Pourquoi les petites filles veulent-elles « être sexy » ?

Pondu par Justine_ le 23 juillet 2012     

Cette semaine, Justine se penche sur la sexualisation des fillettes et sur le rapport qu’elles entretiennent avec leur apparence.

Souvenez-vous, en mars dernier, la plume virevoltante de Laystary revenait sur le rapport de Chantal Jouanno à propos de l’hypersexualisation des petites filles.

Une étude publiée ce mois-ci apporte quelques éléments de plus au débat (source : Live Science) : selon les conclusions des psychologues Christine Reuter Starr et Gail Ferguson, même à l’âge de 6 ans, les filles se percevraient déjà comme des objets sexuels.

L’étude : poupées en papier et perceptions des fillettes

Les chercheuses ont mené leur étude auprès de 60 fillettes âgées de 6 à 9 ans, « recrutées » au sein de deux écoles publiques et d’un studio local de danse.

À ces petites filles, l’équipe de recherche a montré deux poupées en papier, l’une vêtue de vêtements « sexy » et de collants, l’autre habillée avec des vêtements couvrants (mais suivant la « mode » du moment).

Les fillettes ont ensuite dû choisir la poupée qui :

  • leur ressemblait,

  • avait l’air de ce qu’elles-mêmes voudraient avoir l’air,

  • était la fille populaire de l’école,

  • était celle avec qui elles voudraient jouer.

Crevons le suspense insoutenable : les fillettes interrogées choisissent plus souvent la poupée « sexy » au détriment de l’autre, et les résultats sont significatifs pour deux des quatre items – 68% d’entre elles considèrent que la poupée sexy a une apparence qu’elles-mêmes souhaiteraient avoir et 72% pensent qu’elle est plus populaire que la poupée « non sexy ».

Valoriser les figures « sexy » à 6 ans : pourquoi ?

Pourquoi des fillettes hautes comme trois pommes valorisent-elles une poupée « sexy » ? Pourquoi souhaitent-elles lui ressembler ?

Selon Christy Starr (qui s’avoue surprise par le fait que des enfants puissent choisir une poupée sexy comme « figure idéale »), filles et garçons confondus souhaiteraient atteindre la popularité parce que celle-ci apporterait un bon paquet d’avantages sociaux (et elles et ils en seraient relativement conscient-e-s). Et pour atteindre le Graal de la popularité, les filles penseraient qu’il leur faut paraître « sexy » – de 6 à 9 ans, elles auraient donc déjà intériorisé ce que « la société » impose aux femmes et pratiqueraient une « auto-objectivation » (c’est-à-dire se percevraient elles-mêmes comme des objets, usant d’une apparence pour atteindre un statut socialement valorisé).

La question n’est pas de déterminer si oui ou non les figures « sexy » (du moins auxquelles on attribue le terme « sexy ») devraient être valorisées/valorisables (un petit tour vers l’article de Lady Dylan sur le slut-shaming), mais de comprendre pourquoi de si jeunes filles considèrent leur corps comme un objet devant être sexualisé

Les chercheuses en profitent pour souligner que l’équation sexy = populaire n’est valable que pour les filles (entendons-nous bien : les garçons sont soumis à d’autres diktats – pas nécessairement plus reluisants).

Quelques facteurs influençant les filles interviewées

Pour creuser leurs constatations, Starr et son équipe ont tenté d’identifier des facteurs qui pouvaient éventuellement influencer les petites filles dans leurs choix.

  • L’influence du sport

Parmi les petites filles interrogées par l’équipe de psychologues, celles fréquentant le studio de danse choisiraient la poupée non sexy plus souvent que les autres fillettes – ce qui, selon les chercheuses, montrerait que pratiquer un sport pourrait permettre une meilleure appréciation, une meilleure image de leurs corps.

Même si d’autres études observent plutôt que les jeunes filles pratiquant un sport « esthétique » (notamment la danse) se soucieraient plus de leurs poids que les autres, Starr et Ferguson postulent que le sport pourrait renforcer la conscience que notre corps peut être utilisé pour autre chose, ne servirait pas simplement à « paraître sexy » aux yeux des autres, ce qui pourrait aider à protéger les petites filles d’une auto-sexualisation.

  • L’influence des médias combinée à celle des mères

Lorsque l’on aborde le sujet de l’hypersexualisation des petites filles, les médias sont souvent les premiers blâmés. Néanmoins, pour les auteurs de l’étude, cette chasse aux sorcières serait trop simple : l’influence seule des médias ne pourrait pas suffire à expliquer les attitudes des individus (ça va mieux en le disant).

Par exemple, si les filles sont friandes de télévision et de films et que leurs mères ont elles-mêmes tendance à se percevoir comme des objets (en s’inquiétant de leurs vêtements et apparences plusieurs fois par jour), alors elles montreront effectivement plus de tendances à se considérer comme des objets.

En revanche, lorsque les petites filles regardent beaucoup de télévision mais que ce temps est utilisé par les mères de façon éducative et pédagogique, l’effet est contraire : les enfants n’auraient plus tendance à s’objectiver. Autrement dit : les explications maternelles font office de facteur de protection face à ce que les fillettes regardent et entendent.

Il semblerait également que les croyances religieuses joueraient un p’tit rôle là-dedans : les filles consommatrices de médias et ayant des mères croyantes semblent protégées contre l’objectivation et la sexualisation d’elles-mêmes – selon les chercheuses impliquées dans l’étude, la religion apporterait d’autres modèles, qui viendraient contrebalancer ce qui peut être véhiculé dans par la télévision. À l’inverse, lorsque les filles ne regardent pas beaucoup la télévision et qu’elles ont des mères croyantes, elles déclarent plus souvent vouloir ressembler à la poupée « sexy » – comme si, alors qu’elles sont hyperprotégées et sous-exposées aux messages transmis, elles idéalisaient en réactance ce qui leur est interdit.

Christine Reuter Starr tient à ne pas jeter l’opprobre sur les médias et à ne pas accuser non plus le « sexiness » : il n’y a rien de mal à ce que certains médias montrent une image « sexy » des femmes, mais elles devraient être aussi souvent montrées dans d’autres rôles… Et les médias véhiculant d’autres images devraient être largement encouragés et soutenus.

Pour la chercheuse, les résultats de l’étude ne sont finalement pas si incohérents : si la société et les femmes elles-mêmes considèrent que leur apparence est plus importante que toute autre « qualité » potentielle, si l’on montre quasi systématiquement les femmes de manière sexuelle et objectivée, comment les petites filles pourraient-elles croire autre chose ?

L’étude de Starr et Ferguson a ceci de positif qu’elle mentionne les facteurs sur lesquels nous pourrions agir (mais à une échelle individuelle… si je peux me permettre d’y mettre mon grain de sel : non seulement ça n’est pas vraiment suffisant, mais ça peut aussi être très culpabilisant) : selon elles, les parents pourraient « faire quelque chose » pour protéger les fillettes.

Pour conclure, Christine Reuter Starr reconnaît s’être centrée sur l’influence des mères, sans aborder celle des pères (la chercheuse supposant que les filles prendraient plus souvent comme modèles leurs mères que leurs pères)… Il y a pourtant fort à parier que leur influence sur leurs propres filles est tout aussi forte (non mais ho) et que l’étude de Starr aurait gagné à s’y intéresser.

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  1. GaeguriGaeguri

    Le 23 juillet 2012 à 17:07

    Posted by Angeluna
    Une école a voulu mettre le hola en interdisant certaines choses et des parents osent s'offusquer.. faut arrêter 5 minutes ! si un jour ( et je ne leur souhaite pas) il arrive un malheur à une gamine, faudra pas non plus aller chercher bien loin

    on va me trouver peut être extrême mais bon j'assume



    Excuse moi, mais :oo:.
    (à moins que je n'aie pas tout compris, ce passage en gras m'attriste vraiment).
  2. ApaloosaApaloosa

    Le 23 juillet 2012 à 18:34

    Justine, je pense que le mot que tu voulais utiliser tout au long de l'article est "réifier" (du latin "res", la chose), et non objectiver qui signifie "rendre objectif", et non "transformer en objet" comme on pourrait le croire :p
  3. MaryOhMaryMaryOhMary

    Le 23 juillet 2012 à 19:02

    Posted by Apaloosa
    Justine, je pense que le mot que tu voulais utiliser tout au long de l'article est "réifier" (du latin "res", la chose), et non objectiver qui signifie "rendre objectif", et non "transformer en objet" comme on pourrait le croire :p


    Voilà, merci! ça me choquais aussi.

    Posted by Maverick
    Mais ce sont quand même deux messages contraires, que tu passes de l'un à l'autre doucement ou brusquement la finalité est la même.
    L'argument "c'est trop connoté sexuel" est quand même très bancal.
    Pourquoi une jupe courte serait plus sexuelle quand elle est en taille 10 ans qu'en taille 16 ans ?


    Ce que tu tentais de dire est donc ce qu'à dit Opium plus bas? là, d'accord, je comprends mieux, désolée, miscomprehension! :) Cependant, juste pour bien préciser, ces deux messages ne sont pas contraires, ils ne s'opposent pas. Ils sont une évolution de la même idée : la vie sexuelle doit être une chose safe et fun, et pour se faire, une femme ne doit pas se vendre, une enfant encore moins. Et il y a un a un âge pour tout…
    Je pense qu'on était d'accord mais je précise au cas où :)

    Posted by Minimou
    Après avoir lu vos messages,je continue de penser que les talons et les strings ne devraient pas être portés par de trop jeunes filles. Par contre je pense que c'est une erreur de vouloir interdire certaines tenues sous prétexte de sexualisation. Une fillette de 8/10 ans peut très bien porter une mini jupe. De même je me souviens avoir eu une paire de chaussures à talons quand j'avais une dizaine d'année, je voulais faire la "dame", je les portais lors de certaines occasions et je ne pense pas que c'était une façon d'être sexualisée. Le contexte est très important : une petite fille en robe et maquillée pour un mariage, je ne la vois pas de la même façon qu'une autre qui défile pour un concours de mini miss.

    C'est le comportement allant avec qui fait qu'il y a ou non un problème. Et il me semble que la situation est la même pour les adultes : je peux choisir de porter une minijupe sans pour autant vouloir me montrer de façon sexy et je peux être hyper sexualisée et aguichante en portant un pantalon.

    Je pense que le regard que nous portons sur les autres joue plus que l'image que nous voulons donner.


    Je pense qu'une gamine peut tout à fait porter une jupe courte! Mais pas de la même manière qu'une adulte, c'est tout.


    Posted by renny
    en quoi consistent tes cours sur le developpement infantile?
    as-tu deja été prof? ou meme surveillante?
    on nous donne peu de directive au sujet des habits des eleves, la seule étant que ce soit décent.
    j'ai vu plusieurs jeunes filles venues en short débardeur se faire renvoyer chez elles pour s'habilller autrement.
    considérez vous que ce n'est pas normall que la société impose ses codes ou au contraire que c'est heureux?


    J'ai filé des cours privés ou en petits groupes, hors institution, donc je n'ai pas eu à faire face à ce genre de cas dans le cadre purement scolaire, personnellement. Mais j'ai vu des élèves renvoyés chez eux quand j'étais au collège. Après, je sais bien que les instructions sont vagues…les limites le sont aussi, finalement.
    Mais je ne parlais pas seulement de ça, mais aussi de la médiation avec les parents au primaire ou collège. C'est à dire, lorsque qu'un comportement "dangereux" est détecté (string, sexualisation comportementale ou autre), qu'un dialogue soit mis en place avec les parents et l'enfant…
    Après, tout cela n'est que pure théorie. Mais il me semble que ça coule de source. C'est, pour moi, aussi le rôle des enseignants.
    Pour ce qui est de mes cours, j'ai de la psycho du développement pur, mais aussi de l'étude de la construction identitaire et de l'étude de la relation élève/entourage. Globalement, on se base plus sur la pédagogie pure, mais ce genre de sujets est très souvent abordé. Heureusement!
    Quant aux codes…toute société en a. C'est un des fondements même de la société. ça fait sa particularité. C'est un besoin anthropologique. Là où le bas blesse, ce sont nos codes à nous, français, qui nous imposent qu'une femme portant mini-short ET talons est forcément une salope. C'est d'ailleurs très dichotomique. Alors que ce genre de choix vestimentaire est condamné et classé directement => Slut, on met permet à nous petites de porter strings, microshorts et talons.
    (D'ailleurs, j'étais tout à fait d'accord avec toi, au sujet du Slut Shamming. On nous impose des codes, à nous de faire avec. Et le choix des mots "assumer" et "vulgaire" était, à mon sens, tout à fait approprié. :) )
  4. EurylaimeEurylaime

    Le 24 juillet 2012 à 02:06

    si l’on montre quasi systématiquement les femmes de manière sexuelle et objectivée, comment les petites filles pourraient-elles croire autre chose ?

    Cette phrase m'a interpellée.
    J'ai remarqué depuis enfant qu'on traite les femmes de manière sexuelle et objectivée (réifiée faut-il dire?). J'ai pris connaissance de tous les gros clichés associés "la parfaite ménagère", etc, etc. J'ai grandi en ayant connu des personnes machistes, sexistes enfin bref.

    Mais j'ai grandi avec l'idée suivante dans la tête "m'affirmer en tant qu'un individu". C'est vague comme expression, mais j'ai jamais eu l'idée d'être pressée de vouloir être une femme, d'être sexy, enfin être vu de manière sexuelle, malgré l'image des femmes qu'on nous véhicule. Je suis une fille, okay c'est bien, mais j'ai jamais pensé à me réaliser en tant que fille, et avec tous les clichés associés qui peuvent mener à l'hypersexualisation. Pire, dans ma vie, je n'ai d'ailleurs aucune discussion "de fille" ; je n'y participe pas et je les évite. Parce que je considère que je ne suis pas QUE une fille. Alors je déteste participer à toutes les discussions "de filles", où je serais écoutée et reconnue seulement en tant que fille. (Après peut-être que j'ai une fausse idée de ce que sont les discussions de filles, me direz-vous). Je suis autre chose aussi, et tout ce que je désigne par "autre chose" est de plus grande importance pour moi.
    Moi j'ai cru en autre chose. Je ne comprends toujours pas très bien comment cela s'est produit. J'ai aussi regardé des émissions débiles à la télé…Mais pas que. J'ai eu des poupées (bon ce n'étaient pas des barbies), mais aussi des jouets non genrés comme les jeux de construction, J'ai porté des vêtements qui ont appartenu à des garçons comme j'ai porté des robes. Peut-être que ça a joué.
    Je pense que si les gens ne se considérerait pas réduit à leur sexe, ça irait mieux !
  5. AngelunaAngeluna

    Le 24 juillet 2012 à 11:37

    Posted by Gaeguri
    Excuse moi, mais :oo:.
    (à moins que je n'aie pas tout compris, ce passage en gras m'attriste vraiment).


    je me suis sens doute un peu mal exprimée et ai voulu faire court ( peut être ne seras tu pas d'accord avec moi) : mais actuellement on est dans une société où il se passe beaucoup de choses horribles et pour un prédateur, voir une gamine habillée avec des vêtements sexy ( porter des strings notamment parce que j'en vu des gamines de 10 ans avec ) ça ne va pas réfréner leurs ardeurs : je ne défends en aucun cas ces prédateurs et je ne dis pas non plus de tout le temps s'habiller en pantalon et col roulé

    Enfin peut être est-ce là un autre débat


    en tout cas je réaffirme mon opinion en disant que le maquillage, talon et autres vêtements sexy n'est pas adapté à une petite fille
  6. GaeguriGaeguri

    Le 24 juillet 2012 à 14:28

    Posted by Angeluna
    je me suis sens doute un peu mal exprimée et ai voulu faire court ( peut être ne seras tu pas d'accord avec moi) : mais actuellement on est dans une société où il se passe beaucoup de choses horribles et pour un prédateur, voir une gamine habillée avec des vêtements sexy ( porter des strings notamment parce que j'en vu des gamines de 10 ans avec ) ça ne va pas réfréner leurs ardeurs : je ne défends en aucun cas ces prédateurs et je ne dis pas non plus de tout le temps s'habiller en pantalon et col roulé

    Enfin peut être est-ce là un autre débat


    en tout cas je réaffirme mon opinion en disant que le maquillage, talon et autres vêtements sexy n'est pas adapté à une petite fille



    Je suis tout à fait d'accord avec toi quand tu dis être conte l'hypersexualisation des petites filles.
    Néanmoins, je ne suis pas d'accord quand tu dis que les vêtements ont une influence sur le comportement du violeur / agresseur potentiel (j'aime pas parler de prédateur, je trouve que ça déshumanise totalement @Shield m'a devancée :D). Combien de filles pourront te dire que lorsqu'elles ont été emmerdées, elles étaient en pantalon/pull? Un viol, des attouchements, sont une forme de violence: parler de prédateur, je trouve que ça renvoie un peu au mythe des désirs inassouvis des hommes qu'il ne faut surtout pas provoquer en s'habillant sexy (je grossis le trait volontairement).
    Je vais parler de mon expérience: quand j'ai été au collège, j'ai été victime d'attouchements par un garçon plus âgé. Ce n'était pas "sexuel", mais il était avec ses copains, voulait me faire peur (ce qu'il a réussit).
    Je ne veux pas faire de généralités, mais pour moi l'équation "prédateur sexuel" = ne peut pas se contrôler = "provocation" créée par les vêtements sexy ou non de petites filles est réductrice. L'hypersexualisation des petites filles est un autre problème.
  7. Justine_Justine_

    Le 24 juillet 2012 à 15:30

    Posted by Apaloosa
    Justine, je pense que le mot que tu voulais utiliser tout au long de l'article est "réifier" (du latin "res", la chose), et non objectiver qui signifie "rendre objectif", et non "transformer en objet" comme on pourrait le croire :p


    Merci pour ton intervention, c'est gentil de relever :)

    En fait, je me suis un peu trituré la tête pour traduire le terme utilisé par l'article… Je voulais dire "objet" en opposition à "sujet" : les filles/femmes se perçoivent comme des "objets", mais pas comme des "choses" (du moins c'est de cette manière que je l'ai saisi) ==> du coup, j'ai opté pour "objectiver" pour dire qu'elles ne se perçoivent plus comme sujets; mais finalement, c'est peut-être un terme maladroit et p'têtre bien aussi que je me pose des questions là il n'y en a pas -_-



    Pour revenir au débat : l'étude ne porte pas du tout (du tout) sur "ce que doivent porter les petites filles", mais sur les facteurs qui peuvent moduler leur perception d'elles-mêmes. La chercheuse à l'origine de l'expérience souligne d'ailleurs qu'il n'y a aucun mal au "sexiness"…
    Et je rajoute juste mon grain de sel : les personnes ayant subi des viols/attouchements/sévices sexuels n'ont rien à se reprocher, rien, ni leur façon de se vêtir, ni leur façon de se comporter.
    Et comme ils disent: "short skirts don't rape. Rapists rape." !
  8. Lux[Anne]Lux[Anne]

    Le 24 juillet 2012 à 18:02

    Ce qui est choquant aussi c'est tout ce mélange sphère privée/sphère publique. Ma mère par exemple est très choquée par le fait de voir des adolescentes et parfois des femmes en mini short et mini débardeur en ville. Mais ça ne lui viendrait jamais à l'idée de critiquer quelqu'un qui s'habille comme ça à la plage ou à la maison. Ce sont des mondes séparés.

    A l'école, elle nous interdisait de mettre des débardeurs. Elle sentait qu'on voulait en porter pour plaire et nous disait que ça n'avait rien à faire avec le monde de l'école. Elle ne nous a jamais parlé d'une espèce de danger à s'exposer aux yeux des hommes ainsi car ça n'a tout simplement rien à voir.

    Maintenant, la séduction et la sexualité s'invitent partout. On cherche à séduire et à plaire en permanence. Et quand je dis on, j'entends les femmes (quoique, certains hommes semblent s'engouffrer dans la brèche). Malheureusement, il me semble que cela soit un diktat de société, où une femme n'est pas une femme quand elle ne cherche pas à se mettre en valeur.

    Le vrai problème n'est pas le vêtement en lui-même, mais le fait qu'il subvertisse des lois qui sous-tendent la société. Par exemple : on ne pisse pas en publique (sauf peut-être les enfants, et encore). Se sont des lois de "bienséance" qui nous permettent aussi d'être civilisés et de ne pas se reproduire tous ensemble dans la rue. Les vêtements, ça serait génial de ne pas en porter, mais alors il faudrait que les mentalités évoluent et que je corps féminin ne soit pas systématiquement relégué au rang d'objet de désir. On en est loin.

    On a deux choix de société : soit on désexualise des corps et les fillettes s'habillent comme des poupées si elles le veulent (ça ne choquerait personne), soit on respecte des règles plus où moins floues qui permettent de conserver la sexualité dans la sphère privée comme on l'a toujours fait (règles qui soit dit en passant sont toujours subverties par la générations suivante, dans un sens ou dans l'autre -> il n'y a qu'à regarder les femmes voilées de la tête au pied pour se convaincre que la bienséance c'est aussi une question de point de vue).

    Et enfin, pour finir cet interminable post, il faut aussi se demander pourquoi ces petites filles pensent tellement à briller par l'apparence au détriment d'autres aspect moins primaires de leur personnalité. Quand j'étais en primaire, c'était les filles sportives qui jouaient avec les garçons qui étaient vraiment populaires, je ne sais pas si c'était mieux mais ça avait le mérite de ne pas être si superficiel.
  9. BigornetteBigornette

    Le 26 juillet 2012 à 14:30

    Bon ce que je vais vous dire a un rapport au sujet un petit peu poussé à l'extrême.. Barbie, notre poupée préférée (enfin je veux dire la poupée la plus rependue dans les jouets des petites filles de chez nous et d'ailleurs) ne véhicule-t-elle pas une image trop cliché de la femme? Mensurations imaginaires, tenues très courtes, situations "clichés" pour les filles ''Barbie cuisine"/ "Barbie Maman" etc. Bref cet éclair m'est venue en tombant sur une femme russe qui s'est entièrement faite refaire pour avoirs les mensurations exactes de la Barbie (à l'échelle humaine je vous rassure! :lol: ) Je vous laisse ce lien, une photo de dos assez déconcertante + Photos 2 | Facebook
    et vous pourrez ainsi voir le reste de cette bizarrerie… Tout ça pour vous dire que malheureusement, la société aussi nous envoie des message de femmes parfaite dès notre plus jeune age, ça ne veut pas dire que je souhaite à tout parents de supprimer ces jeux, c'est juste une remarque, une question: "Avons-nous finalement le choix?"
    A méditer!!
  10. VIIVII

    Le 29 juillet 2012 à 12:51

    Posted by renny
    je te rassure tres peu sont renvoyés, ds une année scolaire, et ils appellent les parents au préalable, pour justement ne pas laisser l'eleve a la rue hein.
    le souci, comme j'ai deja dit, c'est que le temps imparti aux profs et au personnel scolaire ne suffit pas pour consacrer un débat sur l'hypersexualisation.

    et je pense que l'hypersexualisation n'est pas QUE dans le regard des jeunes garçons, certaines filles aiment provoquer ça(experience perso), parfois de super jeunes. qd une jeune fille de dix ans s'evertue a montrer sa poitrine -bien plus developpée que les autres filles de son age- au détriment de ses qualités humaines, y a AUSSI un probleme chez certaines filles.

    ce que je n'aime pas sur MAdemoizelle, c'est la propension a tenir tjs un meme discours: la femme est victime, l'homme est un porc.
    non, il y a des nuances, parfois on se rend pas compte que soi meme on peut renvoyer de mauvais signaux.


    J'ai pas l'impression que ce soit le discours femme=victime et hommes= porcs, au contraire c'est une construction structurelle, pas les hommes en soi.

    Pour la phrase que j'ai mise en gras, je ne comprends pas pourquoi elle aurait un problème, je veux dire, à 10 t'es un enfant et tu testes, c'est normal. Tu ne dis pas qu'un gamin qui fait un caprice a un problème si?
    C'est aux adultes, tous les adultes de dire a la gamine qu'elle abuse, c'est aux adultes de savoir que non elle ne le fait pas parce qu'elle veut baiser mais parce qu'elle a vu faire et juste elle le refait, et c'est aux adultes de faire comme si de rien n'était, parce que se dire qu'elle a un problème, qu'elle se sexualise exprès c'est plaquer des codes/ pensées d'adultes sur un gamin qui ne les connait pas. Et c'est encore aux adultes d'expliquer ses codes aux enfants plutôt que de considérer qu'un ado "fait sa pute" et est "une salope".
    En fait l'hypersexualisation est dans le regard des adultes à mon sens, les gamines maquillées en talon qui posent dans Vogue sont perçue comme des petites femmes et provoquent des réaction parmi les adultes, ces petites filles je pense qu'elles s'en branlent, et que c'est le regard des adultes sur elles qui pourrait faire des dégâts (pas mal de filles "développés tôt sont confrontées à ça et ne comprennent pas, puis elles comprennent que les adultes ont un truc avec leurs seins ou leurs fesses, puis les mettent en valeur etc). Je pense qu'on devrait, nous les adultes regarder un gamin comme un gamin, même si le gamin en question a l'air d'avoir 18 ans et a plus de seins, de fesses et de déhanché que je n'aurais jamais.

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