« Je ne voulais pas être la fille violée », le message poignant d’Irène à La Veillée

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Lors de La Veillée, Irène a raconté le traumatisme qu'elle a vécu durant son tour du monde. Mais elle a aussi raconté comment elle n'a pas laissé son bourreau l'emporter sur elle.

« Je ne voulais pas être la fille violée », le message poignant d’Irène à La Veillée© Thomas O'Brien

Le 7 novembre dernier, j’avais pris deux tickets pour La Veillée.

Peut-être ce nom ne vous évoque-t-il rien, alors je vous résume brièvement le concept : le temps d’une soirée, Damien Maric et Patrick Baud (qui officie également sur la chaîne Axolot), invitent des personnes à se succéder sur scène pour raconter un épisode de leur vie.

Patrick Baud, vous le connaissez, l’extraordinaire c’est son domaine, c’est son dada : donc ça ne manque jamais. C’est lui qui repère ces histoires et elles sont chaque fois incroyables, surprenantes, émouvantes, fortes. Elles portent un message, et d’ailleurs en sortant c’était comme une urgence de vivre qui nous étreignait.

Irène, une voyageuse inspirante

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que la vidéo de l’intervention d’Irène Khaletzky est sortie. C’est la dernière à avoir raconté son histoire ce soir-là, et c’est sans aucun doutes celle à laquelle je me suis le plus identifiée.

Je me suis vue en Irène, et je n’ai aucun doute sur le fait que parmi vous, nombreuses seront celles qui ressentiront la même chose.

Il y a un peu plus d’un an maintenant, Irène est partie voyager. Façon « backpackeuse », elle a pris son sac à dos et elle s’est envolée pour un tour du monde.

Et c’est cette histoire qu’elle était venue raconter. Pas dans son intégralité, car un an de voyage autour du monde c’est long, mais par bribes.

Ne pas laisser les bourreaux nous empêcher de vivre

Au bout de six mois de voyage, Irène est arrivée au Brésil. Et là-bas, alors qu’elle passait une soirée en toute confiance avec le gérant de son hôtel, celui-ci l’a violée.

« Je ne supportais pas ce que je représentais. Je ne supportais pas d’être cette petite meuf, qui a pris son sac à dos, qui est partie faire son truc, et qui au bout de six mois est violée. […].

Je suis pas quelqu’un qui a peur, et je sais que ce n’est pas ce que je veux représenter. C’est faux en plus ce que ça représente. »

Irène aurait pu s’arrêter là, mais finalement, elle a poursuivi son voyage. Comme pour ne pas laisser son agresseur gagner.

« Alors ça a été compliqué, mais j’ai pas voulu lâcher l’affaire car déjà qu’il m’a abîmée physiquement, psychologiquement, je ne veux pas lui accorder le fait que je stoppe mon projet pour lui.

Je me suis posé beaucoup de questions, j’en ai parlé autour de moi… Et j’ai un pote qui m’a dit « Ohlala mais c’est horrible, c’est arrivé à une pote à moi la semaine dernière à Marseille. »

Ça m’a fait beaucoup réfléchir. En fait, le problème c’était pas que je sois une petite meuf qui a pris son sac à dos et qui a été violée au Brésil. Le problème c’est notre société : premièrement c’est ma condition de femme, et deuxièmement c’est ma condition d’être humain dans un monde où on vit sous le règne de la peur.

Je vais pas vous demander de lever la main, mais parmi vous je pense qu’il y en a beaucoup qui ont peur, qui ont été ou qui sont harcelé·es, agressé·es.

Et en fait il y a quelque chose qu’il faut que vous compreniez : c’est pas votre sexualité, votre genre, votre âge, qui font de vous des victimes. C’est juste les bourreaux qui font des victimes.

Et si vous les laissez faire en ayant peur, ils continuent à régner. Donc le message que j’ai envie de faire passer ce soir c’est de vivre, de réaliser vos rêves, d’avancer et de combattre cette peur»

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Combattre la peur, le message d’Irène qui a raisonné en moi

M’étant profondément identifiée à cette jeune femme, j’ai été on ne peut plus soulagée de l’entendre, de la voir conclure sur cette note, sur ce que j’appellerai une victoire.

Parce qu’en fait, oui, je ne veux pas m’arrêter de vivre, je ne veux pas laisser la peur me paralyser.

Car si c’est ce mode que j’enclenche ce n’est pas seulement au Brésil que je n’irai pas, je refuserai simplement de mettre un pied hors de chez moi pour ne pas que ça m’arrive.

Parce que malheureusement, ça peut se produire partout une agression : effectivement à Marseille comme de l’autre côté de l’Atlantique.

Alors lorsque j’aborde mon année en Afrique du Sud, lorsque je parle des pays que j’ai envie de visiter, que je vois la lueur inquiète dans les yeux de mes proches, c’est ça que j’ai envie de leur répondre : il est hors de question que je laisse ces bourreaux m’empêcher de vivre mes rêves, que je les laisse m’effrayer au point de ne pas les réaliser.

Alors tout simplement merci Irène, d’avoir partagé ce message.

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Commentaires
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  • Callistar
    Callistar, Le 11 décembre 2017 à 11h27

    Un message qui devrait être véhiculé dans tous les cas de figures !
    J'ai aussi connu des agressions engendrant des traumatismes, et j'ai toujours refusé que ça guide ma vie et mes choix, que ça me fasse éviter des lieux ou des situations. Refuser d'avoir peur, c'est réduire à néant le pouvoir des bourreaux.
    Ceci dit, je pense que ce refus de laisser autrui nous détruire ou réduire notre vie en lambeaux peut aussi s'appliquer aux mesquineries, aux déceptions amoureuses, aux gens toxiques etc. Combien de personnes clament avoir été blessées en amour et s'être blindées pour ne plus souffrir ? Au final, elles passent des années seules et en souffrance, laissant l'autre prendre le pas sur soi. Courage aux victimes de tout genre qui choisissent de ne pas être que ça !

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