Les programmes de notre enfance un peu bizarres

Dans notre enfance, nous regardions un tas de séries et de dessins animés sympathiques, certes. Mais on ne se rendait parfois pas compte à quel point ces programmes pouvaient être étranges ou traumatisants...

Les programmes de notre enfance un peu bizarres

Ayant grandi dans les années 1990 et 2000, je me rends compte de la chance que nous avions, nous, les gosses de cette époque, de pouvoir regarder des programmes intéressants, parfois ludiques, adaptés à nos âges. Il y a plusieurs années, les grandes chaînes diffusaient des émissions regroupant toutes les séries et dessins animés pour enfants, avant de laisser ce créneau aux chaînes spécialisées comme Disney Channel ou Gulli.

Cette période bénie nous permettait d’accéder à un échantillon de programmes diffusés toujours aux mêmes heures. En rentrant de l’école, les enfants avait donc leur rendez-vous quotidien devant la télévision !

Même si beaucoup d’émissions étaient souvent très bien adaptées aux plus jeunes, d’autres étaient un peu plus en décalage avec ce qu’on avait l’habitude de voir… Parfois au point de mettre mal à l’aise ou de provoquer des sentiments, disons, inattendus. Les programmes « creepy » ou inadaptés étaient nombreux : voici ceux qui m’ont le plus marquée !

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Les Teletubbies (de l’Enfer)

J’étais déjà un peu vieille pour regarder les Teletubbies lorsqu’ils ont débarqués sur nos écrans. Mais déjà, du haut de mes dix ans, j’avais des frissons lorsque je tombais dessus.

Je trouvais ce programme extrêmement étrange et dérangeant. L’enchaînement des scènes et des actions n’avait aucun sens, et ma peur des personnes déguisées n’arrangeait rien à la situation.

Si vous n’êtes pas mal à l’aise en regardant ça, je ne vous comprends pas.

Les Teletubbies sont quatre extraterrestres (?) vivant sur une planète inconnue, où ils sont les seuls survivants après une apocalypse qui a tué toute leur famille habitants. Vous vous demandez en quoi je considère que ce programme est vraiment étrange ? Pour que vous compreniez mieux ce que je veux dire, je vous offre gracieusement la description du programme qu’on retrouve sur Wikipédia :

« Cette série destinée aux très jeunes enfants met en scène les aventures de quatre personnages très colorés nommés Tinky Winky, Dipsy, Laa Laa et Po, tous possédant une télévision sur le ventre qui leur permet de capter des émissions pour enfants. »

Ils vivent à Télétubbyland, dans un dôme futuriste — le « Tubbydome Supertronic » (créateur du programme : Steve Jobs) situé au milieu de collines couvertes de pelouses et peuplées de lapins, de fleurs parlantes (oui, vous avez abandonné tout espoir de cohérence dans le scénario mais vous n’avez encore rien vu), ainsi que de haut-parleurs eux aussi parlants et sortant du sol tels des périscopes. Quelques arbres font également partie du paysage, d’où s’échappent des chants d’oiseaux.

DROGUE.

Le pire de tout, dans ce programme, était la tête de bébé qui apparaissait parfois et qui agissait sur ma petite nièce, âgée de quelques mois à l’époque, comme le gourou d’une secte. Elle pouvait bien pleurer, se plaindre d’avoir faim… mais s’arrêtait immédiatement à la vue de ce nourrisson qui souriait et babillait dans un soleil.

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Du coup, comme je ne voulais pas que les services secrets ou les extra-terrestres entrent en communication avec ma nièce, je changeais rapidement de chaîne dès que commençait cette émission satanique. Les Télétubbies, c’était hypnotisant, mais tu ne te sentais plus vraiment serein•e après le générique de fin, comme si une partie de toi n’était plus là… ou plus tout à fait la même.

Les dessins animés larmoyants

Je parlais des séries dures et qui, sans détours, abordaient des sujets sensibles, dans une de mes vidéos. Dans les années 1980 et 1990, on pouvait voir à la télé une flopée de dessins animés, souvent japonais, extrêmement tristes. Parfois, je pleurais toutes les larmes de ton corps tellement les personnages étaient maltraités par la vie !

Lorsqu’il arrivait que les héros aient un petit moment de bonheur et de tranquillité dans leur quotidien, ce foutu destin venait leur dire :

« Hey, mais t’es bien trop heureux mon gas, on va remédier à cette anomalie, ça fait combien de temps qu’un membre de ta famille n’est pas mort ? »

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Citons par exemple Rémi sans famille, qui te promettait pourtant de la joie et de la bonne humeur avec un générique entraînant (mais quand même un peu triste) et entêtant, qui t’invitait à le suivre dans ses aventures.

Rémi sans famille était LA cruauté. Adapté du roman français Sans famille d’Hector Malot, ce dessin animé racontait l’histoire d’un enfant vendu pour 40 francs à un artiste de rue, accompagné de ses animaux. Pendant plusieurs épisodes, on voyait Rémi se battre pour survivre. Comme si ça n’était pas assez traumatisant pour l’enfant que j’étais à l’époque, tous les compagnons de route de Rémi mouraient un par un, à cause de la fatigue, du froid ou de la faim !

Nos parents n’étaient pas assez fous pour nous laisser devant ce genre de programmes sans qu’on en tire des avantages… C’était le genre de dessin animé qui ne prenait pas les enfants pour des imbéciles : ses créateurs savaient que les plus jeunes sont capables d’intégrer des sujets philosophiques ou profonds. On avait donc le droit à des scènes assez puissantes où, du haut de tes 1m20, tu pouvais réfléchir à la notion du bonheur.

Bien sûr, à la fin du dessin animé, le jeune garçon se remettra de toutes ces peines et désagréments grâce au sacro-saint ARGENT, puisqu’il découvrira que sa véritable mère est en fait une dame avec les bourses pleines !

Princesse Sarah a également été récompensée par le fric pour toutes ses souffrances : elle était d’abord riche, puis pauvre, puis de nouveau blindée. Dans ce dessin animé japonais, on suit le triste quotidien d’une fille de bonne famille qui se retrouve délaissée dans un pensionnat où la directrice lui met la misère pendant des mois. Après avoir été, entre autres, battue et affamée, Sarah retrouvera sa dignité et pardonnera à toutes les personnes lui ayant fait du tort — puisqu’il faut « tendre l’autre joue », n’est-ce pas.

D’autres programmes tels que Le petit Lord, Les malheurs de Sophie, ou encore Les quatre filles du docteur March maltraitaient leurs protagonistes, probablement pour faire culpabiliser les enfants de manger des BN pour le goûter et d’avoir un toit au-dessus de leur tête alors que d’autres se font battre comme plâtre dans des orphelinats. À l’époque, je pleurais beaucoup lorsque je regardais ce genre de programmes, aujourd’hui je trouve ça assez étrange qu’il y ait eu autant de dessins animés « jeunesse » utilisant cet axe dramatique.

Les programmes où l’intrigue se concentrait sur la souffrance morale des protagonistes visaient un public parfois très jeune. Mais même si je reste étonnée que ce genre d’émissions existe, j’aimerais peut-être que mes enfants (hypothétiques) les regardent, pour leur apprendre qu’il y a des gens dans le monde qui ne vivent pas leur vie « sans aucun souci, philosophie »…

Et vous, quels sont les programmes de votre enfance que vous trouvez bizarres avec le recul ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Grim
    Grim, Le 12 mai 2015 à 9h21

    Ça me rassure je me sens moins seule quand je suis là à halluciner sur les dessins animés qui passaient quand j'étais gosse, dans les années 90 donc.

    Je serais toujours wtf en pensant à Princesse Sarah, Rémi sans famille, Heidi et j'en passe. Les dessins animés de dépressifs quoi.
    Non mais comment des gens se sont dit " ouais c'est cool on va passer ça a des gamins" ?
    Je trouve ça complètement sadique en fait.

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