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Irina Burlakova, née pour être nez

Interview d'une madmoiZelle qui a un métier pas comme les autres : elle est nez et son job, c'est de créer des parfums. Portrait.

Par Mademoiselle So, 25 ans, le 17 mars 2009
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3000. Trois mille, C'est le nombre de nez à travers le monde. Une grande famille dont Irina Burlakova fait partie depuis qu'elle est passée par l’ISIPCA, une des meilleures école de parfumerie française. Après avoir travaillé à Paris, Irina est partie pour New York où selon elle, on sent encore plus que le parfum a une histoire. Une chose est sûre, ici ou là bas son odeur préférée reste celle de la simplicité…

« Regarde comme ça sent bon »      

C'est avec cette phrase que la grand-mère d'Irina l'incitait à aiguiser ses sens, lors des longues balades qu'elles faisaient ensemble. Plus tard, c'est dans les livres de la bibliothèque de Riga, en Lettonie, qu'elle découvre le parfum. Sa curiosité l'amène à se plonger dans des ouvrages qui renferment des formules magiques à base de violette ou de muguet, sans qu'elle sache qu'il y a un métier derrière ces contes-là. « J'ai envoyé une lettre à l'ISIPCA et quand j'ai reçu leur brochure je ne me suis plus posé de questions ». On est en 1997 en Lettonie, pays d'ex URSS, et la beauté fait rêver. Les parents d'Irina acceptent que leur fille parte étudier en France. « Mon père se rendait compte que j'aurais des difficultés à m'épanouir dans ce que je voulais faire en restant ici ».
 Irina arrive en France et entame une maîtrise de chimie, un cursus rigoureux dont cette rêveuse garde un souvenir de rigueur, d’abnégation presque. « Je tenais le coup grâce à mon objectif, sinon ç’aurait été trop dur ».

« En parfumerie, on travaille comme au conservatoire de musique »

Une fois l'école de parfumerie intégrée, Irina débute une alternance avec Givaudan, premier producteur d'arômes au monde. Elle s’initie au métier et mémorise ses premières odeurs. Faut-il être doué pour devenir nez ? Beaucoup seraient tentés de répondre oui, pas elle. « Plus que le génie, les clés de ce métier sont la passion et la patience ». Mélange de rigueur et de poésie, voilà pourquoi les nez sont aussi rares à trouver…

Depuis six ans qu'elle travaille pour Givaudan, Irina s'est constitué une mémoire de 800 odeurs. Il y a les chouchous qu'elle a appris à aimer, il y a ceux qui la heurtent, des notes animales, boisées, et toujours de nouveaux mélanges. « Dernièrement j'ai crée un parfum chocolat au lait pistache pour une marque peu connue. C'est vraiment intéressant car on peut se permettre d'être audacieux dans ces cas-là ». Et à propos d'audace, il paraît que les parfumeurs français sont plus culottés qu'Outre Atlantique.

« Les parfumeurs sont imprégnés par la ville où ils créent »

Amoureuse de la France, Irina se rappelle comme elle aimait se perdre dans Paris, une ville où « le parfum contient plus de sentiments qu'à New York ». Pourquoi ? Peut-être du fait que l'histoire du parfum passe d'abord par l'Europe, l'Italie, la France. Mais New York a pour elle sa spontanéité, le fourmillement, et le business. Les deux villes sont des capitales d'inspiration pour les parfumeurs, qui y puisent la sensibilité qui leur permet de créer. « Pour moi, tout a une odeur, même l'anxiété », commente Irina. Elle mélange ses matières premières, iris, ananas, orange du brésil ou musc comme un peintre mélangerait ses couleurs, et en fait une fragrance. Ainsi lorsqu'on porte un parfum, c'est l'émotion de son créateur que l'on a au cou…

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