Comment j’ai arrêté d’avoir peur, et décidé de suivre mes rêves

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Marie est partie seule en vacances alors qu'un mois plus tôt, elle pensait qu'elle n'en serait jamais capable. Depuis son retour, une question l'obsède : que s'empêche-t-on de faire parce qu'on a peur ?

Comment j’ai arrêté d’avoir peur, et décidé de suivre mes rêves

Fin avril, j’ai pris un sac de rando et je suis partie seule au Japon. Je rêvais depuis la moitié de ma vie de m’immerger dans la culture nippone et d’expérimenter un voyage vraiment dépaysant.

Je sais pas si tu as ce rapport de fascination avec un endroit dans le monde, mais quand je pensais au Japon, des photographies défilaient dans ma tête, des papillons s’agitaient dans mon ventre et je me disais : « peut-être qu’un jour… ».

Ça m’obsédait tellement que j’ai même contaminé la rédac avec cette idée de voyage, si bien que nous avons choisi le thème Partir un jouuur pour la box madmoiZelle de mai. D’ailleurs si tu l’as ratée, tu peux encore la commander ici !

J’attendais que tout soit parfait

Comme souvent, je me suis dit qu’il fallait que j’attende le bon moment pour réaliser ce projet. Le moment où les planètes s’aligneraient, où j’aurais du temps, de l’argent et la bonne personne pour m’accompagner.

Sans m’en rendre compte, j’ai repoussé mon rêve de partir à l’autre bout du monde parce que j’attendais que tout soit parfait. Parce que je voulais « faire les choses bien », que ce soit chiadé, soigné, organisé, ordonné.

Mais la vie n’est pas parfaite et à ce moment-là, aucun feu n’était au vert.

À force d’entendre mon entourage parler de vacances, ça m’a pris aux tripes comme une urgence obsédante. Il fallait que je quitte mon quotidien. Mais j’avais peur. Je n’avais jamais voyagé seule.

Quand tu dis aux gens que tu voyages seule

Je voyais des amies décoller avec un sac sur le dos en Thaïlande, en Australie, au Canada, au Sénégal, à Londres et j’admirais leur courage en leur disant :

« Tu es super forte ! Moi, je n’aurais jamais les ovaires de partir toute seule »

Elles me répondaient : « Tu en es capable aussi ! », mais je ne les croyais pas. Je pensais qu’elles me disaient ça pour me rassurer et inconsciemment, je disqualifiais leur affirmation.

J’ai compris bien plus tard qu’à ce moment-là, la seule personne qui pouvait me convaincre… c’était moi.

Je savais que ma peur était bien ancrée, qu’elle prenait racine dans mon manque de confiance en moi et dans mes angoisses de solitude. J’avais beau le conscientiser et le gratter, ça me paraissait indépassable.

Pendant plusieurs jours, j’ai essayé de persuader des amies de me suivre, sans succès.

Et puis, un soir où je bavais devant des blogs de voyageurs au Japon, j’ai réalisé que je n’avais plus le choix. Si je ne partais pas seule, je ne partirais pas tout court et ça m’a semblé être la plus grosse erreur de toute ma vie.

J’ai trouvé un aller-retour Paris-Tokyo et j’ai appuyé rapidement sur le bouton « RÉSERVER » avant de changer d’avis.

2 minutes après, je regrettais déjà de l’avoir fait.

« Mais comment tu vas t’en sortir alors que tu parles pas la langue ? Et 10 jours toute seule c’est long, tu vas pas t’ennuyer ? T’as le budget au moins ? T’es sûre que tu peux t’absenter aussi longtemps du boulot ?

Qui va t’aider sur place s’il t’arrive quelque chose ? Tu préfères pas attendre de retrouver un compagnon de voyage ? »

Comment faire taire ma petite voix intérieure

Jean-Pierre me harcelait. (Jean-Pierre, c’est le nom de la petite voix qui me rabaisse.)

Peut-être que tu l’as toi aussi, cette voix intérieure toxique qui écrase ta confiance, te fait remarquer le bouton qui a poussé sur ton front pendant la nuit, tes seins trop petits, ta répartie nulle à une blague de ton crush, la cuisson des pâtes que tu as raté.

Cette voix, je lui ai donné un nom pour savoir quand elle est là et surtout pour pouvoir lui dire : ta gueule Jean-Pierre.

À lire aussi : Comment arrêter d’être trop dures avec vous-mêmes ?

Sur le coup, je n’ai pas réussi à faire taire Jean-Pierre, mais une autre question a fini par prendre le dessus : c’est quoi le pire qui puisse m’arriver ?

La réponse m’est apparue comme une évidence. Le pire, ç’aurait été que je regrette de ne pas être partie.

Il y a quelques années, je suis tombée sur une interview de Hugh Laurie dans laquelle il s’exprimait sur ses projets et disait :

« Dans la vie, on ne regrette pas ce qu’on fait, on regrette ce qu’on n’a pas fait. »

Je me souviens m’être répétée cette phrase plusieurs fois pour la comprendre et m’en imprégner. Elle venait de provoquer un déclic.

À partir de ce jour, je me suis poussée à dire « oui » par défaut à toutes les opportunités qui s’offraient à moi. Et jusque là, ça m’a porté chance.

Mes opportunités pas manquées

Si je n’avais pas dit oui…

  • Je n’aurais pas été directrice de publication du journal de mon lycée
  • Je n’aurais pas vécu 5 mois en Allemagne
  • Je n’aurais pas rejoint le Conseil d’administration de l’asso Jets d’encre
  • Je n’aurais pas porté le blog de campagne présidentielle 2012 est à vous
  • Je n’aurais pas interviewé le candidat François Hollande
  • Je n’aurais pas lancé la première plateforme numérique d’éducation aux médias
  • Je n’aurais pas géré la communication d’Animafac
  • Je n’aurais pas travaillé avec des ministères
  • Je ne serais pas intervenue au CESE, sur France Inter, à l’Élysée
  • Je n’aurais pas lancé les Internettes
  • Je n’aurais pas rejoint madmoiZelle
  • Je n’aurais pas relancé les box madmoiZelle
  • Je n’aurais pas chroniqué dans le podcast NoTube

En disant oui à ces opportunités, j’ai ouvert des portes vers un avenir incertain qui m’inquiétait autant qu’il me stimulait.

À chaque fois, je me suis demandé : suis-je capable d’aller plus loin ? Est-ce que je vais me planter ?

De retour de ce voyage qui a changé une partie de ma vie, je n’arrête pas de m’interroger. À quand remonte la dernière fois que j’ai dit « je ne pourrais jamais faire ça » ?

Qu’est-ce que je m’empêche de faire aujourd’hui par peur de l’échec ?

Ces choses que je n’ose pas faire

Dans le sillon des choses que je n’ai jamais osé faire, il y a un livre, un podcast, une chaîne YouTube (tu saisis l’ironie, venant de moi qui ai fondé les Internettes ?)…

En attendant que je saute le pas, abonne-toi aux chaînes du YouTube Squad de madmoiZelle !

Il y a aussi d’autres voyages solitaires, des invitations à des mecs jamais lancées, des excuses jamais formulées, des opinions contraires jamais affirmées, des campagnes jamais menées.

J’ai appris à craindre le regard des autres et le ridicule, mais ce qui est ridicule, n’est-ce pas de passer à côté de ce à quoi j’aspire le plus ?

Quand je cherche au fond de moi ce qui m’empêche d’oser me lancer aujourd’hui, je me trouve plein d’excuses.

  • Je manque de temps.

Pourtant du temps, j’en ai trouvé pour des projets qui me tenaient à cœur.

  • J’ai peur de ne pas tenir sur la durée.

Qui m’oblige à m’enchaîner à un projet pour les 10 prochaines années ?

  • Je sais pas faire.

J’ai déjà appris plein de choses en les faisant.

  • Je crains que tout le monde s’en foute.

Mais si ça me plait, pourquoi ça ne plairait pas à d’autres ?

  • Je flippe d’être critiquée.

Pourquoi j’accorde de l’importance à la critique de ceux qui n’essaient même pas ?

Dans le périple qui m’amène vers la meuf plus confiante que j’ai envie de devenir, mon plus gros obstacle reste ma peur du regard des autres.

Et j’ai bien du mal à m’en affranchir, parce qu’il ne suffit pas de me dire « je m’en bats les ovaires »…

J’ai peur du regard des autres

Finalement, entre les okonomiyaki et les chirashi partagés avec les madmoiZelles que j’ai rencontrées au Japon, j’aurais appris trois choses.

La première, c’est que personne ne me regarde.

Personne ne te regarde, à moins que tu sois Emma Watson. Et si tu me lis Emma, sache que même si tout le monde te regarde, tu as bien le droit de faire ce que tu veux de ta vie, tu seras toujours dans nos cœurs.

Non, moi, personne ne me regarde. Ça veut dire que je peux essayer, réussir, me planter, apprendre, recommencer, changer, réessayer

La vie, c’est comme une tarte aux framboises. Si tu n’as jamais fait de tarte aux framboises, comment peux-tu savoir si tu sais le faire et si tu aimes ça ?!

La deuxième chose que j’ai retenue, c’est que l’échec est juste un mauvais moment à passer. Tout le monde se plante un jour ou l’autre. C’est normal, ça fait partie du jeu et en général, ça ne dure pas bien longtemps.

Dans 3 mois, personne ne se souviendra que c’est moi qui me suis rétamée dans les escaliers de l’amphi… pour la simple et bonne raison que mon exposé sur la physique moléculaire les aura tous laissé bouche bée !

La troisième, c’est que j’apprendrai bien plus de choses sur moi-même en faisant des erreurs parce que je tente de réaliser mes rêves qu’en les fantasmant sur mon canapé.

Et le chemin entre le fantasme et la réalité est parfois moins long qu’il n’y paraît. Léa Castor m’a dit l’autre jour que son père lui répétait toujours :

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. »

Ton chemin sans peur à toi, où te mène-t-il ?

Marie t'emmène au Japon

Marie a chroniqué son voyage au Japon dans de passionnants articles…

  1. Pride
  2. Premières fois
  3. Time
  4. Parfaite
  5. Rencontres
  6. Valeurs
  7. Karaoke
  8. Blues
  9. Jazzy
  10. Dire au revoir

…et une vidéo !

Valeur : + de 35€
18.90€ + 4€ de livraison

Marie

Quand Marie ne conçoit pas les box madmoiZelle, elle t'invite à chanter et danser aux Grosse Teuf, à te marrer aux One mad show et à t'émerveiller aux CinémadZ. Fière Poufsouffle, elle reçoit une Google alert quotidienne sur Daniel Radcliffe.

Tous ses articles

Commentaires
  • Chambray
    Chambray, Le 13 juin 2018 à 19h29

    Roh ce gif de tarte aux framboises :bave:

    Du coup j’ai moyennement pu me concentrer sur le reste de l’article, mon cerveau pense tartoframboiztartoframboiztartoframboiz :ninja:

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