Polaroid, Instax… par où commencer la photo instantanée ?

La photo instantanée, c'est vraiment chouette, mais ça peut être intimidant ! Polaroid, Instax, Impossible Project... Que signifient tous ces noms étranges, à quoi correspondent-ils, quels sont leurs secrets, quels sont leurs réseaux ? Chloé décrypte tout ça pour toi.

Polaroid, Instax… par où commencer la photo instantanée ?

La photo instantanée a ce pouvoir : elle rend les gens jeunes, beaux et swag tout en collant de bons gros hashtags #wokeuplikethis #blessed #effortless sur leur front.

À chaque fois que je vois des polaroids négligemment épinglés sur un tableau en liège, ou aimantés sur un frigo, j’ai l’impression que les modèles sont mille fois plus cool que moi. Le tout saupoudré d’un brin de nostalgie et de vintage.

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Malgré cette fascination, j’ai mis un petit moment à sauter le pas, car j’entendais dans ma tête la voix de ma maman qui répétait :

« Mais enfin, ça fait pas des images de bonne qualité ! Et puis ça coûte tellement cher, tu ferais mieux de mettre cet argent sur ton livret A ! […] Ah vraiment, ça valait la peine de t’acheter un reflex professionnel si c’était pour faire ça… »

Et comme toutes les mamans, elle a à moitié raison. Mais à moitié seulement.

La photo instantanée comme fabrique du regard

Pourquoi ce titre digne d’une sous-partie de thèse ? Parce que la photo instantanée, c’est un objet esthétique à part entière, avec sa beauté propre (je ne te refais pas le paragraphe sur la swagisation des gens par le pola, je pense que tu as saisi l’idée). Certes, c’est un budget, mais c’est aussi une manière inimitable de pratiquer la photographie.

Quand on shoote en numérique ou avec son téléphone portable, on consomme de la photo jetable, pas forcément indispensable. Une image ratée ? Ben c’est pas grave, on va en faire une autre.

Quand, au contraire, on va utiliser un film de 8 ou 10 instantanés avec un certain coût, chaque photo est importante. Chaque vue représente un compte à rebours avant la fin de la pellicule… Et donc, un choix.

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Double Polaroid SX70 par Sophie Thouvenin

La conscience de cette limite impose forcément de se recentrer sur les images qu’on a vraiment envie de faire. Elle exige aussi d’apprendre de ses erreurs, de ressentir l’instant parfait, le moment juste pour déclencher la prise de vue.

En te mettant à la photo instantanée, tu montes donc ton niveau d’exigence vis-à-vis de toi-même… Et forcément, tu progresses.

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Polaroid, une page d’histoire de la photo instantanée

Maintenant que tu es convaincu•e, il te reste à t’équiper. Dans le temps, c’était un peu plus simple, Polaroid détenait globalement le monopole de la photo instantanée… À tel point que le nom de la marque est désormais presque devenu un synonyme de cette technologie.

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Souvenir d’un temps où on n’avait peur ni des arcs-en-ciel à toutes les sauces, ni des sweats Fido-Dido, ni du fard à paupière fuschia en guise de blush.

Dès 1948, la société commercialise un procédé révolutionnaire qui permet d’obtenir sa photo à peine une minute après la prise de vue. Et laisse-moi te dire qu’à une époque où il fallait normalement prendre le temps de développer une pellicule puis d’en faire des tirages avant de pouvoir voir ses images, Polaroid présentait là une véritable révolution !

Mais en 2007/2008, notamment avec l’apparition du numérique, l’entreprise périclite. Peu à peu, elle arrête la production de ses films et appareils instantanés argentiques pour proposer des produits numériques à la place.

Le marché de la photo instantanée bat de l’aile pendant un petit moment, mais peu à peu, deux concurrents émergent : Impossible Project et Instax. Si aujourd’hui tu te dis « je veux me mettre au Polaroid ! », c’est donc du côté de ces deux marques que tu dois regarder.

Et je vais t’aider à y voir plus clair pour faire ton choix !

Impossible Project, l’instantané artistique

Impossible Project a repris la fabrication des films Polaroid vers 2010, ce qui lui a donné une grosse longueur d’avance sur son concurrent Instax. C’était tellement la joie et le soulagement parmi les consommateurs ! Fab en avait d’ailleurs parlé ici à l’époque.

Malheureusement, certaines des ressources de Polaroid n’existant plus (notamment en termes de machines), l’entreprise a donc dû travailler en profondeur pour recréer des produits satisfaisants…

Ce faisant, Impossible Project a récupéré un marché de passionnés, pour la plupart déjà équipés, et pour bon nombre à la recherche de rendus artistiques… Et s’est ainsi débrouillé pour devenir l’héritier direct de Polaroid.

Un petit film sur ce qu’il se passe dans les usines Impossible Project.

Voilà ce que tu dois prendre en compte si tu veux te fournir chez Impossible Project :

  • Format : 7,9×7,9 cm pour l’image seule, 8,8×10,7 cm en comptant le cadre. C’est le format Polaroid classique.
  • Appareils : LE gros avantage des films Impossible Project, c’est qu’ils fonctionnent avec presque n’importe quel appareil Polaroid d’occasion que tu pourras acheter sur Ebay, Le Bon Coin ou au vide-grenier du quartier…
    De nombreuses personnes revendent leurs vieux appareils pour une bouchée de pain, c’est donc très économique. Et contrairement aux idées reçues, certains de ces modèles sont vraiment de très bonne qualité et produisent d’excellentes photos.
    Impossible Project commercialise trois types de films : les 600, SX-70, et Spectra/Image. Si tu veux vérifier que l’appareil que tu convoites est compatible avec l’un de ces trois formats, tu peux regarder dans cette super base de données.
  • Films : les films Impossible Project intègrent la batterie qui sert à faire fonctionner l’appareil. Ils sont assez coûteux : pour un film de base, on compte 20 € pour 8 photos.
    La force de la marque est cependant de proposer des variantes très arty : photos à cadres ronds ou colorés, pellicules aux chromies particulières, noir et blanc, photos éphémères qui s’assombrissent peu à peu jusqu’à devenir complètement noires…
    C’est donc le produit parfait pour expérimenter et se laisser surprendre par le charme de la photo argentique ! Grosse ombre au tableau cependant : la chimie des films n’est pas toujours bien maîtrisée, il arrive souvent qu’une partie des images du film soit abîmée, pas stable, voire complètement ratée…

Instax, l’instantané facile

La marque Fujifilm a lancé ses produits Instax en 1998, mais a connu un essor important entre 2008 (fermeture des usines de films Polaroid) et 2010 (lancement d’Impossible Project), où elle avait le monopole de la photo instantanée.

Instax se décline en deux gammes distinctes : Mini et Wide (c’est-à-dire large). Les films et les appareils utilisés sont différents selon ce que tu choisis. Car oui, parfois, la taille c’est important.

Si Impossible Project mise tout sur l’aspect artistique, Instax insiste au contraire sur la simplicité d’utilisation de ses produits, comme dans cette pub horriblement mignonne :

« Salut, j’ai 5 ans, je fais des photos et je pète la classe. »

  • Format : Instax Mini : 6,1×4,6 cm pour l’image seule. Instax Wide : 9×6,2cm pour l’image seule. Un format carré est actuellement à l’étude chez Fujifilm (yay !).
  • Appareils : tu peux acheter un Instax Mini neuf à partir de 79,90 €. Pour un Instax Wide neuf, c’est à partir de 129 €. D’autres modèles plus élaborés sont disponibles, mais on reviendra dessus en fin d’article !
  • Films : le choix n’est vraiment pas très étendu pour le moment. Les Instax Mini devraient arriver incessamment sous peu en noir et blanc, mais pour le moment la seule variante proposée concerne les motifs du cadre autour de la photo.
    Pour un film de base, il faut compter 10,99 € pour 10 photos en Instax Mini. Côté Instax Wide, le film est à 11,99 € pour 10 photos, et aucune variante n’est disponible.
    Attention, ces films ne sont pas compatibles avec des appareils Polaroid « classiques », les films Wide doivent s’utiliser avec des appareils Wide, et les Mini avec des Mini (ça paraît évident comme ça, mais ça va mieux en le disant).

Vers des appareils plus sophistiqués

Quand on parle de photo instantanée, on imagine souvent des appareils pas trop prise de tête, au fonctionnement rapide et intuitif… Et donc aux options limitées. Mais fichtre non, figure-toi que tout est possible, que ce soit en Instax ou avec Impossible Project !

Si tu veux mettre à profit toutes tes connaissances techniques pour maîtriser parfaitement le rendu de tes images, voici quelques appareils qui devraient faire ton bonheur…

Compatible avec les films 600, il a néanmoins aussi sa propre gamme dédiée, la I-type, qui est légèrement moins chère (18 € pour 8 photos). En effet, comme le I-1 a sa propre batterie, pas besoin de l’intégrer dans la pellicule…

Le côté « ah mais c’est pas con ça » du I-1, c’est qu’il fonctionne de pair avec une appli smartphone, qui te permet de déclencher à distance et te donne accès aux contrôles manuels (ouverture et vitesse) de l’appareil. Il te permet aussi de tenter des trucs foufous, comme le light painting ou la double-exposition (c’est-à-dire combiner deux photos sur la même image !).

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Il est aussi équipé d’un ringflash, ou flash annulaire, qui n’est pas une lumière à se coller sur le doigt (lol), mais un cercle lumineux qui entoure l’objectif. Ça permet de faire de jolis reflets dans les yeux, de limiter les ombres et aussi d’éclairer de petits objets.

Côté sous, en revanche, t’as intérêt à avoir un Papa Noël qui aime le bling, parce qu’il faudra débourser 349,99 €. Argh.

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Tous mes espoirs reposent sur toi, gentil Papa Noël.

Pour Instax, il faudra surtout se tourner du côté de Lomography pour trouver des appareils qui déboîtent. La marque commercialise les Lomo’Instant, condensés de joliesse et de performance.

  • Si tu es plutôt « Mini », tu peux opter pour un simple Lomo’Instant, décliné en plein de couleurs et motifs pas dégueu (et en plus y a des promos en ce moment). Compte environ une centaine d’euros pour l’acquérir.

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En voilà un Mini Mignon !

  • Sinon, en ce moment, Lomography planche aussi sur une déclinaison plus performante de cet appareil Mini, à savoir le Lomo’Instant Automat. Celui-ci propose un mode automatique plus sophistiqué, ainsi qu’une télécommande qui te permet de prendre des selfies, ou de déclencher tout en buvant un bubble tea à quelques mètres de ton appareil. Le Kickstarter pour le financer s’achève ce mercredi. Et donc, si tu veux profiter du prix spécial crowdfunding (à savoir 112$, avec des cadeaux bonus en plus), il est temps de foncer !
  • Si tu préfères le format large, le Lomo’Instant Wide est fait pour toi ! Personnellement, c’est celui que j’ai choisi et je l’aime d’amour. Il coûte environ 200 €.

autoportrait-lomoinstant-wideCoucou, tu veux voir mon Lomo’Instant Wide ?

Quelques points forts de la gamme instantanée de Lomography : la grande ouverture, le flash intégré débrayable, les objectifs interchangeables, le mode B (qui permet de garder l’obturateur ouvert aussi longtemps que tu le souhaites, par exemple pour faire du light painting), les filtres colorés pour faire des photos marrantes, la possibilité d’expositions multiples et le mode automatique qui gère efficacement la lumière à ta place (Wide et Automat uniquement).

  • Enfin, dernière option un peu chic pour les adeptes de l’Instax, le Sofort, qui devrait sortir le mois prochain.  Si tu ne connais pas encore Leica, sache qu’il s’agit d’un constructeur absolument mythique, à l’origine de grands appareils (notamment de reportage) qui ont marqué l’histoire de la photographie. Le Sofort est le tout premier appareil photo instantané de chez Leica et il fonctionnera avec des pellicules Instax mini.

leica-sofort-menthe-instaxOuh qu’il est mignon, ouh qu’il est vintage.

Ses points forts : SES COULEURS FORMIDABLES (y a du orange et du menthe, autant te dire qu’on m’a perdue), ses différents modes automatiques (auto, selfie, fête, action, pose longue, surimpression), son retardateur. Et peut-être les futurs films que Leica annonce préparer dans ses usines… Le prix ? 279 €.

Ça y est, te voilà paré•e pour le monde impitoyable de la photo instantanée et du compte en banque vidé. Mais dis-toi que la compensation en vaut la peine, puisque tu accéderas enfin au monde des gens que je trouve trois fois plus stylés que tout le monde quand ils s’affichent en polaroids sur leurs frigos.

Et si, vraiment, la photo instantanée te paraît trop risquée, il te reste toujours la solution des imprimantes portables

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Misara
    Misara, Le 4 octobre 2016 à 13h12

    J'ai reçu un Fujifilm Instax mini il y a 3 ans ...
    Surnommé Polo, je l'aime d'amour ! Ca fait 3 ans que je fais des albums annuels. Il y a seulement 3/4 photos par événements / soirées / visites / manifestations mais ca me fait toujours plaisir de savoir que j'ai capturé quelques secondes d'un moment appréciable.

    Je suis partie à Rome pour une semaine en mai. Je n'ai quasi pas pris de photos avec mon téléphone. En revanche, j'ai grillé 4.5 cartouches de Polo. Aucun regret de devoir rajouter un budget Polo pour les vacances ^^ Certes, la qualité des photos n'a rien à voir avec le reflex de mes parents mais il y a un coté sentimental qui manque à leurs photos.
    J'ai pris mon temps pour prendre LA photo du Colisée, LA photo du plat du soir (l'assiette ou la glace entourée des photos du jours avec les éventuels souvenirs), LA photo du Vittoriano etc C'est tellement agréable de prendre son temps !!!

    Par contre, comme Lily Putienne, je peste contre le flash automatique qui empêche de prendre des photos dans les musées où elles sont autorisées sans flash !! Du coup, pour mon anniversaire, j'envisage de faire les yeux doux pour l'instax mini 70 ou même le 90 ...

    Sinon, petite astuce sur amazon ou Hema, on trouve 2 cartouches pour 15€ ... (et leurs albums photos sont géniaux. Notamment un basique marron qui a de graaaaandes spirales. Ca permet de coller plein de trucs à coté des photos ... Si j'étais plus douée, je dirai que grâce à Polo, je me suis lancée dans le scrapbooking lol)

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