Jupiter : Le destin de l’Univers, un bordel grandiose

Jupiter : Le destin de l'Univers, le nouveau film d'Andy et Lana Wachowski, est, d'après cette madmoiZelle, « ridicule et complètement jouissif ». Ça promet !

Jupiter : Le destin de l’Univers, un bordel grandiose

Tout ce que je savais de Jupiter Ascending avant d’aller le voir, je le devais à une bande-annonce peu convaincante regardée quelques mois auparavant, et qui se résumait à ça : des vaisseaux spatiaux, et les Wachowski aux commandes.

Fan de Matrix et amoureuse de Cloud Atlas, c’est tout ce qu’il m’a fallu pour me bouger jusqu’au cinéma local sans rien savoir de l’histoire, des acteurs ou de la réception du film par la critique. Ce qui n’est pas plus mal, parce que peu importe ce qu’on s’imagine à propos de ce film avant de l’avoir vu… c’est probablement faux !

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Un début difficile

Le film introduit joliment son personnage principal, Jupiter. C’est rapide, c’est touchant, c’est même un peu drôle ; on n’en demande pas plus. Mais très vite, l’histoire démarre vraiment, et là c’est le drame : clichés et stéréotypes sont là. Partout. Tout y est, de la demoiselle en détresse et de son mystérieux sauveur aux explosions, courses-poursuites et petits aliens à tête ovale, le tout reposant sur une histoire de fille banale qui serait en fait princesse d’un royaume caché.

Horreur, consternation, ce n’est pas possible… C’est trop gros, ça va trop loin dans les clichés, ils n’ont pas pu faire ça. Une demoiselle en détresse, d’accord, mais tout de même : comment le film peut-il porter le nom d’une héroïne complètement impuissante et inutile et qui passe son temps à se faire balader ? Et un héros pour la sauver, d’accord, mais enfin, un super-guerrier à moitié loup au destin tragique et qui se promène sur des bottes volantes, c’est un peu gros quand même.

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Et les aliens ! Ils sondent des humains, les poursuivent dans des champs de maïs (où évidemment sont laissés des signes étranges)… est-ce que ça ne va pas trop loin dans les clichés ?

La réponse est oui, évidemment. C’est même complètement assumé. Certains de ces clichés seront justifiés au niveau du scénario, d’autres seront détournés, d’autres encore semblent être là juste pour le plaisir. Une chose est sûre, c’est qu’il vaut mieux en rire. Parce que c’est fait pour ça, et le plus tôt on s’en rend compte, le plus vite on peut s’en amuser : Jupiter : Le destin de l’Univers n’est pas à prendre au sérieux.

Un film riche, très riche

L’univers du film est très vaste et très peuplé, et c’est à la fois sa plus grande qualité et son plus gros défaut. On est en permanence frustré de ne pas en savoir plus. Que ce soit pour les lieux qu’on visite, tous si particuliers et si beaux, avec ces paysages et ces décors spectaculaires, les personnages qu’on rencontre, leur race, leur histoire, les relations qui les lient… tout n’est qu’à peine entrevu avant de disparaître définitivement du film. Tout ce qui ne concerne pas directement l’héroïne est écarté.

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Ça peut donner un effet fourre-tout, l’impression d’un mélange d’éléments pris au hasard ici ou là, comme une fanfiction écrite par quelque geek un peu trop jeune et enthousiaste. Ou alors, on peut y voir la diversité des influences culturelles d’Andy et Lana Wachowski, et le résultat spectaculaire de leurs deux imaginations.

Entre intrigue politique et niaiserie romantique

D’un côté, il y a un conflit de pouvoir dans une sorte d’empire financier inter-galactique. C’est crédible, c’est intéressant, ça permet aux Wachowski de délivrer le petit message anti-capitaliste qui leur est si cher de façon tout sauf subtile. Néanmoins, le nombre de personnages impliqués et le peu de temps qu’il est possible de leur consacrer (le film ne dure « que » deux heures) handicape sa portée et empêche de vraiment s’impliquer. Ça va trop vite ! À peine a-t-on le temps de saisir les enjeux de l’un qu’on l’abandonne pour passer à un autre…

À côté de ça, il y a l’intrigue amoureuse, qui continue comme elle a commencé : en enchaînant les clichés et les répliques ridicules. À moins que…

Des personnages clichés ? Pas tant que ça !

Le début du film fait peur, mais il ne faut pas s’y fier : malgré les rôles à première vue traditionnels qu’on leur attribue, on a bel et bien affaire à de vrais personnages. Ils sont travaillés, ils évoluent, changent, apprennent, et c’est particulièrement visible sur le personnage de Jupiter. Elle commence en demoiselle en détresse (et on ne va pas se mentir, elle continue d’être sauvée par Monsieur jusqu’à la fin)…

Mais ce n’est dû qu’au postulat de base : c’est une fille banale. Ne pas savoir se battre n’en fait pas une fille faible. On la voit apprendre et comprendre et tout faire pour reprendre pied avec le peu de connaissances qu’elle a sur les règles de cet univers inconnu. On la voit, elle, spectatrice impuissante, se battre pour monter sur scène et donner au cours des choses la direction qu’elle souhaite. Elle n’est peut-être pas un soldat génétiquement modifié, mais elle retourne les armes de son ennemi contre lui. Le statut que d’autres lui ont attribué malgré elle, elle fait tout pour s’en servir au mieux.

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Il est aussi intéressant d’aller voir ce qu’il se passe du côté de Caine, le soldat génétiquement modifié et intérêt amoureux de l’héroïne. Oui, il passe son temps à la rattraper quand elle tombe (et elle tombe souvent). Mais il est à moitié loup et (attention, c’est peut-être un léger spoil) il est sous-entendu qu’en Jupiter il retrouve la meute qu’il avait perdu. Elle est celle qu’il peut suivre, son alpha, et c’est ce qui, plus qu’autre chose, le pousse à risquer sa vie pour la sauver.

Des rôles clichés ? Peut-être, oui. Mais c’est assumé, pris en compte, et ça ne se fait pas aux dépends du travail des personnages, et surtout pas aux dépends de Jupiter.

Entre clichés et clins d’œils, parodie et originalité

On retrouve bien dans Jupiter la patte du duo Wachowski : la science-fiction comme vecteur d’un message finalement assez politique, mais qui ne renie pas l’aspect léger et divertissant d’un film grand public, et des choix esthétiques portés par des effets spéciaux très réussis.

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Mais le film est peut-être trop ambitieux. On a parfois l’impression de voir une adaptation de livre, comme si certains petits éléments n’étaient là que pour le clin d’œil au lecteur sans apporter vraiment à l’intrigue. Le comble pour un scénario original ! Peut-être que deux heures ne suffisaient pas. Peut-être qu’il aurait fallu plusieurs films. Ou peut-être que le cinéma n’était tout simplement pas le format le plus adapté à un univers aussi riche.

C’est un film qui est à la fois trop et pas assez. À la fois bien pire et bien mieux que ce qu’on peut s’imaginer avant de l’avoir vu. Tout le monde n’appréciera pas, loin de là. Mais à titre personnel, j’ai trouvé ça ridicule… et complètement jouissif !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Alabama Marilyn
    Alabama Marilyn, Le 15 février 2015 à 21h10

    Je pense que j'aurais préféré que ce projet passe par un autre média, comme la bande dessinée. Parce que ça aurait permis de laisser une part importante à l'aspect visuel tout en explorant plus profondément l'univers extrêmement riche que l'on ne fait qu'entrevoir dans le film.

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