Ces livres qui ont marqué mon enfance

Sophie-Pierre Pernaut revient avec vous sur les livres qui l'ont marquée quand elle était petite.

Ces livres qui ont marqué mon enfance

Comme beaucoup d’enfants, j’étais toute excitée peu avant ma rentrée dans la « grande école » et pour cause : on allait enfin m’apprendre à lire. Une fois l’apprentissage terminé, c’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis mise à dévorer tout magazines, livres ou journaux qui me passaient sous la main (ce qui a été assez gênant quand, à 7 ans, je me suis retrouvée à lire un article sexo de Girls ! dans la salle d’attente du médecin avant de bombarder ma mère de questions devant tout le monde).

Très vite, la lecture a fait partie de ma vie et je me souviens encore de l’odeur de la bibliothèque où j’allais faire ma réserve de livres pour la semaine après mon cours de théâtre du mercredi. Des fois, je prenais n’importe quoi et il m’arrivait souvent de refermer des livres avec la fureur du gosse déçue, – faut dire aussi que les recommandations madmoizelliennes n’existaient pas encore. J’y repense aujourd’hui avec un peu de nostalgie parce que j’ai l’impression d’avoir perdu cet appétit vorace depuis quelques temps. Du coup, j’ai eu envie de revenir avec vous sur quelques livres qui m’ont marquée quand j’étais petite.

Celui que j’ai lu toute seule – Zozo la Tornade, d’Astrid Lindgren

Zozo n’a au final rien de très original : c’est juste un bouquin rigolo pour les enfants. Ecrit par la très connue Astrid Lindgren, auteure suédoise à l’origine de Fifi Brindacier, Zozo la Tornade relate les aventures d’un petit garçon comme les autres qui fait le con tout le temps.

Si je m’en souviens avec précision, c’est tout simplement parce que c’est le premier livre que j’ai lu toute seule sans l’aide de personne. Et aussi parce qu’il me faisait pleurer de rire (quand on a 6 ans, c’est jamais très compliqué de se marrer : un gosse qui se coince la tête dans une soupière en voulant avaler la dernière goutte de soupe, ça suffit pour nous foutre les zygomatiques en vrac).

Celui qui m’a faite flipper – Alerte aux chiens, de R. L. Stine (collection Chair de Poule)

A 8 ans, comme tous les enfants à la pilosité précoce, j’ai commencé à avoir des poils sur les jambes. Cette effrayante découverte coïncide justement avec ma lecture d’Alerte aux Chiens, le trentième livre de la série Chair de Poule. Dans ce roman, un pré-ado se tartine le corps et la face d’auto-bronzant périmé avec ses copains. Quelques jours plus tard, ils découvrent que leur peau se couvre de grosses touffes de poils et finissent par se transformer en chiens.

La grosse flipette que je suis l’a mal vécu, et j’ai passé de longues heures pendant plusieurs jours à vérifier si les poils qui recouvraient mes mollets n’avaient pas poussé de manière fulgurante. Comme si. Je pouvais. Me transformer. En chien. Non mais allo, quoi.

Je suis de toute manière peu encline à pratiquer la nostalgie, mais s’il y a bien un truc qui ne me manquera jamais, c’est bien les peurs irrationnelles liées à l’enfance.

Celui qui m’a profondément gavée – Les Secrets de Nina, d’Anne-Marie Pol

Entre 9 et 12 ans, j’étais fan de la collection Danse !. Ce que je trouve assez surprenant après coup, mais qu’importe. Un jour, j’ai acheté le « Hors-Série » dans lequel l’héroïne fictive donnait ses conseils de santé, certes, mais aussi de beauté. Des conseils de beauté. DES CONSEILS DE BEAUTÉ pour les filles dès 9 ans, – comme il l’est précisé sur la quatrième de couverture.

Si ce livre m’a marquée, c’est tout simplement que lorsque j’ai décidé d’arrêter de le lire après une cinquantaine de pages, j’ai vécu ça comme mon premier acte militant. Un peu à cran, je me suis demandée pourquoi on me donnait à moi, petite fille de 12 ans, des conseils pour me sentir belle et épanouie. A cet âge-là, je voulais qu’on me laisse tranquille et que personne n’essaie de m’inciter à faire attention à mon apparence et à me poser des questions sur mon épanouissement personnel. (Et je crois que je suis toujours d’accord avec la mini-moi, en fait).

Avec le recul, je me dis que j’aurais peut-être dû.

Celui qui m’a offert ma première frustration – Mathilda, de Roald Dahl (en version originale)

C’était peut-être un peu trop ambitieux de vouloir lire en anglais quand on en est encore à apprendre à former correctement une phrase au présent avec sujet, verbe et complément. Quoiqu’il en soit, ça m’a tellement frustrée que je me suis mise à chouiner comme une furie. J’avais l’impression de revenir à l’âge de 5 ans, quand, jalouses de mes parents que je voyais bouquiner, je prenais un magazine et j’inventais des phrases pour convaincre tout le monde que j’étais capable de faire comme eux.

Genre il sait lire, tsé.

Celui qui m’a initiée à la littérature – La Citadelle des Cauchemars, de Christian Lehmann

Quand j’étais en 5ème, ma prof de français nous a fait lire ce livre. Je m’en souviens encore aujourd’hui car il a été pour moi la transition entre la littérature jeunesse et la littérature tout court.

La Citadelle des Cauchemars est un roman fantastique pour les plus jeunes dans lequel Vincent, jeune adolescent, souffre d’insomnies à cause d’un cauchemar récurrent. Je n’en dis pas plus parce que je vous conseillerai même à votre âge avancé de le lire – c’est vraiment un bon roman. Tout ce que je compte vous dévoiler, c’est que Christian Lehmann y rend un véritable hommage aux auteurs et à la littérature fantastique et y fait une critique de la télévision et des romans calqués sur d’autres oeuvres. L’effet voulu a tellement pris sur moi que j’ai noté toutes les références que j’ai pu trouver dans La Citadelle des Cauchemars pour les acheter/les emprunter/les rechercher dans la bibliothèque de mes parents, ce qui m’a amenée vers un autre genre de plaisir littéraire. Ce qui m’amène à envoyer quotidiennement une pluie d’amour sur Christian Lehmann sans qui j’aurais peut-être lu Edgar Allan Poe ou Bram Stoker pour la première fois à la fac – ce qui m’aurait dégoûtée à vie de ces auteurs.

Et vous, quels sont les livres qui ont marqué votre enfance ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Kféine
    Kféine, Le 22 mai 2015 à 1h03

    Bon ben je vois que j'ai beaucoup de points communs avec certaines Madz !!

    J'ai su lire très tôt car ma mère me faisait faire des dictées et exercices en plus de mes devoirs....
    Les premiers ouvrages qui me sont tombés sous la main étaient des BDs : Lucky Luke, Tintin, Astérix... Des classiques me direz-vous mais qui m'ont fait découvrir des merveilles telles que 'Thorgal', 'Peter Pan' de Loisel, 'Gipsy', 'SmokeSad'.... (liste non-exhaustive).

    Mais revenons-en aux livres sans images, j'ai été abonnée à l'Ecole des Loisirs pendant toute ma primaire, et je crois que mon gros coup de cœur va à 'Un chat dans l’œil' ( déjà cité par @Karibou et d'autres ).
    Puis ma tante m'a offert les trois premiers tomes d'Harry Potter, et puis il m'a fallu attendre que les tomes suivants sortent...
    Mais j'ai eu 'A la croisée des Mondes' pour patienter... :cupidon:

    'L'oeil du Loup' me dit quelque chose et je crois qu'à la même époque j'ai lu un livre sur un jeune garçon au Moyen-Age (?) qui élevait un faucon... ça parle à quelqu'un ?

    'L'herbe bleue' et 'Christiane F' me sont tombés dans les mains assez tôt, (entre 10 et 12 ans) et évidemment ils ne m'ont pas laissée de marbre.

    Les aventures de Georgia Nicholson sont venues plus tard à l'adolescence, avec les livres de Amélie Nothomb et Anna Gavalda (mon livre préféré est 'L'échappée belle',1ère édition) et ce n'est qu'à 19 ans que j'ai découvert Stephen King avec "ça" (argh ! je sais pas faire les grand 'ç').

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