Des nouvelles de la féministe qui a vécu ses règles sans protection

Parce que tout le monde ne peut pas payer ses protection périodiques, Irene a décidé de s'en passer pour militer.

Des nouvelles de la féministe qui a vécu ses règles sans protection

Mise à jour du 6 février 2019

Vendredi dernier, Irene s’est promenée dans Paris sans protection hygiénique pendant toute une journée de règles (lire ci-dessous).

La jeune femme s’est passée de tampon, serviette et autre cup pour dénoncer la précarité menstruelle, en chroniquant son action sur les réseaux sociaux.

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RÉVOLUTION SE CONJUGUE AU FÉMININ Aujourd'hui, vendredi premier février 2019, mon sang a coulé dans Paris. Car il était temps de remettre les choses au clair : quoi que vous pensiez, nous avons le dernier mot. Nous avons le pouvoir de décision. Vous avez beau ne pas vouloir payer pour nos protections, vous avez beau trouver ma performance inutile, sale, ignoble, vous ne pourrez pas empêcher nos flux se libérer. Nous payons le prix de l'oppression, le prix de la mysoginie, le prix des inégalités, vous n'allez quand même pas croire que nous allons en plus payer pour foutre du chlore dans nos chattes pendant que vous continuez de stigmatiser et diaboliser notre sang, nos poils et notre merde. Aujourd'hui, j'ai laissé couler mon sang pendant 12h et j'ai réalisé à quel point cela ne m'a demandé aucun effort, aucun courage, aucune force. Ma journée a été d'une normalité ahurissante, ce qui, j'espère, vous fera trembler de peur. Car oui, contrairement à ce que les pubs de tampons montrent, avoir ses règles est banale, normal, quotidien. La moitié de la population les a. Ainsi, vous qui nous voulez complexées, ignorantes de notre propre nature et silencieuses, vous qui nous voulez dans la précarité économique, subissez notre nature, notre rage et notre détermination. Je ne perdrai pas une seule seconde à débattre. Je ne demande pas la prise en charge des protections périodiques réutilisables (dans la mesure du possible) pour toutes les personnes menstruées. Je l'exige. Vous n'êtes pas d'accord ? Je tâche. Le sang coule et le sexisme tâche. LA RÉVOLUTION EST FÉMINISTE Photo : @eliz_za1 Merci à @lafloredumal , à @cdelastreet et l'équipe de @madandwomen , à @madmoizelledotcom et à @cyclique_fr pour m'avoir accompagnée aujourd'hui ❤️ Merci à vous pour tous vos partages et mots d'amour, et tout particulièrement à @28.jours et à mes bien aimées @clitrevolution ❤️ Ce n'est que le début 🔥 #monsangcoule #çatache #lesexismetache #paris #feminist #feminism #feministe

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La précarité menstruelle dans l’actualité

Sa balade aura finalement suscité peu de réactions chez les passants.

« Je n’ai eu que de petits regards et un groupe de collégiens qui m’a prise en photo tant ils étaient choqués. »

Féministe militante, Irene est passée par la rédaction de madmoiZelle durant cette journée où elle a laissé son sang s’écouler librement.

À 11 minutes !

Jointe par téléphone, Irene tire un bilan plutôt positif de son action :

« Je ne savais pas à quoi m’attendre mais j’ai été à l’aise toute la journée, et je suis contente que l’on parle de la précarité menstruelle, que ce soit un sujet l’actualité grâce à cette action.  »

Elle estime que les termes employés par certains médias n’ont pas été forcément flatteurs (« Une fille exhibe ses règles »), et a reçu beaucoup de critiques négatives sur les réseaux sociaux.

« Finalement, c’était une journée normale, mise à part que ma boîte de réception a explosé. J’ai reçu des centaines de messages positifs ou négatifs.

Certains étaient d’accord avec mon message mais contestaient ma manière d’agir. En attendant, eux sont sur Instagram en train de critiquer…

Des gens ont trouvé ça sale, crade. Je leur réponds : raison de plus pour encourager les mouvements qui luttent pour l’accès de toutes les femmes aux protections hygiéniques ! »

Après cette première action largement improvisée, Irene compte de nouveau agir en faveur des droits des femmes.

Suis Irene sur Instagram !

Cette féministe va se balader en ayant ses règles, et sans protection

Article publié le 2 février 2019

Let it flow, let it flooooow !

Que se passerait-il si tu passais toute une journée de règles sans aucune protection périodique ? Un beau bordel, à n’en pas douter, sauf si tu es adepte du flux instinctif libre

C’est sur ce beau bordel que compte l’activiste féministe Irene pour éveiller les consciences autour de la précarité menstruelle.

Sur sa story Instagram, la jeune femme annonce lancer l’opération Tout tacher, une déambulation dans Paris, pendant ses règles mais sans protection.

« Nous sommes vendredi 1er février 2019. Je m’appelle Irene, j’ai 20 ans et aujourd’hui je vais laisser mon sang couler dans Paris.

Car si l’État refuse de payer pour nos protections périodiques, je le refuse aussi. »

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RÉVOLUTION SE CONJUGUE AU FÉMININ Aujourd'hui, vendredi premier février 2019, mon sang a coulé dans Paris. Car il était temps de remettre les choses au clair : quoi que vous pensiez, nous avons le dernier mot. Nous avons le pouvoir de décision. Vous avez beau ne pas vouloir payer pour nos protections, vous avez beau trouver ma performance inutile, sale, ignoble, vous ne pourrez pas empêcher nos flux se libérer. Nous payons le prix de l'oppression, le prix de la mysoginie, le prix des inégalités, vous n'allez quand même pas croire que nous allons en plus payer pour foutre du chlore dans nos chattes pendant que vous continuez de stigmatiser et diaboliser notre sang, nos poils et notre merde. Aujourd'hui, j'ai laissé couler mon sang pendant 12h et j'ai réalisé à quel point cela ne m'a demandé aucun effort, aucun courage, aucune force. Ma journée a été d'une normalité ahurissante, ce qui, j'espère, vous fera trembler de peur. Car oui, contrairement à ce que les pubs de tampons montrent, avoir ses règles est banale, normal, quotidien. La moitié de la population les a. Ainsi, vous qui nous voulez complexées, ignorantes de notre propre nature et silencieuses, vous qui nous voulez dans la précarité économique, subissez notre nature, notre rage et notre détermination. Je ne perdrai pas une seule seconde à débattre. Je ne demande pas la prise en charge des protections périodiques réutilisables (dans la mesure du possible) pour toutes les personnes menstruées. Je l'exige. Vous n'êtes pas d'accord ? Je tâche. Le sang coule et le sexisme tâche. LA RÉVOLUTION EST FÉMINISTE Photo : @eliz_za1 Merci à @lafloredumal , à @cdelastreet et l'équipe de @madandwomen , à @madmoizelledotcom et à @cyclique_fr pour m'avoir accompagnée aujourd'hui ❤️ Merci à vous pour tous vos partages et mots d'amour, et tout particulièrement à @28.jours et à mes bien aimées @clitrevolution ❤️ Ce n'est que le début 🔥 #monsangcoule #çatache #lesexismetache #paris #feminist #feminism #feministe

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Lutter contre la précarité menstruelle

Avec cette action dans l’espace public, elle porte une revendication : la prise en charge totale du prix des protections hygiéniques par l’État.

Certaines femmes n’ont en effet pas les moyens d’accéder à ces produits essentiels, et Irene espère bien tacher la ville pour faire prendre conscience à tous et toutes que cette question relève d’une responsabilité collective.

« Cette action n’a pas pour but de générer un débat mais de montrer ce qu’il se passerait si les personnes menstruées décidaient de ne plus payer leurs protections hygiéniques. »

D’autres femmes se joindront à Irene durant sa balade sanglante. Pour les aider à diffuser leur message, vous pouvez leur apporter du soutien en les suivant et en partageant leur contenu sur les réseaux aujourd’hui et demain samedi.

Et toi, tu oserais te passer de protection pour éveiller les consciences ? 

À lire aussi : Le flux instinctif libre, cette façon de vivre ses règles sans aucune protection

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QueenCamille


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Commentaires
  • 0h-dear
    0h-dear, Le 7 février 2019 à 10h46

    ChamalowGluant
    Je rebondis juste sur ça, parce que je pense que tu exprimait ta frustration et ta colère et que tu n'étais pas en train de "justifier" quoi que ce soit, mais pour avoir été celle qui s'est fait piquer sa nourriture au boulot alors que c'était souvent mon seul repas de la journée et accessoirement celui qui me permettait de tenir le choc d'une journée ou une nuit de garde, ou des affaires dans les vestiaires de l'hôpital universitaire, ben...faut pas oublier que voler, ça lèse quelqu'un qui n'est pas forcément moins en galère que nous. Quelqu'un qui peut être aussi en train d'en ch**r pour payer ses études et qui n'avait peut-être pas besoin qu'on lui colle encore plus la tête sous l'eau.

    Je pense que tu citais juste ça comme exemple de la galère financière dans laquelle on peut se trouver, mais ce sont des souvenirs vivaces parce que sur le coup, c'est le genre de moment de désarroi qui me faisait me demander pourquoi je m'arrachais pour des connards qui se permettaient de me voler (NB : c'est ce que je pensais sur le coup, désolée pour la brutalité) et c'est pour ça que ça m'a choqué de lire ça =)

    Ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas d'accord avec le fond de ton message, loin de là.
    Spoiler: explication

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