Pourquoi les films tristes peuvent-ils nous faire du bien ?

Les films lacrymogènes seraient en réalité un moyen de créer un sentiment de bonheur chez les spectateurs. Comment cela se fait-ce ?! Justine vous explique tout ! Lorsque vous vous sentez un peu chafouin-e, un peu triste, que faites-vous pour vous remonter le moral ? En toute logique, nous pourrions imaginer que vous vous tournez […]

Pourquoi les films tristes peuvent-ils nous faire du bien ?

Les films lacrymogènes seraient en réalité un moyen de créer un sentiment de bonheur chez les spectateurs. Comment cela se fait-ce ?! Justine vous explique tout !

Lorsque vous vous sentez un peu chafouin-e, un peu triste, que faites-vous pour vous remonter le moral ? En toute logique, nous pourrions imaginer que vous vous tournez vers des films joyeux, des musiques entraînantes, des amis blagueurs… Eh bien laissez tomber. Selon une étude récente*, regarder des films tristes tendrait à nous rendre plus heureux. Un coup de mou ? Enfilez-vous La guerre est déclarée, Mar adentro ou Titanic, et ça repart ! Permettez-moi de vous dire que ce constat devrait être validé par ma mère chérie – qui m’a annoncé l’autre jour son programme télé du soir en se fendant d’un « Je vais chialer comme une madeleine » jubilatoire.

Menée par Silvia Knobloch-Westerwick, professeure de communication à l’Ohio State University, avec le concours d’Yuan Gong, Holly Hagner et Laura Kerkeybian, cette étude serait l’une des premières à aborder le sujet (pourquoi aimons-nous les fictions tragiques ?) avec une approche scientifique – d’ordinaire, la question est plutôt traitée de façon philosophique.

Déroulement de l’étude

Pour parvenir à cette conclusion, l’enquête de l’équipe de Knobloch-Westerwick s’est portée sur 361 étudiants d’université ayant visionné une version abrégée du film Atonement (qui a une vraie bonne dose d’amours contrariées et de tragédies). Avant et après le visionnage de cette fiction, les participants répondent à un questionnaire évaluant leur « niveau » de bonheur, ou disons le niveau de satisfaction qu’ils éprouvent à propos de leur vie. Avant, pendant et après le film, les chercheurs demandent également aux sujets d’évaluer les différentes émotions qu’ils ressentent (dont la tristesse).

Enfin, une fois la séance terminée, les participants donnent leur appréciation du film et écrivent quelques lignes sur la manière dont il a pu les mener à penser à eux-mêmes, à leurs propres buts, à leurs propres relations – et plus généralement à leurs vies (selon Silvia Knobloch-Westerwick, ces propos seront une clé essentielle pour comprendre pourquoi nous aimons voir des films tragiques).

Conclusion : tous sadiques ?

Alors, pourquoi ? Sommes-nous de vils sadiques ? Pas vraiment – la vérité serait ailleurs, vous-mêmes vous savez.

En réalité, les fictions tragiques nous pousseraient à penser à nos proches, aux gens que l’on aime, et à tout ce que ces relations apportent de positif dans nos vies, ce qui augmenterait notre niveau de bonheur, du moins de façon temporaire. Somme toute, si nous nous imposons de ressentir de la tristesse pendant le visionnage d’un film tragique, nous en retirerions ensuite un certain bonheur. Lors de l’étude, les participants ayant déclaré une plus grande augmentation du sentiment de tristesse pendant le film sont également ceux qui ont la plus grande tendance à parler ensuite des personnes de leur entourage.

Silvia Knobloch-Westerwick souligne que ce type de fiction se centre généralement à un moment ou à une autre sur le thème de l’amour, ce qui pourrait pousser les gens à penser à leurs proches – et plus ils y penseraient, plus leur sentiment de bonheur augmenterait. À l’inverse, il s’avère que les spectateurs ayant pensé à eux-mêmes (et non pas à leurs relations), ayant comparé leurs propres vies à celles des personnages, ne déclarent pas un plus haut niveau de bonheur.

Selon les explications des chercheurs, ces conclusions seraient concordantes avec plusieurs recherches, qui auraient notamment démontré que nos relations, nos proches seraient généralement la source majeure de bonheur dans nos vies… Personnellement, à ça, je dis oui – et je m’en vais regarder un truc drôlement triste pour me rappeler qu’il y a des gens que j’aime drôlement.

* Oh, je sais très bien ce que vous pensez : un article débutant par « selon une étude récente » n’augure rien de fabuleux – mais faites-moi confiance, j’essaie toujours de toutes mes mini forces de ne pas vous rouler sur la marchandise psycho-socio.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Bloutch
    Bloutch, Le 19 juin 2012 à 2h28

    Après avoir lu cet article j'ai regardé Atonement, par curiosité, je ne savais pas du tout de quoi ça parlait. Et beh, c'est un des films les plus déprimants que j'ai jamais vu, pour le coup la théorie de l'article ne fonctionne pas du tout sur moi :erf:

    Je vais enchainer sur Young adult, ça devrait être beauuucouup plus léger, et je dormirai mieux après :)

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