mars 2017 à 15h24

    Ça fait 4 ans que je n'ai aucune coupe de cheveux et je vais me faire une frange demain, je suis sur que ça va pas m'aller mais allons-y ! Je sens que cette article va me correspondre demain

    Bisous Sophie !

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