Sept livres « jeunesse » qui m’ont aidée à grandir

Dans la littérature « jeunesse », certains romans font grandir d'un coup, abordent des sujets complexes et permettent d'élargir son horizon. En voici sept, les préférés de cette madmoiZelle !

Sept livres « jeunesse » qui m’ont aidée à grandir

J’ai toujours aimé lire, et ma famille m’a toujours encouragée à le faire… au point que je peux encore citer les noms de mes albums pour enfants favoris (comme La chenille qui faisait des trous et La petite taupe) ainsi que les auteurs que j’adorais toute petite (ode d’amour à Phillipe Corentin et Claude Ponti) !

Quand je dis que ma famille m’encourageait là-dedans, c’est à la fois au sens figuré (j’arrivais après mon frère, qui refusait tout ce qui pouvait contenir plus de mots que d’images) et au sens pratique du terme : je ne compte plus le nombre de sorties à la Fnac ou à la librairie de ma ville avec ma mère, ni la quantité de livres que j’ai pu recevoir pour mes différents anniversaires.

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Pendant mon adolescence, je pouvais lire jusqu’à dix ouvrages en une semaine. Du coup, ma bibliothèque est bien remplie (enfin, « était », car mes déménagements successifs ont réduit son contenu) ! Dire que je n’ai lu que des bons livres serait mentir, mais parmi mes très nombreuses lectures, certaines m’ont marquée parce qu’elles abordaient des sujets inhabituels.

C’est à ces livres qui m’ont fait grandir que je voudrais dédier cet article. Je pensais en choisir cinq, pour rentrer dans le format des 5 livres préférés de…, mais en cherchant les auteurs et les titres exacts des œuvres en question, je me suis rendue compte que ce chiffre ne suffirait pas !

Pourquoi ?, de Moka

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Je me souviens encore de quand j’ai reçu ce livre : c’était un cadeau offert par ma tante pour mon treizième (ou quatorzième ?) anniversaire. Je l’ai rapidement lu, parce que l’histoire me paraissait cool, et je le relis régulièrement depuis.

Le thème est simple : l’excision. On a fait plus gai, certes. Mais sans tout dévoiler, on parle aussi et surtout d’une jeune fille brillante à l’école, ne posant aucun problème à ses parents, qui décide de fuguer avec sa petite sœur et le peu d’argent qu’elle trouve chez elle. Loin des clichés, l’histoire est racontée sans prendre trop de pincettes et si les mutilations génitales y sont dénoncées, en aucun cas l’auteur ne blâme une religion ou une communauté.

La messe anniversaire, d’Olivier Adam

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Il faut savoir que je voue un véritable culte à Olivier Adam. La messe anniversaire fut l’un de ses premiers livres à rejoindre ma bibliothèque ; depuis, je n’arrête pas de claquer mon peu d’argent pour agrandir encore et toujours ma collection ! Et comme souvent, ce n’est pas une histoire drôle…

Dès les premières pages, il y a une morte, Caroline. C’est un accident bête lors d’une fête : devant tou•te•s ses ami•e•s, elle tombe du balcon, s’écrase en bas de l’immeuble… Et le livre raconte le deuil de ces adolescent•e•s.

Garçon ou fille, de Terence Blacker

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J’étais plus grande quand j’ai demandé ce roman à mes parents, sur les conseils de Je bouquine, qui était un peu ma Bible à moi. Et contrairement aux autres livres de cette sélection, je ne l’ai lu que deux fois, parce que cela fait maintenant sept ans qu’il est prisonnier de la bibliothèque de ma cousine ! Du coup mes souvenirs sont un peu plus flous.

L’histoire est celle d’un garçon, Sam, mis au défi par son cousin et les amis de celui-ci d’être… une fille. Loin de l’histoire bateau et un peu concon à laquelle on pourrait s’attendre, ce livre m’avait permis de me poser plein de questions sur les rôles et les attentes liée au sexe biologique et au genre. Résultat, je poste maintenant sur madmoiZelle (j’avais un terreau fertile, quand on voit mes deux parents) !

La Contrescarpe, de Catherine Sanejouand

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Encore une histoire de deuil, encore un livre que j’ai usé jusqu’à la corde et offert de nombreuses fois (le mien ne pouvant être prêté, la faute aux trop nombreuses taches en tous genres sur le papier).

Cette fois, on reste dans une même famille : celle de la protagoniste qui, parce qu’elle ne comprend pas ce qui a mené à la mort de sa grande sœur, va se murer dans un silence complet. On va donc, en même temps qu’elle, essayer d’intégrer ce qui a détruit sa famille…

Ce résumé n’est pas très vendeur, mais j’ai passé de très bons moments en compagnie de ce livre (et de nourriture rassurante, type chocolat chaud et biscuits).

Jeu mortel, de Moka

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Quand je me suis dit que je voulais faire cette liste, j’ai directement pensé à ce livre, mais je n’avais ni l’auteur ni le titre ! Je revoyais parfaitement la couverture (et donc l’édition à l’École des loisirs), je me souvenais de l’intrigue, mais pas plus. C’était donc « le livre sur le meurtre et le GHB dans l’internat ». Voilà l’histoire résumée en trois mots, par moi-même.

Après une fête dans un internat perdu dans la forêt, on découvre un mort. Personne ne se rappelle de rien et on suit donc une enquête pour découvrir ce qui a bien pu se passer. Sur fond de drogue du violeur, pour plus de plaisir… Depuis, je suis super flippée dès qu’on me tend un verre en soirée !

La voleuse de livres, de Markus Zusak

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Je viens juste d’apprendre qu’on avait tiré un film de ce roman, du coup je sais ce que je vais faire ce soir !

Un livre sur fond de Seconde Guerre Mondiale, de nazisme et de mort : pouvait-on faire plus plaisir à l’adolescente que j’étais ? J’ai lu cet ouvrage un bon nombre de fois. On y suit Liesel, orpheline juive en Allemagne nazie, qui tente de vivre une enfance aussi normale que possible… tout en sauvant sa peau. Je ne parle pas allemand, mais c’est de ce livre que je tiens les quelques mots que je connais (sauf « kaugummi », chewing-gum, enseigné par ma correspondante teutonne de seconde) !

Entre chiens et loups, de Malorie Blackman

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On me dit dans mon oreillette que pour que ma sélection soit parfaite, il manque un livre sur le racisme : j’ai ça en stock. Mieux, j’ai même une série sur le racisme !

Le pitch de la saga Entre chiens et loups est assez simple : deux adolescents qui s’aiment. Mais elle (Sephy) est noire, il (Callum) est blanc, et tous deux vivent dans un monde très raciste : une histoire à la Roméo et Juliette… Mais dans cet univers, le racisme est inversé, puisque les personnes noires sont au pouvoir. Ça semble simple, mais ça m’avait fait réfléchir à l’époque ! Mes trois tomes traînent encore quelque part chez mes parents, et j’y reviens de temps à autres (pendant un après-midi d’hiver, au coin du feu, quand la neige tombe dehors par exemple).

Si ces livres ne sont pas tous très joyeux, ils m’ont vraiment aidée à grandir, à me construire, à bâtir ma vision du monde. À vous ! Quels sont vos coups de cœur ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Gabelote
    Gabelote, Le 18 novembre 2016 à 9h34

    Les casse-pieds et les fêlés, de Ulf Stark et Ma mère est impossible de Anne Finne. Au milieu de tous les autres romans jeunesse qui m'ont aidée à grandir, ils sont sortis du lot parce qu'ils ont pour moi été le révélateur d'une chose : la normalité n'est pas pour moi, et on ne devient pas heureux en cherchant à être normal à tout prix. Et qu'on aimer plein de gens bizarres, malgré, ou plutôt à cause de leur bizarrerie.
    Et Le Passage de Louis Sachar : parce que ça a été le début de mon intérêt un peu obsessionnel et malsain pour les univers carcéraux, clos et concentrationnaires.

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