Pourquoi publier mon histoire avec lui ? Juste parce que des histoires ratées, des amours perdues, on en a tous connu et que ca fait tellement bien de ne pas se sentir seule dans ces moments-là. Lui, c'était pas ma première histoire d'amour, pas la plus longue non plus. J'ai appris que le temps ne compte pas toujours. Y a des personnes qu'on aimera jamais vraiment, d'autre avec qui tout vient lentement. Et il y a eu lui. Un feu de paille.
Au premier coup d'?il, c'était pas le coup de foudre. C'était un gars parmi tant d'autres, ça ne présageait rien de bon. Au premier mot, c'était différent. C'était l'humour, c'était le charme.C'était nouveau. J'avais quelqu'un à l'époque. En attendant mieux. Ca y est j'avais trouvé bien mieux. J'en étais sûre. Lui et moi ce serait beau et déjà en nous quittant ce soir-là, on s'embrassait. Dans ma tête, je m'imaginais ne lui faire qu'une fois la bise, le jour de notre rencontre, point. Il n'y aurait plus jamais autre chose. Naïveté d'adolescente de vingt ans. Croire au prince charmant. Le reconnaître en lui.
Lui, c'était pas ma dernière histoire d'amour mais dans ses bras, jamais je ne l'aurais imaginé. Il y a eu une semaine de doute. Sans trop savoir pourquoi, la peur de m'attacher à nouveau. Je le tenais à l'écart. Et lui tenait juste bon. Il sortait d'une histoire d'un an et demi et je craignais de ne pas faire le poids, manque de confiance en moi, c'est tout. Et puis le coup de foudre, ce soir-là, une semaine après, me demander pourquoi j'avais tant douté, c'était lui, c'était évident et j'était déjà éperdument amoureuse de lui. Mais certaines choses ne se disent pas. Ou pas encore.
Je me suis toujours attachée vite. Mais là, c'était plus que ça. Je sortais d'une histoire de trois ans et je n'avais jamais encore ressenti ça. J'ai découvert l'amour avec lui, à 19 ans passés. En même pas trois mois. Et je le remercie pour ça, seulement pour ça. Deux mois idylliques, jamais aucune dispute, la chaleur de l'été et celle de son corps, tout allait à merveille, je pensais naïvement avoir déjà beaucoup vécu du haut de ma majorité. Mais je savais rien, j'avais rien connu, ou seulement des faux semblants. Juste pour faire comme si j'étais amoureuse, comme si j'étais heureuse. Lui, c'était pour de vrai et ça changeait tout. Il m'aimait, je l'aimais. Un vrai petit couple.
Je m'installe dans son appartement, la plus belle bêtise de ma courte vie. J'crois que tout a dérapé à ce moment là. A trop se voir, je ne lui manquais plus, je l'étouffais sûrement, j'empiétais sur sa nouvelle liberté, il venait d'emménager seul et moi j'étais déjà trop dans ses murs. Mes affaires un peu partout, ça le bouffait, mais moi j'étais tellement bien, je m'en suis rendue compte trop tard. Et puis la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : ma jalousie. Son ex un peu trop présente. J'supportais pas, mais j'faisais des efforts. Lui, aucun. C'était le plus dur. J'lui en voulais de me laisser seule dans notre histoire, de ne pas voir le mal qu'il me faisait quand il passait des journées entières avec elle, moi au travail. J'trouvais ça immonde et lui juste normal.
Il hésite à rompre, je sens mon c?ur se fendre en deux. Moi et lui, terminé ? Impossible, nous c'est pour la vie, on se l'était promis, comme deux enfants on y croyait, moi sûrement plus fort. Il n'a pas le courage, on continue mais tout vacille, c'est trop tard, j'ferme les yeux, j'l'aime tellement, j'l'aime trop, j'en crève de savoir qu'il se pose toute ces questions. Une semaine qu'il réfléchit. Délivrance. Il me dit qu'il est sûr d'une chose, de moi. Je revis, je respire, je pleure. Week-end a Genève. Fabuleux, les retrouvailles, l'amour dans l'air et lui plus tendre que jamais. Les "je t'aime" sont revenus, ça fait un bien fou, je rayonne et j'crois que lui aussi. Je dois rencontrer sa mère le week-end d'après, un moment que c'est prévu.
La date approche. Il m'appelle le mardi. Le ciel s'obscurcit, j'crois mourir, encore. Il va trop loin, j'peux pas, j'peux plus. Il veut emmener son ex avec nous, parce que sa mère veut la revoir. Je crie, je hurle, je pleure, c'est pas possible, il peut pas m'imposer ca, s'il m'aime il doit comprendre, c'est trop dur, c'est impensable. Pour lui, c'est comme ça, elle viendra et si ça m'dérange, je n'ai qu'à pas venir, moi. Il raccroche. Mercredi, j'suis au travail, je l'appelle. Je lui dis qu'il faut qu'on parle, que j'passe à l'appartement le soir et que s'il veut pas faire d'effort on arrêtera là. J'parle toujours trop vite, j'l'aime comme jamais, j'veux pas le perdre, quitte à ramper par terre, à me mettre à ses pieds. Je rappelle, j'lui dis que j'étais énervée, que je veux pas que ça se termine. Il me dit que lui, il n'était pas énervé, qu'il pensait tout ce qu'il disait, c'est terminé.
Il ne changera plus jamais d'avis, je le savais à la première minute mais j'supplie, j'pleure pendant des heures au téléphone. Il dit des choses horribles pour me faire comprendre que plus rien ne sera comme avant. Rien à faire. On tire le rideau. Je ne l'embrasserai plus. Envie de me foutre en l'air en voiture. Il m'abandonne, lui qui avait dit qu'il serait toujours là. Un mois sans lui, j'men remets pas, j'fais semblant, des histoire ridicules. Pour combler son manque. Ca marche jamais longtemps. Dans mes rêves, c'est lui et en réalité, il est retourné avec son ex. Il veut me détruire. Il m'avait toujours juré que jamais il ne se remettrait avec elle. Les promesses ne tiennent qu'un temps. Je le hais autant que je l'aime. Je me persuade qu'il pense encore à moi pour adoucir ma peine, je saurai jamais si c'est vrai.
Et puis vient le temps des insultes, parce que j'ai jeté ses affaires sous le coup de la colère. Il me hait désormais. Pour trois cd et un short. J'ne comprends pas. Tant pis, il me déçoit, mais ça ne change rien aux sentiments. Je le revois deux mois après. Le choc. La dernière fois que l'on s'était vus, on s'aimait plus que tout et là... Plus rien. Pire que ça, la haine. Surtout de son coté. Allez comprendre. Il ne veut plus me parler, j'insiste pas mais j'souffre. Il ne m'aime plus, il ne m'apprécie plus, il ne me respecte plus. Après tout ce qu'on a vécu. Il n'est déjà plus avec son ex et ça me fait tellement sourire. C'est bête, mais lui et elle, c'était juste pour m'oublier et ça apaise un peu tout ça. Et moi j'oublie rien, deux mois après notre rupture. Tout est encore là. Sauf lui. Mais j'continue à vivre. Et je serai de nouveau heureuse. Bientôt.