Le plastique, bourreau de nos océans pollués

Les océans sont un patrimoine commun à l'humanité... Le moins qu'on puisse dire, c'est que notre gestion de ce patrimoine laisse cruellement à désirer.

Le plastique, bourreau de nos océans pollués

Hier, on était le 8 juin. Et comme chaque année, le 8 juin on célèbre les océans ! L’occasion de revenir un peu en arrière.

Ce jour permet en fait de tirer la sonnette d’alarme un peu plus fort ! Le constat est alarmant, catastrophique, critique, urgent (on entend souvent)… Mais les procès ont beau être catégoriques, si on ne connaît pas les problèmes rien n’avance !

Au total 40% des nos océans sont lourdement affectés par notre activité humaine. Des actes du quotidien qui, vous le savez bien, ne sont pas sans conséquences…  Alors, que se passe-t-il là-dessous ? Zoom sur un des fléaux de la pollution océanique : « la platisphère ». 

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Bon, c’est pas pour rien qu’on s’appelle la planète bleue ! Notre océan, le poumon de la Terre (sa principale source d’oxygène) c’est aussi deux tiers de la planète et 97% de l’eau disponible y est gentiment stockée. Sauf que le bleu est en train de virer au rouge !

En effet, un 7ème continent est entrain de se créer, mais ce n’est rien d’aussi palpitant que la découverte de l’Amérique. Ce 7ème continent, c’est en fait une vaste mélasse de plastique qui ondule tel un banc de méduses sur les courants marins. Cette soupe de pollution circule sur cinq zones de la planète.

Les quelques 6,4 millions de déchets jetés chaque année (avec ou sans scrupules) dans l’océan se regroupent et forment des tourbillons de micro-particules de plastique (pour la majorité) qui coagulent aux mêmes endroits appelés « gyres » (un gyre océanique est un gigantesque tourbillon d’eau océanique formé d’un ensemble de courants marins). Le plus grand d’entre eux fait six fois la France.

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Il fut un temps où l’on pensait que l’océan était un monde sans fin, rempli de merveilles, sans limites, sans murs. Aujourd’hui, l’excuse ne marche plus, on le sait depuis un bout de temps, l’océan n’est pas un puits sans fond ! De facto, les ordures s’accumulent, créant de plus en plus de problèmes.

Quelques rappels sur l’océan

  • Tout ce qui vit dans l’océan, se nourrit. Mais avec la saturation de déchets présents dans l’eau, les poissons ont tendance à confondre. Un million d’oiseaux, 100 000 mammifères meurent chaque année de cette indigestion, selon Greenpeace.
  • Autres possibilités : les déchets plastiques flottants deviennent des maisons d’accueil facilitant la prolifération de certaines bactéries (pathogènes pour l’homme) qui pourraient être suspectées de créer de nouvelles maladies.
  • Les poissons intoxiqués suivent tout de même le circuit de la chaîne alimentaire, qui se termine chez nous, dans nos estomacs. Et c’est bien moins sain que de manger des tartes à l’avocat
  • Tsunami économique : les sites touristiques et halieutiques sont aussi attaqués par cette pollution. Les dégâts sont estimés à 13 milliards de dollars par l’ONU.
  • La pollution des fonds marins mais aussi atmosphérique (réchauffement climatique) modifie totalement la biodiversité marine. Migrations de masse, disparition d’espèces, apparition de nouvelles espèces… Cette nouvelle biodiversité inquiète, et les recherches doivent être poussées pour comprendre le réel impact sur le long terme. La directrice de WWF France a annoncé :

« En 40 ans, nous avons détruit la moitié de la biodiversité mondiale. »

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Le site 5.gyres, qui lutte contre la pollution plastique des océans

C’est pas très gai tout ça… Et le plus inquiétant, c’est que le phénomène semble irréversible. La raisonnement peut être assez simple : « trop tard », « on peut plus rien faire » : c’est vrai, on représente une petite sardine parmi 7 milliards de sardines… Mais un par un, on peut faire la différence, au quotidien et en faisant pression sur les plus gros poissons !

Comment agir pour sauver les océans ?

Au quotidien, on commence à connaitre la liste. Troque ton sac en plastique contre un bon vieux cabas, achète moins d’emballages individuels, recycle (mais fais-le vraiment, en plus ça soulage la conscience)… tout pour stopper l’hémorragie des déchets plastiques avant que la planète n’agonise.

Le phénomène touche tout le monde indirectement, mais personne directement, parce que l’océan n’a pas de frontières et qu’on semble impuissant face à ce raz-de-marée. C’est donc aux grandes instances de se saisir du problème, seul•e•s les dirigeant•e•s peuvent enrayer cette pollution massive !

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Il n’est pas encore trop tard !

Certaines idées, organisations, mouvements commencent néanmoins à se faire entendre et agissent concrètement. Cette concrétisation rime avec un élan de motivation plutôt positif. Alors, pour tou•te•s les sceptiques, les hésitant•e•s, les « que veux-tu qu’on y fasse ? » : regardez, c’est possible.

  • WWF France et l’association Te Mana o te Moana ont signé le 8 juin pour la journée mondiale des Océans, une convention de partenariat pour préserver l’espace maritime de la Polynésie Française, représentant à lui seul la superficie de l’Europe continentale.
  • L’Unesco aussi agit. Les défenseurs du patrimoine cherchent à faire pression sur l’État pour faire entrer le thème de l’océan et le climat dans les débats de la tant attendue COP21 (qui aura lieu en décembre à Paris).

À lire aussi : We Are Ready Now, la jeunesse se mobilise pour le climat

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  • Boylan Slat, 19 ans jeune étudiant néerlandais, a su mettre à profit son génie et sa persévérance. Frustré d’être contraint de nager avec des sacs plastiques, et alarmé par l’absence de projet de grande ampleur, il a décidé de se mobiliser lui-même, en se fixant un objectif : Clean Up the OceanIl a imaginé un système passif de nettoyage constitué de barrières flottantes, orientées en V, attachées sur le fond marin. Avec son invention, Boyan a remporté le prix de la Meilleure Conception Technique de l’université de Technologie de Delft. Il s’est associé avec de nombreux scientifiques et son projet a gagné en reconnaissance, ce qui lui a permis ensuite de récolter en 100 jours les deux millions de dollars nécessaires pour commencer les tests. Un des jeunes bénévoles a déclaré :

« La première expédition est prévue pour juin 2015, et partira des Bermudes vers l’océan Atlantique Nord. […] Si le système fonctionne il permettrait de « nettoyer » la moitié de l’océan en dix ans. »

Voici seulement trois parmi des centaines d’initiatives prises tous les jours dans le monde. L’objectif étant de convaincre les dirigeant•e•s, mais aussi les citoyen•ne•s d’agir, en faisant pression par tous les moyens afin d’engager les financements nécessaires pour la protection des milieux marins, et les recherches scientifiques associées afin de trouver des alternatives durables à nos modes de consommation actuels !

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