Playlist pour se remonter le moral et se souvenir des belles choses

La musique adoucit les moeurs, paraît-il. Et après une mi-novembre 2015 éprouvante, on en a bien besoin. Alors place aux mots et aux mélodies des artistes pour essayer de remonter la pente.

Playlist pour se remonter le moral et se souvenir des belles choses

17 novembre 2015. Clairement, on n’a pas passé le meilleur week-end de notre vie. Le lundi était assez glauque aussi. Alors qu’est-ce qu’on fait ? « On ne sait pas et on reste planté•e•s là », comme le disait Daniel Balavoine. Mais on dit aussi que la musique, dans ce genre de cas, peut faire du bien. Alors, si on essayait d’écouter de belles paroles et des mélodies qui consolent, pour voir ? Parce qu’on ne va pas arrêter d’écouter et de faire vivre les artistes. Certainement pas.

Voilà donc une sélection de chansons pour se souvenir, pour se mettre de belles images en tête et pour essayer d’être un peu plus heureux•se. Dans la mesure du possible, cette playlist est à écouter dans l’ordre : le but, c’est d’y aller graduellement, pour, j’espère, aller un peu mieux à la fin.

Michel Berger – Celui qui chante

  • Pourquoi ?

Celui qui chante est un tube écrit et interprété par Michel Berger, qui figure sur son album Beauséjour, sorti en 1980. Au moment où la chanson est sortie, il venait de cartonner avec La groupie du pianiste, et de devenir papa : bref, une période heureuse. Débuter cette playlist par cette chanson semble une évidence : chanter, c’est un peu reprendre le pouvoir, s’exprimer, crier si on le veut, se casser la voix comme Patrick Bruel si on en ressent le besoin.

C’est un peu ce qu’on ressent le jour où la musique est revenue, c’est dire merde à la merde, c’est faire sa thérapie. Le piano et les cuivres entraînants mais pas trop euphoriques sont juste bien dosés comme il faut.

  • Un extrait à retenir :

« Il est heureux, malheureux comme nous
Il cherche ce qu’il voudrait comme nous
Mais quelque chose l’emporte au-dessus de tout
Celui qui chante »

Mano Solo – Allô Paris

  • Pourquoi ?

On a eu mal à Paris, que Mano Solo a si bien écrite à travers Allô Paris, qui entamait son album La Marmaille Nue en 1993. Le grand public le découvrait tout juste, et pourtant le chanteur parlait comme personne de solitude et de tristesse. Allô Paris a été écrite des années avant novembre 2015 mais ses paroles résonnent terriblement avec ce que la ville vient de vivre.

Le morceau est aussi associé au tout premier clip du chanteur, réalisé par Didier Leprecheur à partir des peintures et des dessins de Mano Solo himself. Car ce dernier était un artiste multi-facettes en plus d’un troubadour engagé de la gravité. Ironie du sort, il était aussi le fils du dessinateur Cabu. Autant de caractéristiques qui rendent cette chanson à la fois belle et terrible.

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  • Un extrait à retenir :

« J’ai beau savoir que ça me fout le cafard
Je peux pas m’empêcher
M’empêcher d’y croire
La nuit sonne ses derniers coups
J’irai jusqu’au bout »

Oxmo Puccino – Pam Pa Nam

  • Pourquoi ?

Mais ce n’est pas cette image-là, d’un Paris névrosé, que j’ai envie de garder en tête. Plutôt celle d’une immensité grouillante et métissée, où il se passe toujours quelque chose. Le rappeur Oxmo Puccino l’a décrite avec des merveilles de poésie dans Pam Pa Nam, sur son album Roi Sans Carrosse, en 2012. La ville de Paris y est personnifiée, et les figures de styles s’entrechoquent pour en décrire les aspects les plus difficiles et ceux qui séduisent.

Dans sa configuration musicale aussi, ce Pam Pa Nam a quelque chose d’hybride, entre la tradition et la modernité : un rythme ternaire, celui de la valse, comme le Padam Padam d’Édith Piaf, mêlés à des mots scandés et pourtant si chantant. C’est définitivement un bel hommage à cette ville autant adorée que détestée.

  • Un extrait à retenir :

« Magistrale au mois de mai, la joie devient capitale
À demi nues sur les terrasses, les fraîcheurs sont admirables
Les quais sont florissants, inondés de coulées vertes
Chaque rencontre se change en amicale découverte »

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Grand Corps Malade – Saint-Denis

  • Pourquoi ?

À toujours parler de Paris, aussi parce que les médias étrangers connaissent mieux la capitale que ses banlieues, on risquerait d’en oublier Saint-Denis, qui, elle aussi, n’a pas eu la vie facile ces derniers jours. Grand Corps Malade, lui est originaire du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, et vit désormais à Saint-Denis. En 2006, sur son premier album, Midi 20, il a écrit Saint-Denis, une ode à la cette ville qu’il connaît bien.

Saint-Denis y est personnifiée, croquée par un stylo tendre et malicieux, à mille lieux des clichés violents qui circulent sur la banlieue, et avec une touche d’humour. C’est aussi une ode au vivre-ensemble, la possibilité d’un bonheur composite même si on vient tous d’ici et d’ailleurs.

  • Un extrait à retenir :

« C’est pas une ville toute rose mais c’est une ville vivante
Il s’y passe toujours quelque chose, pour moi, elle est kiffante
J’connais bien ses rouages, j’connais bien ses virages
Y a tout le temps du passage, y a plein d’enfants pas sages »

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Patrick Watson – The Great Escape

  • Pourquoi ?

C’est pas facile de faire face quand on est triste. Quand on a pas envie. Quand on n’aurait qu’une seule idée, c’est fuir loin, pour oublier, pour se protéger et pour se reconstruire. La musique a quelque peu cette vertu thérapeutique, celle de mettre les choses à distance, d’aider à sortir les émotions s’il le faut.

Patrick Watson, le chanteur canadien à la voix douce, a interprété en 2006, sur l’album Close To Paradise, cette piste nostalgique et calme qu’est The Great Escape. Ça parle d’échappatoire après un mauvais jour, et ça dit aussi que le gris disparaîtra. Pour pleurer un peu et pour aller mieux ensuite.

  • Un extrait à retenir :

« Gets in his car and drives away
Far from all the things that we are
Puts on a smile and breaths it in and breaths it out
He says bye-bye, bye to all of the noise »

(« Il monte dans sa voie et conduit au loin
Loin de toutes ces choses que nous sommes
Met un sourire sur son visage, inspire et expire
Il dit au revoir, au revoir à tout le bruit »)

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Neko Case – Hold On, Hold On

  • Pourquoi ?

Parce que ouais, même si on n’est pas bien, il va falloir tenir le coup et continuer à aller de l’avant, coûte que coûte. Ça ne va pas être facile, c’est sûr, il y aura peut-être même des moments de découragement. Mais c’est normal, l’important, c’est de garder les yeux au loin.

La chanteuse de country américaine Neko Case a dit son désespoir et les difficultés dans Hold On, Hold On, un titre autobiographique qui figure sur son album Fox Confessor Brings the Flood, sorti en 2006. Même si Neko Case dit qu’on lui a menti en lui disant cela, elle le répète à l’envi : accroche-toi, accroche-toi. Même si tu traînes, même s’il t’arrive de quitter la fête plus tôt. Il me paraissait nécessaire de se dire, à soi et aux autres.

  • Un extrait à retenir :

« The most tender place in my heart is for strangers »

(« L’endroit le plus tendre dans mon coeur est pour les étrangers »)

Demi Portion – Laisse Pas Tomber

  • Pourquoi ?

Plus j’y pense plus je me dis que c’est ce qui va être le plus compliqué dans les mois qui viennent : garder espoir, continuer à faire des projets, à se dire que ça vaut la peine qu’on se donne, se secouer même si ça ne marche pas toujours du premier coup. Sur son album Dragon Rash, sorti cette année en 2015, le rappeur Demi Portion raconte la galère de l’école, le ballotage dans le quotidien, les difficultés à percer dans le rap. Et malgré tout ça, au final, il en revient à un message d’espoir.

Lui s’est accroché, malgré tous les obstacles qui se dressaient dans sa vie, et c’est ce qu’il a envie de transmettre aux autres. Il y a assez de rage et de force dans son flow pour t’en donner un peu si tu en as besoin.

  • Un extrait à retenir :

« On fait les choses c’est pas grave, non ne laisse pas tomber
Ne laisse pas tomber, jamais ne laisse tomber
Au fond tu t’en sortiras, le sort nous a rassemblés
Et si t’as d’plan B, du coup y’a tout l’alphabet »

Destiny’s Child – Survivor

  • Pourquoi ?

Oui, on a définitivement besoin d’avoir la pêche. Fluctuat Nec Mergitur, on flotte énormément mais t’inquiète qu’on va se remettre. On va continuer à aller dans des bars, à se promener dehors, à aller à des concerts, à sourire, parce que bordel, on est en vie et c’est déjà dingue.

Je ne connais qu’une chanson qui a le don de remettre les troupes d’aplomb, quelque soient les circonstances : Survivor, des Destiny’s Childextraite de l’album éponyme sorti en 2001. Parce que la colère saine dans les voix de Beyoncé Knowles, Kelly Rowland et Michelle Williams aide à se remettre debout, et à se dire qu’on va s’en sortir parce qu’on le veut et que rien ne pourra nous en empêcher. Le clip a mal vieilli passé les années 2000, et c’est tant mieux, ça pourrait même te tirer un sourire à l’occasion.

  • Un extrait à retenir :

« I’m a survivor (What?)
I’m not gon’ give up (What?)
I’m not gon’ stop (What?)
I’m gon’ work harder (What?) »

« Je suis un•e survivant•e (Quoi ?)
Je ne vais pas abandonner (Quoi ?)
Je ne vais pas arrêter (Quoi ?)
Je vais travailler encore plus dur (Quoi ?) »

Youssoupha – Viens

  • Pourquoi ?

Au fond, l’important, pour aller de l’avant, c’est d’être ensemble. D’essayer de se comprendre, de s’entendre, de se soutenir, de se motiver pour faire les choses. C’est important de parler d’unité, de fédérer les gens, et c’est précisément ce que fait le rappeur français Youssoupha à travers le titre Viens, sur son album Noir Désir en 2012. C’est avec cette injonction toute simple, que pourrait prononcer n’importe lequel de tes potes, qu’il invite les gens à se débarrasser des clichés qui leurs collent à la peau ou sont dans leur tête, à regarder les autres, bref à construire un monde un peu meilleur pour demain.

La chanson contient d’ailleurs un sample d’un autre titre qui lui ajoute comme un message supplémentaire, Le Combat Continue, d’Ideal J. C’est un peu ce qu’on a besoin d’entendre, qu’on nous prenne par le bras et qu’on nous remette dans le quotidien.

  • Un extrait à retenir :

« Viens on bouge
Viens on se débrouille
Viens on se concentre
Viens même on s’embrouille, si ça nous permet de nous comprendre »

Tiken Jah Fakoly ft. Soprano – Ouvrez les Frontières

  • Pourquoi ?

Il y a quelque chose qui trinque sacrément en ce moment, c’est la liberté. La nôtre, oui, et puis celle des autres aussi. On parle partout de « fermeture des frontières », de se replier sur soi et sur sa peur. Dans ce contexte, il me semble important de relayer une chanson qui parle d’ouverture aux autres : Ouvrez les Frontières, du chanteur de reggae Tiken Jah Fakoly et du rappeur Soprano, sur l’album L’Africain, sorti en 2009.

Les paroles sont on ne peut plus limpides : c’est un appel à la tolérance, à accueillir les autres continents, à la liberté pour tous les peuples. Des mots qui font aussi du bien, à ne pas oublier au milieu de l’actualité.

  • Un extrait à retenir :

« Ouvrez la porte
Ici la jeunesse s’essouffle
Ne vois tu pas que pour nous c’est vital
Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières
Laissez nous passer… »

The Beatles – All You Need Is Love

  • Pourquoi ?

Parfois, les déclarations d’amour ringardes, les câlins complètement cul-culs, les vieilles blagues moisies de la famille, les bisous baveux des gamins, ça peut faire du bien, même si en temps normal on s’en défie un peu. Les Beatles avaient un peu tout compris et ils ne sont pas fatigués : pour l’expliquer, ils n’ont utilisé que des mots simples, avec All You Need Is Love, coécrite par John Lennon et Paul McCartney en 1967.

À l’époque, la chanson est rapidement devenue un hymne du flower power et du peace and love. À l’heure d’aujourd’hui, ses cuivres ronflants ont quelque chose de rassurant pour la bonne humeur, et son message est globalement toujours valable.

  • Un extrait à retenir :

« All you need is love, love.
Love is all you need. »

« Tout ce dont tu as besoin, c’est d’amour, d’amour
L’amour est tout ce dont tu as besoin » (plus simple je connais pas)

Emilie Gassin – A Little Bit of Love

  • Pourquoi ?

Nous arrivons à la fin de cette playlist et je voulais une belle conclusion. Un truc qui vous redonne de l’espoir, avec de la gentillesse mais pas de niaiserie, qui permette de se quitter en douceur. C’est donc grâce à la chanteuse franco-australienne Emilie Gassin, sa guitare et son sourire communicatif que je peux le faire. Et à son titre A Little Bit Of Love, extrait de l’album Curiosity de 2015.

Cette chanson clôture la vidéo montée par ma très chère collègue et homologue Léa B. pour vous remonter le moral après le week-end éprouvant du 13 au 15 novembre. Et ce n’est pas un hasard. Ouais, je crois qu’un peu de love sera jamais de trop à l’avenir.

  • Un extrait à retenir :

« A little bit of love
Will never be wasted
A little bit more
Will not go astray
A little bit of hope
Will never be thrown »

« Un peu d’amour
Ne sera jamais perdu
Un peu plus
Ne partira pas en fumée
Un peu d’espoir
Ne sera jamais rejeté »

À lire aussi : Emilie Gassin – A little bit of love

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