L’hydrospeed

(désolé pour celles qui pensaient me voir aguiché d’une tenue ridicule – casque, bouée, combi en néoprène et palmes – mais l’hydrospeed reste peu compatible avec appareil photo. Ce reportage sera donc dénué d’images ridicules. Le challenge pour moi dans cet article, c’est d’essayer d’expliquer à quel point j’ai été ridicule uniquement à l’aide de […]

(désolé pour celles qui pensaient me voir aguiché d’une tenue ridicule – casque, bouée, combi en néoprène et palmes – mais l’hydrospeed reste peu compatible avec appareil photo. Ce reportage sera donc dénué d’images ridicules. Le challenge pour moi dans cet article, c’est d’essayer d’expliquer à quel point j’ai été ridicule uniquement à l’aide de mots.)

Nager dans les eaux vives, c’est rigolo. A condition d’avoir un solide gilet de sauvetage. Sinon, ça peut vite s’avérer coton. Après avoir testé le rafting, sport plutôt collectif, je me suis essayé à l’hydrospeed. Beaucoup beaucoup plus physique, ma p’tite dame. De quoi travailler le cuissot et le fessier efficacement.

Revue des muscles le lendemain matin. Toute la partie épaules : a pu. Les cuisses : en grêve active. Les mollets : courbaturés sévèrement. Les lombaires et le dos en général : ils ont pris quelques jours d’avance et sont partis se reposer à Québec. Les chevilles : ils se rappellent au bon souvenir de tes multiples entorses, camarade.

Ma rivière au Canada

Euh oui. L’hydrospeed, c’est physique. Moi qui m’attendais à une joyeuse descente de rivière, accroché à ma grosse bouée orange, j’ai pas été déçu du voyage. En fait, avec ma ptite femme, on a eu l’idée de faire de l’hydrospeed alors qu’on faisait du raft dans les Alpes. On avait doublé toute une bande de gamins qui avaient l’air de s’éclater à descendre joyeusement le rapide, à s’arrêter tous les quarts d’heure pour plonger des rochers dans les eaux-vives…

Un détail qui nous avait échappé : on peut descendre les rivières des Alpes pendant 3 ou 4 heures en étant toujours dans des eaux rapides. Alors que les rapides des rivières québécoises sont beaucoup plus éparpillés. Et donc quand tu en as sous la main, il faut en profiter à fond.

A tes palmes, mon canard

En hydrospeed, qui dit « profiter des vagues » dit aussi « nager à contre-courant ». En kayak, c’est les bras qui bossent. Avec ta bouée, tu dois non seulement nager avec une main, tenir ta bouée de l’autre et battre des pieds pour te faire avancer. Les palmes que tu portes aux pieds ont beau t’aider, si tu ne nages pas, tu ne vas pas avancer tout seul. Gné.

Naviguer en eaux-vives, que ce soit avec une bouée, un kayak ou un raft demande une certaine technique. Ayant déjà fait du raft, j’avais un minimum de connaissance théorique des contre-courants, tout ça. Quand tu te retrouves à la flotte avec comme seules armes tes jambes et tes trois connaissances techniques, c’est une autre paire de manches. L’hydrospeed est un sport physique et technique, qui demande d’avoir déjà fait au minimum du kayak pour bien appréhender les courants.

Le surf éternel, mon pote !

Par contre, à côté de l’effort physique, l’hydrospeed, c’est aussi un gros panard. Imagine : tu galères depuis 1/4 d’heure à remonter le courant pour essayer de surfer cette vague qui te nargue quand tu arrives enfin à rester dedans tellement bien que tu te prends pour Brice de Nice… T’as beau ne pas avoir la crinière de Brice, c’est un vrai pied de surfer dedans. Ces 3 minutes de surf non-stop te sembleront durer une éternité. La vague éternelle, un bon concept pour Braïce.

Pour utiliser une métaphore de ski, l’hydrospeed est aux sports d’eaux vives ce que le ski de fond est aux sports de neige : en fond, tu mérites tes descentes en grimpant à la force de tes cuisses et de tes bras pendant des heures. En hydrospeed, tu mérites tes vagues, en nageant si fort que ton cuissot s’en souvient encore… (dans cette phrase se trouve une allusion à une vieille chanson française. Si tu trouves, tu reçois dans ton email une véritable photo ridicule de Fab habillée ridiculement)

Les québécois sont sympas

Il faut le dire : on a été nuls. Manque de condition, manque de technique. Ca a été la grosse galère pour surfer correctement. Le pauvre moniteur, lui, en avait un peu ras la casquette de devoir nous attendre toutes les 5 minutes. Même si la bienséance et le prix de la séance l’empêchaient de le dire ouvertement. Lucides sur notre cas, on lui dit en sortant « bah on est à chier hein ». Et lui « Ah non mais pas du tout ! Vous vous êtes même bien débrouillés par rapport à d’autres gens… y en a des gens qui ne savent même pas nager »… Hum. Ok.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cocktail Citron
    Cocktail Citron, Le 13 décembre 2005 à 12h41

    La chanson, c'est Il était une fois : j'ai encore rêvé d'elle. Cela dit, il n'y a pas le mot "encore" dans la chanson, c'est juste : "je l'ai rêvée si fort que les draps s'en souviennents, je dormais dans son corps....". Donc je ne suis pas sûre... .

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