Lady Gaga

— Article écrit par Laystary

Lady Gaga fait le buzz sans faire l’unanimité. Qu’est-ce que ça veut dire ? La chanteuse blonde (qui a un jour été brune, souvenez vous) défraie la chronique. A ce jour, elle agrège probablement autant de fans que de gens qui sont sceptiques sur ses talents artistiques, voire carrément hermétiques (on a tous dans son entourage quelqu’un pour dire « non mais what the fuck avec cette chanteuse ? sérieusement ? elle est juste freak« ).

Comment comprendre ce double phénomène autour de l’artiste américaine ? Comment saisir alors que c’est justement cette ambivalence en particulier qui fait aujourd’hui la force de son personnage ?

On ne rentrera pas dans le détail des interrogations du type « est-elle elle-même dans sa démarche ? » ou « n’est-ce pas une stratégie marketing over-ficelée? » – c’est un débat sans fin du même acabit que se demander si Victor Hugo a respecté le pacte autobiographique : on ne pourra jamais vérifier.

On s’est donc contentés de balayer les motifs qui font de Lady Gaga un personnage public « bien à part » sur la scène musicale d’aujourd’hui. Il s’agit moins d’un « manifeste pour vous faire aimer Gaga » qu’une ébauche de pistes pour comprendre ce qui fait son succès.

SA MUSIQUE

Son nom de scène prête à confusion, puisqu’il évoque de la dance façon 90’s, à la Technotronic (No no there’s no limit). Pourtant, malgré ce que disent les plus sévères, Lady Gaga use vraiment de ses cordes vocales pour chanter. Ses quelques prestations piano-voix réalisées durant ses promos montrent une toute autre facette de sa voix. C’est le cas dans cette vidéo où Stefani Germanotta (son vrai nom) joue lors d’un radi-crochet. Alors, si certains critiquent l’aspect fête foraine et « mauvaise trans » de ses morceaux, reste que concrètement, Lady Gaga a une jolie voix. Et vous avez d’ailleurs été nombreux à être émus par sa prestation/hommage à Alexander McQueen lors des Brit Awards.

SON PHYSIQUE

Lady Gaga n’est pas belle, mais elle est bonne. Lors d’une interview accordée à FoxNews, la chanteuse confie : « Depuis longtemps, on me dit que je ne suis pas assez jolie, trop étrange, pas suffisamment provocante, mais je suis née pour être célèbre, c’est juste que personne ne le savait !« . Ce qui est sûr, c’est que le physique Gaga change des Shakira, Pussycat Dolls, Christina Aguilera et consorts. Ce côté « physique hors norme » qui ne correspond pas totalement aux canons esthétiques du moment, rendrait le personnage plus attachant. Un peu comme quand la plus-value « mystère et condescendance » de Benjamin Biolay réside dans le fait qu’il ne fait pas l’unanimité. Lady Gaga n’est pas « belle », et c’est ce que tout le monde se plaît à souligner à chaque gros plan sur son visage dans les clips. Mais Lady Gaga n’est pas Susan Boyle pour autant : Lady Gaga est bien foutue, et ça suffit à la rendre photo et vidéogénique. Et apparemment, son top body n’a pas toujours été le cas. Lady Gaga a récemment confié avoir longtemps été « le vilain petit canard » des cours de récré : « J’avais un gros nez, des cheveux bruns très frisés et j’étais grosse. J’étais la risée des autres ». Non sérieux, Lady Gaga, t’étais comme ça ? Mais tu es exactement l’inverse maintenant, tu es blonde et filiforme ! D’ailleurs, dans une des dernières scènes du clip de Telephone, vous avez été nombreux à dire que sa silhouette élancée et ses cuisses musclées faisaient de l’ombre à Beyonce, taxée de « gros dindon », pour le coup.

Lady Gaga a un look travaillé. Certains de ses costumes ont été travaillés par Alexander McQueen. On pensera surtout aux souliers « Armadillo » dessinés par le défunt créateur anglais et portés par l’interprète de Bad Romance dans son clip. Vogue magazine en parle par ici.

En fait, tout se passe comme si Lady Gaga, en plus d’être une reine de la pop en devenir (on lui prévoit un destin à la Madonna), est une icône mode.

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Elle a un côté masculin/féminin. L’aspect hybride de sa sexualité, Lady Gaga sait en jouer. Déjà parce que sa voix est aussi bien capable de partir dans les graves que dans les aigus. Ensuite parce que Lady Gaga ne fait pas partie des chanteuses qui se la jouent fleur bleue. Lady Gaga est une battante, une femme forte, une dure à cuire, presque. Et même s’il faut revenir dans un fauteuil roulant, la blonde est encore au top. Quand elle ne séduit pas les mâles vautours qui la mangent des yeux, elle empoisonne un diner entier. Sans oublier le coup de la prison, au début du clip Telephone ? L’univers carcéral sent la sueur, la virilité, les gros muscles, le mal. Et Lady Gaga rend ça sensuel, déshabillé, sexy et féminin. Quant à la rumeur qui courait sur son sexe masculin, même topo : dans son dernier clip, elle n’hésite pas à faire dire aux gardiennes du prison « t’as vu, elle a pas de bite ». Gaga joue donc sur cette ambivalence sexuelle, et là où les autres stars auraient cherché à faire taire les mauvaises langues et à discrètement faire oublier les rumeurs, Lady Gaga, elle, les affronte de face et s’en amuse. Lady Gaga est bel et bien une femme, et elle en profite pour nous le rappeler, dans ce clip où elle se déhanche de façon sexy. Elle a tout compris de ce que la sulfure peut apporter à la célébrité.

SES CLIPS

De vrais courts métrages à chaque fois ! Les clips de Lady Gaga sont pour beaucoup un vrai plaisir des yeux. Souvenez vous de l’engouement et l’excitation suite à la sortie tant attendue du dernier clip, Telephone ! Que l’on trouve les vidéos classes ou vulgaires, on sera au moins tous d’accord pour dire qu’elles sont hyper travaillées. Les chorégraphies, les costumes, les pitches : tout porte à croire que le clip a pris limite plus de temps à être réalisé que la chanson à être produite. Les clips de la blonde font d’ailleurs pas mal parler d’eux. MTV US aurait banni Telephone de son antenne : trop sulfureux, injurieux et vulgaire pour le puritanisme national. « La complète transformation des femmes en objet sexuel, selon les stéréotypes de la pornographie qu’elles combattent depuis plus de trente ans, pose la question suivante ‘avons-nous réellement affaire à de l’art ou à de la vulgaire manipulation médiatique, destinée à vendre? » s’insurge une journaliste de The Huffington Post.

COMPARAISON IMPOSSIBLE

Lady Gaga est difficilement comparable. Signe qu’elle instaure un genre vraiment unique ? Gros débat. Certains ont voulu la comparer à Christina Aguilera (pour le côté sex-appeal et « je te montre langoureusement ma cuisse dans mon clip »), mais Lady Gaga a un côté plus trash et moins teengirl. D’autres voient en l’interprète de Poker Face une nouvelle Madonna (qui s’est, par ailleurs dit flattée par la comparaison) : à l’avenir de nous dire si Lady Gaga sera aussi pérenne et culte. Il y a aussi ceux qui parlent d’une Mickael Jackson 2.0. Les clips hyper travaillés, les chorégraphies bien bidouillés : de quoi créer de vraies claques visuelles, à cela près que celles que Lady Gaga distribue ont l’avantage d’être relayées sur le net (notre époque est dingue, n’est-ce pas ?). Ou de Mickael Jackson tout court, comme dirait Rodney Jerkins. A ses débuts, la chanteuse a aussi été comparée à Gwen Stefani. Pour son côté déjanté et les thématiques un peu storytellling de ses morceaux, la coupe de cheveux de Gwen dans The Sweet Escape. Quand à son style vocal, il serait comparable à celui de Freddy Mercury.

Cette frénésie de la comparaison illustre le besoin des spectateurs de ranger Lady Gaga dans une case, de l’estampiller d’un registre; pour mieux la comprendre, peut-être.

MYSTÈRE

Lady Gaga, vraiment dinguos ou stratégie de communication ? On ne va pas rentrer dans le débat, vous disais-je donc. N’empêche que, rien que de par son existence, le débat est important. Lady Gaga est-elle vraiment naturellement subversive ou est-elle simplement diplômée en marketing et a tout compris aux stratégies de la communication ? Cette question amène à peu près autant de réponses que « Paris Hilton fait-elle exprès d’être conne ? ». C’est-à-dire aucune.

Un cabinet de curiosités, voilà ce qu’est Lady Gaga. La chanteuse distille une image qui se situe quelque part entre fascination et effroi. Ca s’appelle le trash, me direz-vous. Et comme depuis la nuit des temps, le trash c’est classe mais c’est dirty. Et il y a ceux qui aiment et ceux qui détestent. Emoustillé ou dégouté, l’oeil du spectateur reste attiré. Comme lors de ce baiser échangé avec Madonna, à l’occasion de la bagarre fictive au Saturday Night Live.

Lady Gaga est bisexuelle. Dans le numéro de juin 2009 de Rolling Stones, elle affirme ainsi avoir une attirance physique pour les femmes. Info qu’elle confirme quelques mois plus tard. Lady Gaga serait donc en passe de devenir un symbole gay. Elle a d’ailleurs récemment pris la défense d’un élève envoyé de son école après avoir porté le tee-shirt « I Love Lady Gay Gay » (plus d’infos par ici).

PERFECTIONNISME

La star a confié au Sunday Morning Herald : « Je vomis avant chaque concert ! ». En effet, la star se mettrait une pression de dingue pour que ses shows soient parfaits. « Je peux devenir folle si un spot est mal fixé. Je suis très pointilleuse, chaque minute du concert doit être parfaite. Je veux prendre le public par les c****** ! » C’est dit.

SON PASSE

Quoi de plus sulfureux pour une star … qu’un vrai passé sulfureux ? Le top du top de la classe, c’est quand même d’avoir du vécu, non ? Alors, être née à New York, commencé le piano à l’âge de 4 ans, être entrée au couvent, puis être partie à l’université, avant de la quitter pour faire strip-teaseuse dans les bars pour arrondir ses fins de moi, c’est tout gagné ! Un vrai scénario à la Coyote Girls, mais IRL.

UNE ICÔNE EST NÉE

A en croire tous les produits dérivés sur la star, Lady Gaga est en effet devenue culte. Les poupées déguisées en Lady Gaga, les décryptages de chacun de ses clips, les références à la chanteuse par d’autres célébrités (interview des Killaqueenz sur Viceland, « Lady Dada’s nightmare » sur le dernier MGMT, etc) sont autant de clin d’œil à la chanteuse.

En fait, il semblerait qu’avec ces divers fronts d’attaque, la chanteuse n’a pas fini de rendre ses fans gaga. L’artiste pop américaine est à elle seule à une vraie machine de guerre. « Un bel avion de chasse », comme le veut l’expression consacrée aux bombes atomiques de femmes.

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