Le Sakifo perd sa subvention suite à la programmation d’Orelsan

Le Sakifo 2012 se voit retirer une subvention de 150 000€. Le problème ? La programmation d'Orelsan sur ce festival.

C’est une affaire qui court depuis quelques jours maintenant mais dont la sentence finale vient d’être officialisée. Le conseil régional de la Réunion vient de supprimer la subvention de 150 000 euros qui devait être accordée au festival Sakifo, qui se tient du 1er au 3 juin 2012 à St-Pierre.

Cette sanction est la conséquence sans appel de la programmation d’Orelsan sur ce festival. En effet, les dommages collatéraux du titre Sale Pute continuent à faire des dégâts, près de 5 ans après sa parution sur internet.

Pourquoi autant de décalage avec la polémique qui a eu lieu en 2009 en métropole ? Jérôme Galabert, le programmateur du Sakifo explique : « La population locale n’a pas vécu l’affaire et les explications qui ont suivies. Il existe des gens choqués par les paroles de la chanson Sale Pute qui n’ont pas suivi toute l’affaire ».

Sur l’île, un collectif d’associations luttant contre les violences intrafamiliales qualifie Orelsan de « porte-parole de la haine, du meurtre et de la misogynie ». Le président du conseil régional de la Réunion, Didier Robert (UMP), déclare « La violence verbale, les appels à la haine, au viol, à la pédophilie, à la violence physique portés par l’un des artistes invité du Sakifo 2012 ne peuvent obtenir ma caution » (à la PÉDOPHILIE ?).

Depuis la sortie de son second (et très bon) album Le Chant des Sirènes, le rappeur avait réussi le tour de force de reconquérir un très large public. Tout semblait aller comme sur des roulettes : bons chiffres de vente, tournée française pleine à craquer, et plus récemment deux Victoires de la Musique. Mais son passé chaotique avec les médias et les associations féministes le rattrape alors qu’on ne s’y attendait pas. Sur Twitter Orelsan reprend les propos du président du conseil régional et conclut par :

Du côté du festival, les organisateurs n’en mènent pas large, normal. Sentant le vent tourner il y a quelques jours, ils avaient proposé de réserver 1€ par billet d’entrée pour les reverser aux associations de prévention contre les violences, et d’entamer des discussions. Raté. Les 150 000€ représentent entre 10 et 30% du budget total du festival. Il faudrait alors faire entre 7000 et 8000 entrées supplémentaires par rapport à ce qui était prévu pour combler ce manque à gagner… Quasi impossible. Car bien évidement, Jérôme Galabert, le programmateur du festival, refuse de céder et de déprogrammer Orelsan

Il semblerait donc, que malgré ses excuses, ses explications et sa ligne de défense plutôt cohérente (reconnaitre que ses propos étaient violents, que la chanson a le droit d’exister mais ne plus vouloir en parler – rappelons aussi que la chanson n’a jamais eu vocation à être gravée sur album, et qu’Orelsan ne l’a strictement jamais chantée en public), la polémique Sale Pute ne finira jamais. Quand va-t-on comprendre qu’en clouant cette chanson sur l’autel de la lutte contre les violences, on en fait finalement la promotion ?

Petit rappel : le Printemps de Bourges avait essuyé des menaces quant à la programmation d’Orelsan lors de l’édition 2009 mais l’avait tout de même maintenu. Au contraire, les Francofolies de La Rochelle avaient annulé, suite à l’intervention de Ségolène Royal.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Naphtaline
    Naphtaline, Le 12 juin 2012 à 1h41

    La "conclusion" de l'affaire (je vais rabaisser le niveau du débat, désolée :shifty: ) : le CNV va verser une aide exceptionnelle au Sakifo et ainsi éviter qu'il soit mis en danger par le retrait des subventions. (source) Et hors toute polémique, ça ça fait plaisir :free:

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