« Mune : le Gardien de la Lune », une fable poétique qui en met plein les mirettes

Amélie a vu Mune : le Gardien de la Lune... et en a encore des paillettes plein les yeux.

« Mune : le Gardien de la Lune », une fable poétique qui en met plein les mirettes

— Publié le 7 septembre 2015

Cette critique est garantie sans spoilers !

Mon amour pour l’animation est sans failles ; celui pour le fantastique, inébranlable. Imagine donc mon entrain quand on me propose d’aller voir un film qui combine les deux ! Mune, le Gardien de la Lune est le nouveau projet de Benoît Philippon et Alexandre Heboyan (ex-animateur chez Dreamworks, ayant travaillé notamment sur Kung-Fu Panda).

Dans un monde où l’équilibre repose sur le Soleil et la Lune, deux gardiens sont nommés pour veiller sur ces astres. Ces deux héros finissant par croupir, une cérémonie a lieu pour élire les nouveaux prétendants. Mune, petit habitant du peuple des rêves, vif mais pas très responsable, hérite de cette lourde tâche… Lui-même n’en revient pas, et forcément, fait rapidement tout foirer.

Pendant ce temps, Cire, une femme-bougie, rêve de parcourir le monde sans finir en flaque de paraffine. Sohone, gardien tout en muscles et en crinière lustrée, doit jongler entre son rôle de protecteur du Soleil et son attirance naturelle pour les filles. Tandis que, des profondeurs de cette Terre, d’autres ont de bien plus sombres desseins…

Pour commencer, je ne trouve pas que la bande-annonce ni l’affiche ne reflètent réellement l’esprit du film. De l’action, certes, il y en aura. Compte aussi sur l’humour, qui sera de la partie. Mais le film est bien plus sensible que la fresque épique qu’on nous promet ici !

Certain•e•s ont reproché à Mune : le Gardien de la Lune une histoire trop classique, voire creuse. En sortant de la salle, j’ai entendu quelqu’un dire qu’il avait adoré mais que bon, quand même, c’était pour les enfants. À vrai dire cette remarque m’a semblé bien étrange… Dis-moi, as-tu déjà entendu quelqu’un dire « Hostel II c’est vachement bien mais c’est quand même réservé à un public qui ne craint pas les boyaux en gros plan, hein » ?

Mune EST, en soi, un film destiné à un public jeune. Il me paraît donc un peu étrange de baser une critique sur ce fait, avéré dès qu’on pose un pied dans la salle de cinéma !

D’ailleurs, je ne suis pas vraiment d’accord avec ça. Je pense que tout le monde est en mesure d’apprécier ce film. D’un scénario certes simple, il découle une poésie absolue où tout est métaphore. Et ça, désolée mais ça fait aussi kiffer les vieux.

À lire aussi : Non, les films d’animation ne sont pas que pour les enfants !

Mune et ses personnages touchants

Le design des personnages et des décors est plein de bonnes idées et magnifiquement réalisé. Mune est un être frêle, mi-faune, mi Pokémon, se déplaçant un peu comme un insecte et évoluant avec son peuple dans la forêt. Son rôle est d’éveiller les plantes quand la lune les éclaire. De ses grands yeux à sa fourrure fluffy en passant par son doublage signé Michael Gregorio, rien n’est laissé au hasard. Un chaton roulant sur le dos en poussant de petits miaulements aigus sera toujours moins mignon que lui.

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Omar Sy double l’être mastoc qu’est Sohone. Sa tâche est d’introduire l’humour tout en ayant son propre rôle. Il est tout le contraire de Mune mais est tout de même traité avec subtilité. Tout comme la Lune et le Soleil, les deux personnages sont diamétralement opposés mais vont évoluer, au court du récit, pour se compléter et progresser ensemble. Là encore, les textures et les matières sont très travaillées… bien plus sur son corps que sur son visage.

Si ça c’est pas une allégorie, je ne sais pas ce qu’il te faut.

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Enfin, Cire, doublée par Izia Higelin, fait le passage entre les deux mondes. Être de l’aube et du crépuscule, le soleil la fait fondre et le froid la fige. L’idée de base est intéressante mais j’ai un peu regretté son traitement, à la base plein de promesses, mais un poil classique dans son ensemble. D’ailleurs, elle est le seul protagoniste féminin (et important) du film.

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Dans cet univers foisonnant, tu verras également évoluer de nombreux personnages secondaires mais bien exploités (souvent là pour renforcer l’aspect comique), des méchants efficaces et deux assistants qui te rappelleront cette époque où tu connaissais Hercule (de Disney) par coeur… Je te laisserai découvrir pourquoi.

L’humour est présent par touches dans Mune. Souvent mis en avant par le comique de situation, il n’est cependant jamais lourdingue et ne vient pas gâcher le propos au prétexte qu’il faut garder le (jeune) public attentif. C’est vraiment appréciable.

La beauté, la beauté partout !

Dès les premiers instant, l’animation de Mune, le Gardien de la Lune te collera bien profond dans ton siège rembourré. L’unité de couleur entre les deux mondes ainsi que leur design est une œuvre à part entière. L’univers éclairé par le Soleil est aride, tandis que celui des rêves évolue quelque part entre Avatar et Ori and the Blind Forest (mais si, ce jeu où tu te transforme en flaque dès l’intro)…

Cinq fois après, c’est toujours comme une attaque surf : super efficace. 

Si l’imagination déployée pour mettre en place de telles créations est impressionnante, la technique mise en œuvre pour les faire exister est incroyable. La lumière de la Lune fait scintiller les plantes et les éléments par bioluminescence tandis que le Soleil brûle les peaux et fait pousser des plantes exotiques. Les textures et les couleurs sont simplement parfaites. Enfin, certaines parties du film sont réalisées non plus en animation 3D mais en dessins « à l’ancienne ». Ça donne au film un petit côté indépendant tout en finissant de t’achever devant ce déferlement de beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de beauté !

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Impossible de ne pas reconnaître les influences de Miyazaki dans cet univers où les astres protègent le monde du chaos et où la nature évolue dans un équilibre parfait… mais fragile. Le temple du Soleil n’est pas sans rappeler un certain château ambulant et les tisseurs qui maintiennent la Lune en place te feront sans doute penser aux noiraudes. Tout cela sans oublier le Faiseur de montagnes, Dieu de la forêt sous sa forme de géant translucide…

Pourtant, Mune, le Gardien de la Lune n’a rien d’un plagiat ou d’une copie sans saveur : il évolue dans une esthétique, certes inspirée de différents souffles, mais qui lui est toujours propre.

Et puis, eh : un petit hommage ça ne fait de mal à personne, hein.

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Surtout pas à mon coeur d’adoratrice absolue de Princesse Mononoké.

Si tu n’es toujours pas convaincue, sache la bande originale de Bruno Coulais aura sans doute raison de ton âme.

En bref, si tu aimes l’animation, que ton coeur palpite pour les nouvelles contrées et que tu souhaites t’évader un instant de notre Terre où le Soleil débloque, je te somme de caler ton postérieur devant ce conte poétique qui emprunte sa délicatesse au Petit Prince. Merci bien. Mune, Le Gardien de la Lune sortira en France au cinéma le 14 octobre !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Camoune45
    Camoune45, Le 4 octobre 2016 à 16h15

    J'ai beaucoup aimé, ce dessin animé est tres beau!

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