Les 5 livres préférés de… Miss Lu !

Cinq livres qui parlent de jeunesse et qui ont marqué Miss Lu à jamais : c'est le programme du jour !

Les 5 livres préférés de… Miss Lu !

Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter des livres (oui, encore !). Ceux-ci font partie de mes préférés, et je les ai relus plusieurs fois chacun. Ils m’ont marquée pour des raisons différentes ; je ne me suis pas vraiment reconnue dans leurs personnages principaux, mais ça ne m’a pas empêchée de les adorer.

Chacun de ces romans parle de jeunesse, à sa façon et concernant des âges différents. L’un invente une aventure, l’autre plonge dans le surnaturel, un troisième est ancré dans la réalité d’un pays lointain…

Quand j’aime, je partage. Je voudrais donc vous parler un peu de ces livres qui ont enchanté ma jeunesse (pas que j’ai 99 ans non plus, hein) et vous donner envie de les dévorer à votre tour !

Le petit coeur brisé, par Moka

Celui-ci n’est pas un livre à lire si vous cherchez à rire, à vous sentir mieux par rapport à l’humanité, mais ne vous fera pas non plus pleurer d’un bout à l’autre. Je dirais qu’il a la capacité de vous faire passer du rire aux larmes et inversement, qu’il vous fera beaucoup réfléchir parce que les notions de bien et de mal deviennent parfois floues, et surtout qu’il parvient à donner de l’espoir malgré tout. C’est sans doute le plus beau.

Les notions de bien et de mal deviennent parfois floues

Pour vous en donner une idée un peu plus concrète, c’est l’histoire d’une petite fille, Mélaine, qui se retrouve à aller vivre avec deux tantes. Celles-ci vont l’aider à s’épanouir, à révéler sa grande intelligence, et surtout, lui permettre de fouiller dans le passé de sa famille pour y chercher des réponses. Ce livre est clairement destiné à la jeunesse, mais je suis d’avis que ça ne vous empêchera pas de l’aimer profondément quel que soit votre âge, parce qu’une telle histoire pourrait être celle de chacun•e d’entre nous.

Mélaine, malgré ou peut-être à cause de son caractère renfermé, est terriblement attachante parce qu’elle ne demande qu’un peu d’amour et de feutres pour pousser comme une adorable fleur. Ses deux tantes, un peu loufoques et admirablement libres, sont deux femmes ordinaires que l’on finit par admirer profondément.

L’issue brise  le coeur autant qu’elle l’apaise

Le mystère et les douloureux secrets de famille font la loi dans ce roman, et l’issue brise le coeur autant qu’elle l’apaise. Croyez-moi, vous n’avez aucune chance de deviner la fin, mais selon toutes probabilités, vous vous laisserez facilement emporter par l’histoire de cette famille un peu maudite, par les mystères que l’on cache aux enfants, et par le ton doux de la narration.

Moka est une écrivain absolument fantastique, et c’est notamment grâce à ce livre que je l’ai découverte. Elle a le don d’envoûter la jeunesse, et possède une grande sensibilité de plume.

Le petit coeur brisé, ce sera un peu le vôtre. Mais même cabossé, un coeur reste un coeur et il en vaut la peine. Ce livre aussi.

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Une bouteille dans la mer de Gaza, par Valérie Zenatti

Bon, là clairement, on change de style. J’ai découvert ce livre grâce à l’excellente sélection de Medium Club (l’École des Loisirs) quand j’y étais abonnée, plus jeune. Et Valérie Zenatti est décidément une auteure très douée (en plus elle s’appelle comme ma maman).

Plus que d’Israël ou de la Palestine, c’est d’êtres humains que l’histoire parle

Ici, on s’accroche au réel et on en prend plein la figure, parce que le pays dans lequel l’histoire est située, eh bien… on n’a pas l’habitude de le découvrir comme ça. Israël. Un pays qu’en tant que Syrienne, je voyais plutôt d’un mauvais oeil, je dois l’avouer. Plus que d’Israël ou de la Palestine, plus que du conflit, c’est d’êtres humains que cette histoire parle. De deux personnes, chacune de son côté du mur, qui enfin entrent en contact et communiquent… étonnamment bien.

C’est une histoire magnifique, émouvante, et un peu triste. Parce qu’au travers de banalités, le lecteur découvre un monde un peu mal fait, un peu enfermé, deux côtés qui s’opposent alors que rien ne les sépare biologiquement, deux destins qui ne peuvent que brièvement se croiser. Pour moi, le livre pourrait se résumer à « ça aurait pu ».

J’en ai beaucoup appris sur ce que pouvait être le quotidien d’une jeune Israélienne

J’en ai beaucoup appris, grâce à ce roman, sur la manière dont fonctionnait Israël, sur ce que pouvait être le quotidien d’une jeune Israélienne, sur ce qui pouvait bien se passer dans sa tête.

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Valérie Zenatti écrit merveilleusement bien, sait décrire sans ennuyer, rendre le quotidien intéressant, ouvrir la porte à son lecteur et le laisser découvrir par lui-même ce qu’il y a à voir pour tirer ses propres conclusions. En lisant ce roman, je n’ai absolument pas eu l’impression d’être endoctrinée pour l’une ou l’autre cause. Mais j’ai appris à mettre de l’eau dans mon vin et à ne pas moi-même devenir haineuse parce qu’ignorante.

Mais je ne voudrais pas vous laisser croire que le roman s’attaque uniquement à l’univers israélo-palestinien ! C’est avant tout l’histoire de deux jeunes qui communiquent, qui apprennent à se connaître, deux jeunes comme vous et moi… mais qui vivent un quotidien différent du nôtre.

Ce roman constitue véritablement une bouteille à la mer. Un appel à la paix et à l’amitié qui a peu de chances de trouver une plage où s’échouer, qui pourrait voguer indéfiniment sur les océans… mais qui, peut-être, saura vous toucher autant qu’il m’a touchée !

Alors ? Tenté•e de lire ce roman épistolaire contemporain ?

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À lire aussi : La mer Morte et ses mystères — Carte Postale d’Israël

L’ombre du vent, par Carlos Ruiz Zafon

Le troisième roman de cette sélection change totalement d’univers et de style. On y suit cette fois un jeune garçon amoureux des livres, Daniel Sempere, dans la Barcelone de l’après-guerre civile espagnole.

Lorsque son père le laisse choisir un livre dans un endroit mystérieux, Daniel se retrouve pris au piège de plusieurs mystères entremêlés… et se met à courir un véritable danger. Il a certes des alliés sur qui compter, mais aussi des ennemis pour qui l’ombre est une seconde nature.

Le cadre de l’histoire est magnifique

Le cadre de l’histoire, auquel je ne prête d’ordinaire pas tant d’attention que ça, est magnifique. Barcelone la sinueuse, Barcelone dont les murs sont éclaboussés de sang, Barcelone qui enchante par ses secrets bien gardés… La guerre civile qui a tant traumatisé est encore bien présente et le ressentiment menace, mais la ville cherche également à profiter de son réveil après un tel cauchemar.

Daniel, bien que le personnage principal, n’est même pas le plus attachant. Il y a tou•te•s ceux et celles qu’il rencontrera sur son chemin, et qui ont chacun une part d’ombre dans leur histoire. Il y a les méchants, qui ont été des enfants. Il y a toutes ces histoires tragiques entremêlées, et l’Histoire qui se répète.

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Ce n’est pas un roman pour les enfants. C’est une tragédie sans fin, qui saignera sur des générations, c’est un mystère trop sombre et que personne n’aurait dû déterrer. Ce n’est pas le livre le plus joyeux à se retrouver entre vos mains… Mais c’est celui dont le style sera si magnifique, la plume si intense et inspirée, que vous ne ne pourrez pas le reposer avant d’avoir, d’une traite, lu jusqu’au dernier mot !

Comme son héros, je suis tombée sur ce livre par hasard

Comme Daniel Sempere, je suis tombée sur ce livre par hasard. Il trônait dans la vitrine poussiéreuse d’une librairie d’occasion, dans une rue de la vieille ville de Damas. Comme ce héros, j’ai lu sans plus me soucier de ma propre vie, seulement désespérée de connaître la page suivante. Et comme lui, ce livre a changé mon existence.

Qu’importe s’il s’agit d’une fiction ? Quelqu’un, quelque part, a dû souffrir de la même manière. Quelqu’un d’autre, ailleurs, a dû faire l’erreur de se plonger dans des secrets qui n’étaient pas les siens. Et moi, je me suis demandé comment j’arriverais, un jour, à lire un livre qui puisse rivaliser avec celui-ci.

Je ne peux pas vous en dire plus, vous raconter l’histoire plus avant ne servirait à rien. Lisez, vous comprendrez. La plume de Carlos Ruiz Zafon n’est égale à nulle autre.

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La guerre sous mon toit, par Anne Fine

Voici un roman qui change du tout au tout par rapport à ceux dont je viens de vous parler. Cette fois-ci, on part sur de l’humour… enfin, plus ou moins.

Voici l’histoire de Will, un adolescent qui, confronté à la crise d’adolescence de sa grande soeur Estelle et à la guerre que cela provoque avec leurs parents, se passionne de plus en plus pour un roman sur la guerre, justement. Will a des ambitions d’écrivain, tente de survivre dans cette maison de fous et de protéger sa petite soeur des retombées néfastes du conflit entamé par Estelle contre leurs parents.

C’est un roman plein d’amour, qui n’a aucune prétention autre que celle de faire relativiser et rire un peu

Pourquoi j’ai adoré ce livre ? Parce que l’histoire est racontée du point de vue d’un adolescent ordinaire, qui essaye juste de vivre une vie normale, et qui se rend bien compte que sa soeur lui fait traverser un véritable enfer… mais décide de raconter son quotidien avec tout l’humour dont il est capable. Tout cela avec des rêves d’écriture plein la tête. C’est un roman plein d’amour, qui raconte une période difficile par laquelle passent beaucoup de familles, et qui n’a aucune prétention autre que celle de faire relativiser et rire un peu.

À l’époque où j’ai lu ce roman, j’étais bien plus jeune que le personnage principal, et je me demandais comment se passerait mon adolescence à moi. J’ai beaucoup ri en lisant, principalement à cause des scènes improbables qui s’y déroulent mais aussi à cause du flegme (britannique, ai-je envie d’ajouter) de Will, qui trouve toujours un moyen de s’adapter malgré le fait qu’il est sérieusement laissé de côté !

Je recommande ce livre à quiconque aurait envie de réfléchir à la façon dont on grandit

Je recommande ce livre à quiconque aurait envie à la fois de rire et de se pencher sur des sujets sérieux, qui aurait envie de réfléchir à l’adolescence, à la façon dont on grandit, à la perte des illusions de l’enfance et aux rêves qui nous poussent en avant malgré la vie qui n’est pas toujours de notre côté. À quiconque aurait envie de ne pas se prendre la tête, mais pas de lire n’importe quoi.

C’est un livre assez court, trop peu connu, important. Un livre qui ne m’a jamais mise mal à l’aise, qui a toujours su trouver les mots pour me faire passer les sentiments du personnage principal. Un livre qui parle du quotidien, tout simplement.  

Notez qu’Anne Fine, l’auteur, est aussi celle qui a écrit Mrs Doubtfire, dont on a tiré un excellent film !

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Mon bel oranger, par José Mauro de Vasconcelos

Laissez-moi terminer avec un roman qui a laissé des cicatrices indélébiles sur mon coeur. J’ai rarement autant souffert de lire, pour être honnête… sans pour autant pouvoir m’arrêter. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en le lisant pour la première fois, j’ai pleuré par anticipation en le relisant, et j’ai pleuré à la simple pensée de ce petit garçon qui raconte son histoire.

Pas une seconde je n’ai regretté de l’avoir lu et relu

Je n’ai même pas pu me consoler en me disant que c’était une fiction, puisqu’il s’agit d’un roman en partie autobiographique. Et pourtant… pas une seconde je n’ai regretté de l’avoir lu et relu, jusqu’à en connaître certains passages par coeur. Il se trouvait à la bibliothèque de mon école, et m’a tant bouleversée que j’en ai fait une fiche de lecture (à laquelle j’ai eu 20/20 : je crois fermement qu’on ne donne le meilleur de soi-même que lorsque l’on aime ce que l’on fait).

L’histoire est celle d’un petit garçon brésilien très farceur, vivant dans une famille nombreuse mais pauvre. Avant d’aller à l’école, il ne cesse de faire des bêtises, et une fois en primaire, se prend de passion pour sa douce maîtresse qui croit en lui. Constamment battu par ses parents, plus ou moins élevé par l’une de ses grandes soeurs, il va faire la connaissance d’un homme profondément humain et riche, qui va le prendre sous son aile. Un jour, ce petit garçon va adopter un très jeune et frêle oranger auquel il confiera tous ses secrets et qu’il aimera plus que sa propre vie. Un oranger qui deviendra son meilleur ami.

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J’ai voulu guérir ses blessures d’enfant

Je ne vous raconte pas la suite, parce que j’en ai les larmes aux yeux rien que d’y repenser. Je ne sais comment vous dire l’amour que j’ai développé pour ce roman. Je ne peux pas vous décrire les couleurs, le bruit de la ville que j’ai appris à voir et à entendre entre les pages de ce livre, l’empathie, la pitié et l’amour que j’ai ressentis pour cet enfant qui voulait juste être aimé et heureux, la tristesse et la colère qui m’ont brisé le coeur face à son destin…

J’ai voulu mille fois prendre sa petite main dans la mienne, lui donner de quoi remplir son ventre creux, lui acheter des bonbons, l’embrasser et le câliner, lui donner tout l’amour dont il a manqué, et l’arracher à cette vie misérable qui était la sienne. Guérir ses blessures d’enfant.

C’est l’un des romans les plus beaux, les plus puissants

Mais je ne pouvais pas, parce que ce n’était qu’un livre, parce que son auteur était déjà grand… J’étais inconsolable. Même ma mère ne pouvait rien faire pour mon coeur d’enfant, meurtri par l’histoire d’un garçon qui aurait pu être ceux que je voyais tous les jours dans les rues de Damas.

Il n’y a aucune bonne raison pour vous de lire ce livre. Il vous laissera éternellement triste, impuissant•e… et pourtant c’est l’un des romans les plus beaux, les plus puissants que j’ai jamais lus. Que vous dire de plus ? Si vous le lisez, vous ne l’oublierez jamais. Et vous porterez peut-être un autre regard sur votre propre vie.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Miss Lu
    Miss Lu, Le 17 décembre 2015 à 14h15

    @AylaSy : ohlàlà, merci ! Tu sais c'est drôle, avant de venir bosser chez madz, j'ai commencé (et vite abandonné parce que c'était nul) un stage en maison d'édition, où je voulais justement écrire les quatrièmes de couverture... mais je n'en ai pas eu l'occasion :sad:
    Merci en tout cas ! ;)

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