Le Mystificateur

:: Titre original : Shattered Glass :: Avec Hayden Christensen, Peter Sarsgaard, Chloë Sevigny Jamais sorti en salles en France. Existe en DVD. As-tu déjà entendu parler de Stephen Glass ? Certainement pas. En tout cas, tu peux être sûre que de l’autre côté de l’Atlantique, ce jeune journaliste a fait parler de lui. Qu’a […]

:: Titre original : Shattered Glass
:: Avec Hayden Christensen, Peter Sarsgaard, Chloë Sevigny
Jamais sorti en salles en France. Existe en DVD.

As-tu déjà entendu parler de Stephen Glass ? Certainement pas. En tout cas, tu peux être sûre que de l’autre côté de l’Atlantique, ce jeune journaliste a fait parler de lui. Qu’a t-il fait pour ça ? Sauvé des vies en Irak ? Nan. Bravé les décombres du World Trade lors des attaques du 11 septembre ? Non plus. Sauvé des vies en Irak ? Essaie encore. Amené des vivres aux habitants de la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina ? Toujours pas.

Non, c’est plus simple, beaucoup moins héroïque et plus farfelu que ça. Stephen Glass faisait partie de l’équipe de The New Republic, l’un des plus réputés journaux aux States. Pour dire, « TNR » est surnommé le journal d’Air Force One, puisque le Président himself le lit lors de ses déplacements en avion.

L’équipe, extrêmement jeune, n’en est pas moins talentueuse. Et Stephen est l’un des éléments les plus prometteurs de l’escouade de journalistes. Il arrive toujours à trouver des sujets hallucinants, des personnages hors du commun et de pondre des papiers qui sortent du lot.

Pipeauteur, le Stephen ? Impossible au New Republic. Dans cet antre du sérieux journalistique, la procédure pour publier le moindre article est plus exigeante que d’entrer au SD-6 quand tu t’appelles Sidney Bristow. Lecture, vérification des infos, relecture, revérification des infos par cinq ou six journalistes différents, le tunnel pour publier un article est si exigeant qu’il filtre la moindre approximation. On n’écrit que ce dont on est sûr quand on est au New Republic.

Sauf que. Stephen Glass est un petit génie dans son genre. Un hacker de la ligne éditoriale, un cheval de troie de la déontologie si chère à la rédaction de son journal. Article après article, Stephen subjugue la rédaction avec ses articles à dormir debout. Il en parle tellement bien, avec une telle minutie qu’on s’y croirait. Impossible qu’il n’ait pas assisté à ce qu’il raconte. Et pourtant si. Le Mystificateur explique comment la vérité va rattraper Stephen Glass. Lentement mais sûrement, tout son système va se refermer sur lui.

A la suite d’un article intitulé Hacker’s Heaven, racontant comment un ado s’est fait enrôler par une compagnie dont il avait piraté le système informatique, Adam Peneberg, un journaliste de forbes.com, un journal en ligne, va essayer de recouper les informations, de rentrer en contact avec les entreprises et les personnes citées dans l’article… Introuvables.

Le journaliste de forbes.com va petit à petit faire tomber le château de cartes de Stephen. Le bougre aura beau se défendre comme un cador (en créant un site web pipeau pour l’entreprise par exemple), le jeune journaliste va vite se retrouver piégé…

Aucune forteresse n’est imprenable

Il va vite s’avérer que Stephen Glass aura purement inventé l’ensemble de 27 de 41 articles écrit au sein de The New Republic. Une vraie claque pour le rédacteur en chef de l’époque, Charles Lane. Le paradoxe dans toute cette histoire, c’est qu’à l’époque, la polémique faisait rage entre presse écrite et presse web. Et l’épisode Stephen Glass a permis non seulement à Forbes.com de s’affirmer comme un véritable journal en ligne, mais aussi de prouver, comme l’article d’Adam Penenberg se termine : ce n’est pas le média qui compte, c’est le journaliste.

Hayden Christensen est dans la place

Depuis son gigantesque succès avec Star Wars, les films dans lesquels a joué Hayden Christensen ont pris un coup de plumeau et ont été dépoussiérés pour sortir en DVD. Mis à part l’intérêt d’entendre parler de cette histoire vraie fort intéressante, le film en lui-même n’approfondit pas vraiment le sujet et en reste aux faits. Des tas de questions restent en suspens quand le générique de fin arrive : pourquoi a-t-il inventé tout ça ? Quelle a été la réaction des lecteurs ? Bref, Le Mystificateur aurait mérité de rester moins superficiel. Dommage. Tu pourras par contre te servir du net pour en apprendre beaucoup plus sur Stephen Glass.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Oxbow
    Oxbow, Le 23 février 2006 à 15h57

    Il est passé surcanal ces derniers temps, j'ai bien aimé.

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