Que faire après un viol ?

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Pas facile de savoir comment se comporter dans un tel moment de détresse, encore moins lorsqu'Internet se fait le porte-voix de mauvais conseils.

Que faire après un viol ?

Ces derniers jours, si tu traînes beaucoup sur Twitter, tu as peut-être vu passer ce tweet :

Il a été supprimé depuis, puisque le conseil qu’il donne est en réalité tout à fait erroné, comme l’ont fait remarquer d’autres Twittos :

Maître Eolas est un avocat très actif sur Twitter, qui a réagit au quart de tour devant ce mauvais conseil (et dont je vous recommande de lire le thread sur le sujet).

Vers qui se tourner après un viol ?

La réaction de chacun·e après un viol peut évidemment varier selon les conditions, l’état physique et psychologique dans lequel on se trouve.

Emmanuelle Piet, présidente du Collectif Féministe Contre le Viol, explique :

« En cas de viol, on ne peut pas répondre « y a qu’à, faut que ». Ça dépend des envies de la victime. […]

Mais effectivement, si on veut que des prélèvements utilisables par la justice soient faits, il faut d’abord aller à la gendarmerie ou à la police pour obtenir une réquisition et que les prélèvements soient faits dans les règles. »

Il existe seulement quelques exceptions à cela : au sein de l’Unité Médico-Judiciaire (UMJ) de l’hôpital Jean Verdier à Bondy et de la Cellule d’accueil d’urgence des victimes d’agressions (CAUVA) du CHU de Bordeaux, les médecins sont habilités à réaliser des prélèvements qui pourront être utilisés dans le cadre d’une procédure légale.

Mais cela demeure pour l’instant l’exception plutôt que la règle, déplore Emmanuelle Piet.

« Quand on est victime de viol, on est blessé, et pouvoir se rendre immédiatement auprès de professionnels de santé est rassurant, il faut donc développer ces méthodes qui sont par ailleurs répandues dans d’autres pays européens. »

Attention aux informations que vous relayez sur Internet

Si la démarche de l’utilisatrice Twitter ayant relayé ces informations était probablement bienveillante au départ, elle a pu induire en erreur beaucoup de personnes, puisque 18 000 internautes ont relayé son tweet.

Sans avoir vérifier si ses propos étaient vrais ou si elle avait une quelconque qualification pour les tenir. 

Voilà donc quelques conseils qu’il est bon de répéter pour éviter la propagation de fake news, de mauvaises informations :

Et si vous avez un jour besoin de conseils et de soutien au cas où vous traverseriez une épreuve comme celle-ci, n’hésitez pas à contacter le Collectif Féministe Contre le Viol qui dispose d’un accueil téléphonique anonyme & gratuit, joignable au 0 800 05 95 95 du lundi au vendredi de 10h à 19h.

À lire aussi : Agression sexuelle et dépôt de plainte : les conseils d’un policier

Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Cicidivi
    Cicidivi, Le 31 août 2018 à 14h24

    @MorganeGirly

    Spoiler: pas envie de raconter toute sa vie aux internets

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