Solange est misogyne… et peut-être que toi aussi

Par  |  | 39 Commentaires

Est-il possible d'échapper aux stéréotypes de genre quand on baigne depuis toujours dans une société sexiste ? Solange Te Parle fait son mea culpa de misogynie ordinaire.

Solange est misogyne… et peut-être que toi aussi

Derrière un titre à peine provoc, la dernière vidéo de Solange Te Parle évoque ces préjugés genrés que de nombreuses personnes ont intégré malgré elles, parfois en dépit de leurs convictions profondes.

Et c’est peut-être ton cas aussi…

Qu’est-ce que le sexisme intériorisé ?

Dans cette confession d’une dizaine de minutes, la vidéaste avoue sa honte de parfois dénigrer ce qui touche au féminin. 

« Quand on a baigné dans un environnement qui ne mettait pas en valeur ce que vous êtes, vous êtes assez prompte à vous déprécier vous-même, et ce qui vous ressemble, et je suis coupable de ça. »

Ça te concerne peut-être si un jour tu t’es surpris·e à critiquer, même intérieurement, le comportement « provocant » ou la tenue « trop vulgaire » d’une fille, ou s’il t’est déjà arrivé de mépriser des trucs « trop girly ».

La misogynie intériorisée désigne ces constructions culturelles et sociales qui peuvent s’ancrer inconsciemment dans les esprits. C’est une conséquence d’un système patriarcal. Et tout le monde, même la personne la plus anti-sexiste, peut être touchée.

C’est cela qu’on appelle « sexisme intégré » ou « sexisme intériorisé ».

Il est différencié du sexisme en lui-même, car il ne s’agit pas d’être misogyne en soi, par conviction, et de se flageller d’être une mauvaise personne, mais plutôt d’avoir baigné dans une société ainsi faite, et intégré certains de ses mécanismes, malgré soi.

Comment s’émanciper des stéréotypes de genre ?

Ces croyances peuvent toucher différents domaines : par exemple, l’homophobie, le racisme, le rejet des handicaps sont aussi parfois intégrés.

Lorsque ces idées et mécanismes sexistes sont assimilés par les femmes elles-mêmes, ils peuvent prendre la forme d’un manque de sororité, d’une minimisation de soi et de son travail ou encore du slut-shaming.

Dans une société où les role models et les figures du pouvoir sont bien souvent masculins, Solange regrette de croire, ou d’avoir cru, que « la reconnaissance doit venir des hommes ».

Elle confie avoir longtemps redouté de n’avoir « que » un public féminin, ce qui pour elle était associé inconsciemment à un manque de légitimité et à une dépréciation de ces contenus.

Mettre en avant des figures féminines inspirantes est une piste pour déconstruire le sexisme intériorisé. Cela suppose aussi que davantage de femmes accèdent à des positions de leaders et de décisionnaires.

En attendant de rééquilibrer le monde entier, prendre conscience de ces schémas intégrés, c’est déjà un premier pas vers l’empouvoirement des femmes, même si cela n’est pas nécessairement aisé.

Et toi, comment tu dépasses le sexisme intégré ? 

À lire aussi : Test – Quelle femme inspirante es-tu ?

QueenCamille


Tous ses articles

Commentaires
  • PingouinMasqué
    PingouinMasqué, Le 19 septembre 2018 à 9h27

    skippy01
    C'est dommage que Solange soit impliquée dans une telle affaire, prace que maintenant, c'est de ça que parlent la plupart des commentaires, et la thématique «sexisme intégré» passe quasiment à la trappe.
    Comme pour toute personnalité publique. Tu peux avoir le discours le plus construit du monde, si tu t'es comporté-e comme un-e parfait-e arriviste (c'est ma vérité, désolée) et que ton mea culpa est arrivé bien timidement et bien tard, il faut s'attendre à ce type de retombées.

    Encore une fois, que l'on prête de bonnes intentions à la démarche de base, je le conçois. Mais les faits sont là, les témoignages le sont aussi. Et désolée, mais quand plusieurs personnes s'estiment blessées / lésées / flouées par une démarche à laquelle elle ont été associées sans en avoir été informées ni avant ni après, j'ai toujours tendance à écouter plutôt ces personnes-là.

    Alors certes, ça dilue et ça diluera encore longtemps le discours de Solange. Est-ce que c'est dommage? Sans doute. Est-ce que c'est pertinent de se poser la question du passif des personnes qui génèrent du contenu sur internet ou ailleurs pour pouvoir analyser les tenants et les aboutissants? Personnellement je pense que oui.

    Quand j'entends certains Youtubeurs se draper dans un pseudo-féminisme de circonstance après être restés silencieux face au harcèlement d'une ou plusieurs youtubeuses (Squeezie / Ginger Force pour ne citer qu'un exemple), quand je vois une émission télé prôner la bienveillance et le respect après avoir tenu des propos très problématiques (Michel Cymes ou TPMP...), oui j'estime légitime de savoir qui est cette personne dont on reçoit le propos, ne serai-ce que pour pouvoir faire le tri en notre âme et conscience dans ce qui est passé comme message. C'est ma façon de concevoir les choses.

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!